Broca, TraUé de chir., t. V, p
KiRMissoR. — Maladies chirurg. 7
A partir du bord alvéolaire, la fissure palatine se dirige en dedans et en arrière, jusqu'au point répondant au trou palatin antérieur; puis elle va directement d*avant en arrière, occupant toute la hauteur de la voûte palatine et du voile du palais.
A travers cette solution de continuité, on aperçoit les cornets des fosses nasales recouverts d'une muqueuse d'un rouge vif, et le vomer présentant une disposition spéciale, sur laquelle Gratiolet * a depuis longtemps appelé l'attention. Cet os, en effet, au lieu de rester vertical, comme à l'état normal, s'infléchit du côté sain et vient se souder avec la lame palatine de ce côté, comblant en partie la perte de substance de la voûte osseuse.
3** Bec-de-uèvre double. — Il est caractérisé par la présence d'une double fente au niveau de la lèvre supérieure. Rarement, d'ailleurs, le bec-de-lièvre double existe à l'état simple; le plus souvent il se complique de l'existence d'une fissure osseuse. Nous avons pu cependant recueillir dans notre ser\'ice des Enfants-Assistés un exemple de bec-de-lièvrc double et incomplet de la lèvre supérieure (Voyez fig. 40). Dans ce cas, la difformité se caractérise simplement par une double encoche de la lèvre supérieure, d'où part un sillon oblique en haut et en dehors, qui vient contourner l'aile du nez. Il n'existe pas de déformation concomitante du côté de la voûte et du voile du palais. Le système dentaire est normalement développé. Nous comptons 10 alvéoles dentaires, dont 4 molaires, 2 canines et 4 incisives. La voûte palatine, dépouillée de son périoste, montre d'une façon très nette, les sutures des maxillaires entre eux, des maxillaires avec les palatins, et avec les os incisifs.
Il peut se faire d*ailleurs que la double fissure, au lieu d'être symétriquement disposée de chaque côté de la ligne médiane, soit plus prononcée d'un côté que de l'autre. C'est ce qui existait sur une autre pièce (n** 21) de notre collection. A droite, on voit ici une simple encoche séparant la lèvre du lobule médian; à gauche, la fissure est beaucoup plus profonde, sans pénétrer toutefois jusque dans la narine. Le lobule médian forme une saillie surtout marquée du côté gauche, où il oblitère en partie l'orifice de la narine.
Nous reproduisons ici cette même disposition rencontrée par nous sur un petit malade de la clinique du professeur Pinard, avec
1. Gratiolel, Bull, de la Soc. anal., 1839, p. 135, rapport de Pigné, ibidem, p. 143.