XLVIII NOTICE HISTORIQUE
en avoir obtenu plus que je n'aurais osé demander (i). Ses aumônes étaient secrètes; il y mettait autant de prudence que de générosité. Il ne donnait qu'après s'être informé des besoins deceuxqu il voulait soulager; mais alors il donnait tout ce qui paraissait nécessaire. L'état qu'il exerçait le mettait h même de connaître bien des choses qu'on ignore dans le monde. Il profitait de cette circonstance pour rendre des services dont le résultat était également utile 5 la société cl aux infortunés qui étaient devenus l'objet de sa sollicitude. S'il apprenait que l'excès de la misère allait précipiter une jeune fille dans le désordre, il la faisait placer en apprentissage chez des ouvrières dont il était sur, et il conservait ainsi ses mœurs et son existence. Qucl((ucfois même il venait au secours du repentir qui suit une première faute, et se trouvait heureux de ramener au bien des cœurs qui n'étaient pas encore corrompus. Ce n'est pas par lui qu'on a pu savoir ces détails; mais il s'est trouvé des êtres assez reconnaissants pour ne pas laisser ignorer qu'ils lui devaient plus que la vie. » ('2)
Les connaissances médicales de Bayle, loin d'ébranler ou d'affaiblir ses croyances , lui donnaient une nouvelle force. A l'imitation des plus beaux génies dont la médecine s'honore, des Bâillon, des Baglivi, des Morgagni, des Boerhaave, des Haller, l'élude de l'organisation humaine,
(t)M. Deleuzc, qui parle, est connu de tout le inonde par ses bonnes œuvres, qu'il avait de nombreuses occasions d'exercer parmi les pauvres, soignés par la sociélé pbilaulropique dont il a élé le «ecrélaiie général pendant plus de trente ans.
(2) Deleuzc. Notice historique.
StR G. t. BATLE. XLtX
et des étonnants rapports de nos organes entre eux et avec la nature entière, avaient augmenté son admiration et son amour pour TAuteur de tant de merveilles. Les maladies elles-mêmes lui inspiraient des pensées semblables, en lui montrant les lois admirables d'après lesquelles la nature rétablit ou tend à rétablir la santé, lorsqu'elle a été troublée par une cause quelconque.
Mais, dans aucune circonstance, la piété de Bayle ne se montra d'une manière plus éclatante que dans sa dernière maladie. Au milieu de longues et pénibles souffrances, jamais il ne lui écbappa un seul mot de plainte ou d'in)patience. 11 parlait de sa maladie avec le même calme et le même sang-froid qu'il aurait parlé de celle d'un autre ; il en raisonnait tous les symptômes avec sa logique accoutumée, et il en calculait les chances avec une exactitude que révéncment n'a malheureusement que trop confirmée. Conservant toute l'étendue de ses facultés et la rectitude de son jugement, tantôt il dictait pour ceux de ses malades dont il connaissait la constitution des conseils qui pussent leur être utiles lorsqu'il ne serait plus, tantôt il s'occupait à mettre la dernière main h un de ses ouvrages, ayant soin de placer de temps en temps des notes pour la personne qui serait chargée, après sa mort , d'en diriger l'impression. H envisageait sa fin avec une telle résignation, qu'il semblait que ce ne fût pour lui qu'un voyage ordinaire; il consolait sa femme, en l'invitant à se soumettre à la Providence, et l'assurant que, lorsqu'elle serait appelée à le rejoindre, le lien qui les unissait l'un à l'autre serait renoué pour l'éternité.
Tel est l'homme que la médecine française a perdu il y aura bientôt dix-huit ans. Cet espace de temps n'a point
t NOTICE HlSTORIQtE
refroidi sa mémoire parmi ceux qui l'ont connu ; ils n'oublieront jamais celte alliance des talents et de la vertu dont Bayle fut un des plus rares exemples qu'on puisse citer.
DlscRiPTi^N de la nostalgie ou mal du pays dont Bayle fuk atteint, par GaudeJroy , jeune poète, mort eu 1809, ii l'âge de 32 ans.
Au milieu de ces monJs dont les sommets antiques
Dominent le contour des plaines Italiques,
Aux lieux où lAliobroge actif, iuduslrieux,
Voit s'ceoulcr en paix ses jours laborieux,
Il est une vallée étroite et resserrée,
De Flore et de Pomonc en tout temps ignorée.
De stériles guérels, sillonnés de ravins,
Des rochers dépouillés, de lugubres sapins.
Au dessus déliants pins que l'Aquilon assiège
Et revêt chaque jour de frimas et de neige,
Tel est l'aride aspect qu'offre à l'œil attristé
Par on ciel rigoureux ce lieu deshérité.
Là, de l'agriculteur la bêche opiniâtre,
En tourmentant le sein d'une terre marâtre,
Peut à peine arracher diudigentes moissons.
Quelques troupeaux épars sur le penchant des mont» ,
Quelques arpens autour d'un humble toit de chaume^
Ce sont là ses sujets, son palais , son royaume.
Eh bien I du sol natal mystérieux attraits J
Content de ces trésors, ses modestes souhaits.
Sans fatiguer les dieux d'une importune plainte ,
Jamais de ce désert ne franchirent l'enceinte.
Un jeune hemme pourtant, né dans ces tristes lieux
Mais ravi dès renfancc au toit de ses aïeux,
SrR G. I. BAILE.
Vint chercher sur nos bords une plus douce vie.
Là , docile à l'instinct de son heureux génie »
11 cultivait cet art dont le puissant secours
Sait renouer le fil de nos fragiles jours,
Et près du lit de mort ramenant Tespérance ,
Vient guérir ou du moins adoucir la souffrance.
Déjà plein des leçons des Jussieu, des Halle,
Aux plus hrillans succès sur leur trace appelé,
La fortune, la gloire aux jeunes cœurs plu» cliirc.
Encourageait ses pas dans ?a noble carrière.
Tout riait à ses vœux : cependant chaque jour
Un vague souvenir de son natal séjour,
Nourrissant dans son ûme une douce tristesse,
Le suivait en tous lieux et l'obsédait sans cesse.
D'abord s'applaudissaut de ses pieux regrets,
Sou cœur accueillit trop un chagrin plein d'atlraiti ;
Puis, redoutant bientôt les longues rêveries,
Il crut que ses travaux , ses éludes chéries,
Les pénible» devoirs, 1 amitié, les plaisirs.
Multipliant ses soins, occupant ses loisirs.
Imposeraient silence à son inquiétude.
Vain espoir î Dans le sein des plaisirs de l'élude.
Sitôt qn'à ses pensers son pays vient s'offrir.
Triste, inquiet , rêveur, il se sent attendrir,
Et ses yeux, malgré lui, sont humides de larmes;
Mais quel secret pouvoir, quels invincibles charme»
Vers de tristes rochers emportent donc ses vœux ?
Le désir de couvrir de ses baisers pieux ,
De mouiller de ses pleurs le front blanchi d'un père.
De palpiter cncor sur le sein de sa mère ?
Hélas I depuis long -temps du trépas rigoureux
L'inexorable faulx les a frappés tous deux :
Dès long-temps comme lui , jouets d'un sort contraire ,
Ses frères ont quitté le toit héréditaire,
Et le silence règne en ses murs attristés.
N'importe : il veut revoir ces lieux inhabité».
ut KOfICB RISTOUQUE
Et de ce seul désir rien ne peut le distraire La nnitj dont les pavots consolent la misère, Est pour lui sans repos : ou , si ses yeux lasses Sous un pesant sommeil succombent affaissés , Toujours le m^me songe rst présent à sa vue ; Seul il croit parcourir une terre inconnue , Quand soudain, au milieu de l'immense horiion, Il a cm voir, il voit son hameau , ?on vallon , Son humble toit. Déjà les cris du chien fidèle. Dan» son étroit enclos exacte sentinelle, Ont frappé «on oreille : éperilu , transporté, Il conrl , il va fouler ce seuil tant souhaite. Tout-à-coup le sommeil a fui de sa paupicro , Alors frappé soudain d'une triste lumière : m Ce n'était donc cju'un songe ! ô toit de mes aïeux |
• Jamais ton doux aspect ne charmera mes yeux;
» C en est fait : sur ces bords la fortune iuhumaine » Par ses cruels bienfaits me relègue et m'enchaîne.
• Eh! que me fait, hélas! cet appAt suborneur
• Qui promet quclquéclat et ravit le bonheur?
B O hameau ! lieu chéri de paix et d'innocence , a Où s'enfuirent les jours de ma rapide enfance,
• Oh J qui me tiendra lieu de tes riches tableaux? ■ Qui me rendra tes pins , les bondissantes eaux,
• Tes monts où l'aigle altier vient reposer ses ailes,
• Tes beaux rochers, parés de neiges éternelles?
» C'est là qu'est le repos, c'est là qu'est le bonheur. »
Il exhalait ainsi sa profonde douleur.
Mais de ce noir chagrin dont son .'ime est empreint*,
Bientôt le corf>s ^uffranl a ressenti 1 ailcinle :
Un poison inconnu le mine et l'affaiblit.
Son front , d'ennuis chargé , de jour en jour pâlit.
L'aspect seul des humains l'importune et le gène...
Son cœur mélancolique aime à nourrir sa peine,
Cherche l'horreur des boW», le silence des chamjjs.
Mais qu'un brait imprévu, que le souffle des venti
9V1 G. L. BATLI. IRI
ïmcutc le feailJage, il frissonne, il palpile : Bientôt il a rougi da trouble qui l'agite ; Mais s'il reat le combattre, accablé de langueui" Son esprit cherche en Tainuu reste de Tigueur. Que fera-t-il? honteux d*an excès de faiblesse, Se débattant cncor »ons le poids qui l'oppresse, A la fro'rdc raison doit-il avoir recours? Qu'attendre désormais d'an si faible secours ? Chaque jour, chaque instant aggrave sa souflfrance ; Son cœur n'embrasse plus qu'une seule espérance. C'en est fait : renonçant è tous tes Tains travaux, A cet art, impuissant contre «es propres maux, C'est à s«s monts chéris que son âme éperdue Ira redemander la paix qu'il a perdue.
Le mal presse , et boruiiut un funeste relard , Le dixième soleil luira pour son départ.
Libre ainsi du tourment de son incertitude,
Qui ne croirait qu'enfin ta triste inquiétude
Va céder à l'espoir désormais assuré,
De jooir d'un aspect si long-temps imploré ?
Mais, û vaines terreurs d'une àme que dévore
Son inquiète ardeur ! dix jours restent encore :
Que d heures pour souffrir ! que de prise au maihearl
Un noir pressentiment, qui pèse sur son cœor,
Lai moutre avant ce temp§ le terme de sa vie ,
Loi dit que du destin l'arrêt cruel envie
A «es derniers regards l'aspect de son hameau.
Et dans ua lieu d'exil a marqnc son tombeau :
Tant d'un esprit frappé l'activité funeste,
Usant pour L'accabl^'r !• force qui lui reste,
D'uA mal imaginaire accroît des maux réel»!
Mais en£a démentant cet présages cruoJU ,
L'aube Tient d'annoncer la dixième journée i
D« Termeillet Tapetin i'aorore environné*
^ P^'^ ^^^ ^^ ^^*^ > ÎB^P^^ot il part'
LJV îfûTlCB Hl8T0Jil<^i;i
Déjà Paûs éc perd en uu lointain brouillard. Il se hâte, il ftajichit les campagaes rccomles Que lincoustantc Loire enrichit de ses oades. 11 découvre bientôt le* antiques remparts , Où, ûor de seconder le commerce et les arts , Aux laugulisantc& enux de la Saône indolente Lu Rhôuc court mf 1er son onde turbulente. Ses rcgr^rds aussitôt s'élancent ver* les lieux Que du «olcil naissant dorent les premiers feux , Et da,{iciii dc% fapcura de l'horizou bleuâtre Il to^t sortir uo vasU et loçg amphithéâtre, De gif^anteiifucs monta , dont K-s sommets neigeux Opposent Ivur argent au vif axur des cieux. Ces inunt-; d<^ 1 exile recèlent la pairie. A cet aspect ^i thvr .t >•• vue altciidrio. Son cœur a palpite , ses nerfs ont tressailli. Oe mille émulions cou|) sur coup assailli , Il pAlit, tout sou saug s'arrCtc dans ses veines. Dieux ! si prtr» de toucher au terme de ses peine? , S'il allait succorubrr; si aes ardcns transports, De la vie en son si in détruisaient les ressorts... O mort impitoyable , orrCte encore, arrête. ' Roui as lo coup fatal suspendu sur sa tétc; Qu'av^toit de SCS aicux son regard sati<-fâit So r''pose un moment, i) mourra sans regret. L'infatigable fond, des coursiers hors d'haUiat A rjuimé l'tssor; la roue agile, à peine Laisse limprc««sion de ses lég« rs contours, Et sur l'âssico brûlant précipite ses tours ; Déjà les monts voi»iot do plus en plus grandissent. Et de sommet? nouvcriux It'wr» aommois se hérissetif. L'horizon se re»>orre en un étroit conlourj Voilà (juc le chemin par un bru«quc détour Se courbe ver? le nord : un nouvel aspect s'ouvrer ' An\ reui du vovagpnr un hameau se découvre. C\.t le sicu. O bonhpiir! mp^ent inespéré!
Srft C. L. BiTLfc. 'Xif
n «>Ubcc , il s'étend «nr ce sol a^loré ,
Le coayrc de baisers cl l'arrose de larmes.
Ses superstitioDs , ses sinislrcs alarmer 7
Ses maox sont déjà loin : un céleste bonlieur
A ranimé ses sens, a pénélré son cœur,
Et dans un air plus pur il respire la tic.
De ce* parfums si doui qucihalc la patrie ,
Tous ses pores ourcits s'enitrcnl a la fois :
Son sein s'épanouit, son corps n'a plo^^ de poids.
Lubrc , agile , animé d'une Tigueur nouvelle ,
U marche d'un pas ferme «u hameau qui rappelle,
Lien cbéri^ qoc ses jeux n'espér»ient plus revoir
C'était l'heure paisible ou les ombres du soir ,
Par degrés ('abaissant sur Ihumido campagne ,
BappcUcnt le pasteur auprès de sa compagne.
Des troupeaux au bercail retournant lentement
Le Talion répétait le long oiugÏMcment.
L'airaiu , retentissant dans le clocher anU'pio.
Invitait les morti'ls ù ce simple cantique
Qu'a l'heure où le soleil s'oufre ou quitte les cicus». -
A U TÎerge divine oQreut les coeurs pieux.
A ces bruits si conoos, si clicrs -i son oreille ,
Un trouble plein de charme en son àmc s'«'vcille ,
Et mille souvenirs , offerts confusément ,
De son crrur cuivré hâtent le balleracnt.
Frémissant de plaisir et d'un reste do crainte ,
Il se h&tc, et bientôt touche i l'heureuse enceinte ',
Le ToiU sur le seuil : il hésite un moment ;
Immobile, pressé d'un doux saisissement,
Il aime ^ prolonger un trouble (jui l'enehanle,
Et tout près d'un bonheur dont l'image touchante
L'attendrit tant de fois et le fit tressaillir. Pour micax le savourer, il vent se recueillir.
Mais bientôt le désir par le retard t'irrite ;
La clef toornc trois fois sous U uiaiu qui l'agite,
I^f WOTIGE BISTOAIQCJ^
Et ccdautà l'cfïort d'un bras impatient, •
La porte »ur «es gouds loule cl s'ou?re en criant ;.
Il entre. Oh! qui peindra le» rapides pensées
Qui soudain dausson cœnrsc rassemMent pressées?
Kparic dans ce» lieux , je ne sais quelle odeur,
Plus douce que l'esprit de la nais^iiante fleur,
Le s;«it.il toul-.i-coup, reiiivic, le traojporLe.
Du jour qu'il a fermé celte fidilc porte ,
Dt:ux foi» quatre ausont fui luusur r;.ulrc amnsscs,
Que cet heureux moment a souilajn effacés :
Il tient de re^snisir le» jours d«* >un cnfancr.
Vers ce» temps fugitif» de bonlu'iir, dlnnoccuoe ,
Tout r-porle eu ce lit u so p.ii»il)îcs regarda :
Ce» miubUs d'aulrefui» coufu-.étui,'ulép.»r»,
Le« Toilà tel.» qu'au jour ou (c^ yeux pluia» de larmet^.
i;t tr.ivancc- trouble par de vagues aUrmcit^
Pensif, il «'éloii^n.i de ces paisibles Jii'u\.
(^)uel plaisir de fouler cr» ^ii ux sièges poudr«ux .'
il s'asseoit, it M* Il fr , cl puis ^'a«^5eoit encore,
l'ai court tou» II» recoin» de ) enceinte sonore.
Où de »<■» pas pressé» ré»onue acuI le bruit.
Hecounail charpie objet, fouille chaque réduit,
J), •. \)\r.'> teudres repieîs trouve partout la source, v
Ici, quand le soleil avait Gui sa course,
In rh.iiuj èlre rep.is l invitait d s'asseoir :
Près lie ce noir fovor, «es voisina, chaque soir,
Eiilourant du sapin la flamiru; r(i«ineu50,
Ecoulaient des vieux leinps l'histoire merTcillcuiO;
Ce lit.. . Ah ! qu'il est plein de souvenirs louchans 1
Là , tf>ut près d «ipirer sons le fardean des ans,
Son vieux père ojjjuda sa famille éplo:éc ,
l'.l tirant de s.t couche une main r«!'vér(^e,
l'ianimant avec peine une uionranlc vo'^x ,
il lW;nit ses cnfausputn l.i dmiîcrc foi».
[)t< pleurs ù celte, vue ijiondent sou visage {.
fri c. I. IàTU. ^ vni
L'attendrit^ et ses plears ûc loi &ODt point am«ri. ,
La Dtiit Tole , et ic lause en de« pecsers si chert: ' „
Mais sitôt que da ioar U clarté renaisiante „
A roagi dci glaacr» la «.lujc «>MouJssant^
11 est dcià del>oat, et Je joie eDi»r«i ,
Parcourt tout l'horitOQ à ses regards litre.
Li , chaqpc objet ic charme , et tour à toar l'appelle :
Ce« verger* dctsioés par la main paternelle ,
Seal asile , où régis par de saTantes lois ,
Le» présens de Pomoae ont rougi quelquefois;
Cet ormeau qu'on planta le jour de sa naissance.
Dont les rameaux enfans ombrageaient son enfance ,
Mais qui resté Cdèle au sol de ses aicux,
Moins agité que lui, crût en paix auprès d'eux;
Ces monts , dont tant de fois ses pas sûrs et rapides
Ont , dès ses jeunes ans , graYt les flancs arides \
Ce» tranquilles coteaux, ces sommets orageux.
Ces torrents aiurés ou souvent dans ses jeux ,
Da haut des pics baignés par leurs eaux mugissantes,
Il aimait à rouler des roches bondissantes;
Tout lui plaît , tout lui peint de paisibles loisin ,
Oa d'utiles travaux , on d'innocens plaikirs.
Souvent auprès d'un roc mine par les orages ,
Devant un trunc noirci qu'ont dépouillé les âges ,
Il s'arrête immobile , et ses yeux attendris
Se reposent long-temps sur ses muets débris.
Par degrés cependant ces vifs transports s'apaisent ;
A ces émotion» , qui chaque jour se taisent.
Commence à succ«';Jer le calme du !)onheur.
Le doux coutontement ou repose son cuuur,
A ranime bientôt ses forces languissantes ,
Et déjà la jeancsse et oes couleurs riantes
Revivent sur ce front où siégeait la douleur.
Ainsi cet exilé , desséché dans sa fleur ,
InseoMble aux plaisirs, à U gloire intidèlc,
VflÛ irOTiCE 0!ST0&IQT7B St\ G. t. BittBc
Voyait s'enTenimer sa blessure cruelle, £t de son art en vain épaisant les secoori , Dans nos mars fortunés allait Cuir ses jonrs: v A peine a-t-il touché sa sauvage pairie, Il retrouve la paii« le boolieur et la Tie l
rf ■■ ■ .3=
DES
MALADIES CArsCEREUSES,
V^ETTE introduction sera divi>.éc en quatre cliapilres.
Le proniier reiiftrniera quelques consicléiations générales hur les secours que Tanat^ornie palliolo^i(]ue ])cut fournir h la médecine , pour la distinction , riilbtoire et la classification des maladies , et surtout des maladies cancéreuses.
Le second aura pour objet de faire tonnoître les caractères proj)res et distinctifs de la dégénéra lion cancéreuse, et de prouver que diverses espèces d'indurations qui ont été jusqu'ici confondues avec les squirrlies cancéreux , en diffèrent essentiellLiiicnt par la structure intime de leur tissu propre , par les cliangemens auxquels elles sont sujettes , et par les effets qu'elles produisent sur l'économie.
Dans le chapitre troisième nous décrirons en particulier toutes les espèces et variétés de la dégénératlun cancéreuse qui ont été observées jusqu'à ce jour. Nous indiquerons les organes ou les tissus qu'elles affectent plus particulièrement, et les symptômes qui peuvent les faire reconnoître ou soupçonner pendant la vie.
Enfuie dans le chapitre quatrième, nous considérerons les dégénérations cancéreuses par rapport aux di(iérentes formes qu'elles peuvent prendre. C'est ainsi que nous aurons successivement à examiner les transformations cancéreuses , les végétations et les éruptions de même nature , etc.