‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 135 sur 158 · Von Ammon, loco citato, p · texte numérisé non relu

Von Ammon, loco citato, p

mêmes termes que pour le pied bot; il est en effet des exemples de cette dernière malformation qui coïncident avec des altérations du système nerveux ; mais ce n'est pas à dire pour cela qu'on puisse incriminer une semblable origine, dans tous les cas de pied bot existant à la naissance. Reste une circonstance étiologique dont on s'est efforcé de donner la véritable interprétation; nous voulons parler de la fréquence infiniment plus grande de la luxation congénitale du fémur dans le sexe féminin. Roser en donne comme cause l'existence d'une adduction plus grande des cuisses dans le sexe féminin; chez les garçons, la descente du testicule déterminerait des mouvements réflexes des membres inférieurs, combattant cette tendance à l'adduction permanente. Ce n'est là, bien entendu, qu'une vue de l'esprit, peu en rapport avec tout ce que nous savons de l'anatomie pathologique et de la marche de la luxation congénitale; mieux vaut, selon nous, avouer franchement notre ignorance à cet égard.

Anatomie pathologique. — Pour se rendre compte, autant que possible, de la véritable nature et de la marche de la luxation congénitale, il importe d'étudier isolément les lésions qu'on a pu constater dans les cas rares examinés au moment de la naissance ; puis, dans les faits se rapportant à des adultes ou à des enfants plus âgés, chez lesquels la marche et la station debout sont venues modifier les lésions. Ici encore la chirurgie moderne, en élargissant notre champ d'action, nous a permis d'augmenter beaucoup l'étendue de nos connaissances anatomo-pathologiques.

a). Lésions constatées à la naissance. — Paletta a trouvé, à l'autopsie d'un enfant de quatorze jours, les deux têtes fémorales hors de la cavité cotyloïde. La partie antérieure de cette dernière était voilée par la capsule tendue transversalement. Sa partie postérieure était ouverte, et, de la profondeur, faisait issue une masse graisseuse qui comblait tout l'espace dans lequel aurait dû se trouver la tête du fémur. Celle-ci était maintenue seulement par une capsule très large, se continuant à la partie antérieure avec celle qui recouvrait la cavité cotyloïde, et passant, à la partie postérieure, par-dessus le bord externe de cette cavité. Cette capsule était d'ailleurs solide et épaisse. Le ligament rond existait, libre de tous côtés, s'attachant par une extrémité large à la tête du fémur, et par l'autre, au fond de la cavité cotyloïde, où il se perdait dans la masse graisseuse notée précédemment. Il était si long qu'il aurait permis à la cuisse de larges mouvements de circumduction.

et aussi des mouvements de glissement, soit en haut, soit en dehors. La tête fémorale était convenablement développée; elle se trouvait au niveau de Tépine iliaque antérieure et inférieure, sans cependant reposer sur elle *. Ce fait observé par Paletta en 1783, est le premier dans lequel on ait fait Texamen anatomique des lésions. De son côté, Cruveilhier rapporte un fait qu'il a pu observer en 1828. Il s'agit d'un enfant mort-né. « Sur ce fœtus, dit-il, qui est venu av^c des mains et des pieds bots, les jambes, au lieu d'être fléchies sur les cuisses comme de coutume, sont dans l'extension; les deux pieds sont arc-boutés contre la mâchoire inférieure. Chez ce fœtus, il y avait une double luxation congénitale des fémurs, dont voici les détails : les capsules fibreuses avaient une grande laxité, et les têtes des fémurs, au lieu d'être reçues et contenues dans les cavités cotyloïdes correspondantes, venaient s'appliquer contre les fosses iliaques externes. Les capsules fibreuses ouvertes, j'ai vu : ^° les ligaments ronds très grêles et d'une longueur démesurée; 2" les têtes des fémurs déformées, aplaties, conoïdes, dépourvues de col, et comme atrophiées; 3" des cavités cotyloïdes qui égalaient à peine en profondeur la cavité glénoïde de l'omoplate, et qui, par conséquent, ne pouvaient recevoir les têtes fémorales, malgré le défaut de développement de ces dernières *. »

Grâce à l'obligeance de notre collègue M. Bar, accoucheur des hôpitaux, j'ai pu examiner deux pièces de luxations congénitales de la hanche chez des nouveau-nés, pièces dont la description a été donnée par M. Bar et ses élèves, MM. Cautru et Lamotte, et que l'on trouvera mentionnées également dans la thèse de notre élève, le D"" Sainton ^

Dans le premier cas, il s'agit d'un fœtus mâle, né vivant, mais qui succomba trois quarts d'heure après la naissance. On avait constaté chez lui l'impossibilité de placer la cuisse gauche dans l'extension complète; elle était en flexion et en adduction très marquée.

L'articulation coxo-fémorale droite ne présente rien de particulier. Il n'en est pas de même de la gauche. La bride résistante formée par les adducteurs ayant été sectionnée, la capsule est

1. Paletta, Exerrilationes pathologicœ (de claudicalione congenitâ), p. 88, 1820.

2. Cruveilhier, Traité (Vanatomie pathologique f/énéraie, Paris, 1849, t. I, p. 484.

3. Sainton, De Vanatomie de Varticulaiion de la hanche chez l'enfant, etc. Thèse de doct., Paris, i8y3.

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MAL\nrES CONGENITALES lil) MEMBRE ISFERim'll

ouverte; on constate alors qiio le ligament rond a la ni^me i\<iaecur que celui du côté di'uit; miiis il est p\»» long que ce dentier. La cavité cotyloïde n'a pas la môme profondeur. Les booU sonl sans, relief. Le bourrelet de la ravilé n'existe pcnir ainsi dire [uf. surtout à la partie supi'rieurc du cotvie. La tiHe ilu fémur, [iloi petite que celle du ciMé droit, n'a plus la forme tiémi^phérique in la tête normale; elle est iiplatio d'un cùli^. Cette tète fémorale m s'adapte pas exactement à la cavité cutyloïde, qui est trop pn profonde pour la contenir; elle repose, par sa face déformée et aplatie sur la partie supéro-înterne du bourrelet cotyloïdien, qui ni déprimé, à ce niveau, pour la recevoir '.

De notre cdté, nous avons pu, avec M. Saiiitun, examiner li pièce, au point de vue spécial qui nous occupe. Ce qiiî nom l frappés tout d'abord, c'est la lon;;ueur exagérée du ligament roni Alors qu'à droite la longueur de ce ligament s'oppose absolunmt à ce que la tète fémorale sorte par en haut de la ravité cotyloiil». à gauche elle lui permet facilement d'arriver jusqu'à la {Uirtie supérieure et postérieure du sourcil colyloïdien, et de s'y apputtf par la facette plane notée plus haut.

Du cété du fémur, il est facile de se rendre compte que IouIp I'M" Irémité supérieure de l'os est atrophiée. C'est ainsi qu'à dmil« ii distance qui sépare la base du grand trochanter du sommet de la l#t» articulaire est de 23 millimètres, tandis qu'à gnuche, elle n'e»! f" de 20 millimètres. Le diamètre de la tête est, à droite, de 13 inilitraètres; à gauche, de 10 millimètres. Le col existe à [teinei'lu côté sain, on en trouve déjà l'indication très nette, tandis i|ui gauche, il semble que la tête soit accolée directement & l'eslrte"^ supérieure de l'os, leurs axes formant entre eux un angle ilroi' environ.

Les modilications portant sur la cavité cotyloïde sont marquées. A droite, le diamètre antéro-postérieur de cet mesure li millimètres, son diamètre vertical 16 millii gauche, elle est à peu près régulièrement arrondie; elle offre-* tous sens, un diamètre de 12 millimètres, lies rebonU sont '" outre beaucoup moins manjués que du côté sain. Non seuInfO*^,^ le cartilage en Y est conservé, mais il ne pré.ienle aucune inO^ cation dans sa forme et ses dimensions.

La seconde pièce de M. Ilur, dont la description ft él

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