CHAPITRE DIX-HUITIÈME
Cancer de F estomac.
ARTICLE PREMIER
Histoire de la maladie.
f. Le cancer de l'eslomac n'a été bien connu que ùans ces derniers temps, et c'est incontestablement à l'étude de Tanatomie pathologique que l'on doit les progrès que la science a faits à cet égard , comme à celui de plusieurs autres maladies chroniques internes. Avant la thèse du docteur Aussant, il n'existoit sur le squirrhe de l'estomac que quelques faitsépars;maisdepuis, lesobservationssesont tellement multipliées qu'on a été surpris de la fréquence de cette maladie dont il n'est presque pas fait mention dans
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les Mifrasres de médecine antérieor? an dix-septième siècle, et fini éïoit regardée encore comme fort rare avant la fin i est Sèèc-kC dernier. Pea d'années après la thèse du docteur I AnsMOBt . le doctenr Chardel a pnbliê sur le même sujet une monograipbîe très-instructÎTe, de sorte qu'aujourd'hui peu de maladJes s<Mit mieux connues. Hous ne reproduirons pas ici CCS eiceUens ouvrages ; mais arant observé ■om mêmes le sqoirrbe de Testomac un très-grand nombre de fws, nous aiouterons à ce qui éloit déjà publié quelques faits et quelques remarques propres à augmenter les détails reljtife à la description de la maladie , et à donner une plus aAiple coonoissance des affections diverses qui peuvent la sùnuJer. Pour expos^^r plus nettement tout ce qui a trait à rhi>toire de cette maladie , nous partagerons eu àeux sections tout ce que nous avons à dire à cet égard. La première section contiendra l'histoire générale du cancer de l'estomac ; la deuxième section traitera des particularité» remarquables qu'on a souvent l'occasion d'observer.
Smcnon I. — H,jtoire genéraU du cancer de Cesiomaa,
Le cancer de l'esloniac est encore |rias commun à Paris que le cancer du sein : il pairoît dépendre de la même disposition intérieiire^oeÀes aatres maladies canccrenses. Ses i causes déterminaDtes sont trè>-Dombreuse> et très-variées: ' les |^« «binaires sont ©elles qui portent une impres^'ion trës-f«t»focde sor la région ^igastrique ; on peut ranger paimi ces caises : les cbagrias f»«fonds et de longue durée, ose boÎBSoa trop abmiâaste on trop fréquente de vins purs 9m. de yqiieiirs f^kitoeuses 7 »irtout prises le matin jeun, rînpresâoo d'antres substances ifrilaote» introduites dans rcsffptnac à titre d'alhiiens ou 4e IxjissoD , l'action subite ClTÎoleBte des eanses externes sur la région épigastrique trop fMles et liabiUieUes exercées &ur ce
CAMCEK DE L EST6XAC. fj^
partie, la gopprcwion d^aDehémorriia^ habit veflc«iid*itte affection cuUaée , enfin tout ce qoi peat détcnmÎAcr me irritatioo qoelcooqae de Fe^tniift.
D £aat cepeciaot convenir qneecs eaniesi oot bieo xDoifLs de part qa'oa ne rimaHnr daaft la tion des sqairrfaes de iV itOMni ; avMi pânriff» ÎDdmdof soot-ils afTectés de cette maladie ^ »an^ qa^î]» aient élé«ettmis à ribûneoce d*accafled''entre elles, taudis ^* on docdlue inûni de personnes exposées à ees eaoies ne sont pMnt prises de cette m^dadie-
Les prcBflions kabitoeUcs nv rëpiç^stre , et les envps re^s «orci^it^ r^irtie paroIUotent deroirsoffire pooroccasionner la '^ . ration ^quirrhease de rotomac, etces cai»fes ont en effet contribué dans quelqoes cas an dc^reioppement de cette maladie. Des raisons d'un très-^irand poids font néanmoins présumer qu'elles ont bien ssoins d^énerpe pour l'occarionner qu'on ne scroti d'abord porléa le croire. £o effet , les cord mniers dont Tepi^astre et la partie intérieure de la poitrine éprouvent une telle cofDpression ^u*U en lésnUe une dtrpreâsion remarquable de la partie inleriearedu sternum et du cartilage ëe plusieurs côtes, ne snnt pas plus Iréquemment aifeetés du squirrbe à l'estomac ffas les autres sajets.
M. Chardei ^ dans Toofraçe qu'il a publié flv le squirrhe de l'esiomac , remarque que les relions de ce viscère les moins exposées aux pressions des corps extérieurs, telle» qiie le cardia , la petite courbure et le pyLc^e^ sont prt<r 'sèment le pins sniettes aux dégéoératioQS sqmrrbeuses. 11 iait d'ailleurs observer que ces dé^nentionsse trouvent distribuées arec une sorte d'eçalite parmi lesdiverses classes d'art î>a{is , sans é^ard à leur proSessaon.
Il n'est aucane cia-ne de la sociêie qui soil à l'abri de cette nà^adie : >i ou ne consoltoit que les matériaux em* plofispar M. Cbardel, ou pourrott d'abord croire qœ cette
1^76 CANCER BE l'eSTOMAC.
maladie affecte particulièrement les individus les moins aisés et ceux qui sont le plus exposés aux inconvéniens de l'indigence ; les observations publiées par cet auteur ont été faites dans les hôpitaux. D'après celles que j'ai recueillies , en exerçant la médecine à l'hôpital de la Charité et en ville, je puis assurer que le squirrhe de l'estomac n'est pas moins commun dans les classes de la société qui jouissent de la plus grande aisance , que parmi celles qui sont exposées aux travaux les plus pénibles et aux plus grandes privations.
Le cancer de l'estomac est tellement fréquent, qu'il cause la mort de près d'un vingt-cinquième des individus qui succombent à Paris, soit dans les hôpitaux , soit dans la ville. Il attaqutî à peu près également les individus des deux sexes, et aucun tempérament ne met à l'abri de son invasion. Il ne se manifeste presque jamais avant la vingt-cinquième année; il est très-rare avant la trente-sixième, mais il devient ensuite d'autant plus fréquent que les individus sont plus près de l'âge de cinquante ans. Après cette époque il paroît devenir un peu moins fréquent à mesure qu'on se rapproche de la soixantième année; il ne devient cependant pas proportionnellement plus rare. Si le nombre des individus qui périssent de cette maladie paroît diminuer après la soixantième année dans les tableaux nécrolc/giques, cela tient à ce que le nombre des personnes qui ont dépassé cet âge est incomparablement moindre que celui de ceux qui, ayant dépassé la trente-cinquième année, n'ont point encore atteint la soixantième. Aussi , en faisant !e relevé de la cause de la mort de quelques centaines de vieillards âgés de soixante-six à soixante-quinze ans, on trouveroit que plus d'un vingtième d'entre eux ont été la victime d'un squirrhe de l'estoniac.
Nous placerons ici le relevé d'un très-grand nombre d'ouvertures de cadavres, d'après lequel on pourra se faire wne
CAKCER DE I. liSTOMAC. 1 ^y
iflée nette de la proportion des maladies squîrrheuses de l'estomac, et de l'âge dans lequel cette maladie est la plus commune.
Sur 2556 sujets morts de diverses maladies depuis l'âge de quinze ans jusqu'à celui de quatre-vingts et au-dessus, nous avons trouvé, d'après le résultat de l'ouverture des cadavres, que 100 individus avoient été la victime du squirrhe de l'estomac. En examinant l'âge auquel étoient parvenus ces divers individus, nous avons formé le tableau suivant :
TABLEAU divisé par années ^ par demi- dizaines d'années et par dizaines d'années.
MOPvTS
DE LA lo"^ A LA 80^ ANNÉE.
Morts de 15 à
26 ans. . . .
Morts à 27 ans.
MORTS
DIVISÉS PAR DEMl-DIZAlNES
d'années.
De lo à 2.3 ans.
De 26 à 50 ans.
2 >De 56 H 40. .
A reporter. 17 |