‹ Traité des maladies cancéreusesChapitre 86 sur 121 · II · texte numérisé non relu

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586 CANCER DES MUSCLËê»

ARTICLE IL

Cancer des mtisdes de la vie organique.

Plusieurs mnscies de la vie organique sont sujets à être frappés de la dégénération cancéreuse primitive. Les fibres musculaires de l'estomac sont quelquefois le siège exclusif duî cancer de cet organe. Nous avons vu aussi des cancers de l'œsophage, des intestins et de la vessie, qui étoient formés exclusivement par la dégénération cancéreuse de la tunique musculaire de ces parties.

Selon toutes les apparences , le tissu charnu et contractile de la matrice peut aussi, dans quelques cas, devenir le siège primitif du cancer. Nous ne pouvons cependant rien décider à ce't égard, parce que nous n'avons pas vu d'une manière distincte la dégénération cancéreuse isolée d'une portion de ce tissu chez des femmes qui n'eussent aucune trace d'altération cancéreuse à la surface interne de la cavité de la matrice ou de son col , non plus qu'au museau de tanche. D'ailleurs , nous n'oserions pas assurer que la matrice fût un organe précisément musculeux , quoique cela nous paroisse extrêmement probable. S'il éloïï bien |)rouvé . que le tissu^ de ce viscère est évidemment musculeox, nous n'hésiîerions pas à compter le caiîcer de la matrice parmi ceux qui peuvent attaquer primitivement le tissu musculaire; car, quoique ce cancer commence toujours au col ou à la surface interne de la matrice, nous sommes portés à croire, d'après un célèbre anatomiste, M. le professeur Ghaussier, qu'il n'existe point de membrane muqueuse à l'intérieur de la matrice; et dans ce cas , il faudroit bien admettre que le cancer qui commence dans la cavité de ce viscère, a son siège dans un tissu musculaire.

Nous n'avons jamais rencontré aucune dégénération

càticéreuse dés artères, ni vu aucun cancer' du cœur. La maladie que M. Carcassonne a décrite sous ce nom (Mémoires de la société royale de médecine^ années i^;?^; et 1778) ne nous paroît pas évidemment appartenir aux dégénérations cancéreuses.

M. Cruveilhier [Essai sur fanât, pathol.) paroît avoir vu sur un vieillard une lésion organique qui pourroit être rapportée au cancer du cœur. C'étoient des tumeurs cancéreuses consécutives, de forme tuberculeuse , c'est-à-dire de petites masses cancéreuses; on en voyoit plusieurs à la surface du cœur, quelques-unes seulement dans son épaisseur. Il est question immédiatement après d'un autre individu qui avoit plus de six cents de ces tumeurs dans le cœur. Ce dernier fait paroît assez embarrassant à comprendre. En effet , il est dit dans le même endroit, quelques lignes plus haut , que le volume des tubercules cancéreux les plus petits égale celui d'une aveline. Cependant, est-il probable que le cœur renfermât plus de six cents tumeurs dont la plus petite auroit été de la grosseur d'une aveline ? Nous présumons qu'il y a dans cet endroit quelque inadvertance.

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