CHAPITRE] X
Des Luxations des os de V avant-hras entre
eux.
On a long-temps ignoré que les articulations des os de l’avant-bras entre eux, fussent susceptibles de céder à l’action des violences extérieures , et de permettre ainsi des déplacemens remarquables dans leurs points de contact. On trouve dans A, Paré , dans Guille- , meau et dans d’autres auteurs moins anciens, quelques traces obscures des luxations dont il s’agit; mais on ne trouve rien d’exact et de précis, à cet égard. Jusqu’à Duverney, qui a décrit avec la «clarté qui annonce un observateur attentif, quelques cas de luxation du radius. Peut - être faut- il rapporter à quelques notions confuses de ces mêmes maladies , ce que l’on a écrit sur la diastase.
L’observation a prouvé d’une manière incontestable , que l’extrémité supérieure du radius peut abandonner la petite cavité sigmoïde du cubitus, avec laquelle elle est articulée, et fjue l’éminence arrondie en forme de tête, qui termine inférieurement le cubitus , peut également s’échapper de la cavité sigmoïde du radius, dans laquelle elle est reçue. Nous traiterons de ces deux espèces de luxations dans autant d’articles séparés; mais avant d’entrer en matière , nous fixerons l’attention sur quelques circonstances communes à l’une et à l’autre articulations , et relatives aux déplace-
IU911S que les pièces qui les composent peuvent éprouver. . . ^
La direction particulière des os de l’avantbras , la disposition dès surfaces par lesquelles ces os s’articulent entre eux, celle des ligamens qui les assujettissent , et des muscles qui les environnent , sont autant de circonstances propres à favoriser les mouvemens de pronation et de supination , et sur- tout à augmenter l’étendue du premier. En eflét , la courbure que le radius et le cubitus présentent dans leur longueur y et par le moyen de laquelle les deux -extrémités de ces os se touchent, pendant que, dans le reste de leur longueur , ils sont écartés Tuii de l’autre , est toute en faveur de la pronation , et n’ajoute rien à la supination j elle sert même à mettre le ligament inter-osseux tlans un état de tension considérable qui borne ce dernier mouvement, dès qu’il a atteint les limites au-delà desquelles il serait dangereux qu’il fût porté : la dépression que présente le sommet de l’extrémité supérieure du radius, et à laquelle correspond la petite tête de l’humérus ; l’espèce d’étranglement ou de collet pratiqué au-dessus de la tubérosité bicipitale ; la petite cavité sigmoïde du cubitus, dans laquelle roule une partie du rebord circulaire qui a reçu le nom de tête du radius ; l’anneau ligamenteux qui embrasse le reste du contour de ce même rebord , et qui est puissamment fortifié par le ligament latéral externe de l’articulation du coude ; ces dispositions , dis-je , permettent à la partie supérieure du radius de tourner sur son axe , sans interdire à cet os un léger mouvement d’inclinaison latérale , et sans nuire aux mouvemens de flexion et d’ex-