ES OS DE LA MAÎK
hi dissiper rengorgement , et dont nous avons parlé en traitant de Pentorse.
Lorsque la luxation du poignet est compliquée d’un engorgement inflammatoire très-considérable , on doit se hâter de le combattre parles moyens les plus énergiques , afin de prévenir la suppuration qui pourrait en être le résultat. S’il se forme des abcès malgré l’emploi de ces moyens , on doit les ouvrir aussitôt que la fluctuation est manifeste. Toutefois il faut prendre garde de s’en laisser imposer par les apparences de la fluctuation j car il n’y aurait pas moins d’inconvéniens à pratiquer des incisions f lorsqu’il n’y a point de collection purulente , qu’à attendre pour faire ces incisions que la suppuration eût causé un désordre considérable. Mais (|uand les choses en sont venues là , il est fort à craindre , si la luxation n’a pas été réduite, qu’elle soit irréductible ; et dans ce cas , comme dans celui oii les os ont été remis dans leur situation naturelle , il y a tout à craindre qu’il se forme une ankylosé , et que les inouvemens de la main soient perdus pour jamais. Il peut même sc faire que l’altération des surfaces articulaires , l’abondance de la suppuration , et la fièvre lente qui en est la conséquence , forcent à recourir à l’amputation de l’avant-bras.
Dans le cas où le radius aurait rompu les tégumcns , et se serait fait jour au dehors , les ligainens énormément déchirés ne pourraient opposer aucune résistance à la rétrocession de l’os : la peau seule dont l’ouverture est rétrécie par le gonflement inflammatoire , pourrait arrêter ce mouvement rétrograde j et, dans ce cas , elle ne devrait pas être épargnée. 0«
inciserait donc les téguinens autant qu’il paraîtrait nécessaire pour obtenir la réduction. Mais dans cette circonstance , il faudrait s'attendre à des accidens très-graves , à une suppuration abondante , et tout au moins à l’ankylose. Cependant , dans le cas de cette nature rapporté par M. Tlioinassin ; le malade guérit sans accidens , et sans rien perdre de la mobilité de la main j mais ce cas ne peut être considéré que comme uiiu exception heureuse à la règle générale.
Article II.
Des Ijuxations des Os du Carpe entdcuæ.
Les os du carpe sont unis ensemble d’uue manière si serrée et si solide, et les mouvemens de ces os les uns sur les autres sont si bornés, que leur déplacement paraît alvsolument impossible. Cependant la tête du grand os peut sortir de la cavité formée par le scaphoïde et le semi-lunaire dans laquelle elle est reçue. Les os de la seconde rangée du carpe sont articulés avec ceux de la seconde, de manière à pouvoir exécuter de légers mouvemens de flexion et d’extension, qui contribuent aux changemens de forme dont le carpe est susceptible, et oui augmentent un peu les mouvemens de flexion et d’extension de la main sur l’avantbras. Or, dans le ])reniier de ces mouvemens, la tête du grand os qui est fort inclinée en arrière , soulève la capsule mince qui environne son articulation , et si ce mouvement est porté très-loin , elle rompt cette capsule et les fibres accessoires qui la fortifient , et s’échappe de la
DES OS DE LA MAIN. ü65
cavité dans laquelle elle est placée : mais elle n’abandonne jamais entièrement cette cavité; seulement elle dépasse plus ou moins le niveau de la partie postérieure des autres os du carpe. Je tiens de Cliopart , qu’il avait vu ûne lois cette lu^cation sur un boucher. Je hai rencontrée plusieurs lois, et j’ai observé qu’elle est plus commune chez la lemme que chez l’honiJ me; sans doute parce que , dans la femme , les ligamens sont en général moins forts et moins serrés, et que chez elle les os du carpe jouissent d’une plus grande mobilité que chez l’homme. Cette luxation est toujours felïét d’une llexion forcée de la main , soit dans une chute sur le dos de cette partie , soit en saisissant un corps quelconque avec violence , et en lléchissantr fortement le poignet.
On connaît la luxation du grand os aux circonstances commémoratives , et à une tumeur dure , circonscrite dans l’endroit du dos de la main qui correspond à la tête de cet os. Cette tumeur augmente dans la flexion de la main et diminue dans l’extension ; on peut même la faire disparaître entièrement alors par une compression légère. Cette luxation ne cause presque aucune incommodité ; mais la tête du grand os reste toujours plus saillante quand la main est fléchie , et forme un tumeur plus ou moins marquée suivant l’étendue du déplacement. Cette tumeur est à peine sensible dans les femmes qui ont la main potelée.
On réduit facilement cette luxation en étendant la main, et en exerçant une légère pression sur la tête du grand os. Mais s’il est facile de faire rentrer cette tête dans la cavité formée par le scaphoïde et le senii lunaire , il est très-
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difficile de Py maintenir. Pour cela il faudrait tenir la main dans l’extension , et comprimer la tete du grand os avec un appareil convenable pendant tout le temps nécessaire pour la consolidation des ligainens déchirés. Mais on trouve très-peu de malades qui attachent assez d’importance à cette luxation , pour se soumettre à un traitement aussi long et aussi gênant. D’ailleurs , il arrive quelquefois que les personnes qui ont éprouvé cet accident , ne s’en aperçoivent et ne réclament les secours de l’art que lorsqu’il s’est déjà écoulé un espace de temps assez long pour rendre le traitement inutile. On se contente donc, en général, de combattre la douleur qui accompagne cette luxation dans les premiers temps , par les cataplasmes émolliens et anodins, et l’on emploie ensuite les résolutifs.
Aaticlb III.
JDes Luxations des Os du Métacarpe,
Les articulations des quatre derniers os du métacarpe entre eux et avec ceux du carpe , sur-tout celles du second et du troisième sont si serrées, et ces os sont si peu mobiles, (ju’ils ne peuvent éprouver aucun déplacement. Les causes qui tendraient à luxer ces os , si elles ne les fracturent point, peuvent produire dans leurs ligamens une distension considérable , et même un déchirement partiel , d’où suit un gonflement douloureux qui rend les rnouvemensde la main et des doigts difficiles pendant quelque temps. On combat cet accident d’abord pai* les émolliens , et ensuite par les résolutifs. Lé