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CHEZ LA FEMME

Atkésie de la vllve et de l'hymen. — Nous mentionnerons seulement ici l'atrésie complète de la vulve et de l'urètre qui met obstacle à l'excrétion des urines et se rencontre en général chez des enfants non viables.

Beaucoup plus importants pour le chirui^ien sont les cas

d'atrésie des organes génitaux chez la femme qui, comme nous le verrons, peuvent donner naissance à des accidents graves, nécessitant une intervention sanglante.

Parfois on observe Tagglutination des petites lèvres entre elles, masquant Tentrée du vagin ; généralement ces adhérences molles, comme celles du prépuce au gland dans le phimosis, se laissent détruire avec la plus grande facilité. Nous avons eu Toccasion de recueillir un fait de cette nature chez une petite fille qui fut présentée à notre consultation; chez elle, nous avons pu très aisément décoller l'une de l'autre les deux petites lèvres avec l'extrémité mousse de la sonde cannelée, et rendre à la vulve son aspect normal.

L'atrésie peut porter sur la membrane hymen, constituant une cloison imperforée; mais, comme le remarquent Matthews Duncan et Shrôder, il ne faut pas prendre pour des exemples d'imperforation de l'hymen tous les cas dans lesquels l'entrée du vagin est oblitérée par une membrane; car, dans plus d'un cas, on a pu, une fois cette dernière incisée, reconnaître en avant d'elle l'hymen présentant sa conformation normale. A côté de l'atrésie de l'hymen, signalons les anomalies de son tissu qui peuvent lui donner une résistance considérable, capable de mettre obstacle aux rapprochements sexuels, et aussi la vascularité excessive de l'hymen qui a pu déterminer, au moment de la défloration, des hémorragies graves, et même mortelles.

Abouchements anormaux des uretères a la vulve et dans le vagin ; PERSISTANCE DU CANAL DE WoLFF CHEZ LA FEMME. — Dcs divcrscs anomalies de la vulve et du vagin nous devons rapprocher les cas d'abouchements de l'uretère dans ces deux conduits, cas d'ailleurs tout à fait exceptionnels, mais intéressants pour le chirurgien, en ce qu'ils peuvent donner naissance à l'intervention. On voit alors, à la vulve, plus ou moins près du méat urinaire,'ou bien dans la profondeur du vagin, un petit orifice qui livre constamment passage à l'urine. Les commémoratifs apprennent que, de tout temps, la malade a été mouillée par l'urine, tout en conservant la possibilité d'uriner volontairement. Le cathétérisme de l'orifice anormal permet au stylet de remonter à une grande profondeur, sans pénétrer dans la cavité vésicale. Les injections faites dans la vessie ne ressortent pas par l'orifice fistuleux. Quand elles sont réunies, ces diverses circonstances sont bien de nature à fixer le chirurgien sur la véritable signification de l'anomalie qu'il a sous

es yeux. Cependant il est des cas, comme celui qui a servi de base au travail de M. Secheyron *, dans lesquels l'uretère vient se terminer en cul-de-sac près de Torifice vulvaire.

On s'est demandé quelle pouvait être la palhogénie d'une sem-

Fig. 153. — I. MalfomiatioD dos organes génitaux chez la femme; schéma do Schrôdor. — R. rectum continu avec A//, allantoïde (vessie), et M, canal do MtiUer (vagin), x dépression de la peau au-dessous du tubercule médian ; elle progresse en dedans et forme la vulve. — II. Ia dépression gagne en dedans et, devenant continue avec le rectum et Tallantoïde. forme le cloaque cl. — III. Le cloaque se partage en sinus uro-gcnital. Su, et a anus par abaissement de la cloison périnéale. Les canaux do Mûller sont réunis pour former le vagin r, en arrière de la vessie B et do l'oritice de l'urètro u. — IV. Le périnée est complètement constitué. — V. La partie supérieure du sinus uru-géuital se resserrant pour former l'urètre, la partie inférieure persiste et forme le vestibule Su, auquel aboutissent l'urètre et le vagin. — VI. Atrésio complète de la vulve; r, rectum, /y, canal génital, b, vessio, communiquant entre eux. — VIL Atrésio complète de la vulve; l'allantoïde s'est séparée du rectum r; la vessie b ot le canal génital </ sont distendus par l'urino. — VIII. Atrésio vaginale de l'anus. Le périnée d no s'est pas formé et le cloaque persiste: la vessie 6, le vagin v et le rectum r aboutissent à ce cloaque commun, u, urètre. — IX. Hypospadias chez la femme, 1" degré coïncidant avec une hypertrophie du clitoris. S sinus uro-génital persistant, auquel succède un long canal vestibu laire; m, urètre, et v, vagin s'ouvrant dans le canal vestibulaire ; c, clitoris hypertrophié. — X. Hypospadias proprement dit cher la femme. L'allantoïde tout entière s'est transformée en vessie b; cello-ci s'abouche directement, sans l'intermédiaire d'un urètre, dans le sinus urogénital S, c'est-à-dire dans le vestibule: v, vagin; r, rectum.

blable anomalie. Pour en donner la véritable interprétation, il faut rappeler tout d'abord le mode de développement des uretères. Ce

1. Secheyron, Des abouchements anormaux de Turetère dans le vagin, à la vulve; Arch, de tocologie, avril, mai 1889, p. 2()4. 333.

3"8 MALADIES DEa ftflGASES GÊMTO-URINAIRES

roiiiluit se furnip par un hourgeoimement en forme de tuhe ôpithélml, n('< ilu canal de Wolfi', vers su partie cloacalc. Ce canal progresse ensuite de bas en haut, et se lennioe en envoyaat des bourgeons latéraux, qui représentent les futurs canalicules uriniféres. On comprend que, si la partie du corps de WolfF située audessous ào la naissance de l'uretère persiste, ce dernier conduit viendra s'ouvrir dans le sinus uro-génilal, c'est-à-dire à la vulve ou à la partie infi^rieure du vagin.

Toutefois la persistance du canal de "Wolff chez la femme peut donner naissance à des vices de conformation distincts de l'abouchement anormal des u^et^^re» à la vulve et dans le vagin. Ce sont, soit des conduits longeant les parois vaginalps, mais ne donnant pas issue à de l'urine, soit des kystes siégeant dans l'épaisseur des parois du vagin. Plusieurs exemples de ces malformations ont été présentés â la Société anatomiquc, notamment par MM. Ozenne, Boix et Debierre. Dans le cas de M. Ozenne ', on trouva par hasard, sur le cadavre d'une femme de soixante ans. un cordon fibreux, long de 35 centimètres, ijui reliait le rein droit au col utérin. Creux dans sa partie moyenne, ce cordon était plein à ses deux extrémités; à câté de lui existait un uretère normal. Le fait de M. Boix * est relatif à une enfant née dans le service de M. Maygrier, et porteuse de malformations multiples : exstrophic de la vessie, oi^anes génitaux externes rudimentaires el airésîc vulvaire; imperforation de l'anus et du rectum; absence du reîn el de l'uretère droits, polydactylie. Chez cette enfant, il existait deux kystes, l'un intra, l'autre extra -vaginal, reliés par un pédicule. <■ Accolée à la paroi droite du conduit vaginal, à partir de sou extrémité inférieure, se trouve une masse kyslique allongée, mesurant un cent, et demi de hauteur et presque un centimètre de largeur, faisant saillie dans le vagin jusqu'à en oblitérer la lumière; de telle sorte qu'au-dessus de cette masse, entre son cxtrcmîté supérieure et le museau de tanche, la portion libre du canal vaginal est un peu dilatée. En examinant, sur la face externe du vagin, le point où vient aboutir le pédicule du kyste sphéroïde susmentionné, on voit que ce pédicule est en rapport avec le kyste intra-vaginal, et établit une sorte de continuité entre les deux masses kystiques. » L'auteur voit là une tumeur kystique déveloj)pée vraisemblablement aux dépens du cor[is de Wolff.

et reliée au vagin par un canal de Gaertner. Le cas de M. Debierre est particulièrement intéressant * en ce qu'il coïncide avec une malformation fréquente en pareille circonstance : c'est l'indépendance des deux conduits de MûUer, qui donne naissance à un utérus et à un vagin double. < Entre la trompe et l'ovaire, dit M. Debierre, dans l'épaisseur du ligament large, s'aperçoit nettement un bel organe de Rosenmiiller, dont l'extrémité externe du tube collecteur porte le pédicule d'une délicate et fine hydatide. Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est que, du côté interne du parovaire , le canal collecteur se continue dans l'épaisseur du ligament large, en suivant la direction de la trompe. On peut le suivre jusque sur la paroi latérale de l'utérus. Ce canal, c'est le canal de Gaertner; c'est un nouvel exemple de la persistance du canal de Wolff dans le sexe féminin. »

Pour en revenir aux cas d'abouchement anormal de l'uretère à la vulve ou dans le vagin, le traitement doit consister à supprimer le canal uretéral au-dessous de la vessie, et à aboucher le bout central dans le trigone vésical. La chose ne présente pas de grandes difficultés, si l'abouchement se fait à la vulve ou h la partie inférieure du vagin; elle deviendra d'une exécution beaucoup plus difficile, si l'abouchement se fait à la partie supérieure du vagin. On comprend même qu'il y ait des cas où il ne reste d'autre ressource que l'extirpation du rein, pourvu d'ailleurs que le rein du côté opposé soit parfaitement sain.

Dans ces dernières années, un certain nombre d'opérations ont été entreprises contre des abouchements anormaux des uretères dans la vulve et le vagin. Nous en rapporterons ici quelques-unes, pour servir d'exemples dans la conduite à tenir en pareil cas. M. le D*" Bois (d'Aurillac) * a communiqué à la Société de chirurgie l'observation d'une jeune femme qui présentait un uretère venant s'ouvrir, par un petit pertuis, dans l'épaisseur du bord gauche du méat urinaire. Introduisant dans l'uretère anormal un petit couteau mousse en forme de ténotome, puis portant dans la vessie un cathéter cannelé, M. Bois a pu inciser la cloison uretérovésicale dans l'étendue d'un centimètre environ, de manière à rétablir la communication entre l'uretère anormal et la vessie; il

\. Debierre, liuU, de la Soc, anatomique, 1888, p. 511.

2. Bois ((rAitrillac), Anomalie de l'uretère chez la femme, Bull, et mém. de la Soc. de chir., 3i mai 1893, p. 371.

380 Maladies des organes génito-urinâires

se proposait, dans un second temps, d'oblitérer Turetère dans sa portion sous-jacente à la communication vésicale.

Milton * a publié, dans la Lancet de 1893, le cas d'une femme de trente ans, qui, depuis son enfance, perdait de Teau par le vagin. Il existait, tout près de la ligne médiane et à droite, dans le septum vésico-vaginal, un petit orifice situé à deux centimètres du méat. Elle perdait par là goutte h goutte 60 grammes environ de sérosité dans les vingt-quatre heures. Ce liquide ne renfermait pas d'urates, mais de Talbumine et du chlorure de sodium. Une fine bougie introduite dans Torifice pénétrait jusque dans la région des reins. L'auteur tenta d'aboucher le canal dans la vessie; il fit un lambeau lancéolé qui comprenait l'orifice cité plus haut, le fit pénétrer dans la vessie et pratiqua par-dessus la suture. Il regarde Ce cas comme un exemple de j)ersistance du canal de Gaertner.

Dernièrement, M. Albarran * a publié le fait d'une jeune fille atteinte d'incontinence d'urine depuis sa naissance. En l'examinant, on constatait que la paroi antérieure du vagin bombait à travers l'hymen, en simulant une cystocèle. A trois centimètres de la vulve, il y avait un petit orifice par où suintait l'urine. Pour aboucher cet uretère supplémentaire dans la vessie, M. Albarran procéda de la façon suivante : il fit une taille hypogastrique transversale, et pratiqua le cathétérisme des deux uretères vésicaux; le vagin fut incisé en forme de ï, la poche vaginale extirpée et l'uretère surnuméraire sectionné à son insertion sur le vagin. On vint ensuite aboucher cet uretère en arrière du trigone vésical. La vessie, la plaie hypogastrique et la plaie vaginale furent fermées avec du catgut, et l'on plaça une sonde à demeure.

Au bout de six jours, deux fils de la suture vaginale se relâchèrent et l'urine coula de nouveau par le vagin. Quelques mois après, on entreprit une nouvelle opération. On établit cette fois une large communication entre la vessie et l'uretère supplémentaire. La fistule et la plaie vaginale furent fermées par un double plan de sutures. La sonde à demeure fut laissée eu place pendant vingt jours. La guérison fut parfaite.

Malformations du vagin. — Ces malformations sont d'ordre

l.Millon, Persistance du canal tle Gaertner chez une femme de trente ans, The Lancet, 14 octobre isy3.

2. Alt>arran, Uretère surnuméraire ouvert <lans la vulve et le vagin; Gazette mëd. de Paris, 3 juillet 1897, p. 315.

VICES OE CIJ.NFOHMATIUN CHEZ LA KEMME

Diiiltipte: tuul (l'nliunl il peut y avoir alseiu-L' cunipli'lo tlii vafriii. D'onlinaire, l'utérus fait défaut ou reste niiiimeiitaire; quant uux ovaires, ils coexisterit ^t-iiéralemeiil avec un utérus iiorinal; mais tanti^t il n'y « |>as de inolimen menstruel, tantôt celui-ci existe, tra^luisant sa présence par des ilouteurs périodiques au moment ■le l'ovulation, et des hémorrafflos supplémentaires. Le va^in n'existant pas à l'état de pavîté dans les premiers temps de la vie intra-utérine, et ses parois étant accolées comme le sont les pau-

pières entre elles, un comprend les cas dans lesquels la cavité vaginale existe seulement dans une partie de la hauteur de l'organe. La cavité se développant île haut en bas, il est naturel que ce soit sa partie inférieure qui manque le plus souvent: mais dans ces cas, les tentatives <le coït crt-ent généralement, du fait ilu refoulement de la vulve en arrière, un canal plus ou moins long. Parfois, c'est seulement la portion moyenne du vagin qui fait défaut.

De l'absence totale ou partielle du vagin, il faut rapprocher la Titénose congénitale de ce conduit, admettant à peine une sonde de trousse, ou une sonde cannelée, comme nous avons pu en obson'er nn exemple chez une fillette de douze ans. Parfois

MALAUIE:S des OnCANES aËNITO-UfilNAlRI^S

ausisi, il c\iiile iltts liritles ou cloisons transversales, plus ou moins coraplèles, qui peuvent mettre obstacle au roït et à l'accouchement. Quand ces brides siègent à la partie inférieure du va^in, eUes ont été décrites comme des hymens supplémentaires. Signalons enfin le cloisonnement du vagin dans le sens vertical, d'où l'existence lie deux cavités transversalement accolées et aboutissant cliHCune dans un col utérin. Ces faits sont faciles à comprendre

d'après rembryolopic, le vagin, comme l'utérus, se formant par l'accolement et la fusion des deux canaux île Millier. Parfois la cloison est incomplète; elle manque généralement, en ce cas, dans la partie supérieure. Ces vices de conformation déterminent l'accumulation de pus on de sang dans le vagin, hématocolpos et (lyocoîpos; ils peuvent mettre obstacle à l'accoucbement, et devenir même le point de départ de ruptures utérines; mais dans certains cas, les cloisons et les brides vaginales se rompent avec la plus grande facilité et n'apportent pas de gène réelle à l'accouchement.

Malformations de l'utkhus. — L'utérus, dans des cas exception-

nels, peut faire complètement défaut; mais, le plus souvent, il est réduit à un état rudimentaire. Ses rapports avec les ligaments ronds permettent de le reconnaître et de ne pas le confondre avec les trompes.

11 est facile de comprendre que le défaut de fusionnement complet des conduits de Mûller donne naissance à ces vices de conformation connus sous le nom d'utérus unicorne, ou utérus bicorne, dont on décrit plusieurs variétés, suivant que la bifurcation siège seulement vers le fond de Tutérus, qu'elle s'avance jusqu'au voisinage du col, ou qu'elle est complète.

Accidents de rétention consécutifs aux atrésies génitales. — Quel que soit le point sur lequel siège l'atrésie génitale, elle donne naissance à des symptômes identiques; aussi y a-t-il lieu de décrire, dans un paragraphe unique, les phénomènes de rétention qui en résultent. L'ovaire existant, et la fonction menstruelle s'établissant au moment de la puberté, le sang des règles est retenu en arrière de l'obstacle et y constitue une tumeur, dont l'évolution peut donner lieu aux complications les plus graves. Au moment de l'époque menstruelle, la malade présente tous les phénomènes du molimen hémorragique : U y a du ballonnement du ventre, des symptômes de péritonisme, quelquefois même de la péritonite vraie, et cependant le flux menstruel ne se montre pas au dehors. A chaque époque, il y a répétition des mêmes symptômes; peu à peu, il se forme une tumeur qui augmente graduellement de volume. L'examen local permet au chirurgien de se rendre compte de la malformation. Suivant le point occupé par cette dernière, le tableau symptomatique est différent.

S'agit-il d'une imperforation de l'hymen ou de la partie inférieure du vagin, le sang s'accumule dans cette dernière cavité, et forme une tumeur à laquelle on donne le nom A'hématocolpos. La tumeur refoule devant elle l'utérus qui la surmonte sous la forme d'une petite masse dure; elle repousse en bas l'hymen et la membrane fermant la cavité vaginale; elle comprime la vessie et le rectum. Par le toucher rectal combiné au palper abdominal, on se rend compte des limites de la tumeur et de sa consistance.

Si le vagin fait complètement défaut ou qu'il y ait atrésie du col, c'est alors dans la cavité utérine que s'accumule le liquide, donnant naissance à Yhématométrie. Qu'il y ait du reste seulement hématométrie, ou qu'il s'y joigne de l'hématocolpos, on voit souvent se produire en même temps un épanchement de sang, dans la

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MALADIES IIES OllGANKS (JENITO-UHINAIHES

caviLé des ti'uni|ie», uu héiiiato-.sal|iiiix, le sang exhalé à la surfarp lie 1& membrane tubaîre ne tnjuvant pas une issur au deluirs. L.-i ■listcnsion produite par le sanp peul être lelle qu'il y ait ruplurt'. suivie lie péritoiiile; ou bien, te sang refluant dans In cavité pérîtoiiéale, s'y arcumule, et donne naissance à une hématorèle pt>l- \ienne. Il convient donc d'apporter beaucoup de ilouceur dans l'exploration de ces tumeurs, de peur de provoquKr la rupture.

Il faut, â propos du diagnostic, songer aux cas de dédoublement total ou partiel itu canal génital, dans lesquels la tumeur, au lieu

d'être située sur la ligne médiane, occupe une des parties latérales, constituant l'Iiématocolpos latéral ou l'hématométrie latérale. Breisky a fait remarquer que, dans ce cas, la tumeur n'était pas parallèle â la portion du canal génital restée perméable, maïs décrivait autour d'elle un trajet spiroïde.

Déjà noua avons dil combien le pronostic est sérieux, vu la possibilité de rupture dans l'abdomen et de péritonite; souvent aussi la suppuration s'empare du foyer et détermine la mort par septicémie. Les cas même dans lesquels il y a évacuation spontanée ne peuvent être toujours regardés comme favoraides. Le plus souvent en effet il y a récidive, et souvent l'ouverture de la poche au dehors a pour conséquence ta suppuration et la septicémie. Ajoutons que, dans la chirurgie ancienne, le résultat des interventions n'était pas fait pour atténuer la gravité du pronostic. On craignait

VICKS DE CONFORMATION CHKZ LA FEMMIi

les larges oiiverUirps; on avait recours à des puncLiuns étroites, (|iii. pratiquées en dehors des prérautions antiseptiques, avaient justement pour conséquence d'amener rinfectîon de la poche, et toutes les suites graves qu'on se proposait d'éviter.

Aujourd'hui, au contraire, dès que le diagnostic e.st éluMi d'une

façon cfrlaine. Il faut ouvrir largement la [toche, évacuer son contenu, et pratiquer la désinfection soigneuse du foyer. La conduite à tenir variera d'ailleurs suivant le siège occupé par l'obstacle.

S'agit-il (l'une atrésie de l'hymen ou de l'extrémité inférieure du %'agin, on ])ratique avec le bistouri la ponction de la membrane obturante, et on laisse s'écouler lentement le sang accumulé derrière elle, sans chercher à activer l'écoulement par des pressions

intempestives, qui pourraient avoir pour conséquence la rupture des trompes. Une fois Técoulement terminé, on lave soigneusement la poche avec une solution antiseptique poussée avec douceur, dans la crainte de la voir pénétrer dans la cavité péritonéale, à la faveur d'une dilatation anormale de la trompe; on termine en tamponnant le vagin avec la gaze iodoformée.

Y a-t-il atrésie complète ou très étendue du vagin, la question qui se pose, c'est celle de la création d'un vagin artificiel pour permettre Tévacuation du sang. La proposition en a été faite pour la première fois par Amussat qui procédait par temps successifs, en décollant peu à peu les tissus avec les doigts. Dans les cas auxquels nous faisons allusion en ce moment, c'est-à-dire quand il y a hématométrie, la présence de la tumeur servira de guide; dès qu'on arrive dans son voisinsige, on en pratique la ponction; puis on élargit avec un petit bistouri l'orifice ainsi obtenu, et on s'efforce de le maintenir perméable par la dilatation avec des bougies.

Dans lés cas où l'oblitération siège sur le col lui-même, tantôt on en pratiquera la dilatation avec la laminaire, tantôt on sera obligé d'avoir recours à la ponction et au débridement avec le bistouri, comme dans le cas précédent. Lorsque le sang est retenu dans une corne utérine dilatée, ou bien lorsqu'il s'agit d'un hématosalpinx qui n'arrive pas à la guérison après l'évacuation de l'hématocolpos, ou de l'hématométrie, le mieux est de pratiquer la laparotomie suivie de l'ablation de la trompe ou de la corne utérine dilatée. De même encore, l'hystérectomie peut devenir indiquée dans certains cas où les caillots sanguins durs et fibrineux ne peuvent être évacués.

Comme exemple des accidents auxquels peut donner naissance l'atrésie génitale, nous citerons l'observation suivante rapportée par J. Muqdiy *.

M™* X..., quarante-deux ans, mariée depuis vingt-cinq ans, n'a jamais été réglée. Sa santé a été parfaite jusqu'à ces derniers mois, où elle a commencé à ressentir des douleurs dans la partie inférieure de l'abdomen. A la palpation, on sent une tumeur fluctuante, développée surtout du côté droit, et remontant à six centimètres au-dessous de l'ombilic. Par le toucher vaginal, on pénètre dans un cul-de-sac long de six centimètres ; on ne sent pas de tumeur, pas davantage par le toucher rectal. La laparotomie est pratiquée et

1. J. Murphy, Hymen iinperforé; Bn'L med, Journ.^ 12 janvier 1895, p. 65.

conduit sur une tumeur recouverte de péritoine; Tintroduction d*un trocart permet d'évacuer 280 grammes de sérosité brunâtre, puis on enlève beaucoup de caillots. L*utérus est décortiqué du ligament large, pédicule au fil d'argent et enlevé.

Il s'agissait, dit l'auteur, d'un hymen imperforé que les efforts conjugaux n'avaient pu rompre, mais avaient seulement refoulé en créant un cul-de-sac profond de six centimètres. Le col utérin offrait aussi une atrésie complète.

Quatre mois après, nouvelle admission pour une nouvelle distension du ventre; on pratique une seconde laparotomie, et l'on trouve encore beaucoup de sang; le moignon cervical est médian, et de chaque côté de lui existe un ovaire normal. Trois semaines après, la malade sort guérie de l'hôpital ; mais bientôt elle recommence à enfler et meurt, refusant toute nouvelle intervention. Pas d'autopsie.

Le seul cas d'atrésie vaginale que nous ayons rencontré est celui d'une jeune fille de onze ans et demi, non encore réglée, ne présentant par conséquent pas d'accidents de rétention ; mais, depuis l'àgo de cinq ans, elle avait une leucorrhée persistante, dont aucune injection antiseptique n'avait pu triompher. Il est à noter que, ni les canules, ni les sondes, n'ont pu pénétrer dans la cavité vaginale. La malade étant endormie, nous constatons de la rougeur de la vulve et l'absence de l'hymen. En entr'ouvrant la vulve, nous apercevons l'entrée du vagin occupée par une membrane fibreuse, assez épaisse, perforée à son centre d'un petit ori fice qui permet l'entrée d'une sonde cannelée à une certaine profondeur. Le dilatateur de Bigelow, insinué dans cet orifice, pénètre de 4 à 3 centimètres; la membrane se laisse aisément déchirer avec un écoulement sanguin modéré. Le doigt introduit dans la cavité vaginale constate ce qui suit : à droite, une muqueuse épaisse, présentant des plis à sa surface et offrant les caractères d'une muqueuse vaginale normale; à gauche, au contraire, on pénètre dans une cavité plus profonde, qui se laisse décoller indéfiniment, à paroi mince, lisse, ne rappelant pas les caractères de la muqueuse vaginale. En présence de cette constatation, on n'ose pousser plus loin la dilatation, de peur de produire des ruptures. Le doigt introduit dans le rectum ne constate qu'une très petite épaisseur de tissus entre les deux conduits. Le palper abdominal, combiné avec le toucher rectal, ne permet pas de reconnaître l'utérus; cependant, en insistant, on finit par découvrir, derrière la

symphyse, un petit cordon, arrondi qui semble bien être un utérus rudimentaire ; il est impossible de se prononcer sur Texistence ou Fabsence des ovaires.

Lavage de la cavité avec Teau boriquée tiède et pansement avec une mèche de gaze iodoformée.

Aucune particularité à signaler, sauf que, pendant les pansements, nous avons pu reconnaître l'existence d'un col utérin très petit au fond du vagin. La malade a quitté Thôpital, et depuis lors nous Tavons perdue de vue. C'est là un exemple intéressant d'atrésie vaginale, coïncidant avec des malformations des organes génitaux internes.

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