Delanglade, loco citaio, p. 2T
2. Kirmisson, Contribution à l'élude de la |)athogénie et du traitement des lazations congénitales de la hanche (mémoire lu au congrès international de Rome, Bévue if Orthopédie, 189i, p. iUi;.
lions (p. 195) : « Ainsi donc il n'est plus possible, après les constatations précédentes, de regarder les malformations du cotyle comme la cause primitive et unique des luxations congénitales. Tous les éléments constituants de l'articulation participent à la difformité. »
Tout ce que nous avons observé depuis lors n'a fait que nous confirmer dans l'opinion que nous émettions dans notre mémoire de 1894. Ainsi donc, la théorie à laquelle nous nous rattachons, c'est celle de la malformation primitive, portant sur tous les éléments constituants de l'articulation, véritable dystrophie articulaire, dysarthrosis ileo^femoralis congenita^ comme l'appelle Von Ammôn, qui, du reste, a donné de la pathogénic et de l'anatomie pathologique des lésions une description tellement exacte qu'on la croirait écrite d'hier, bien qu'elle date aujourd'hui de plus de cinquante ans (1842). Nous ne saurions mieux faire que de reproduire les paroles de l'auteur lui-même : « Si Ton envisage, dit-il, les résultats fournis par l'anatomie pathologique, on arrive à une conception pathogénique que l'auteur croit applicable à la plupart des cas. La cause initiale, c'est le défaut de formation et l'arrêt de développement des -diverses parties constituantes de la jointure, os iliaque, cavité cotyloïde, ligament rond, tête et col du fémur. A cette cause se rattachent toutes les malformations congénitales de la hanclie qui conduisent à la claudication. Il est donc nécessaire de jeter un coup d'œil sur le mode de développement de l'articulation coxo-fémorale. La cavité cotyloïde a comme base de son développement fœtal l'ilion, le pubis et l'ischion, et procède de ces trois os. Elle n'a pas, au début de sa formation, cette forme régulièrement arrondie, bien en harmonie avec la tête fémorale, qu'on lui voit plus tard chez l'adulte. Elle a plutôt la forme d'une écuello, regardant en bas et en avant, sur les parties latérales du bassin. Pendant toute la vie fœtale, l'ossification complète de cette cavité fait défaut; elle ne se produit que dans les premières années . Mais , dans le développement normal , cette forme d'écuelle disparaît déjà pendant la vie intra-utérine. Déjà, pendant cetle période, la cavité cotyloïde atteint une profondeur assez considérable pour que hi tète du fémur, qui d'abord ne s'y appuyait que léi.'^èrement, finisse peu à peu par y être conteime. La cavité conserve-t-elle, au contraire, sa forme première, en écuelle, alors se proihiit le vice de conformation que j'ai désigné plus haut sous le nom de cotyle trop petit. De là résulte la disposition aux luxa-
fions congénitales *. » On ne saurait mieux dire, et la théorie de Von Ammon ou de Vétat fœtal de l'articulation rend compte de tous les faits, depuis les plus complexes, ceux dans lesquels la tête fémorale et la cavité cotyloïde font défaut, jusqu'aux cas les plus habituels, dans lesquels toutes les parties constituantes de la jointure existent, comme à Tétat normal, mais irrégulièrement développées. C'est à tort qu'on a voulu drssocier ces différents faits les uns des autres; ils constituent les divers termes d'une même série, les anneaux d'une même chaîne, que les notions de l'embryologie et de l'anatomie pathologique nous permettent de relier entre eux.
Cette théorie de l'arrêt de développement nous rend compte de l'hérédité que nous avons notée comme l'une des principales circonstances étiologiques. On comprend, en effet, que des parents puissent transmettre à leurs descendants une disposition à tel ou tel vice de conformation congénital, ce que l'on ne saurait dire du traumatisme ou des altérations paralytiques.
Ce n'est pas à dire que la théorie de l'arrêt de développement ou état fœtal de l'articulation doive englober tous les faits. Il est possible que, dans certains cas, le traumatisme obstétrical puisse avoir joué un rôle; mais alors il s'agirait de luxations de tout point comparables aux luxations traumatiques, et non de maladies, à évolution semblable à ce qu'on observe ordinairement dans les luxations congénitales de la hanche. Encore les expérimentations, comme celles de Valette et de Lorenz, sont-elles de nature à nous rendre très réservés sur l'adoption des lésions de cette nature, puisqu'elles nous démontrent que ce qu'on obtient en pareil cas, c'est le décollement épiphysaire, bien plutôt que la luxation.
De même, il est des cas dans lesquels on peut admettre l'existence d'une altération primitive du système nerveux. La clinique nous le démontre, en nous fournissant des exemples de luxations congénitales du fémur en coïncidence avec d'autres malformations, chez des enfants porteurs de lésions du système nerveux central. De ce nombre est le cas de ce jeune homme, dont nous avons déjà figuré les lésions à propos de l'histoire du spina-bifida (voyez fig. 17), et qui, en môme temps qu'un spina-bifida lombaire, portait une luxation congénitale de la hanche droite et un pied bot valgus équin du même côté. La question se pose ici dans les