DE LA CLAVICULE
tîon de la clavicule y le bras conserve sa direction naturelle , et l’on ne ti oiive point la tête de riiurnérus dans le creux de l’aisselle.
Paré, en parlant de la luxation de l’extrémité humérale de la clavicule , s’exprime ainsi : c< Or, véritablement cette luxation est difficile à counaistre , et encore plus à être curée.... Et où l’os ne sera réduit, le malade demeurera impotent , et ne pourra jamais porter la main à la tête ny à la bouche (i). » Un pronostic aussi sévère de la part d^un observateur tel que Paré, doit paraître d’autant plus étonnant, qu’il est désavoué par l’expérience. Il est prouvé en efïét, par un grand nombre d’observations , que les malades ne restent point estropiés , quoique les os demeurent dans l’état d’écartement où l’accident les a mis. La douleur se dissipe en peu de temps j la nature consolide les ligamens qui ont été déchirés j et par la suite , le membre peut exécuter tous ses mouvemens sans gêne ni douleur.
La réduction de cette luxation est facile et s’opère sans efïort : il suffit pour cela de retirer
(l) Il ne sera pas sans intérêt d’opposer un passage d’Hippocrate, sur le pronostic de cette luxation, à celui de Paré , sur le même sujet : a Deorsùm tarnen coy> gere os supereminens oportet , et splénia super hoc >5 ponere pliirima , et hâc parte premere : et brachium ad ji costas adalligatum ad supernarn partent tenere. Sic « enim os avulsuni maximè appropinquârit. Hœc tanien » probè nasse expedit ^ etvelut certa prœdiccre ^ si alio- 33 qui voles , quod niilltim detrimentiim , neque parvum , n nequa magnum y liumero contingit ex hoc vulnere. Sed
» locus turpior evadit Paucis autern diehus surnmus
>5 humérus doloris exors Jit y si probè deligetur. » llip. , lib. de articulisy ex vers, Yauderlinden , t. H , p. 771.
l’épaiile en dehors et de la relever , en agissant convenablement sur le bras , et de presser sur l’extréznité humérale de la clavicule , pour l’adapter à la partie interne et supérieure. de l’acromion. IVEais s’il est facile de réduire cette luxation, il est très-diflicile , ou pour mieux dire, presque impossible de la maintenir exactement réduite. Nous avons vu précédemment combien il est difficile de tenir l’épaule relevée, et de fixer le bras d’une manière solide et invariable : ici la difficulté est la même, et les conséquences en sont d’autant plus marquées, c|.ue la très-petite étendue des surfaces articulaires , leur obliquité et le déchirement des ligamens, ne permettent pas les plus légers mouvemens de l’épaule, sans que les os se déplacent de nouveau.
Les moyens propres à maintenir cette luxation réduite , doivent agir de la même manière que la puissance qui en a opéré la réduction } c’est-à-dire, qu’ils doivent abaisser l’extrémité humérale de la clavicule , élever l’omoplate, la porter en dehors, et tenir le bras fixé contre le, tronc . Le bandage de Desault , pour la fracture de la clavicule , modifié de manière qu’après avoir placé des compresses longuettes et épaisses sur l’extrémité humérale de la clavicule , on conduit les jets- de bandes qui passent sous le coude, alternativement sur l’épaule malade et sur celle du côté opposé, est de tous les appareils connus le plus propre à remplir les indications que cette Inxatioii présente. Cependant ce bandage, ainsi que tous ceux qui sont faits avec des bandes de toile , a l’inconvénient de se relâcher très-promptement j dèslors l’épaule et le bras n’étant plus assez bien
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soutenus , l’omoplate descend , et les surfaces articulaires perdent leurs rapports naturels. Aussi est-il douteux qu’on soit jamais parvenu , par aucun moyen , à guérir cette luxation , sans düformité, malgré les soins les plus assidus. On pourrait obvier, du moins en partie , aux inconvéniens des bandages faits avec de la toile, par le moyen suivant. Après avoir placé sous l’aisselle un coussin de crin, ou de balle d’avoine, on employerait une fronde de cuir, dont le plein embrasserait le coude , et dont deux chefs seraient arrêtés sur l’épaule malade et les deux autres sur l’épaule saine. Des boucles qui seraient placées un peu en devant, serviraient à fixer le bandage , et donneraient la facilité de le resserrer au besoin , sans le déplacer et sans agiter le membre. Un bandage de corps , assujetti avec son scapulaire , en recouvrant la première pièce de cet appareil^ rapprocherait tn même temps le bras du tronc, et porterait l’épaule en dehors. Ce baiidage devrait ' êtie laissé en place pendant six semaines , et même plus si cela paraissait nécessaire.
Au i^ste , il est bon de rappeler que , quel que soit le bandage qu’on ern])loie pour contenir cette luxation , et quelque soin (ju’on ait de le resserrer lorsqu’il se relâche , il reste toujours une difformité plus ou moins grande , mais qui ne nuit point aifx fonctions de la partie.
DES LUXATIOTTS