‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource]Chapitre 12 sur 24 · DELA G A N G R E ]V E · texte numérisé non relu

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l’insframeiit a agi avec moins de force. Mais comme les vaisseaux de ces parties ont conservé toute leur action organique , et ([ue leurs nerfs ont éprouvé une irritation très-forte , il eji résulte (jue leur engorgement est inüammatoire et susceptible de*^ se terminer par resolution, par suppuration ou par gangrène ; pendant que celui des parties les ])lus violemment contuses est mou , pâteux J indolent , et se termine presque toujours par gangrène.

Lors(jue la contusion a désorganisé immédiatement une partie , que faction vitale de cette partie est complètement éteinte, la conduite à tenir doit être subordonnée à l’étendue de la désoreanisation. Si la contusion n’a désorganise c[ue la peau , soit cpi il y ait ou non solution de continuité, il faut abandonner à la nature la séparation des ]iarties frappées de mort; appliquer sur les parties voisines, des topicjues pro|)res à prévenir une trop grande inflammation , et à la modérer (juand elle existe ; enlever les escarres gangréneuses à mesure que la nature en opère la séparation. Mais lorsipie la contusion a désorganisé un membre dans toute son épaisseur , on compromettrait la vie du malade , en confiant à la nature la séparation de la partie désorganisée. Cependant si le membre est peu considérable , par exemple , si c’est un doigt , on n’expose nullement la vie du malade , en abandonnant à la nature la séparation de ce membre; mais il fésulte de cette séparation une plaie large , irrégulière , dont la cicatrisation , naturellement difficile, est encore souvent contrariée [>ar la présence de cjuelques es([uilles , et cette cicatrice est difforme; au lieu que si l’on

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ampute le doigt dans l’articnlation qui est iniinédiatemeiit au-dessus de la partie désorganisée, en conservant des lambeaux de peau , autant que le désordre le ])erinet , la plaie qui resuite de bopération guérit promptement, et la cicatrice est régulière et peu apparente. Aussi , dans des cas semblables , on ne doit jamais hésiter à recourir à rampufation.

Si le meml)re désorganisé par une contusion violente est ])lus volumineux, par exemple, si c’est le pied , la main , la jambe , etc. , et tju’on en abandonne la séparation à la nature, il résulte de cette conduite deux inconvéniens : le premier, et le plus grand des deux , est la chance que court le malade par le développement des accidens inflammatoires dont nous avons parlé ; car lorstjue ces accidens sont survenus , on chercherait en vain 'à les combattre par les saignées copieuses, la diète la plus sévère , et tous les autres moyens antiphlogistiques. Le second inconvénient, c’est qu’en supposant que le malade échaj)pe aux accidens primitifs , et cpie la nature sépare la partie désorganisée , il en résulte une plaie irrégulière , au centre de laquelle on trouve ordinairement l’os divisé en éclats , et des esquilles qui s’étendent au loin. Cet os devient malade , s’o])pose à la cicatrisation de la plaie j et si le malade vient à guérir au bout d’un temps , toujours trèslong, il lui reste un moignon irrégulier, et quehjuefois un tronçon de membre très-désagréable et très-incommode par sa longueur , comme cela s’observe lorsque’ c’est le pied , ou la partie inférieure de la jam!)e qui a été sphacélée.

Lorsqu’on se détermine à l’amputation , il

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faut avoir égard à l’impression que la contusion a produite sur tout le système j car s’il y' avait stupeur , commotion générale, délire, affaissement considérable des forces , ce cjui annonce une altération des sources de la sensibilité , on. conçoit que l’amputation serait un moyen inu-^ tile : on attendrait , pour la pratiquer , des circonstances plus favorables.

Quand la contusion n’a pas été portée jusqu’à la désorganisation de la partie , et que la gangrène est à craindre par la violence de l’engorgement , qui ne tarde pas à survenir , il faut employer les remèdes internes et externes propres à prévenir rinflammation. Ainsi, on aura recours à la saignée , qu’on réitérera plus ou moins , suivant les forces du malade , son tempérament et la violence de la contusion. A l’extérieur, on emploiera, dans les premiers jours, les remèdes propres à réprimer l’abord des humeurs , tels que les résolutifs et meme les répercussifs j mais lorsqu’il y aura une tension inflammatoire trop grande , on renoncera à ces moyens qui , en bridant l’action des solides , pourraient déterminer la mortification. On leur substituera les émolliens que l’on appliquera sur la partie enflammée , tandis cjue l’endroit où la vie paraît prestjue éteinte , sera couvert avec les antiseptiques corroborans dont nous avons parlé.

Si la gangrène survient , malgré ces précautions , on doit examiner son étendue et se conduire en consé([uence. Est-elle superficielle, on l’abandonne à la* nature, en favorisant cependant la suppuration et la chute des escarres , par les émolliens et les relâchans. Le sphacèle existe-t-il, on attend que la nature ait posé la

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ligne de démarcation entre le vif et le mort , et alors on a recours à l’amputation.

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