‹ Traite des maladies chirurgicales d'origine congenitaleChapitre 96 sur 158 · DES DIVERSES VARIÉTÉS D'HYDROCÉLE CONGÉNITALE · texte numérisé non relu

DES DIVERSES VARIÉTÉS D'HYDROCÉLE CONGÉNITALE

Hydrocèle infantile. — A côté de l'hydrocèle congénitale, caractérisée par la persistance du canal vagino-péritonéal, il faut signaler l'hydrocèle de la tunique vaginale chez les nouveau-nés. Il s'en faut de beaucoup qu'il s'agisse ici d'une affection rare; à chaque instant, nous avons occasion de l'observer. Quelquefois elle est reconnue au moment même de la naissance, ou dans les deux ou trois jours qui suivent l'accouchement. Il n'est pas rare de la voir occuper les deux côtés simultanément; mais d'ordinaire l'épanchement qui la caractérise est peu abondant.

Des symptômes, nous n'avons rien à dire; ce sont ceux des hydrocèles de la tunique vaginale en général. Nous rappellerons seulement la nécessité de se livrer à un examen approfondi, avant de conclure à la non-existence d'une communication avec la cavité abdominale, vu la difficulté qu'on éprouve souvent à constater la réductibilité.

Rien n'est plus obscur que la pathogénie de cette affection. Sans doute, il est des cas rares où l'hydrocèle est symptomatique d'une affection tuberculeuse du testicule, des cas beaucoup plus fréquents où elle est en rapport avec une altération syphilitique. Mais ce ne sont pas ces cas que nous avons actuellement en vue ; la palpation du testicule permet ordinairement de les reconnaître. Nous faisons allusion à ces hydrocèles très fréquentes, nous le répétons, qui se présentent chez des enfants parfaitement bien portants, et qui ont la plus grande tendance à la guérison spontanée. L'auteur d'une thèse sur ce sujet, Schleid *, donne comme cause le traumatisme, soit au moment de l'accouchement, soit pendant le nettoyage de l'enfant.

Nous avons peine à accepter une semblable étiologie, et nous nous demandons s'il ne faut pas plutôt voir dans l'hydrocèle la trace de l'irritation, du froissement subi par la tunique vaginale, au moment où se complète la descente du testicule, c'est-à-dire dans les jours qui précèdent la naissance. Quoi qu'il en soit, il est certain que ce sujet est encore très obscur, et appelle de nouvelles recherches.

Partant de cette donnée que l'hydrocèle de la tunique vaginale chez les jeunes enfants a la plus grande tendance à la guérison spontanée, il convient de temporiser. Tout au plus, si l'épanchement augmente au fur et à mesure que l'enfant avance en âge,

I. Schleid, Beihxig zur Kenntnis der Uydrocele des Kindesalters, Dissert. Kiel, 1886.

pourra-t-on recourir à des applications de compresses imbibées d'un liquide résolutif, tel que le chlorhydrate d^ammoniaque â Tétat de saturation. Plus tard, Tenfant grandissant, par exemple, entre un an ou deux, si la guérison n'a pu être obtenue, la méthode des injections d'alcool (Monod père), telle que nous Tavons exposée précédemment, nous semble ici encore, un excellent procédé. Nous y avons constamment recours, sans en avoir jamais observé d'inconvénients, et elle réussit le plus souvent i assurer la guérison.

Kystes du cordon (hydrocèles enkystées du cobdon). — On rencontre encore fréquemment, dans la région inguinale des jeunes enfants, une autre variété de tumeurs liquides, auxquelles on a donné le nom à' hydrocèles enkystées du cordon^ ou mieux kystes du cordon. Ce qui les caractérise, c'est leur indépendance absolue de la tunique vaginale. Ces kystes sont placés beaucoup plus haut, soit au niveau de l'orifice externe du canal inguinal, soit dans Fintérieur môme de ce canal. Il arrive parfois qu'on puisse, par une pression modérée de bas en haut, les faire remonter dans le canal inguinal, d'où ils sortent sous l'influence de la toux ou d'un effort quelconque. On comprend qu'on puisse alors les confondre avec une hernie. Leurs caractères sont ceux des kystes en général : tumeurs tendues, rénitentes, plutôt que fluctuantes. Elles peuvent quelquefois être assez isolées des parties voisines pour qu*on observe la transparence. De petit volume, dépassant rarement les dimensions d'une grosse amande ou d'une noix, ces kystes sont 43xtrêmement mobiles, soit dans le sens vertical, soit transversalement; ils sont complètement dépourvus de pédicule, et lorsqu'ils sont sortis du canal inguinal, on constate aisément que celui-ci est tout à fait libre. Ce sont là autant de caractères qui différencient ces kystes des hernies avec lesquelles ils sont cependant souvent confondus.

Ajoutons que le diagnostic peut être rendu très difficile par la coïncidence avec une hernie qui affecte avec le kyste des rapports très variables suivant les cas. Tantôt, en effet, le kyste répond à la partie inférieure de la hernie, compris entre elle et le testicule, tantôt il est caché derrière le sac herniaire, et quelquefois môme si bien englobé par lui que sa présence est méconnue.

Une autre complication possible de ces kystes, c'est leur transformation en hématocèle par le mécanisme indiqué par Gosselin

DBS DIVBRSBS VARIÉTÉS D'HYDROGËLE CONGÉNITALE 373

pour l'hématocèle de la tunique vaginale : formation de fausses membraoes sous l'influence de l'innammation chronique; rupture «les vaisseaux contenus dans ces fausses membranes, et épanchement sanguin. M. Temllon a observé une de l'es hématocèles enkyst«es du cordon, tapissée de membranes anciennes, et remontant jusque dans l'intérieur de l'abdomen; l'obsen'ation en a été publiée par M. Routier'.

I) n'est pas rare d'observer chez les jeunes enfants, en même

temps qu'un kyste du cordon, une hydrocèle de la tunique vaginale; mais les deux tumeurs sont nettement isolées l'une «le l'autre.

On rencontre encore, au niveau du cordon, d'autres tumeurs liquides qui sont en communication avec la séreuse péritonéale; on peut leur donner le nom à'hi/drocèle périlonéo- funiculaire, par analogie avec l'hydrocèle péritonéo-vaginale, dont nous avons donné plus haut la description. C'est là, du reste, une forme

n kyste du cordon, avec prolongement abdominal,

374 MALADIES IIF.S ORGANES GÊNITO-LiniNAIHESl

extrêmement rare. Dans son étudt- sur les tumeur» 1 l'aiue, M. Diiplay n'a pu en i>e]ever que deux cxpraplM. *p|

'i«- 151. - Crd

un llbrniu niUcliint In 1

Km. IM. - 1

.«hlil^riuoD (la r*tBt |>

■iiniqUK viitrla>]

c. k laquai le ailbrni 1»

uual atUnal.

h l'iiiruDdibuluiu du pén-

•lonni lien i

loinr M r#«Bliin

tii|iDr|i«^* <

•a cba|<eU». da t'oftaUbd

>nn>-il * U 1

iuoIm"" »»«*i»I« lO^w"!.

nant !i Nanoni et à Chassa i}.'nnr. MM. Munoil et Terrillou en uu troi^i^me observé pareux sur un enfaiil île triii.t ans. 1^ h se réduisait en jiaKie dans lu décuhïlu» dorsal, et I

VICES DE CONPOllMATION CHEZ LA PBMMB 37S.

devenait complète sous l'influence de la pression. La guérison fàt obtenue par Tapplication d*un bandage.

Pathogénie. — Deux théories peuvent expliquer la production des kystes du cordon. Dans Tune, on pense que le conduit péritonéo-vaginal ne s'est pas oblitéré complètement dans toute sa longueur; il est resté perméable en certains points, et Taccumulation du liquide dans ces cavités donnerait naissance aux kystes du cordon. La seconde théorie voit dans ces tumeurs des kystes formés aux dépens des vestiges du corps de Wolff. On a donné comme preuve à Tappui de la formation de ces kystes aux dépens du con* duit vagino-péritonéal, ce fait que Ton a trouvé parfois sur le trajet du cordon plusieurs petites tumeurs kystiques appendues. Mais ces tumeurs multiples pourraient tout aussi bien se rapporter à des formations kystiques aux dépens des débris du corps de Wolfl, remontant, comme Torgane de Giraldès, sur la partie inférieure du cordon. II est bien certain que la question ne peut encore être considérée comme définitivement tranchée, et appelle de nouvelles recherches; mais Torigine aux dépens des débris du corps de Wolff, établissant une analogie entre les kystes du cordon et certains kystes de l'ovaire, nous parait la plus probable. (Voyez fig. 151 et 152.)

A propos du traitement, nous pouvons répéter ce que nous avons dit déjà de Thydrocèle congénitale ; il y a une tendance manifeste à la guérison spontanée. Donc il n'est pas nécessaire d'agir hâtivement. Si un traitement actif devient indiqué, on se rappellera les cas d'hydrocèle péritonéo-funiculaire dont nous avons parlé, et, avant d'employer un liquide irritant, on aura soin de s'assurer qu'il n'existe pas de communication entre le kyste et la cavité abdominale. Du reste, ici, comme pour l'hydrocèle congénitale, nous employons les injections d'alcool qui suffisent presque toujours à assurer la guérison.

Page 1