‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 12 sur 158 · Thf lirilixk med. Journal, 10 aoiH · texte numérisé non relu

Thf lirilixk med. Journal, 10 aoiH

:i. Jrirerson, S|»ina hifWla marke<l by a falty luraor, The Lancelj 13 octobre 1883.

SPINA-BIFIDA 29

tinence d'urine et des matières fécales. La tumeur ayant été prise pour un lipome, on en fit Textirpation, et Ton tomba sur une masse de graisse recouvrant un petit kyste qui laissa s'écouler environ 15 grammes de liquide. L'enfant ayant succombé, on put constater, àl'autopsie, un kyste gros comme un œuf de pigeon, situé au niveau de l'apophyse épineuse de la première vertèbre sacrée: dans ce kvste venait aboutir l'extrémité inférieure de la moelle adhérente à sa paroi. On voit, par ces exemples, combien il faut se méfier d'une communication possible avec le canal rachidien, quand il s'agit de tumeurs congénitales en rapport avec la colonne vertébrale.

Un point qui serait de la plus haute importance au point de vue du pronostic et du traitement, ce serait de différencier les unes des autres les diverses variétés du spina-bifida que nous avons énumérées, savoir la méningocèle, la myélo-méningocèle et la myélocystocèle. Pour ce qui est de cette dernière variété, elle serait due, d'après les recherches de Recklinghausen, confirmées par celles de Muscatello et de Riiyter *, à un trouble de développement en longueur du rachis, d'où courbure de la colonne vertébrale et scoliose congénitale. La tumeur elle-même est toujours située latéralement. De Rûyter conclut : dans les fissures latérales, ou dans les scolioses, on doit penser à une myélo-cystocèle. D'après Muscatello, les caractères de la myélo-cystocèle sont les suivants : tumeur arrondie, avec un pédicule assez large, siégeant le plus souvent dans la région lombo-sacrée, plus rarement dans la région dorsale et dans la région cervicale, plus rarement encore dans la région sacrée, tumeur molle, élastique, presque toujours nettement fluctuante, transparente ; la pression ne diminue pas son volume, mais souvent elle amène un soulèvement de la fontanelle. Souvent en même temps que la tumeur, il existe des courbures pathologiques du rachis (scoliose, lordose), des fentes de la paroi abdominale s'étendant à la vessie et à l'intestin, fissure abdominovésico-intestinale (Bauchblasenda7*7nspalte de Recklinghausen) , des pieds bots, mais rarement des paralysies de la vessie et du rectum.

Quant à la myélo-méningocèle, voici les caractères qui lui sont attribués par Muscatello : elle forme en général une tumeur large, peu saillante, occupant, par ordre de fréquence, la région lombo-

i. De Rûyler, Schâdel uod Riickgratsspalten, Archiv fur Kiin. chiv., 50* Band, 1 Heft, p. 72.

sacrée, la région cervicale, la région thoracique, et enfin la région sacrée. La tumeur est, en général, molle, élastique, souvent fluctuante; pendant qu'on la comprime, souvent on voit se distendre la fontanelle antérieure.

Comme coïncidences avec la myélo-méningocèle, on note des hernies ombilicales, ou bien l'ouverture de l'intestin à l'ombilic, des paralysies des membres inférieurs, de la vessie et du rectum, des pieds bots.

La méningocèle se rencontre surtout dans la région sacrée, beaucoup plus rarement dans la région cervicale, et plus rarement encore dans la région lombaire ou dans la région dorsale. Habituellement elle constitue une tumeur pédiculée, transparente; elle ne s'accompagne pas d'autres malformations; il n'y a pas de troubles du mouvement et de la sensibilité des membres inférieurs; son pronostic est donc beaucoup plus favorable que celui des deux variétés précédentes; malheureusement cette variété est de beaucoup la plus rare.

Traitement. — Jusqu'à l'avènement de la méthode antiseptique, le traitement chirui^âcal du spina-bifida a été le plus souvent nul. On oscillait alors entre deux ordres de moyens dont les uns, purement palliatifs, ne donnaient le plus souvent aucun résultat, tandis que les autres, prétendant à la guérison, présentaient une gravité plus grande que celle du mal abandonné à lui-même. Le traitement palliatif se bornait à protéger le spina-bifida, soit au moyen d'un pansement maintenu en place par une bande, soit au moyen d'un bandage à pelote concave. Les moyens curatifs extrêmement nombreux comprenaient la compression, la ponction simple ou suivie d'injections irritantes, Télectrolyse, l'incision, le séton, l'excision, la ligature. De ces nombreux procédés, il en est trois seulement, à l'heure actuelle, qui sont restés debout; ce sont les injections irritantes, la ligature et l'excision.

a. Injections irritantes, — Velpeau le premier avait conseillé les injections iodées contre le spina-bifida; mais son idée fut mise pour la première fois à exécution, en 1817, par Brainard (de Chicago), qui obtint un succès. Le procédé employé par Brainard consiste à injecter seulement dans la poche une petite quantité de teinture d'iode, puis à évacuer d'un seul coup le liquide du sac et la teinture d'iode qu'on y a mélangée. James Morton *, dans le but

1. J. Morton, TraUement du spina-bifida par une nouvelle mélhode, in-8, Londres,

SPINA-BIPIDA 31

d'atténuer les dangers de l'injection iodée, a conseillé de remplacer la teinture d'iode par une solution d'iode dans la glycérine. Cette solution, connue en Angleterre sous le nom de solution iodo-glycérinée de Morton, renferme 2 pour 100 d'iode et 6 pour 100 d'iodure de potassium. Apn>s avoir retiré 2 centimètres cubes du liquide de la tumeur, on y injecte, à l'aide d'une seringue de Pravaz introduite dans sa partie supérieure, 1 à 4 grammes de la solution de Morton. On a conseillé de se servir d'un trocart de moyen volume, car cette solution assez épaisse ne passerait pas à travers une fine canule. L'auteur dit avoir obtenu, par son procédé, jusqu'à 79 pour 100 de guérisons; d'autres ont été moins heureux que lui ; il n'en est pas moins vrai que les résultats sont assez satisfaisants pour qu'on soit autorisé à recourir à l'emploi de la méthode.

b. Ligature, — On comprend que la ligature ait pu procurer des guérisons, dans des cas où il n'y avait pas d'éléments nerveux dans la poche. Dans ces dernières années, la ligature élastique s'est substituée à la ligature simple. Entre les mains de Scarenzio, Vanzetti, Colognese, Atkinson, Laroyenne, Mouchet (de Sens), la ligature élastique a donné des succès. Ce dernier auteur a modifié le procédé opératoire en traversant la base de la tumeur de droite à gauche avec trois épingles longues et fines, distantes l'une de l'autre de 3 centimètres, et en passant sous chacune d'elles un fil modérément serré.

D'après Rohmer ', sur vingt cas dans lesquels le spina-bifida a été traité par la ligature élastique, on note deux morts, dix-sept succès, et un cas, celui de M. Polaillon, dans lequel la ligature ayant été enlevée le second jour, l'enfant quitta l'hôpital en conservant sa tumeur '.

En 1887, F. Parona ' a rapporté trois cas traités par lui au moyen de la ligature élastique. Dans l'un d'eux, la guérison a eu lieu sans fièvre ; dans le second, la guérison a été obtenue après une lièvre qui a duré plusieurs jours; dans le troisième cas, la mort a été causée par une méningite. A ce propos, l'auteur réunit dans un tableau tous les cas qui ont été traités par la ligature élastique; il conclut que les résultats sont aussi favorables que ceux fournis par les autres méthodes.

Page 1