K'Mlcrl, Archives de Lmtt/enbecky t. XLIX, lleft
3. Guiiianl, (irenouillcttc congénitale par iuipri-foralion du canal de Wharton; fjoz. hefjdom.y ib88, p. U.
Sur les parties latérales du cou, dans les régions sus et hyoïdiennes, au niveau des ft^ntes branchiales, on peut ronronIrH dos kystes dermoïdes, qui prennent parfois un grand volume s'avancent Jusqu'à la ligne médiane; parfois ils s'enfoncent priK Fondement iluns la rt'^giun du cou, et viennent en contact desgrM vaisseaux. Ils peuvent môme <?tre profondément situés, cotnrnw dans un cas opéré par A. Itichard et rapporté autrefois  la Socîélft anatomique par Legroux*. 11 s'agissait d'un kyste dermoïde {.'canl dons l'épaisseur du pilier antérieur droit du voile du psUt« cliez un nouveau-né. Cette lumeur, du volume d'une petili' pomioa d'api, causait une grande géiic de la respiration. La parut kyslj^u» renfermait quelques glandes sébacées et suduripares, et aussi, de* noyaux cartilagineux et osseux. M. Malherbe (de Nantes) ' a ritttf niuniqiié à la Société de chirurgie un cas de kyste dcrinoïde de 1b région sous-maxillaire à coiilenu huileux.
A la région sous-hyoîdienne, les kystes dermoîdes suivent to' Iraji't de la iiuatriéme fente branchiale, sur le bord antérieur d*< sterno-mastoïdien ; ils ancclent des connexions intimes avec te» gros vaisseaux du cou et adhèrent parfois à l'os hyoïde ou ^ l'apophyse styloïde. Une des particularités de leur histoire, c'eal de présenter parfois une forme allongée, canaMruh'-e; Larrey * signalé le fait pour la première fiiis, et a donné â cette variété ■* nom de hjxie canalicuté du cou. Depuis lors, des faits seniblabl" ont été rencontrés par M. Duplay et par M. Lannelongue. C'est reste une remarque générale à faire à propos des kystes d'origi* branchiale, qu'il n'y a pas de didérence essentielle entre eux et ï' fistules de semblable origine. Souvent on peut voir, par le fait ' l'oblilératioii de son orilice externe, ta fistule se transformer ^ kyste, do m(^me que rtnllammaliun et la suppuration d'une pocti kystique ont souvent pour elTt-t d'amener sa rupture et sa li-aitHruf malion en fistule permanente. Un point partieulier de la régiol cervicale sur lequel on observe souvent cette transformation dw Itstules on kystes, et vtcf versa, c'est la région thyro-hyoïdivnne. Il est en elTet fréquent de rencontrer, soit au devant du cartïtaga thyroïde, anit au devant de la membrane thyro-hyoïdienne. tumeurs kystiques, qui accompagnent le larynx et l'os hyoïdn leurs mouvements d'ascension pendant la déglutition. Elle:
1. Lr^^roiix, littcrotopic ttrMe & forme de Kvsic dermolilc, ButL lU la Soc.
ISeï, p. 10.
S. Malherbe. Bull, it m4m. de la Sac. île chirur., mu. l. IV, p. r.H,.
outre pour caractère de remonter jusqu'à l'os hyoïde, à la face
j>ostérieure duquel elles adhèrent intimement. Avant que les^
wecherches embnologiques modernes aient jeté du jour sur la
2>^thogénie de toutes ces productions congénitales, les chirurgiens^
^'étaient ingéniés à trouver des explications qui pussent rendre
c^ompte des kystes et des fistules de la région thyro-hyoïdienne.
Boyer en faisait des hygromas d'une bourse préthyroïdienne; mais
pareille interprétation ne pouvait rendre compte de la présence
^'épilhélium à la face interne de la paroi kystique. Nélaton était
])Ius près de la vérité, lorsqu'il pensa que certains de ces kystes
étaient formés par Tampliation d'un follicule sous-muqueux; il
proposait pour eux le nom de grenouillette sous-hyoïdienne.
Au point de vue de la nature de Tépithélium tapissant la paroi interne de la poche, il y a lieu de diviser ces kystes en deux grandes variétés : les uns sont en effet de nature dermoïde; ils renferment un contenu mélicérique, parfois mélangé de poils ; leur paroi est tapissée d'un épithélium pavimenteux. Les autres sont des kystes mucoïdes, renfermant un contenu muqueux, filant, et tapissés par un épithélium cylindrique, possédant parfois des cils vibratiles. La pathogcnie des kystes dermoïdes ne présente aucune difficulté; ici, comme dans les autres régions du cou, ils sont de nature branchiale. Quant aux kystes mucoïdes, leur origine a été singulièrement éclairée par les recherches de His sur le canal thyro-glosse. C'est en effet à la persistance de ce canal, allant du corps thyroïde à la base de la langue, qu'il faut rapporter les kystes mucoïdes de la région thyro-hyoïdienne. En Aoici un exemple publié récemment par Hœckel (d'Iéna) * ; il est relatif à une jeune fille de dix-huit ans qui portait, sur la ligne médiane du cou et un peu à droite de l'os hyoïde, un kyste qui allait en augmentant de volume depuis quatre ans. On voulut l'enlever, et on échoua; il resta une fistule persistante. Ilœckel pratiqua l'extirpation de la tumeur, qui était du volume d'une noisette. Elle adhérait si fortement au génio-hyoïdien qu'il fallut réséquer avec elle une partie du muscle. La tumeur présentait deux cavités : l'une d'apparence muqueuse, tapissée de granulations, l'autre tapissée d'épithélium vibratile et remplie de mucus glaireux. Les parois contenaient dans du tissu conjonctif des follicules thyroïdiens.
Ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment, ce qui caractérise
1. Ilœckel (lena), Verhandlungen der deutschen Gesellschaft fur Chirw\, XXUI, CoDgress, 1894.
cotle variété particulière <le kystes, cVsl la facilité avec laquelle ils sVnflaininent, suppurent et se transformc^nt (»n fistules persistnnt<^s. Telle» est leur profondeur <|U(ï souvent rextirjiation reste ineoniplèle; une petite partie d'épitliélium échappe à la dissection, et Ton voit la fistule se re[)roduire. Plusiiuirs fois nous aA'ons constaté pareil résultat. Mieux vaudrait donc, dans certains cas ]Kirticuliers, réséquer une |)artie du corps de Tos hyoïde, plutôt que de faire une extirpation incomplète.
-r KYSTES SÉnKUX CONGÉNITAUX
Sii:nalés pour la ])remière fois par César Ilawkins * en 1839, ces kystes ont été étudiés, en Allemagne, par Wcrnher*, Wefrner' et Middeldorpf *, en France, par Virlet% Lorain®, (lilles", Boucher * et, plus récemment, par M. Lannelongue, dans son Traite des kystes conffênitanx.
On les divise en kvstes uniloculaires et multiloculaires; mais cette dernière variété est de heaucoup la [)lus fréquente et la plus importante par le volume des tumeurs et les accidents de compression auxquels elles peuvent donner naissance. Le sexe et Thérédité ne paraissent exercer aucun rôle dans leur développement. Leur sièiire le plus hahituel est sur les parties antéri(Mire et latérale du cou; parfois leur volume est assez considérable pour qu'ils occupent toute la hauteur du cou, depuis le maxillaire inférieur jusqu'à la clavicule. Dans d'autres cas, ils sont limités à une partie <le la région cervicale, telle qiie le creux sus-claviculaire ou la région sous-maxillaire. l)'a[)rès M. Lamielongue, ce soi^t les kyst(*s de la région sous-maxillaire (]ui sont les plus fréquents. II est IxMUCoup ])lus rare de les voir débuter jiar la région de la nuque. Mais ce qui caractérise essentiellement ces kystes, c'est qu'ils s'infiltrent de proche en proche dans les tissus voisins, à la
1. ('.l'-.ir IT.i\vlvi[!s, On a iM?c»iliar forin i»f con|j:«*nil.'il luinonrs of Ihe neck, Mcd, c/nrur. Trnnaart., mai 1830, t. XXII, p. "l'W.
2. Wt'inlu?!*, />//• antfcborenen Kystenlu/ijiumœ und die Inncn rerwandtm GcschwHlste, DisstTl. inaii^Mir.. (îicsscn, ISi3.
3. Wr^MUT, UoImt I.yiiiphan^MoiiM', Arch. fiir hlni. Cfiir., 18"7, t. XX, p. OU.
•i. Mi<l<lclilorpf, Utîhcr Lyiiipliangit)ine C4ivcniosMin, Arcft. fur hlin, Chir.^ i8ï<3, I. XXXI, p. :;'.io.
n. Virlcl. />^*.v Ktfsics cnnqt^uihttir du cou, iliôsc i\o. doct., Paris, 1854, n" 150. l». J^oiaiii, Comptes rendus de la Soc. de InoL, mai 1S.;3, et Mém. de la Soc. de
hioL, is:;;, p. i:j:;.