SECTION PREMIÈRE
J)a cancer du cerveau , des maladies qui peuvent le simuler, et des règles du diagnostic*
ARTICLE PREMIER
Cancer du cerveau (i).
Quoique le cancer du cerveau ne soit pas fort rare 5 la plupart des auteurs l'ont passé sous silence , et les autres n'en ont parlé que d'une manière très-vague. Nous exposerons dans le premier article de ce paragraphe les symptômes que nous avons observés chez ceux que nous avons vus succomber à cette maladie, et, dans le deuxième article, nous décrirons les lésions organiques que nous avons trouvées dans leur crâne.
(1) Obs. de cancer du cerveau, Mem, de VAcad. de chir., 1. 1, p. 324.— Couches optiques cancéreuses, Journ. de méd. cont.^ t. XX, p. 367, et t. XXI, p. 98. — Id., Ane. Journ, de méd.^ t, iv, p. 137.--Cliardel, Squirrhe dcl'esiomac, obs, p. JOÎ, Marie lyiatMeu,
Histoire de la maladie. — Le cancer du cerveau débute communément par des douleurs de tête violentes et profondes, qui reviennent par accès, et qui occupent tantôt la totalité du crâne, tantôt un seul côté. Il s'établit en outre chez ia plupart des malades , au bout d'un certain temps , une autre douleur de tête gravative et continuelle. Les douleurs habituelles vont toujours en augmentant, et celles qui constituent les accès prennent à chaque récidive plus d'intensité. Il est quelques individus chez lesquels les douleurs habituelles et môme les accès sont suspendus et comme guéris pendant un certain temps , soit spontanément, soit par l'effet des remèdes.
La douleur qui revient par accès est toujours profonde ; elle a souvent un siège fixe ; néanmoins elle peut se faire ressentir dans des endroits divers, et changer de place à différens accès. Il y a cependant à cet égard une remarque importante à faire : lorsque pendant les accès la douleur s'est fait ressentir plus souvent dans un endroit que dans tout autre, la tumeur a presque toujours son siège dans le lieu qui a été le plus fréquemment affecté de la douleur. La plupart des malades disent que leur tête est prête à se fendre, d'autres assurent que leur douleur, quoique violente et atroce, n'est point distensive, qu'il semble au contraire que le crâne soit fortement serré dans un étau.
Pendant les accès les plus violens, le pouls ne s'éloigne presque point de l'état naturel : il devient quelquefois seulement un peu plus lent ; les mains sont presque toujours froides ; les yeux conservent rarement alors la même apparence que dans l'état naturel. Ils sont pour l'ordinaire hagards, étonnés, fixes ou sans expression. Au milieu de ces tourmens, quelques malades supportent les douleurs en silence , la plupart poussent de temps à autre quelques cris aigus j enfin il en est qui font entendre des gémisse-»
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mens continuels, ou qui jettent perpétuellement les hauts cris, et cela surtout lorsque l'accès a lieu pendant la nuit, comme cela arrive le plus communément. Ces accès se renouvellent tous les mois , toutes les semaines , tous les jours, ou même plusieurs fois dans un jour. Ils sont en général d'autant plus rapprochés et plus longs, que la maladie est plus ancienne. Leur durée varie depuis cinq ou six minutes jusqu'à six ou sept heures. Quelquefois on parvient à suspendre momentanément les douleurs, même pendant la plus grande violence des accès, en procurant des distractions aux malades , ou en les engageant adroitement à parler d'une chose étrangère à leur maladie, ou bien en leur comprimant fortement la tête avec les mains.
Dans les intervalles de calme, la santé paroîtfort bonne, mais ces intervalles diminuent de plus en plus, et à la fin ceux même qui dans les premiers temps n'éprouvoient aucun malaise à la tête entre les accès, sont pris d'une sorte de céphalalgie habituelle , indépendante des douleurs qui reviennent par accès , et qui devient presqu'aussi difficile à supporter, quoiqu'elle soit bien moins violente.
Les symptômes dont il a été question jusqu'ici constituent le premier degré de la maladie. Le second est caractérisé par la lésion de quelqu'une des fonctions cérébrales; quelquefois les deux degrés de la maladie se confondent , c'est-à-dire que la lésion des fonctions cérébrales se déclare en même temps que les douleurs de tête, ou même plus tôt. Mais cela est assez rare.
La lésion des fonctions du cerveau n'est pas la même chez tous les individus; elle peut varier chez le même sujet d'une manière remarquable.
Le plus souvent c'est une altération du mouvement ou du sentiment. Dans certains cas, c'est une lésion des facultés de l'entendement. Ainsi l'on voit communément ua œil, un bras, une jambe, ou tout un côté du corps devenir
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plus foible que dans l'état naturel; cette foiblesse peut même aller jusqu'à la paralysie. D'autres fois les mêmes parties, sans perdre leurs forces, éprouvent seulement une légère diminution delà sensibililé. Lorsque celte altération du mouvement ou du sentiment a lieu d'un côté , et la douleur de tête de l'autre, cette dernière indique presque toujours exactement le siège de la dégénérescence cancéreuse.
Certains malades, au lieu d'éprouver les symptômes que nous venons d'énumérer, deviennent sujets à de violentes convulsions, et même à de véritables accès d'épilepsie ; enfin nous avons vu survenir dans les mêmes circonstances la manie et même l'idiotisme. Dans tous les cas , les douleurs de tête continuent. Ces diverses lésions des fonctions cérébrales augmentent de jour en jour; elles peuvent ensuite rester stationnaiies pendant fort long-temps , ou même diminuer par degrés, soit spontanément, soit par l'effet des remèdes , jusqu'au point de donner quelque espérance de guérison ; vain espoir qui ne tarde pas à s'évanouir; car, au bout de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois, la maladie reprend une nouvelle activité , quelquefois alors la lésion qui existoit auparavant reparoit ou devient plus intense. D'autres fois elle est remplacée par une lésion bien plus grave, ou bien il s'en établit plusieurs en même temps. Ainsi un malade a des douleurs de tête, une paralysie partielle, une cécité, une sorte d'idiotisme ; un autre a un œil affecté de goutte sereine, un bras paralysé, et une perle presque absolue de la mémoire ; un troisième éprouve un assoupissement profond presque continuel, une sorte de délire , et l'affolblissement remarquable d'un ou de plusieurs membres.
Je ne parlerai point ici de quelques symptômes qu'on observe rarement, et qui tiennent à la disposition particulière du malade, à sa constitution, à son idiosyncrasie.
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Au milieu cle tous ces désordres, les fonctions relatives à la nutrition ne sont presque jamais troublées, l'appétit per« siste, la plupart des malades sont même d'une grande voracité ; ils semblent ne plus vivre que pour manger. On n'observe pas d'amaigrissement notable , mais seulement, chez certains malades, une pâleur et une flaccidité des chairs qui paroissent dépendre , au moins eu grande partie, du séjour prolongé dans le lit. La menstruation chez les femmes continue à être régulière.
Les matières fécales et les urines n'annoncent aucune imperfection dans la digestion. Elles ne sont point viciées, et elles continuent à être évacuées comme dans l'état naturel. Mais quelquefois , surtout dans les derniers temps de la vie, le rectum et la vessie participent à la paralysie ; il en résulte tantôt une constipation opiniâtre, ou même une accumulation énorme de matières fécales dans le gros intestin , tantôt une rétention d'urine , bientôt suivie de l'issue involontaire et continuelle de ce liquide, qui sort par regorgement et qui exhale une odeur de souris insupportable.
L'état moral de ces malades fixe particulièrement l'attention de l'observateur : à dater du moment où ils ont éprouvé une paralysie partielle, ils sont dans un état d'apathie, également éloignés de la tristesse et de la gaîté; pour l'ordinaire, lors même qu'ils n'ont pas perdu entièrement la raison, ils ne paroissent avoir aucune inquiétude sur les suites de leur maladie ; malgré la violence des douleurs, malgré la paralysie partielle, ils ne craignent point de mourir, ils ne se regardent pas même comme en danger ; quel que fût auparavant leur caractère, et quels que fussent les soins parfois excessifs qu'ils donnoient à leurs affaires et à leur famille, ils n'ont plus aucun souci. Leur tranquillité est imperturbable, lors même que leur famille est réduite à la dernière misère par la discontinuation <Je leurs
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travaux. S'ils manifestent quelquefois le désir d'être guéris, ce n'est point parce qu'ils aspirent à reprendre leurs affaires, mais seulement parce qu'ils voudroient être délivrés des accès de douleur de tête. Après avoir traîné dans cet état plusieurs mois ou même plusieurs années, la maladie, qui j'usque-làavoit conservé un caractère chronique, se complique tout-à-coup avec une maladie nouvelle qui lui fait prendre une marche aiguë; et la plupart des malades sont enlevés, après un ou deux jours, ou même au bout de quelques heures, par un accès d'épilepsie , par des convulsions qui se renouvellent à diverses reprises dans la journée, par une attaque d'apoplexie, etc. D'autres fois la maladie nouvelle est une sorte de fièvre ataxique dont la durée est extrêmement irrégulière. Néanmoins, malgré les symptômes les plus alarmans, on ne peut assurer dans aucun de ces 6as que le malade est sur le point de mourir. Nous en avons vu qui , frappés d'une sorte d'apoplexie compliquée de convulsions avoient en même temps le râle^ le pouls intermittent et parinstans tout-à-fait insensible, et qui cependant, après avoir passé plusieurs heures dans cet état, ont repris la connoissance et l'appétit , leur maladie reprenant pour quelque temps une marche chronique quoique les accès de douleur continuassent à reparoître. Certains malades, après avoir été dans un état aussi désespéré, ont vécu encore plusieurs semaines ou même plusieurs mois, à notre grand étonnement. Ceux de ces malades qui succombent à une affection nerveuse offrent ordinairement après la mort une grande rigidité des membres. Leur figure conserve l'expression qu'elle avoit dans leurs derniers momens. Elle exprime encore les douleurs et l'état convulsif. D'autres fois on croiroit qu'ils ne sont point morts, mais qu'ils dorment d'un sommeil tranquille.
§ 2. Résultat de C ouverture des cadavres. — A l'ouverture du crâne , on trouve quelquefois de la sérosité épanchée dans
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la grande cavité de l'arachnoïde , ou bien quelqvies traces d'inflammation de cette membrane séreuse. D'autres fois tout paroît sain à rextérieur du cerveau ; mais , lorsqu'on vient à examiner la substance cérébrale , on y découvre une dégénération cancéreuse 5 qui consiste presque toujours en une ou plusieurs tumeurs logées dans la substance cérébrale. La grosseur de ce corps accidentel , ordinairement unique , varie depuis le volume d'un pois ou d'une noisette jusqu'à celui d'un œuf de poule, ou même du poing. Sa forme est sphéroïde et plus ou moins irrégulière. Communément il est bosselé et il offre diverses scissures profondes et des enfoncemens anfractueux. D'autres fois il est lobule sans offrir des scissures profondes. Ce sont quelquefois de nombreuses granulations peu adhérentes entre elles, mais réunies à un centre commun, de manière à former par leur agglomération une seule masse. Dans ce dernier cas le corps cancéreux ressemble un peu au pancréas ou à la parotide; tandis qu'il représente assez bien dans le premier cas une pelite portion du cerveau ou du cervelet, etc. Enfin, dans quelques autres circonstances, le corps cancéreux n'offre ni scissures, ni granulations; quelle que soit son apparence , il est entièrement plongé dans la substance du cerveau ou bien il se montre à la surface de ce viscère et y fait une petite saillie. Il est environné d'une couche de substance cérébrale, presque toujours plus ou moins ramollie et quelquefois réduite en une sorte de bouillie. Il est toujours plus dense que la substance cérébrale qui l'environne et de laquelle on le sépare facilement avec le manche du scalpel. Lorsqu'on examine l'intérieur de la dégénérescence cancéreuse, on la trouve formée par une substance blanche, ou grise, ou d'un blanc rosé, toujours plus ou moins luisante et offrant un aspect analogue à celui de quelque autre tissu organisé, tel que le lard, le pancréas, la siibstance de cerveau, etc. Dans cer*
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tains cas , sa forme et sa consistance représentent assez bien les tumeurs cancéreuses du foie (2^ part., chap. 20, art. 2). Lorsqu'on y pratique des incisions, on entend crier le scalpel. Dans bien d'autres cas le tissu de la tumeur, au lieu d'être homogène et uniforme, présente une con^islance remarquable dans quelques endroits et une mollesse extrême dans plusieurs autres. Les endroits ramollis ressemblent quelquefois un peu au tissu du cerveau, et renferment presque toujours un peu de sang épanché, rougeâtre ou brunâtre. Lorsque la tumeur est lobulée et en même temps très-subdivisée, on trouve quelquefois dans l'intérieur de chaque petit lobe une très-petite cavité remplie d'une gouttelette de sérosité ou de sanie. Quand la cavité est excavée dans un lobule assez considérable , elle est quelquefois assez grande pour pouvoir loger un pois ; elle renferme tantôt une sérosité sanieuse, tantôt du sang caillebotté.
Lorsque la tumeur cancéreuse est arrivée à son deuxième degré, c'est-à-dire à l'époque de son ramollissement, il suffit ordinairement de la comprimer, après l'avoir incisée pour y apercevoir une sorte de tissu comme spongieux, duquel on exprime tantôt une sérosité sanieuse, tantôt une matière épaisse grisâtre ou jaunâtre, tantôt une substance blanche qui ressemble à du lait ou à de la crème épaissie.
L'aspect des tumeurs cancéreuses du cerveau est tellement semblable à celui des autres masses cancéreuses, qu'en voyant une de ces tumeurs isolées, il seroit quelquefois difficile de reconnoîlre si elle a été trouvée dans le cerveau ou dans quelque autre viscère ; il en est de même de leur texture intime. Dans le cas où nous avons vu, chez le même sujet, une tumeur cancéreuse du cerveau et une dégénération squirreuse dans une autre partie du corps, nous avons presque constamment reconnu que le tissu propre des unes et des autres ne différoit en lien.
ET DE LA DURE-MJkRE. S^S
Au lieu d'une masse cancéreuse circonscrite, nous avons vu plusieurs fois une portion plus ou moins considérable du cerveau transformée en tissu cancéreux, et évidemment unie^ par continuité de substance, avec les parties environnantes. Ce tissu est quelquefois lardacé, d'autres fois il se rapproche de Tune des autres espèces du tissu cancéreux (întrod., cliap. 5, art. 2). II n'est pas rare de trouver le tissu de la dégénération cancéreuse infiltré de matière tuberculeuse (voyez ci-dessous, art. m, n°7),de même que cela a lieu fréquemment dans les cancers des mamelles, du foie et des autres parties du corps.
Les viscères de la poitrine et du bas-ventre sont parfaitement sains chez ces individus, à moins que l'aflfection cérébrale ne soit compliquée avec une autre maladie organique, ce qui est fort rare.
ARTICLE II
Maladies qui peuvent shnaler le cancer du cerveau.
Les malades qui ont un cancer du cerveau sont pris d'wne céphalalgie périodique^ accompagnée tût ou tard de paralysie plus ou moins complète cC une ou de plusieurs parties du corps. Nous n'avons jamais trouvé de cancer du cerveau cliczdes sujets qui eussent été exempts de ces cruels accidens. Si la réunion de ces symptômes très-frappans et bien tranchés n'avoit lieu que chez les individus qui ont un cancer du cerveau, il seroit impossible de se tromper dans le diagnostic de celte maladie.
Mais il est trois autres lésions organiques qui quelquefois, quoique très-rarement, déterminent lesmêmes symptômes, ce qui suffit pour jeter dans chaque cas particulier quelque incertitude sur le diagnostic.
Les lésions organiques dont il est ici qaeslion sont : 1° les fongosité;» cancéreuses de la dure-mère, surtout celles
de sa face interne ; 2° les tubercules développés dans la substance cérébrale ; 3° les vers vésiculaires parvenus à un volume considérable dans les ventricules du cerveau.
§ i""-. — Tumeurs cancéreuses de la dure-mère. — Nous.traiterons des fongosités squîrreuses de la dure-naère dans la section deuxième de ce chapitre. On y verra que celles qui s'élèvent à la face externe de cette membrane déter-^ minent quelquefois les mêmes symptômes que le cancer du cerveau , lorsqu'elles sont situées vis-à-vis des os de la base du crâne (sect. 11, art. 1) 5 et que les fongosités qui naissent à la face interne de la dure-mère offrent plus souvent encore les mêmes symptômes, quelle que soit leur position (sect. 11, art. 2, n. 2 et surtout n. 1).
^ 2. — Tubercules développés dans la substance cérébrale. — Le développement d'un ou de plusieurs tubercules dans le cerveau n'est quelquefois accompagné d'aucune douleur, et ce n'est alors qu'au moment où ces productions accidentelles occa?ionnent lout-à-coup une maladie cérébrale aiguë et mortelle, qu'on aperçoit les premiers symptômes qui pourroient faire présumer leur existence. D'autres fois les tubercules du *cerveau produisent des douleurs de tête habituelles avec des accès périodiques , ou seulement des accès de céphalalgie périodiques sans douleur habituelle et sans qu'il survienne aucune paralysie partielle. Ordinairement, lorsqu'ils déterminent des douleurs périodiques ou dos paralysies p ji tielles, la mort n'est pas éloignée. Les malades meurent tantôt à la suite d'un assoupissement profond, tantôt après avoir présenté les symptômes d'une fièvre ataxique très-aiguë. On voit que la durée des accidens produits par cette maladie est bien moindre que celle des souffrances occasionnées par une tumeur cancéreuse du cerveaui
§ 3. — Vers vésiculaires. — Les vers vésiculaires, que nous avons vus simuler le cancer du cerveau, ne sont point
ces kystes bydatiformcs qni se développent si fréquemment sur les plexus choroïdes et qui se présentent sous la forme d'une vésicule transparente parcourue par des vaisseaux sanguins. Ce sont de véritables vers vésiculaires décrits par M. Laenn(^c sous le nom de cysticerques.
Ces vers vésiculaires déterminent des céphalalgies périodiques. Mais les accès de douleurs peuvent persister un grand nombre d'années, et chez la plupart des malades, il ne survient pas de paralysie partielle , quoiqu'il puisse quelquefois y avoir des convulsions et même des attaques d'épilepsie. Dans certains cas , si les" sujets sont jeunes, leur crâne offre un volume remarquable, quel que soit leur âge; lorsque ces malades ne sont pas guéris, ils meurent presque toujours par l'effet d'une des maladies aiguës qui font périr les individus attaqués d'un cancer du cerveau; mais ordinairement ceîa n'arrive qu'après que la maladie a duré plusieurs années. Les frictions mercurielles et d'autres moyens capables d'agir contre les vers ont quelquefois guéri des malades que nous présumions avoir un ver vésiculaire dans les ventricules du cerveau. Il est évident que si on mettoit en usage les mêmes moyens pour combattre une maladie cancéreuse du cers^eau , on ne pourroit qu'accélérer sa funeste terminaison ; mais il faut savoir prendre un parti dans les cas douteux. Il convient alors de tenter la guérison des vers vésiculaires dont on a lieu de présumer l'existence. En restant dans l'inaction, on s'exposeroit à laisser périr un malade qu'on auroit pu sauver.
ARTICLE III
"■• Règles du diagnostic du cancer du cerveau.
Le médecin chargé du traitement d'un malade qu'il présume atteint d'une des maladies du cerveau dont il est question dans les articles i et 2 de cette première section.
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doit se rappeler les propositions suivantes, qui sont le résultat de l'observation:
1° Les malades qui ont une céphalalgie habituelle, avec des accès de douleur périodique et une paralysie partielle, ont presque tous une dégénération cancéreuse dans le crâne. (Sect. i'% art. i et 2, § 11 de ce XXIX chapitre.)
2" Ceux, qui, sans aucuu signe précurseur, ont eu toutà-coup une paralysie partielle et d'autres symptômes de lésion du cerveau, n'ont presque jamais une maladie cancéreuse de l'encéphale. Ils éprouvent des accès de douleur de tête ; ils ont souvent un tubercule dans l'encéphale.
^° Ceux chez qui des douleurs périodiques de la tête persistent depuis long-temps et occasionnent quelquefois des convulsions, sans qu'il y ait d'ailleurs ni paralysie partielle, ni céphalalgie habituelle , ont fréquemment un ver vésiculaire dans le cerveau : la. probabilité augmente encore si le malade, exempt du vice scrofuleux, a moins de vingt ans, ou si, étant au-dessous de dix ans , son crâne a un volume plus grand qu'à l'ordinaire.
4° Dans les cas où les symptômes qui font présumer une lésion organique dans le crâne ne fournissent pas des indices suffisans pour éclairer le diagnostic de la lésion du cerveau; si lé malade est scrofuleux; s'il a des glandes tuberculeuses au col ; s'il éprouve des accidens qui annoncent une maladie tuberculeuse de la poitrine ou de l'abdomen , quel que soit son âge, on peut présumer que la maladie cérébrale est tuberculeuse.
5° Si dans les mêmes circonstances le sujet a d'autres tumeurs squirreuses , si c'est une femme à laquelle on ait extirpé un cancer ou un squirre au sein, on a presque la certitude que la maladie du cerveau est cancéreuse.
G° Comme il y a quelques cas, rares à la vérité , dans lesquels une lésion du cerveau, sans être cancéreuse , présente les mêmes symptômes que celles qui sont cancéreu-
ses, il ne faut jamais décider trop affirmativement, et continuer toujours à observer ia marche de la maladie, afm de pouvoir rectifier ie diagnostic si de nouveaux symptômes l'exigent.
7° Les dégénérations organiques de l'encéphale, formées par la combinaison d'un tissu cancéreux et d'une matière tuberculeuse, déterminent les mêmes symptômes que celles qui sont purement cancéreuses , et se terminent de même.
On trouve dans les auteurs plusieurs observations qui paroissent être relatives à cette dégénération composée. Il est probable que c'est à elles qu'on doit rapporter la tumeur trouvée par M. Salmade {Recueil périodique, t. xxviî, p. i55), dans le cerveau d'un militaire qui succomba à la suite de symptômes analogues à ceux dont nous avons fait mention. Je présume que c'est aussi à ces dégénérations composées qu'on doit rapporter la tumeur trouvée, en Angleterre , dans le cerveau d'un malade qui avoit été aussi en proie aux accidens du cancer du cerveau , comme on peut le voir en lisant l'histoire détaillée de ce malade dans les Annales de littérature médicale et étrangère, tom. ii, p. 574 (extrait des transac. médic. et dur. de Londres).