‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 100 sur 158 · ESTOMAC, INTESTIN GRÊLE, GROS INTESTIN 4H · texte numérisé non relu

ESTOMAC, INTESTIN GRÊLE, GROS INTESTIN 4H

dans le cas de Calder. Le diagnostic ne pourrait se faire que par exclusion, en s'assurant d'abord de la perméabilité du rectum, de rS iliaque, de l'œsophage et du cardia. On notera aussi que les vomissements se produisent, ici comme dans les imperforations de Tœsophage, peu de temps après Tingestion des liquides.

Schwytzer* a fait Tautopsie d'une petite fille de trois mois, morte d'inanition, chez laquelle le pylore rétréci laissait passer à peine un stylet. Il présente sous le doigt laspect d'une tumeur dure; sous le microscope, la muqueuse paraît saine; la musculeuse seule est hypertrophiée, épaisse de 20 millimètres; Testomac est très dilaté; sur le côlon, on trouve un rétrécissement non cicatriciel, précédé d'une dilatation ; le foie est atrophié ; tous les autres organes sont normaux. Pendant la vie, l'enfant vomissait tous les aliments; on la nourrissait par le gavage et les lavements nutritifs; l'enfant était née à terme, et pesait 3200 grammes au moment de la naissance. Au dire de Schwytzer, il y aurait dix cas semblables dans la science.

Duodénum. — Une variété particulièrement intéressante d'oblitérations congénitales de l'intestin est constituée par celles qui portent sur le duodénum. J. M. Hobson ' rapporte un cas de cette nature, dans lequel la mort survint au bout de trois jours; on trouva que l'estomac se terminait en cul-de-sac, à un pouce environ au delà du pylore ; l'intestin commençait également sous forme de cul-de-sac, à l'origine du canal cholédoque. Sur un enfant mort au bout de cinq jours, Champneys ^ trouva l'estomac et le pylore normaux, la première moitié du duodénum énormément dilatée, la deuxième moitié, au contraire, très rétrécie. La partie dilatée formait un coude brusque avec la portion rétrécie, de sorte qu'aucun liquide ne pouvait passer de l'une dans l'autre. A l'ouverture des parois, on vit qu'un septum transversal obstruait complètement la lumière de l'intestin. Le canal cholédoque s'ouvrait juste au-dessous de ce septum, qui était constitué, au point de vue histologique, par la muqueuse, la sous-muqueuse et des fibres musculaires circulaires. M. Brindeau * a présenté, à la Société obstétricale, une pièce provenant d'un nouveau-né, pesant 2500 grammes à la naissance, et

1. Schwytzer, Hypertrophie et sténose congénitale du pylore, iVeu; York med. Journal, 21 nov. 1896, p. 674.

2. J. M. Hobson, Oblitération du duodénum, in Brit, med. Journal^ 23 mars 1894.

3. Champneys, Occlusion of the Duodénum by a complète transverse septum, Bfi7. med. Joum., 20 mars 1897.

4. Brindeau, Impeforation du duodénum, in Builet. médical, 1893, p. 177.

mort au bout de trois jours, d'une obstruction intestinale. A l'autopsie, on trouva l'abdomen rempli par une anse intestinale distendue, appartenant au duodénum. Cette portion de l'intestin est imperforée et constitue une poche qui se continue en haut avec l'estomac. Le reste de l'intestin est absolument libre; les autres organes sont normaux.

Nous-même, nous avons eu l'occasion de recueillir un fait d'oblitération congénitale du duodénum particulièrement intéressant en ce qu'ici, comme chez le malade de M. Polaillon, cette malformation coïncidait avec une imperforation anale, et est venue causer la mort, alors que nous aurions pu espérer un heureux résultat de notre intervention sur l'extrémité terminale de l'intestin.

Le n octobre 1884, je fus appelé, à sept heures et demie du soir, à la Pitié, pour un enfant né la veille au matin, et présentant une imperforation anale. Il s'agissait d'un enfant du sexe masculin, très petit, né avant terme (à huit mois environ). Il y avait absence complète d'anus ; on ne sentait à la région anale aucune tumeur venant bomber à l'extérieur pendant les cris de l'enfant ; le raphé médian antéro-postérieur formait une sorte de bourrelet saillant au dehors. Les ischions étaient très rapprochés l'un de l'autre. Toutes ces circonstances démontraient que l'ampoule rectale était située à une grande hauteur, et ce fait, rapproché du misérable état général de l'enfant, ne laissait guère d'espoir de le sauver. Néanmoins, l'intervention chirurgicale était formellement indiquée. Je fis donc, sur le raphé antéro-postérieur, une incision longue de 4 à 5 centimètres, commençant en avant des ischions. Bien que la dissection fût faite jusqu'à deux centimètres de profondeur, je ne rencontrai aucun vestige du rectum. L'enfant fut alors couché sur le ventre; je prolongeai l'incision jusqu'au-dessus du coccyx; je dénudai cet os et j'en réséquai l'extrémité inférieure, dans une étendue d'un demi-centimètre environ. Je ne tardai pas alors, après une courte dissection, à apercevoir, immédiatement au devant de l'os, une petite poche, très peu volumineuse, qui bombait légèrement pendant les cris de l'enfant. Mais son petit volume, son peu de relief, l'absence de la coloration verdâtre que présente habituellement l'ampoule rectale distendue par le méconium, me firent hésiter à reconnaître là l'intestin. Je craignis un instant avoir affaire h la vessie; pour dissiper tous les doutes, je pratiquai à l'aide d'un stylet le cathétérisme ; j'arrivai facilement

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