Slreil, CenlriM. far Chin
s-, 11" li, p. 81
lière Ju côté gauche. Parfaitement régulièns arrondie, partout mobile sur la peau, elle élait adhérente aux parties profondes. Tout autour d'elle existe un bourrelet osseux, manifeste à la partie externe, moins marqué à Ja partie supérieure et interne, analogue au bourrelet osseux du céphalématome. Le début remonte à Tâge do quatre ans; depuis lors, la tumeur a constamment progressé, et elle a atteint son volume actuel depuis trois ans.
Le 13 octobre 1885, je fis Textirpation de cette tumeur, qui s'était créé une loge dans le rebord orbitaire, et môme dans la paroi supérieure de Torbite. La guérison eut lieu sans incident. Notre collègue, M. de Gennes, qui était alors chef de laboratoire à Thôpital Necker, en fit l'examen histologique. Je reproduis ici la note qu'il a bien voulu me remettre à ce sujet.
Une coupe perpendiculaire au grand axe du kyste et comprenant toute son épaisseur, montre les détails suivants : cà un faible grossissement, on dislingue tout d'abord, à la superficie du kyste, un revêtement cutané complet; puis, au-dessous, une couche de tissu conjonctif au milieu de laquelle on voit (juelques vaisseaux remplis de sang, et, tout à fait à la face profonde, une épaisse couche de fibrine formée de faisceaux épais et réfringents au milieu desquels se trouvent de nombreux globules sanguins.
Dans les points où la paroi kystique était rouge à l'œil nu, on ne retrouve pas d'autres éléments que ceux que nous venons de décrire; mais, dans les parties blanchâtres, il existe une couche épaisse de cellules épithéliales, les unes des(juamées, tombant dans la cavité du kyste, les autres formant une couche continue qui revôt la face interne de ce kyste.
Si nous examinons la coupe à un plus fort grossissement (objectif 6 de Verick), nous relevons les détails suivants : la couche cutanée ([ue nous avons déjà signalée se dessine tros nettement, avec toutes ses couches successives, cellules cornées en partie desquamées et corps muqueux de Malpighi; dans le tissu cellulaire sous-jacent se voient quelques gland('S sébacées. On remarque aussi des papilles parfaitement développées. La couche épithéliale, comme nous l'avons déjà dit, manque en queb]ues points. Elle est composée de grosses cellules d'épilhélium pavimenteux, les unes contenant un seul noyau; les autres en renfermant deux. xVu milieu de cette couche épithéliale, on remarque par places quelques fragments de poil. Disons enfin qu'on voit, au niveau de la face cavitaire de la paroi kystique, et même dans
répaisseur de celte paroi, un grand nombre de gouttelettes graisseuses.
J'ai reproduit ici Texamen histologique de cette tumeur, parce qu*il nous présente un tableau exact de ce qu'on trouve dans la paroi des kystes dermoïdes. 11 est toutefois une particularité de l'étude histologique de ces kystes sur laquelle M. Nicaise a autrefois appelé l'attention.
Il arrive que, sur certains d'entre eux, la paroi ne présente pas dans toute son étendue un revêtement épidermique; M. Nicaise en conclut qu'il n'y a pas toujours, au début, enclavement d'un sac épidermique complet, mais seulement d'un lambeau épidermique, et que le kyste se constitue à l'état complet par l'enkystement du tissu cellulaire voisin.
Il est assez exceptionnel de voir ces kystes présenter un contenu huileux; le fait est fréquent, au contraire, pour les kystes de l'angle interne de l'orbite. Parfois le kyste a subi la transformation calcaire; on a même rencontré, dans un cas de M. Trélat, un noyau osseux dans l'intérieur de la poche.
Kystes de l'angle intebne a l'orbite. — Ils occupent généralement le grand angle de l'œil, situés au-dessus de la commissure interne des paupières; mais ils peuvent, dans quelques cas, descendre plus bas, empiétant sur la commissure et même se prolongeant dans l'épaisseur de la paupière inférieure. Aussi M. Verneuil *, dans sa communication à la Société de chirurgie, leur a-t-il donné le nom de kystes prélacrymaux. On comprend que, dans ces cas, il puisse y avoir lieu d'établir le diagnostic entre ces kystes et la tumeur lacrymale. Broca * a pratiqué Tablation d'un de ces kystes situé au-dessous de la paupière inférieure, au niveau de la partie moyenne du rebord orbitaire; un pédicule reliant ce kyste à Tunguis démontrait bien sa véritable origine. Ce qui caractérise en effet les kystes du grand angle de l'œil, comme ceux de la queue du sourcil, c'est leurs connexions intimes avec l'os sous jacent. Mais la particularité qui leur est propre, c'est de présenter très souvent un contenu huileux. Depuis la communication de M. Verneuil, on a cité bon nombre de cas semblables; néanmoins les kystes de l'angle interne de l'œil sont beaucoup moins fréquents que ceux de la queue du sourcil.
Pour notre part, nous avons eu, une seule fois, aux Enfants-
i. Verneuil, Bull, et mém, de la Soc. de chir., 1877, t. UI, p. 1. 2. Broca, Gazelle des Hôpilaiu, 1874, p. 242.
As^isli'S, roccasion d'enlever un kyste dernioïde de Tanglc interne de l'ipil {rauche chez un parçon d'un an. Le contenu des kystes huiloux lach(» le papier h la façon de l'huile ; il est susceptible de seligersous l'influence du froid.
Il «xiste encore des kystes profondément situés dans la cavité orhilaire et accompagnés le plus souvent de microphtalmie ou J'anophtalmie ; mais la pathogénie de ces kystes est liée au mode (le développement du globe oculaire; elle s'écarte, par conséquent, dos kystes dermoïdes proprement dits; nous ne ferons ici que les siinialer.
.\ la face, les kystes dermoïdes sont beaucoup plus rares qu'au pourtour de l'orbite. Cependant il en est qui, par leur siège, répon- 'lenl au trajet de la fente intermaxillaire. Cette fente se dirige •ddiquement de la commissure buccale vers la partie moyenne de larcade zygomatique, en décrivant une courbe à concavité supéri<»iin'. Chez une dame de vingt-quatre ans, M. Verneuil a ren- <*«»ntn'' un kyste situé au-dessous de l'arcade zygomatique. On crut •lalxml à un abcès ossifluent; mais Tinrision donna issue à une mèche (le cheveux. Dès lors, la tumeur fut extirpée en totalité, et la malade guérit. La mass(» extirpée se composait d'un kyste principal à|»ar(d distincte, revêtue d'un épithélium pavimenteux, et de Petits kystes. Le grand kyste renfermait de la matière caséeuse 4VW! des poils follets; les petits kystes étaient remplis d'un liquide mufjueux *.
M. Lannelongue a eu l'occasion d'observer trois cas de kystes mWmaxillaires, situés sur diflerents points du trajet de la fente intormaxillaire : l'un, à la partie antérieure de la joue, à un centi- Mreel demi en arrière de la commissure buccale; un autre, près ^^ Iwnl antérieur du masséter, le troisième à la surface de ce muscle.