ET DE LA TRACHÉE
Les vices (le conformation de l'œsophage entraînent un pronostic tellement grave qu'on doit les regarder plutôt comme de véritables monstruosités que comme des affections chirurgicales, c'est-à-dire susceptibles d'un traitement. Toutefois, comme elles coïncident parfois avec d'autres vices de conformation qui, eux, appartiennent à la chirurgie, par exemple, les imperforations de l'anus et du rectum, il est indispensable pour le chirurgien d'être prévenu <le leur existence et de connaître leur symptomatologie. .
Oblitérations congénitales de l'œsophage. — L'enfant atteint d'oblitération congénitale de l'œsophage peut prendre le sein; mais à peine a-t-il avalé quelques gorgées de lait qu'il les rejette; souvent môme il présente à ce moment de violents accès de suffocation; car, dans la plupart des cas, il existe une communication anormale entre la trachée et l'œsophage. Holmes * cite trois cas d'oblitération congénitale de l'œsophage empruntés aux PatJiological Transactions, et, dans tous les trois, l'œsophage communiquait avec la trachée. Tous les faits qui ont été publiés sont pour
1. Holmes, Thérapeutioite des maladies chirurgicales des enfants, trad. Larchcr, 1870, p. 185.
ainsi dire calqués les uns sur les autres. En voici quelques-uns, datant de ces dernières années, qui viennent s'ajouter à ceux qui sont cités dans les ouvrages classiques de Cruveilhier, de von Ammon, de Forster et de Ahlfeld. Melkins * rapporte le cas d'un enfant mort à huit jours, chez lequel l'œsophage se terminait en cul-de-sac, à un centimètre environ au-dessus de la bifurcation de la trachée. Du bout cardiaque de l'estomac, l'œsophage remontait à une courte distance et s'ouvrait librement dans la trachée.
Poster Vince ' a trouvé, à l'autopsie d'un enfant mort au bout de quarante-huit heures, l'œsophage se terminant en un cordon fibreux à un pouce environ au-dessous du pharynx. Le bout cardiaque de l'œsophage était normal à sa partie inférieure; mais il se rétrécissait en remontant, et s'ouvrait dans la trachée entre le cartilage cricoïde et le premier anneau trachéal. Dans un cas de Cleaver ', l'œsophage se terminait en cul-de-sac au niveau de la bifurcation de la trachée; l'enfant était mort à l'ûge de six jours. J.-R. Logan * rapporte un cas d'occlusion de l'œsophage trouvé sur un enfant mort-né au septième mois. Le pharynx était normal; mais, au niveau du sixième anneau trachéal, l'œsophage se terminait par un cordon fibreux intimement adhérent à la trachée; il reprenait le calibre normal à deux pouces environ au-dessus de l'estomac.
Tous ces faits se ressemblent en ce que tous se sont terminés par la mort, qui survient généralement dans les huit ou dix premiers jours ; Holmes rapporte deux faits où les enfants ont succombé le onzième et le douzième jour. Nous citerons plus bas un cas deAxondans lequel l'enfanta succombé seulement le treizième jour; mais souvent la mort arrive beaucoup plus tôt, du deuxième au quatrième jour, par exemple. L'œsophage affecte toujours des connexions intimes avec la trachée; dans bon nombre de cas, il s'ouvre à l'intérieur même du conduit trachéal; et dans les faits où cet abouchement anormal fait défaut, il y a toujours adhérence intime entre la trachée et le cordon fibreux qui représente l'œsophage. Un trait commun à toutes ces observations, et déjà noté par Holmes, c'est que la communication s'établit, non pas entre la trachée et le bout supérieur de l'œsophage, mais bien entre le