‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 53 · EN G É N £ A' A L · texte numérisé non relu

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à moins d’une disposition contre natur(^ de cette dernière ; et i’cicroinioii et la clavicule s’opposant absolument à la luxation en haut.

11 est important de reinan juer , pour ce qui concerne les luxations des os dont l’articulation est orbiculaire , que l’os luxé ne garde pas toujours la situation qu’il a prise dans le moment de l’accident, mais qu’il subit quelquefois des déplacemens ultérieurs qui multiplient les espèces de luxations pour un même os , ou plutôt qui opèrent la conversion d’une espèce en une autre : ainsi , l’humérus échappé par la partie inférieure de la cavité gh noïde de l’omoplate , peut se porter ensuite en dedans vers la fosse sous-scapulaire ; ou bien , luxé d’abord en dedans il peut se porter successivement en devant et en haut, et se loger sous les muscles pectoraux; espèce de luxation qui n’a jamais lieu prirniiiyement et d’une manière immédiate. Pour distinguer cette espèce de déplacement d’avec ceux qui ont lieu directement , nous désignerons les derniers sous le nom de luxations primitives , et les premiers , sous celui de luxations consécutives.

Pour indiquer le sens dans lequel une luxation s’est faite , on a emprunté les noms des plans vers lesquels l’os luxé s’est porté. Ainsi on les appelle antérieure , postérieure , etc, , selon que l’os s’est porté vers l(\s plans anterieur , postérieur , etc. ; ou bien on leiir a donné des noms composés , lorstpie l’os luxé s’est éloigné de son siège naturel, en tenant une direction oblique , comme il arrive à la cuisse , dont on désigne les luxations |)ar les noms d’antérieure-supérieure , d’antérieure-iri-

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férieure, etc. Nous ferons observer , pour Tintelligence des descriptions , que nous prendrons

Ï)our Tos luxé , dans les articulations orbicuaires, celui qui porte une surface articulaire en forme de tête , excepté les premières phalanges des doigts et des orteils ; dans les articulations ginglymoïdes , celui qui est le plus éloigné du tronc ; et dans les articulations arthrodiales ^ celui dont le déplacement rompt la continuité des lignes qui dessinent les contours naturels.

3.0 On a distingué les luxations en complètes et en incomplètes. On entend par luxation complète , celle où tout contact est détruit entre les surfaces articulaires j et par luxation incomplète , celle où les rapports subsistent encore, mais n’ont plus lieu dans l’ordre naturel. Dans toutes les articulations orbiculaires , la cavité qui en fait partie se termine par un Lord aigu , incapable de soutenir un instant la surface sphérique qu’elle loge dans l’état naturel ; ensorte que si l’effort qui tend à pousser l’un des os hors de l’articulation , ne va pas jusqu’à lui faire franchir ce rebord , la luxation n’a pas lieu , et la tête retombe dans le fond de la cavité. Si au contraire , l’effort est suffisant pour amener le plus grand diamètre de la surface sphérique au-delà du rebord de la cavité qui la loge , la luxation s’accomplit , et tout rapport cesse entre les surfaces articulaires qui , comme nous l’avons vu , peuvent être séparées par une distance plus ou moins considérable. Mais dans les articulations ginglymoïdes , les surfaces sont si étendues , qu’il est bien rare que la violence qui opère le déplacement soit portée au point

de détruire toute espèce de rapports entre les surfaces articulaires. Cette observation est d’autant plus vraie , qu’elle s’applique aux articulations de ce genre dont les surfaces sont étendues , ou à des luxations qui ont lieu dans le sens opposé à celui des mouvemens alternatifs des articulations ginglymoïdes : ainsi , il est extrêmement jare que le genou soit luxé au point que les surfaces cessent entièrement de se correspondre ; il est très-rare aussi que , dans les luxations du coude en dedans ou en. dehors, les rapports soient totalement détruits entre les surfaces articulaires. Ces surfaces étant formées d’une série alternative d’éminences et de cavités qui se correspondent de part et d’autre , un déplacement médiocre peut établir des rapports contre nature , que la disposition des parties maintient. Mais si l’effort est suffisant pour pousser ces surfaces articulaires au-delà de leur étendue respective , le déplacement est beaucoup plus considérable , et le contact cesse entièrement. Il peut donc y avoir dans ces articulations , des déplacemens plus ou moins étendus , et par conséquent des luxations incomplètes et des luxations complètes. Il en est de même des articulations arthrodiales j les déplacemens des os qui les forment ne sont presque jamais qu’incomplets. On voit d’après cette acception des mots luxation complète , luxation incomplète , qu’ils ne conviennent point à celles de la mâchoire inférieure^ qui intéressent une seuls de ses articulations , ou les deux ensemble.

4.° Il y a de grandes différences entre les luxations récentes et celles qui existent depuis quelque temps j dans le premier cas , quoique

les parties molles aient dû soufjfrlr nn certain dé ordre par le déplacement des parties dures, l’irritation (jui doit en resnlter n’a j>as subsisté assez long-temps pour déterminer l’infLuiimation des ligamens et du tissu cellulaire , et la contraction Sj)a'.moili(|ue des muscles. Au bout de (juehjiies jours , une tension inflammatoire environne et occupe toute l’ardculation , et toute tentative de replacement ne peut (ju’étre inutile et aggraver les actàdens. Peu-à-peu les parties s’accoutument à l’etat contre nature dans lequel elles ont été mises , rinflammation se termine par résolution , et l’irritation se dissipe; mais il se passe en même temps d’autres (diangemens qui rendent la réduction de j)liis en iplus difficile , et tjue nous exposerons plus bas.

11 ne peut y avoir de luxation sans un désonlre quelconque dans les parties molles qui environnent l’articulation affectée ; mais ces lésions concomitantes , qui peuvent intéresser pareillement les parties dures, sont plus ou moins etendues , et (|uand elles le sont au point tle fournir des indications particulières , elles constituent des comfdications : delà la distinction des luxatiojis en simples et en coinpli([uées.

Les luxations p^uvopt être coinplu|uées de contusion , d^inflannnation , de contraction spasnio^lique des muscles , de déchirure de ces mêmes organes et de la jreau , de compression ou de rupture des vaisseaux ou des nerfs principaux du membre , et de fracture.

En abandonnant sa position naturelle , l’os qui subit un tléplacement doit nécessairement agir sur les ligamens et sur les autres parties

molles qui enrourentl’ai ticulation, de manière à distendre les unes , déchirer ou froisser violemment les autres: toutes lésions dont le mécanisme se rapporte à celui de la contusion. Delà des ecchymoses , des épancheineiis san-, guins , .etc. Quelquefois aussi la cause qui a opéré le déplacement a agi tout près du siège, de la luxation , comme il arrive pour celles des os courts , et dans ce cas elle a produit immédiatement une partie des désordres qui accompagnent les luxations. Quand la contusion est médiocre, et telle qu’elle est ordinairement dans les luxations des articulations orbiculaires, elle n’ajoute pas beaucoup à la gravité de la maladie j mais quand elle est considérable y, comme dans les luxations complètes des articulations ginglymoïdes , elle s’oppose à l’accomplissement des indications propres au déplacement , et nécessite d’abord des soins particuliers.

L’inflammation ne survient jamais immédiatement à la suite d’une luxation : c’est toujours en conséquence de la contusion , des ecchymoses et des épanchemens sanguins , et quelques jours après l’accident , qu’elle se déclare. Il y a même dans le premier moment, sur-tout si la cause luxante a été très-violente , un état de stupeur qui rend la sensibilité de l’articula-: ' tion et de ses environs , beaucoup moindre qu’elle ne le serait d'abord sans cela. Ce n^est que de cette manière que l’on peut concevoir pourquoi il n’y a pas des accidens plus graves que ceux qui ont lieu le plus souvent à la suite de certaines luxations avec déplacement très-étendu des surfaces articulaires , et où le désordre des parties molles a dû être énorme

les parties ont été violemment distendues avant de se rompre , et l‘*on sait que le propre des instrumens contondans , qui agissent de la sorte y c’est d’engourdir la sensibilité des parties soumises à leur action.

Mais plus ces efïéts primitifs ont été marqués , plus ordinairement rinflammation consécutive est à craindre. Lorsqu’elle est survenue, lorsque le contour de l’articulation est gonflé, tendu, douloureux au toucher, toute violence tendant à rétablir les rapj>orts naturels entre les surfaces articulaires , ne peut qu’être infructueuse , et peut même devenir funeste , en ajoutant à l’irritation qui existe déjà.

Chez les sujets forts et vigoureux , où les muscles ont acquis un ^rand développement , chez ceux qui joignent a cette constitution un caractère timide et qui craignent les souffrances , lorsque l’inflammation s’est déjà développée , ou même lorsqu’elle est imminente , tout Je système musculaire, et sur- tout les muscles qui entourent l’articulation luxée , peuvent entrer dans un état de contraction capable de contrarier plus ou moins tous les efforts de réduction , et même de les rendre totalement inutiles. Il est même des cas de cette nature , où la contraction musculaire s’accroît en raison des efforts exercés dans l’intention d’alongerces organes j cela arrive particulièrement quand l’inflammation est imminente ou déjà développée. Alors les tentatives de réduction n’auraient pas seulement l’inconvénient d’être sans succès, mais encore elles seraient accompagnées du plus grand danger : elles peuvent , sur-tout s’il s’agit d’u ne grande articu-

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lation , comme le genou , par exemple , amener la rupture des muscles distendus , une inflammation terrible , la gangrène , les convulsions , le tétanos et la mort. Mais la contraction spasmodique des muscles qui dépend de la crainte seulement, est beaucoup moins redoutable , et peut être combattue immédiatement de manière à ne pas opposer de grandes difficultés au traitement propre à la luxation.

Il n’est pas rare que dans l’effort qui produit une luxation , quelques - uns des muscles qui environnent l’articulation soient rompus j il est même probable , comme nous le verrons dans la suite , que l’on ne connaît pas toutes les lésions de ce genre qui ont lieu dans certaines luxations ; il en est où il est impossible que la rupture d’un plus ou moins grand nombre de ces organes n’ait pas lieu. On ne voit pas cependant que cette circonstance ajoute beaucoup à la gravité de la maladie , et il est probable que , dans ces cas , les désordres dont il s’agit se réparent par un mécanisme analogue à celui de la réunion immédiate des plaies simples. Au moins est-on porté à le croire , en considérant la rapidité avec laquelle les accidens se dissipent , et le prompt retour de la liberté des mouvemens du membre.

Il n’en est pas ainsi lorsque l’os luxé a dé- -cbiré tout à-la-fois les muscles, le tissu cellulaire et la peau , et qu’il exj)Ose ainsi l’articulation au contact de l’air : ce cas , qui rentre dans ceux des plaies contuses des articulations , est un des plus graves que l’on connaisse , et le danger qui l’accompagne paraît dépendre principalement de l’ouverture de l’articulation : on a vu des désordres tout au moins égaux , d’ail-

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leurs , mais où cette circonstance n’avait pas lieu f et qui n’ont presque jias été suivis d accidensj et nous avons vu nous-mêmes l’astragale retourné presfjue complètement sur luimême sans qu’il en soit résulté rien de fâcheux d’abord : mais la poulie articulaire de cet os ayant déteriiliné la niortillcation des tégumens qu’elle distendait , les accklens les ])lus graves, survinrent alors, et l'amputation du membre, devint inévitable-

11 arrive rarement que les vaisseaux et les nerfs principaux des memljres soient atteints , comprimés , distendus ou rompus par un os luxé : ces organes, dont la forme se rapproche plus ou moins de la cylindrique , qui d’ailleurs jouissent d’une assez grande mobilité à la faveur du tissu cellulaire qui les entoure , peu-, vent subir des déplacemens , et éviter ainsi d’être lésés dans les luxations. Cependant quelques-uns d’entr’eux sont disposés de manière à ne ^louvoir échapper que difficilement à cette espece de lésions. C’est ainsi que le nerf circonflexe qui embrasse le col de l’humérus , est quelquefois tellement désorganisé dans la luxation en bas de rimmérus (juand elle est fort étendue, que le muscle deltoïde au(|uel il va se rendre, perd la faculté de se contracter , et que. le mouvement d’élévation du bras est aboli pour jamais. On a vu aussi une luxation de l’avant-bras en arrière , rompre l’artère brachiale, et amener la mortification de l’avant-bras et de la main.

En parlant des fractures , nous avons dit qu’elles peuvent accompagner les luxations , et nous avons développé le mécanisme de cette complication. Nous nous contenterons de rap-

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