DES OS DU BASSIN
toutes les autres : il existe des faits bien avérés de luxation des os du bassin par l’action de causes externes. L’os sacrum peut être poussé en avant dans l’intérieur du bassin ; l’os des hanches peut être déplacé en devant et en baïut 5 les os pubis peuvent être totalement désarticulés , et devenir mobiles.
Ces luxations sont toujours incomplètes , à raison de la grande étendue des surfaces articulaires , et ne peuvent avoir lieu sans la rupture de tous les moyens d’union.
Il faut une force énorme pour produire un semblable désordre , et rompre a.insi presque tous les ligarnens, au moins de deux de ces articulations. Aussi cette sorte d’accident n’at-elle été produite que par des efforts presque incalculables , comme des chutes d’une grande élévation , la chute d’un corps trèslourd qui agit par une surface peu étendue , sur la région du sacrum , le corps étant incliné en avant, et les quatre extrémités étant fixées, etc. C’est aussi pour cette raison que le déplacement n’est le plus souvent que la moindre partie du désordre produit par des causes aussi violentes , et qu’il est accompagné ordinairement de commotion de la moelle épinière, d’épanchement sanguin dans le tissu cellulaire du bassin, ou dans la cavité du péritoine , etc. Il y a cependant des exemples de luxation simple , et ces faits sont si extraordinai^^es , que l’on aurait de la peine à y croire , s’ils n’avaient été observés par des hommes dont la bonne-foi et l’exactitude Sont bieri reconnues. On a cité des exemples de luxation des os du bassin, ou plutôt de rupture de quelques-uns des ligarnens d«^
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leurs articulations , produite par de, violens inouveuiens, comme ceux de l’escrime : mais nous ne pouvons nous persuader que , sans maladie anterieure , les ligamens dont il s’agit puissent céder à l’action de semblables causes.
Le premier efFct qui résulte de la luxation des os du bassin , est l’impossibilité de se soutenir et de marcher , même de mouvoir les extrémités inférieures , sur - tout celle du côté affecté , le malade étant couché horizontalement. Il survient à l’aine, à la région du pubis et yis-à-vis Tarticiilation ilio-sacrée, une douleur dont l’intensité est augmentée par les mouvemens. L’un des os pubis est placé au-dessus ou au-dessous du niveau de celui du côté opposé, ou fait une plus grande saillie à l’extérieur. On peut déterminer des mouvemens manifestes, et plus ou moins étendus, dans ce dernier os , et dans la totalité de l’os innominé, soit en soulevant foute l’extrémité, soit en agissant immédiatement sur l’os ilion , et sur- tout en portant la jambe et la cuisse dans la flexion.’ Les déplacement que l’on obtient ne consistent pas dans une légère vacillation , et n’ont pas lieu à l’occasion de chaque mouvement imprimé à l’une des extrémités inférieures j mais ils sont ordinairement fort étendus et rares. Si la luxation a lieu dans les articulations du sacrum seulement , et que cet os , dans son déplacement , ait été porté vers la partie antérieure , il est possible que l’épaisseur des parties molles empêche d en juger.
Outre les complications qui peuvent accompagner la luxation , et dépendre immédiatement de la violence extérieure qui l’a produite,
DES OS DU bassin.
elle est suivie constamment d\uie iniiammation dont les suites peuvent devenir fort graves , tant à cause de détendue des surfaces articulaires affectées , que parce que rinfiammation peut s’étendre au péritoine, et aux viscères du bassin et du bas-ventre. Le concours d’accidens aussi graves n’est pas absolument nécessaire pour cjue le cas devienne funeste j il suffit pour cela que la suppuration s’établisse entre les surfaces articulaires , ou dans le tissu cellulaire du bassin.
Le cas le plus intéressant que l’on connaisse de luxation de l’os des hanches , exempte de ces suites formidables , a été observé par' Enaux , Hoiii et notre collègue M. le professeur Cliaussier, et inséré dans le Recueil des Mémoires de l’Académie des Sciences de Dijon. L’os innominé gauche avait été déplacé et porté vers la partie supérieure. L’état inflammatoire ne permit point de faire la réduction. Après* quelijues jours employés à des applications relâchantes , et-ù un régime anti-phlogislique , on tenta le replacement de l’os, qui fut contrarié par le retour des douleurs , et qui renouvella les symptômes inflammatoires. On fit une nouvelle tentative quelques jours plus tard, qui eut le même résultat, et l’on y renonça entièrement. Enfin > après un repos prolongé , mais moins qu’on ne l’aurait désiré , le malade quitta son lit ; et ayant commencé à marcher avec le secours de béquilles , le poids du membre opéra une partie de la réduction qu’on avait tentée inutilement auparavant.- La guérison se confirma , et le malade put reprendre l’exercice de sa profession de couvreur. Ce fait prouve ; jusqu’à l’évidence , que dan?
les cas de cette nature , le plus important ne serait pas de chercher à 0]3erer la réduction , mais bien de combattre par tous les moyens possibles rinflammatioii et ses suites. Trop heureux d’obtenir la guérison , au prix de quelque difformité que ce puisse être.
Nous ne pouvons terminer cet article sans dire deux mots du coccyx , et des déplacemens auxquels on l’a cru sujet.
La base de cet os est unie au sommet du sacrum par une substance übro-cartilaglneuse y qui ne diil’ère de celle qui unit les corps des vertèbres entr’eux , que parce qu’elle est plus mince , et (jue sa partie moyenne est un peu plus dense. Cette union est fortifiée en devant par le périoste qui passe de l’un à l’autre de ces os , et en arrière par un ligament fibreux très - for t , appelé sacro - coccygien . Les différentes pièces dont le coccyx est composé , sont unies entr’elles par des couches filjro-cartilaglnenses semblables , et leur union est fortifiée aussi en devant par le périoste, et en arrière par l’expansion du ligament sacro-coccyglen. L’élasticité de ces divers moyens, d’union permet au coccyx de se mouvoir sur le sacrum en avant et en arrière, et aux pièces qui le composent , de se mouvoir les unes sur les autres de la ineme manière. Mais il est à observer que ces inouvemens.qui sont très-bornés , sur- tout chez les adultes, ne dépéndent presque point de l’action musculaire , et qu’ils ne peuvent guère être déterminés que par des impulsions extérieures. Le coccyx peut donc , en obéissant à ces impulsions ,. éprouver un déplacement momentané j mais l’on sent, sans qu’il soit besoin que nous le disions ^ que ce