MALFORMATIONS DE L'ŒSOPHAGE ET DE LA TRACHÉE
Wilks a rapporté *, d'après le D' Rootes (de Ross), un exemple curieux de cette malformation, sur un homme de soixante-quatre ans qui avait succombé à une pneumonie. Pendant toute sa vie, il rejetait toujours une partie des aliments qu'il prenait, et ne pouvait avaler les aliments solides, sans ramollir chaque bouchée avec du liquide. Il appuyait sur ce fait qu'il ne vomissait pas ses aliments, mais qu'il les expectorait, et que, jamais de sa vie, il n'avait vomi. On pouvait faire passer une sonde dans l'œsophage; mais toujours, à la suite, le patient expectorait, en plus ou moins grande quantité, les aliments solides ou liquides, qu'il avait pris dans les dernières heures. A l'examen anatomique, on trouva la partie supérieure de l'œsophage énormément dilatée; elle mesurait, sans être distendue, six pouces et demi de circonférence, et elle présentait partout un volume uniforme. Cependant, au voisinage de l'estomac, elle se resserrait subitement, et, ici, le calibre du canal était aussi inférieur à ses dimensions normales qu'il leur était supérieur sur les autres points. Le petit doigt arrivait tout juste à pénétrer dans l'estomac.
Follin, dans sa thèse', en rapporte un second cas. Il s'agit d'une vieille femme qui, depuis sa plus tendre enfance, avait eu une grande difficulté à avaler les corps solides. Elle avait fini par être réduite à ne plus prendre que de petites portions d'aliments, sous peine d'avoir un vomissement œsophagien. A l'autopsie, l'œsophage fut trouvé dilaté. A six travers de doigt au-dessous du pharjnx, on trouvait une valvule complètement circulaire, avec une ouverture d'environ un centimètre de diamètre. Cette valvule semblait formée de la muqueuse repliée sur elle-même et renfermant dans son repli, autour de l'orifice, une couche de fibres fermes, circulaires, tendineuses, ce qui lui donnait une grande solidité '.
Aux deux faits précédents nous pouvons ajouter le suivant, publié par Emile Mayer, en 1893 *. Le S mars 1892, entrait à l'Hôpital des Yeux et des Oreilles, à New- York, une petite fille de neuf ans qui accusait des troubles sérieux de la déglutition. Dès sa naissance, elle commença à régurgiter, non seulement le lait, mais aussi une grande quantité de mucus filant. Cela dura pendant; tout l'allaitement. Lors du sevrage, l'ingestion de substances demi-
i. Pathological Transactions, vol. XVH, p. 138.
2. E. Follin, Des rétrécissements de l'œsophage, Paris, 1853, p. 41.