‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 92 sur 158 · Félizct, loco c'Uato, p · texte numérisé non relu

Félizct, loco c'Uato, p

Nous avons Thabitude, môme dans les cas où la guérison survient en quelques jours par première intention, sans trace de suppuration, de soumettre nos petits malades à un repos prolongé. Les enfants en effet supportent admirablement le séjour au lit; d'ailleurs leur temps n est pas précieux comme celui des adultes, et, grâce au repos prolongé, nous espérons permettre à la cicatrice d'acquérir une solidité suffisante, à Tabri de toutes les pressions qu'elle supporte pendant la marche et la station debout. C'est donc seulement au bout d'un mois que nous permettons à nos petits opérés de se lever. Nous ne leur faisons pas porter de bandage.

Nous avons supposé jusqu'ici qu'il s'agissait d'une hernie inguinale pure et simple; mais nous savons combien il est fréquent de la voir se compliquer d'ectopie testiculaire. La conduite en pareil cas est toute tracée d'avance ; elle se résume en les deux propositions suivantes : d'abord faire, comme à l'ordinaire, la cure radicale de la hernie; puis, s'efforcer d'obtenir l'abaissement du testicule. C'est seulement dans les cas où cet abaissement est impossible, que l'on se résoudra à faire la castration. Une fois seulement, sur un malade de la ville, jeune homme de dix-huit ans, qui n'est pas compris dans la statistique que nous rapportons cidessous, nous avons dû en venir à la castration. 11 s'agissait d'une hernie inguinale gauche, le testicule était d'ailleurs extrêmement atrophié, et le cordon beaucoup trop court pour qu'on pût songer à l'abaisser.

L'opération, faite d'après les principes que nous venons d'indiquer, nous a donné des résultats qui nous semblent comparables à ceux de nos collègues. Nos opérations pratiquées aux Enfants- Assistés ont été au nombre de 28; nous avons à déplorer une seule mort survenue chez une petite fille de cinq ans, atteinte de hernie ombilicale; chez elle, l'opération n'avait présenté rien de particulier, et, du reste, l'autopsie nous a permis de constater que la cicatrisation était complète, sans trace de suppuration, ni de retentissement «lu côté du péritoine. La mort a été due à des complications tuberculeuses du côté du poumon, et surtout aune dégénérescence profonde du foie, que rien ne nous avait permis de soupçonner. Deux autres malades ont été opérés depuis le commencement de cette année, et nous ne les ferons pas entrer en ligne de compte. Restent 23 opérés, parmi lesquels 20 ont pu être suivis; sur ce nombre, il y a eu deux récidives.

Des hernies inguinales congénitales chez la femme.

Hernies de V ovaire.

Chez la femme, le prolongement du péritoine accompagnant dans le canal inguinal le ligament rond, forme le canal du Niïck, Du liquide peut s'accumuler dans ce canal pour donner naissance soit à des kystes, soit, plus rarement, à des hydrocèles communiquant avec la cavité péritonéale. De même aussi, l'intestin peut s'engager dans ce conduit, de là les hernies inguinales congénitales chez la femme. Bien qu'elles soient plus rares que dans le sexe masculin, ce serait cependant une erreur de croire qu'elles sont tout à fait exceptionnelles.

Déjà, depuis longtemps, Malgaigne * avait établi que les hernies inguinales sont en réalité plus fréquentes chez la femme que les hernies crurales. L'importante statistique de M. Berger * confirme cette manière de voir, surtout en ce qui concerne les jeunes filles âgées de moins de quinze ans et dont les hernies peuvent être, à bon droit, considérées comme d'origine congénitale.

Parmi les hernies inguinales congénitales chez la femme, les plus intéressantes sont les hernies de l'ovaire, signalées en 1813 par Deneux (ovariocèle, ovarioncie).

Simples ou doubles, les hernies de l'ovaire sont fréquemment le siège de phénomènes douloureux, surtout au moment des règles. Il y a quelques années, M. Turgis ' a communiqué à la Société de chirurgie un fait intéressant; c'est celui d'une femme atteinte de hernie de l'ovaire droit, chez laquelle la tumeur devint phlegmoneuse et dut être incisée. La plaie resta fistuleuso et, pendant dix mois, versa du sang au moment des règles.

Ce qui rapproche les hernies de l'ovaire de l'ectopie testiculaire, c'est que, dans un cas comme dans l'autre, la glande génitale ectopiée tend à présenter diverses dégénérescences néoplasiques. Pour l'ovaire, c'est surtout la dégénérescence kystique que l'on observe. Les douleurs conduiront à pratiquer la cure radicale; et, en cas de dégénérescence de la glande, le mieux sera d'en faire l'extirpation.

i. Malgaigne, De la hernie inguinale chez la femme, Leçons cliniques sur les hernies, Paris, 18U, p. 171.

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