‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 75 sur 121 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

Cancer des reins.

Le cancer des reins est presque toujours impossible à reconnoître pendant la vie, parce que les symptômes qui l'accompagnent sont communs à la plupart des autres maladies organiques des reins ; il est Irès-souvent compliqué avec une affection calculeuse. Le très-petit nombre d'exemples de la dégénération cancéreuse des reins, consignés sous divers noms dans les auteurs, sont presque tous relatifs à cette complication.

Le cancer des reins, dans son état de simplicité, n'ayant pas de signe patliognomonique, on peut présumer son existence dans quelques cas , en réunissant les signes de l'affection locale et ceux de l'état général du malade, tels que la tumeur dans la région des reins, le teint d'un jaune paille, etc. Mais il est à désirer que de nouvelles observations répandent plus de lumière sur le diagnostic de ce cancer. Pour y contribuer autant qu'il est en nous, nous exposerons dans les cinq paragraphes suivans l'état actuel de nos connoissances à ce sujet.

ARTICLE PREMIER

Variétés de la. maladie.

Le cancer des reins est quelquefois simple, et qt'.elquefois compliqué i>vec un autre cancer. Plus communément Il est uni avec une affection calculeuse. Dans ce dernier

cas, la maladie préFente les mêmes symptômes que le calcul des reins. Le cancer des reins, sans complication, est formé par une dégénéra tiou lardacée qui cause dos douleurs plus ou moins vives, surtout à l'époque de son ramollissement, ou bien il est produit par une dégénération cérébriforme à peu près indolente dans toutes ses pério'^es; ce qui constitue deux variétés principales du cancer des reins, savoir : le cancer indolent et le cancer douloureux. Le cancer indolent détermine. quelquefois une pesanteur, un malaise dans la région des reins, mais jamais des douleurs vives, ni déchirantes, ni lancinantes.

ARTICLE n.

Histoire de la maladie.

§ 1. Cancer indolent. Le cancer indolent des reins, dans son état de sinnplicité, occasionne peu de souffrances lorsqu'il est produit par la dégénération cérébriforme (Incr., chap. III, art. 2, § 5), qui est indolente dans sa première période, et peu douleureuse à l'époque de son ramollissement; aussi la plu[)art des individus affectés de cette variété du cancer ne se regardent-ils pas comme malades, avant l'apparition des sj^mptômes produits par le trouble des fonctions digestivcs et par la cachexie cancéreuse. Ils n'éprouvent pendant long- temps d'autre incommodité cpi'nn malaise plus ou moins marqué dans la région lombaire. Quelques-uns d'entre eux sont pris ensuite d'un dévoiement abondant peu douloureux, mais tellement opiniâtre que rien ne peut le faire cesser, et qui ne tarde pas à reparoîtrc si on est parvenu à le suspendre. Leur urine est plus pale, moins colorée que dans l'état naturel, niais d'aillcui K elle continue à couler avec facilité ; elle n'est ni trouble ni sanglante.

282 CANCER DES ïiEINS.

A mesure que le dévoiement et la décoloration des urines s'invétèrent, la douleur de la région lombaire devient profonde, gravative et continuelle; il s'établit un malaise habituel dans la région hypogastrique, et quelques malades éprouvent en outre de temps en temps des douleurs assez vives dans Thypogastre et dans la région ombilicale.

Insensiblement la peau prend une teinte pâle et jaunâtre;; elle se recouvre de pellicules brunes et sèches qui lui donnent un aspect terreux. Le pouls va toujours en s'afFoiblissant ; il n'a pour l^ordinaire aucune fréquence, il devient même quelquefois plus rare qu'en santé. L'appétit est médiocre, souvent capricieux; la langue est nette. Cependant une maigreur progressive annonce le danger de celte maladie qui, au bout de quelques mois, ou tout au plus d'un au et demi, conduit les malades au dernier degré de marasme : la plupart meurent dans cet état de maigreur excessive ; quelques autres deviennent infiltrés.

Telle est la marche de la maladie dans son état de simplicité ou seulement accompagnée d'une phlegmasie chroniq'ue de îa membrane muqueuse des intestins, provoquée, selon toute apparence, par la lésion delà sécrétion des urines, plus pâles dans ce cancer que d-ins Tétat naturel.

La réunion des symptômes que nous venons d'énumérer donne de fortes présomptions sur l'existence du cancer des reins formé par le tissu cérébriforme, surtout lorsqu'on parvient à découvrir une tumeur dans la région que ces viscères occupent. Néanmoins , cette maladie n'ayant aucun signe pathognomonique, on ne peut la recounoître avec certitude qu'après l'ouverture du cadavre.

Dans quelques cas, on trouve un rein frappé de la dégénération cérébriforme en ouvrant des sujets qui, dans le cours de leur maladie, n'ont rien épruuvé qui fît soup-

çonner une maladie de cet organe. Ils sont morts d'une maladie chronique du cœur, des poumons ou d'un avitre viscère important qui, leur occasionnant plus de souffrances que la maladie des reins, les a empêchés de faire att 'on aux légères souffrances produites par le cancer.

§ 2. Cancer douloureux des reins. Si la variété du cancer des reins que nous venons de décrire est une maladie peu douloureuse, il n'en est pas de même du cancer de cet organe formé par un tissu lardiforme, soit que ce cancer existe dans un état de parfaite simplicité, soit qu'il se complique avec une affection calculeuse.

Cette maladie débute communément par un sentiment de pesanteur ou par une douleur dans la région des reins, soit du côté droit , soit du côté gauche. Quelquefois elle s'annonce par une colique néphrétique ; d'autres fois aussi par des urines rougcâlres un peu teintes de sang et rendues sans douleurs. La colique néphrélique ou l'hématurie cesse pour l'ordinaire après une courte durée. Quelquefois la maladie paroît ensuite guérie pendant plusieurs mois ou même pendant plusieurs années, surtout si elle n'est pas compliquée d'une affection calculeuse.

Elle reparoit de nouveau, dure un peu plus long-temps et disparoîi encore ; mais il reste alors un léger malaise dans la région lombaire.

Après deux ovi plusieurs récidives, les mêmes symptômes reparaissent pour ne plus cesser entièrement. Tantôt la maladie continue à suivre la môme marche qu'elle avoit suivie dans le commencement, tantôt elle paroît en changer; quelquefois les urines, qui d'abord avoient été teintes de sang, redeviennent naturelles ; d'autres fois elles restent un peu louches, et quelques malades rendent des graviers , d'autres n'en rendent jamais ; il en est qui éprouvent des douleurs atroces , d'autres n'ont qu'une souffrance sup-

284 CANCEB DES REÏNS.

portable. Quelquefois la douleur, qui d'abord s'étoit fait ressentir d'un côté, passe de l'autre et les parcourt successivement; d'autres fois les deux côtés sont douloureux en même temps.

Les douleurs sont tantôt gravatives, tantôt déchirantes, tantôt lancinantes, tantôt brûlantes. Le même malade éprouve quelquefois ces diverses douleurs dans différens temps; d'autres n'éprouvent jamais que la même espèce de douleur.

A mesure que la maladie se prolonge, la digestion commence à se détériorer; la face prend une teinte jaunâtre et blême; le pouls est un peu tendu pendant les douleurs, et il est ordinairement peu fréquent dans l'intervalle.

Les reins augmentent quelquefois de volume au point de devenir assez faciles à distinguer par le toucher : le droit forme une éminence dans le flanc droit, immédiatement au-dessous du foie, et le gauche dans le flanc gauche, immédiatement au-dessous de la rate. Ils forment alors des tumeurs phis ou moins inégales et qui présentent une forme bien différente de celle qu'afî'ecte la rate dans les fièvres inlermittentes, ou le foie dans les altérations nombreuses auxquelles il est sujet.

Plusieurs des malades ressentent une douleur assez forte dans le trajet des cordons spermatiques ; d'autres éprouvent cette même douleur à la verge, qu'ils relèvent continuellement en la comprimant du côté du pubis.

Il survient quelquefois une sorte d'engourdissement dans les cuisses. Ces phénomènes sympathiques n'ont lieu que d'un seul côté lorsqu'un seul rein est affecté ; mais dans les cas où les deux reins sont malades, les douleurs sympathiques peuvent ne se faire sentir que d'un seul côté ; elles passent d'un côté à l'autre si les douleurs lombaires, qui d'abord se faisoient ressentir dans un côté seulement, viennent à passer du côté opposé.

Je n'ai observé la rétraction des testicules ou de l'un d'entre eux que dans le cas où la maladie se présentoit sous la forme d'une colique néphrétique aiguë.

Les douleurs gravatives sont continuelles, mais les autres reviennent par accès; et, en outre, le malade éprouve presque tous les jours, peu de temps après avoir mangé, un gonflement abdominal et une angoisse inconcevables. Il est quelquefois resserré ; d'autres fois il a un dévoiement très-fétide.

Cependant il continue à maigrir, et communément ses ïambes s'infiltrent ; mais s'il ne survient pas d'infiltration, il périt dans le dernier degré de marasme.

Lorsque la maladie est compliquée de calcul des reins, les urines sont souvent sanglantes, ou sanieuses, ou chargées d'une mucosité filante, fétide , purulente ou puriforme.

Mais quand il n'y a pas de calcul des reins, ce qui est le plus ordinaire, les urines restent presque toujours assez claires ; quelquefois elles sont seulement un peu louches, ou bien elles offrent une sorie de sédiment furfuracé.

Quand la maladie a été précédée ou accompagnée de calcul des reins , il est assez difficile de reconnoître avec certitude le squirrlie des reins avant l'ouverlure du cadavre, parce qu'on voit quelques individus affectés de calcul des reins sans squirrhe, et qui cependant présentent tous les sj'mpSômes dont nous avons précédemment fait mention. A la vérité, quelques-uns d'entre eux présentent à l'ouverture une dégénération cancéreuse des reins, mais il en est d'autres qui présentent toute autre altération de ces organes.

ARTICLE III

Résultat de L'ouverture des cadavres,

A rouvertïire des cadavres on trouvé toujours, indépendamment de la dégénéralion des reins, les lésions produites par les diverses complications qui peuvent exister. La dégénération cancéreuse consiste presque toujours dans la transformation du tissu propre du rein devenu squirrhcux (Intr., çhap.,ii, art. i) ; elle n'est presque jamais semblable aux masses squirrheuses du foie (Chap. xx, art. 2).

Les reins ont plus ou moins changé de forme et de volume. Leur substance propre est dégénérée et intimement confondue avec le tissu cellulaire qui les environne. Les calices et le bassinet sont plus ou moins dilatés; les uretères sont fréquemment squirrheux aussi, et ils ont quelquefois acquis une épaisseur inconcevable, à tel point que les parois d'un uretère ont quelquefois plus de trois travers de doigt d'épaisseur.

Toute la masse squirrheuse, soit qu'on l'examine à l'endroit où le rein et la graisse sont confondus, soit qu'on recherche sa structure le long des uretères squirrheux , se présente sous la forme d'un tissu blanc, uniforme, plus ou moins luisant, d'un aspect analogue à celui de la substance cérébrale, ou du lard, mais quelquefois d'un tissu plus dense, plus compact, plus matj et cependant parsemé de petits points brillans, visibles à la loupe et renfermés entre des lames celluleuses blanches, inégales et irrégulières. On y découvre de très-petits vaisseaux sanguins : on voit en oulre ça et là, soit dans la masse squirrheuse, soit au dehors de cette masse, des portions noirâtres, ou brunes, ou rougeâtres, et quelquefois de petites ecchymoses.

Lorsque la tnmeur est déjà ramollie, on en fait sortir, en la comprimant, une sorte de bouillie blanche comme de la crème ou d'un blanc bleuâtre. Quelquefois dans le même reiu il y a des portions squirrheuses et d'autres qui sont seulement dans un état de phlegmasie chronique.

Enfin, lorsque la maladie est compliquée avec des calculs des reins, on trouve ces calculs tantôt sous forme de petites concrétions arrondies ou irrégulières , tantôt sous Tapparence d'une matière plâtreuse plus ou moins solide, et quelquefois aussi les calculs sont ramifiés et en quelque sorte sous la forme du corail, mais presque toujours d'une couleur grise ou noirâtre.

Quelquefois les parties voisines ont contracté des adhérences avec les reins ainsi altérés; d'autres fois tout est sain aux environs. Presque toujours la vessie est saine aussi. Mais on trouve quelquefois le cancer des reins uni avec le cancer de la vessie. Dans ces cas, la maladie présente les symptômes particuliers dont nous avons fait mention article 2, et ceux dont nous parlerons en traitant du cancer de la vessie. (Ghap. xxiv).

ARTICLE IV

Lésions organiques des reins quÀ ne doivent pas être confondues avec la dégénération squirrheuse.

Ces lésions organiques sont : i» la dégénérescence tuberculeuse; 2° la décoloration du tissu ; 3« l'atropbie du parenchyme ; 4° les kystes séreux -, 5° la phlegmasie, soit aiguë, soit chronique; 6° la suppuration; 7° les substances calculeuses. Il suffira d'exposer les caractères de chacune de ces lésions pour montrer combien elles diffèrent de la dégénération squirrheuse.

S 1. La dégénérescence tuberculeuse, enkystée ou non

enkystée, du tissu des reins se présente sous la forme d'une substance blanche ou d'un blanc jaunâtre ou grisâtre. Mais cette couleur n'est jamais brillante; elle est terne. On n'observe pas des points luisans dans le tissu dégénéré. Lorsque la suppuration y survient, elle commence dans le ceiltre et y forme un seul foyer.

§ 2. La décoloration du parenchyme des reins n'altère point le tissu organique. On reconnoit encore les diverses substances qui entrent dans la composition du rein. Cet organe est seulement blanchâtre ou grisâtre. Il semble qu'il ait été loqg-temps macéré, totalement privé de sang; en un mot, il est simplement décoloré.

§ 5. L'atrophie du parenchyme des reins consiste dans la diminution, et quelquefois la disparition presque complète des vSubstances corticale et tubuleuse de cet organe, sans suppuration, sans inflammation. Il semble seulement que cette substance a été diminuée par défaut de nutrition. Les reins ainsi atrophiés deviennent quelquefois presque aussi petits que la dernière phalange du pouce. Il y a cependant une variété de l'atrophie des reins dans laquelle le bassinet et les calices sont excessivement développés, de manière que les reins, quoique presque réduits à l'état d'une simple membrane, occupent cependant encore un assez grand espace. Quelquefois un seul rein est atrophié, d'autres fois ils le sont tous les deux. Mais un phénomène qui mi'a toujours beaucoup étonné, c'est que j'ai trouvé chez quelques individus les deux reins transformés en simples membranes, sans aucun reste de parenchyme, et ayant de très-grands calices. Les malades avoient toujours uriné abondamment j leurs urines étoient seulement aqueuses et à peine colorées.

§ 4. Les kystes séreux. Les reins d'un certain grand

nombre d'individus, surtout de ceux qui sont arrivés à un âge très-avancé, présentent de petits kystes dont le volume varie depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'un petit pois. Ces kystes sont quelquefois un peu saillans, et d'autres fois presque totalement enfoncés dans la substance corticale. Ils sont transparens et remplis d'une sérosité limpide. Dans quelques maladies des reins, on voit des kystes de même nature, mais dont les parois sont beaucoup plus épaisses et le volume bien plus considérable, car il y a en quelquefois cette nature qui sont plus gros qu'un mar-ron d'Inde.

§5. Laphlegmasie, soit aiguë, soit chronique, des reins, augmente le volume de ces viscères, gonfle et rougit leur parenchyme, y détermine quelquefois une suppuration ; mais elle ne le rend point dur et d'un blanc luisant; elle ne leur donne point l'aspect d'une substance lardacée, non plus que celui de la substance du cerveau.

§ 6. La suppuration chronique des reins peut se trouver réunie avec le squirrhe de ces organes, mais elle peut en être séparée. Dans ce dernier cas, la substance qui est le siège de l'ulcère est mollasse ou calleuse , et dans un état de phlegmasie chronique, etc. , mais elle n'est point dure et d'un blanc brillant à l'intérieur lorsqu'on l'iucise.

§.7. Les substances calculeuses des reins se présentent quelquefois sous la forme d'un ou de plusieurs amas de matière comme plâtreuse ou semblable à la cendre délayée d'un peu d'eau ; d'autres fois elles offrent la forme de calculs, dont le volume et la figure peuvent être très- variés ; d'autres fois enfin la matière calculeuse se présente sous l'apparence d'une concrétion ramifiée qui imite la forme du corail. Ces diverses matières calculeuses ne détermi-

lî. m

^go GANCEB DES RjBmS.

Dent quelquefois aucune ulcération. D'autres fois , elles sont unies avec une altération de la membrane qui forme l'uretère, ou le bassinet, ou les calices. Cette membrane peut être en suppi.ration , le rein lui-même peut éprouver une des altérations précédemment décrites, ou plusieurs de ces altérations réunies ; mais souvent il n^y a rien qui ait l'apparence d'un squirrhe ou du cancer des reins. Mais, comme nous l'avons dit précédemment, la dégénéralion squinheuse des reins peut se trouver réunie avec des concrétions caiculeuses. Il faut seulement ne point oublier que ces deux altérations peuvent exister isolément. D'après cette exposition sommaire, on voit qu'à l'ouverture des cadavres il est impossible de confondre le squirrhe des reins avec les autres altérations de ces organes.

ARTICLE Y

Traitement du cancer des reins.

Lorsqu'on a des raisons suffisantes pour présumer l'existence d'un cancer des reins simple, on peut faire l'essai de quelques-uns des remèdes généraux qui ont été proposés pour le traitement des maladies cancéreuses. On combat d'ailleurs les symp! ornes accidentels qui ne tiennent pas essentiellement à la nature de la maladie , mais qui la rendent plus difficile à supporter et qui peuvent accélérer sa marche. La saignée , les sangsues, les bains, les topiques émolliens ou narcotiques, les boissons mucilagineuses, les émulsions, les délayans, etc., sont mis en usage pour calmer les douleurs des reins , pour remédier à la pléihore , aux congestions sanguines vers la région lombaire , etc. Lorsque la couleur rougeâtre des urines, ou le sang qui leur est abondamment uni , engage à prévenir, ou à faire cesser une hémorrhagie des reins, on près-

crit les tisanes de riz, d'ortie, de grande consoude, de tormentille, etc., avec les sirops degreoade, de coing, de grande consoude, ou de gomme kino, etc.: s'il se déclare des douleurs de vessie provoquées par l'altération des urines, on les combat en donnant une boisson abondante et adoucissante , ou, plus efficacement encore, en administrant des résineux tels que la térébenthine , le sirop de tolu , etc.

Lorsque le cancer des reins est compliqué avec une autre maladie du même organe, le traitement devient encore plus épineux. La complication la plus ordinaire est celle du calcul des reins. Nous entrerons donc dans quelques détails relativement aux modifications qu'elle nécessite dans le traitement ; les saignées, les bains, les boissons délayantes , les narcotiques et les autres caïmans conviennent également pour pallier les deux maladies.

Mais les résineux, qui sont si utiles pour diminuer les douleurs de vessie provoquées par le cancer des reins, doivent être proscrits, ou ne peuvent être administrés qu'avec la plus grande réserve et pendant un temps fort court, dans la complication du cancer des reins avec un calcul des mêmes organes. La térébenthine , le camphre, et les autres résineux qui communiquent aux urines une odeur particulière, calment à la vérité les douleurs de la vessie; mais ils donnent aux calculs une plus grande consistance , les rendent plus lisses et rapprochent les accès de colique néphrétique.

Les substances alkalines, délayées dans une suffisante quantité de liquide , ne nuisent pas aux maladies cancéreuses et conviennent parfaitement dans la complication qu'il s'agit ici de combattre j parce qu'elles éloignent les accès de colique néphrétique et diminuent singulièrement leur intensité en ramollissant les concrétiorâS calculeuses qui, de temps à autre, s'engagent dans les ure-

Sga GANCEK DES REINS.

tères. Dans cette vue on fait prendre", pendant très-longtemps, chaque jour 8 à lo grains de soude ou de potasse dissous dans un liquide mucilagineux.

L'action des substances dont nous venons de parler doit toujours être présente à l'esprit des praticiens.

Nous avons vu un malade rendre par iniervalles des calculs très-lisses et durs comme du marbre , toutes les fois qu'il faisoit un long usage de l'huile de pétrole , du baume de tolu, de pilulesdetérébenthine, etc.; tandis que, s'il usoit pendant long-temps de boissons alkalines , il rendoit des calculs inégaux, irréguliers, maisexlrêmement mous et presque aussi faciles à écraser entre les doigls que le suif de chandelle. Depuis cette époque nous avons eu occasion de faire les mêmes remarques sur plusieurs autres malades.

Il semble que les résineux diminuent la sécrétion muqueuse, et contribuent ainsi à rendre les concrétions calculeuses plus compacies , tandis que les alkalins ne dimiinuent pas celle sécrétion , et peuvent neutraliser une partie de l'acide urique qui contribue si puissanunent à la formation des calculs. Si, par quelque idiosyncrasie particulière, le malade affecté d'un cancer des reins compliqué avec des calculs ne pouvoit pas supporter les préparations alkalines, on pourroit lui donner une décoction de lobeliasyphililica. INous avons vu cette racine, dont le goût est très- piquant, soulager d'une manière remarquable les douleurs occasionnées par les calculs des reins, et éloigner exlrêmement le retour des accès de colique néphrétique. Mais il est très-difficile de se procurer ce médicament, et nous avons vu administrer à des phthisiques, sous le nom de lobelia syphilitica, une racine très-douce et très-mucilagineuse qui n'avoit absolument aucune analogie avec cette plante.

CANCER DE lA VESSIE. SqS

Page 1