Féré, Bull, de la Soc. anat., 1878, p. 309 et
INFUNDIBULUM PAKA-COCGYGIEN 47
Terrillon *, ceux de MM. Lannelongue ' et Heurlaux * qui ont mis en lumière cette question.
Il n'est pas douteux qu'il ne s'agisse ici d'une disposition très commune; nous avons l'occasion d'en observer de nombreux exemples dans notre service des Enfants-Assistés; mais, le plus souvent, c'est une simple bizarrerie anatomique, et il est rare que l'affection prenne une importance assez grande, ou devienne l'origine de complications de nature à occuper le chirurgien. Comme Kuhn, nous avons été frappé de rencontrer souvent cette <lispositîon chez des enfants atteints de malformations des membres inférieurs; nous l'avons, par exemple, souvent notée chez des malades atteints de pieds bots.
Les chiffres suivants donneront une idée de la fréquence de cette disposition. Dans sa communication à la Société de chirurgie, M. Lannelongue dit avoir constaté 9o fois, sur 130 sujets, l'existenci» d'une dépression cutanée dans la région sacro-coccygienne ; 29 fois, cette dépression siégeait au niveau de la face postérieure du sacrum ; 38 fois, en face de l'articulation sacro-coccygienne; 28 fois, au niveau de la pointe du coccyx, cjuelquefois même en avant d'elle.
M. Heurtaux, ayant examiné 960 personnes, a trouvé, chez 42 d'entre elles, des infundibula para-coccygiens ; sur ce nombre, il y avait 13 femmes et 29 hommes. Il n'est pas rare de rencontrer plusieurs de ces infundibula sur un môme sujet; leurs caractères, bien indiqués par Kiibn, sont de constituer de petites dépressions infundibuliformes siégeant sur la ligne médiane.
La peau s'invaginc dans leur intérieur; les poils et les glandes sébacées qui y sont annexés deviennent parfois le point de départ d'irritation ; la suppuration peut môme se développer dans l'intérieur de la cavité, et l'infundibulum se transformer en véritable trajet fistuleux. Celui-ci peut d'ailleurs être simple, c'est-à-dire se terminer en cul-de-sac, ou bien complet, c'est-à-dire muni de deux orifices. On comprend, du reste, que la suppuration, une fois établie, puisse se propager au tissu cellulaire voisin, et donner lieu à des décollements étendus et à des orifices multiples qui peuvent en imposer pour des fistules d'origine osseuse. Enfin la rétention des produits sébacés et épidermiques dans la petite cavité peut la
1. Terrillon, Fistules congénilalcs de la partie supérieure de la région sacrée. Soc. de Mr., 25 janv. 1882, p. 54, et Reyiie de chir., avril iS82.