‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 106 sur 158 · VICES DE CONFORMATION DU POUCE EN PARTICULIKB · texte numérisé non relu

VICES DE CONFORMATION DU POUCE EN PARTICULIKB

langes du pouce. M. Ghuquet' a eu l'occasion de disséquer un pouce bifide. Chacun des pouces possédait deux phalanges. Les premières phalanges étaient réunies entre elles par une membrane; elles s'articulaient avec le premier métacarpien et avaient une synoviale commune. Le tendon du long fléchisseur se bifurquait au niveau de la première phalange. Le long et le court extenseur se juxtaposaient et s'unissaient par le bord de leurs tendons, au

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niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne. De ce centre tendineux partaient les fibres qui allaient s'insérer sur la face dorsale des deux phalanges. Comme conséquence de cette disposition, les mouvements de flexion et d'extension des deux pouces étaient toujours associés. C'est aussi ce que j'ai vu dans les cas de cette nature qui se sont présentés à mon observation. Il est beaucoup plus rare de voir les deux pouces posséder des mouvements indépendants.

VICES DE CONFORMATION DU HBMBRE SUPËSIEUR

Celte distinction entre les pouces surniimérairea et les pouces bifides a la plus grande importance au point de vue pratique. En elTet, si les pouces surnuméraires constituent une diObrmité gênante, il n'en est pas le plus souvent de même des pouces bifides, (]ui remplissent bien leurs fondions. Dès lors, la conduite à tenir sera différente dans les deux cas. S'agit-il d'un pouce surnuméraire, le seul parti à prendre, c'est d'en débarrasser le malade par amputation ou par désarticulation, suivant que le doigt anormal est fusionné avec le premier métacarpien, ou articulé avec lui. Au contraire, dans le pouce bifide , les deux doigts ont la même valeur fonctionnelle ; enlever l'un des deux , ce serait souvent nuire au bon fonctionnement de la main. Mieux vaut donc suivre le conseil déjà donné autrefois par Cloquet et réunir les deux doigts par une sorte de syndactylîe artificielle. Pour cela, on enlèvera un V de parties molles, abrasant l'ongle et les phalanges des deux doigts, puis on les réunira par la suture. J'ai mis ce mode d'opération en pratique dans un cas qui a été rapporté par mon interne, M. Longuet ', et depuis lors j'y ai eu recours plusieurs fois avec succès.

3" Pouces a thoïs phalanges. — Il s'agit ici d'un vice de conformation fort rare; le plus souvent on le rencontre associé avec le pouce bifide, soit que chacun des deux pouces possède trois phalanges, soit que cette disposition se rencontre seulement sur l'un d'eux. M. Polaillon donne de ce vice de conformation l'interprétation suivante' : « On sait, dit-il, que, d'après les recherches de M. Sappey, le métacarpien du pouce résulte du fusionnement d'un métacarpien et d'une phalange. Si, par une aberration du développement, la première phalange du pouce s'articule avec le métacarpien, au lieu de se souder avec lui, le pouce

laDgBR (Polaillon).

t. LonRUcl, Un cas de ponce tiinde; Revue <f Orthopédie, 18S2, p. 290. a. Pulaillon, arl. Uoiots in DieC. encyciop.

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