I. — DÉVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU
Ce qui caractérise essentiellement la face et le cou au point de vue du développement, c'est qu'au lieu d'apparaître sous la forme d'un tout continu, ces régions affectent au début l'apparence de bourgeons séparés les uns des autres par des fentes ou fissures qui, par leur persistance, peuvent donner naissance à de nombreux vices de conformation. Le long de ces fentes on rencontre souvent aussi divers néoplasmes d'origine congénitale, kystes, angiomes, fibro-chondromes, de sorte que la notion de ces bourgeons primitifs et des sillons qui les séparent, domine toute l'histoire des maladies congénitales de la face et du cou.
Déjà nous avons fait remarquer l'unité du plan général de l'organisme. Le tube médullaire, qui en est l'axe pour ainsi dire, se renfle à sa partie supérieure pour donner naissance aux vésicules cérébrales. De même, il existe une analogie frappante entre le crâne et la colonne vertébrale. Les vertèbres possèdent un corps, des arcs postérieurs qui forment par leur réunion lé canal vertébral, des arcs antérieurs représentés par les côtes; de même, les vertèbres crâniennes ont des arcs postérieurs, qui ne sont autre chose que les lames osseuses constituant par leur réunion la boîte crânienne, et des arcs antérieurs aux dépens desquels vont se former les parties constituantes de la face et du cou.
De ces arcs, les premiers qu'on voit apparaître, ce sont les arcs ou bourgeons maxillaires, situés sur les parties latérales de la base du crâne. Ils sont d'abord uniques de chaque côté, puis doubles; soit que chaque bourgeon maxillaire se subdivise en deux, soit, comme le pense le professeur Mathias Duval, que les boui^eons