‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource] (volume 2)Chapitre 32 sur 53 · DÉS OS DE LA MAÏÎ · texte numérisé non relu

DÉS OS DE LA MAÏÎ

premier os du. métacarpe , articulé seulement avec le trapèze , et susceptible d’exécuter des inonvemens de flexion , d’extension , d’abduction et d’adduction , peut éprouver des déplaceinens ; ma'S comme les efforts capables de les produire doivent nécessairement agir sur cet os , et (jue ceux qui s’exercent sur le pouco produisent plutôt la luxation de sa j^remière phalange y que celle du premier os du métacarpe , il en résulte que les luxations de cet os sont extrêmement rares.

Mobile dans c[uatre sens différens , qui sont la flexion, l’extension , l’abduction et l’adduction , le premier os du métacarpe semblerait pouvoir se luxer en arrière , en devant , eii dedans et en dehors. Mais de ces quatre espèces de luxations , la première est , sinon la seule possible , au moins la seule qui ait été observée. La luxation en devant ne pourrait avoir lieu que dans un renversement extrême de l’os en arrière j mouvement qui a rarement lieu , et auquel s’opposent les muscles court fléchisseur et opposant du pouce , couchés sur la partie antérieure de l’ai ticulalion qu’ils affennissent singulièrement. La luxation en dedans ne pourrait arriver que dans un mouvement extrême d’abduction du premier os du métacarpe , et ce mouvement est empêché pat les muscles (j ni remplisseilt l’intervalle compris entre cet os et le second , et par la résistance que le côté externe de ce tlemier opposerait à l’extrémité supérieure du premier , si elle tendait à abandonner la surface articulaire dU trapèze. Enfin , la luxation en dehors exigerait «n mouvement d’adduction dont le premier os du métacarpe n’est pas susceptible , étant bieiir

tôt arrêté dans ce mouvement par la rencontre du second os de la meme partie.

La luxation du premier os du métacarpe en arrière , ne peut être jjroduite que par une force extérieure qui agit sur la partie postérieure de cet os , et le porte subitement et avec violence du côté de la flexion ; et c’est ordinairement dans une chute sur le bord externe de la main , que cette luxation a lieu. Dans cette circonsrtance , l’extrémité supérieure de l’os portée en arrière avec force , déchire le ligament capsulaire , soulève les tendons des muscles extenseurs du pouce , et passe derrière le trapèze;

On connaît cette luxation à la tumeur formée par l’extrémité supérieure de l’os déplacé , à la flexion du pouce et du premier os du métacarpe , à l’impossibilité d^étendre ce doigt , et à la douleur que le malade éprouve lorsqu’on veut faire exécuter ce mouvement. Le gonflement considérable qui accompagne bientôt cette luxation , empêche quelquefois de la connaître; et si l’on se contente alors de combattre ce gonflement par les applications émollientes , la luxation devient irréductible ; ou si l’on parvient à la réduire , comme le ligament capsulaire s’est consolidé dans l’état de déplacement où l’os se trouve , celui-ci se déplace de nouveau avec une facilité singulière ^ et les mouveinens du pouce sont gênés pour toujours.

Pour réduire cette luxation , pendant qu’un aide tire sur le pouce, et qu’un autre retient la main en agissant sur la partie inférieure de l’avant-bras , le chirurgien agit avec scs pouces sur l’extrémité supérieure de l’os déplacé , et la fait rentrer dans sa cavité naturelle , en la poussant en devant et en bas. Quand la luxation

est réduite , ce que l’on connaît à la bonne conformation de la partie, et à un bruit sourd qui se fait entendre au moment où les rapports naturels des os se rétablissent , on entoure le poignet avec des compresses trempées dans une liqueur résolutive, et on les assujettit avec une bande roulée y ensuite on place le long de la partie postérieure de l’os une compresse longuette, et par-dessus une petite attelle de bois que l’on fixe avec le reste de la bande roulée : cette attelle est nécessaire pour contre-balancer la tendance de l’os à se déplacer de nouveau. Lorsque la luxation est accompagnée de gonflement inflammatoire , on emploie les cataplasmes émolliens j et aussitôt que cet accident est dissij)é , on a recours aux résolutifs et à rappareil contentif dont nous venons de parler. Quand la luxation a été méconnue , et qu’elle ii’a pas été réduite dans le principe, on peut par la suite en opérer facilement la réduction^ mais aussitôt que les efforts réduclifs cessent , l’os se déplace de nouveau. Nous pourrions rapporter plusieurs observations confirmât wes de ce que nous venons de dire sur la luxation du premier os du métacarpe 5 mais nous nous bornerons à la suivante pour ne pas grossir inutilement cet article. Madame de la P,... se luxa le premier os du métacarpe gauche en arrière , en tombant sur le bord externe de la main. La luxation fut méconnue par le chirurgien du village où madame de la P.... se trouvoit alors. On se contenta de combattre le gonflement et la douleur par les cataplasmes émolliens, et l’on eut recours ensuite aux résolutifs. Ces accidens se dissipèrent, mais il rest£^ de la difformité au côté externe du carpe , et

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les mouvemens du pouce étaient très -gênés, sur-tout celui d’extension. Deux mois après cet accident , madame de la P... étant à Rennes , consulta son chirurgien ordinaire qui connut - la luxation , la réduisit avec facili'é , et conseilla l’usage d’une attelle et d’un bandage roulé pour la contenir ; mais ces moyens furent négligés. Ce ne fut que plus de six mois après que je vis madame de la P... ; voici quel était alors l’état des choses : l’extréiititésupérie ire du premier os du métacarpe formait en arrière une saillie très-remarquable ; cet os et le pouce étaient inclinés vers la papmt de la main j en pressant avec le pouce sur la saillie £>rmée par l’extrémité supérieure de l’os , on faisait rentrer cette extrémité dans sa ])lace naturelle , et la saillie disparaissait; tant que l’on continuait la pression , l’os restait ,en place , et le pouce pouvait se fléchir et s’étendre aussi librement que dans l’état naturel ; mais aussitôt que l’on discontinuait la pression , l’os se dép açait de nouveau , et les mouvemens du pouce redevenaient presqu’iuipossibles, Jfi proposai à madame de la P d’employer un moyen

méc^mique propre à comprimer Pextrémito supérieure de l’os , et à la maintenir dans sa |)lace naturelle ; mais comme elle était peu incommodée par cette maladie , et que d’ailleurs je ne lui dissimulai pas que , pour retirer de ce moyen, tout l’avantage qu’on pouvait en attendre , il faudrait en continuer l’usage pendant très-jk)ng-sein])s , elle préféra rester dans l’état où elle était. J’ai vu depuis cette dame, et j’ai remarqué qu’il ne s'était fait aucun çluingeinent dans cet état,

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