X PRÉFACE
conformation. On comprend mieux encore Taction de ces différentes causes, si Ton réfléchit qu'à ce moment les tissus de l'embryon ne sont pas encore différenciés. Il est tout entier composé de tissu embryonnaire, dont la fragilité n'a d'égale que celle des bourgeons charnus que nous voyons disparaître à la surface des plaies sous les causes les plus légères. On se rend facilement compte combien toutes les circonstances que nous venons d'incriminer : compression extérieure, brides amniotiques, ont de prise sur un embryon composé de parties si fragiles.
Toutefois, il faut bien le reconnaître, rien n'est plus obscur que la pathogénie de l'immense majorité des vices de conformation. On a beau interroger minutieusement les parents sur l'évolution de la grossesse, le plus souvent on ne trouve absolument aucune cause qu'on puisse incriminer. On en a la raison, si l'on réfléchit que c'est au début môme de la grossesse que remontent ces accidents; or, à ce moment, les sensations de la mère sont bien confuses, et souvent même la grossesse est ignorée. On comprend toutefois qu'il faille faire entrer en ligne de compte les imprégnations de l'œuf par la syphilis, l'alcoolisme, la tuberculose, par exemple. Pour ce qui est de la syphilis, nous l'avons trouvée avec une fréquence toute spéciale dans le bec-de-lièvre. Nul doute aussi que le système nerveux ne joue un rôle dans cette évolution; c'est souvent chez des familles de névropathes que l'on rencontre les malformations; bien souvent, nous avons été frappés de l'état névropathique chez la mère. A ce chapitre se rattachent les émotions morales si souvent invoquées comme cause des malformations, puis rejetées en bloc comme des récits fantaisistes. Je crois qu'il faut se garder î\ cet égard d'exagérations; rejeter en bloc les influences morales serait peut-être anliscientifiquo ; il convient toutefois de ne leur accorder d'importance que dans les cas où elles sont survenues à un moment de la grossesse qui corresponde à la période du développe-