III. De la Gangrène f produite p ar une compression lente
Si une partie est soumise à une pression forte et continuelle , ses vaisseaux s’affaissent , les sucs y circulent difficilement , ils finissent. par ne plus y aborder , et la vie s’y éteint au bout d’un temps plus ou moins long. C’est ainsi que la compression inégale exercée par les atelles dans les fractures , et notamment dans celles de la cuisse et de la jambe , a souvent produit des escarres gangréneuses aux endroits les plus saillans du membre. On doit rapporter à la même cause les escarres gangréneuses qui se forment aux endroits saillans du corps , sur lesquels les malades sont restés long - temps couchés 5 telles sont les escarres qu’on voit survenir dans les fièvres de longue durée , à la partie postérieure du bassin. Elles sont , en effet , produites par la pression , long-temps continuée , à laquelle cependant la cause de la maladie peut se joindre j et dans ce cas , c’est l’irritation déterminée par la pression , qui attire cette cause sur la partie comprimée. Aussi remarque-t-on alors que la gangrène a beaucoup plus d’étendue , et qu’elle fait des progrès plus rapides que lorsqu’elle est due imiquement à la compression. I.a malpropreté peut aussi ajouter à l’effet de la compression j mais souvent celle-ci suffit seule , comme on l’observe chez des personnes riclies , qui peuvent se procurer toutes sortes d’aisances , et se garantir de la malpropreté.