MALPOIIMATIONS CONGÉNITALES DE L'OMOPLATE
dedans, et arrive presque au contact de la T apophyse épineuse cervicale. Il est impossible d'imprimer aucun mouvement d'ensemble à l'omoplate, qui parait comme soudée A la colonne vertébrale elle-même, au moyen de cette apopliyae dont nous venons de parler. On ne parvient pas à insinuer le doigt entre le bord supérieur de l'omoplate et la clavicule, tant est étroit le triangle sus-claviculaîrc. L'articulation de l'épaulr a conservé une certaine mobilité; mais le bras est toujours port^ dans la rotation en arrière et en dehors. Vu l'Age de l'enfant, aucune inlen-entîon
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chirurgicale n'était possible. Je me contentai d'engager les parents à maintenir le tronc de l'enfant dans la rectitude, au moyen d'un bandage modérément serré, réservant pour une éjioque ullL-rieure l'ablution de l'exostose du bord spinal.
Le 1" juin 1897, je revois cet enfant qui est Agé aujourd'hui de trois ans et demi. H s'est normalement développé ; mais l'état local est resté sensiblement le même. 11 existe toujours une légère scoliose dorsale à convexité gauche, dont la flèche mesure 3 à 4 millimètreB environ; le tronc étant incliné en avant, on constate une légère voussure de l'angle postérieur des côtes gauches. L'omoplate gauche est surélevée de 3 centimètres au-dessus de la droite. On voit, sous la peau, à la région de la nuque, un os attenant fi la colonne vertébrale, au niveau de la T apophyse épineuse cer-
vicale. Le bras ne peut être élevé au delà de Tangle droit. Pendant les mouvements du bras, des craquements se font entendre; il est bien difficile de préciser les rapports exacts de Texostose avec le bord supérieur de Tomoplate, l'enfant faisant immédiatement des mouvements d'élévation du moignon de l'épaule et d'abaissement de la tête, de façon à effacer la région sus-claviculaire, dès qu'on cherche à exercer une palpaiion profonde. Nous avions compté sur les rayons de Rœntgen, pour nous éclairer sur les véritables rapports de cette exostose; malheureusement notre espoir a été déçu ; sans doute cette saillie de nature cartilagineuse s'est laissé traverser par les rayons, et n'a pas marqué sa trace sur les épreuves.
A la lecture des observations précédentes, on pourra se faire une bonne idée de la malformation singulière dont nous essayons de donner ici une description forcément bien incomplète, vu l'insuffisance des documents que nous possédons à l'heure actuelle sur cette question. Le fait principal, celui qui attire immédiatement l'attention, c'est la surélévation considérable d'une des omoplates, la gauche le plus souvent, puisque, sur les dix-sept observations publiées, il en est dix dans lesquelles la malformation occupait le côté gauche, tandis que, sept fois seulement, elle avait pour siège le côté droit. Sans doute il est des cas de scoliose grave dans lesquels on constate aussi une inégalité de niveau très prononcée entre les deux omoplates; mais, dans ces cas, l'ascension de l'omoplate trouve son explication dans une voussure énorme des côtes, qui fait défaut quand il s'agit d'un soulèvement de l'os d'origine congénitale. Un autre caractère par lequel le refoulement congénital de l'omoplate par en haut se différencie de celui qu'on observe dans certaines formes de scoliose très prononcée, c'est que, dans les scolioses graves, en même temps que l'omoplate est surélevée, elle est aussi beaucoup plus écartée de la ligne des apophyses épineuses. Dans les déplacements congénitaux, au contraire, en même temps qu'elle est surélevée, l'omoplate a subi ordinairement un mouvement de rotation tel, que son bord axillaire devient horizontal, et que son angle inférieur se rapproche beaucoup delà ligne médiane. Ce mouvement de bascule de l'omoplate était très marqué dans nos deux dernières observations; il a frappé également Karewski chez la jeune fille dont l'histoire est rapportée par Wolfïheim.
Ce n'est pas à dire que, dans le refoulement congénital de l'omoplate par en haut, la colonne vertébrale soit parfaitement rectiligne; bien au contraire, puisque, dans nos trois observations, nous avons