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rare , a été appelée gau gement de couleur qui î tombe en gangrène, n’
t^6 de la gangrène.
de plus en plus , le délire survient, le corps se couvre d’une sueur Iroide , et le malade meurt.
Le; progrès des gangrènes sèches est ordinairement fort lent j quelquefois il est très-rapide. On a des exemples de ces gangrènes qui ont été un an à s’étendre du gros orteil au genou j pendant que d’autres se sont portées du gros orteil jus([u’au ventre , en moins de trois jours.
Le pronostic de la gangrène sèche est trèslacheux , lorsqu’elle dépend d’une cause interne. Suivant Fabrice de Hildan , cette maladie est si funeste , que pendant quarante ans qu’il a exercé la médecine et la chirurgie , aucun de ses malades n’en est échappé. Cependant on trouve dans les auteurs un grand nombre d’observations de gangrènes sèches qui se sont terminées heureusement , et dont les malades ont été quittes ])our la perte d’un membre, ou d’une partie d’un membre.
Les causes connues de la gangrène sèche , sont aussi celles qui produisent la gangrène humide ; il en est pourtant qui font naître plus spécialement la première de ces affections 5 ces causes sont externes ou internes. Les causes externes qui sont très-rares , agissent en interceptant immédiatement le cours du sang , et en expul- • saut les sucs contenus dans les vaisseaux de la partie qu’elles font périr ; telles sont les compressions dont nous avons parlé en traitant de la gangrène de cause externe, et sur lesquelles il serait inutile de revenir ici.
Les causes internes agissent en éteignant l’àction organique des vaisseaux artériels , et en causant ensuite , jiar cette extinction , la perte de la jiartie vivifiée par ces artères. Le virus vénérien , le vice scorbutique produisent quelque-
fois la gangrène sèclie. Les causes des maladies aiguës , en se déposant sur une partie , peuvent la faire tomber subitement en rnottificacion , sans y causer aucun engorgement , ni aucune inflammation antécédente. Mais le plus souvent la gangrène sèche arrive sans avoir éle précédée par aucune au!re maladie, et la cause qui la fait naître est aussi peu connue dans sa source et dans sa nature , que dans sa manière d’agir.
L’extrême caducité et l’épuisement ont été regardés comme une des causes les plus fréquentes de la gangrène sèche. Il est certain (jue cette maladie attaque très-fréquermnent les vieillards faibles et épuisés^ mais il ne l’est pas également qu’elle soit due uiiicjuement à i’é])uisement qu’amène la vieillesse , puisqu’on voit un grand nombre de viellards faibles et épuisés, qui ne sont jamais attaqués de cette maladie , pendant que d’autres personnes , beaucoup plus fortes et moins avancées en âge, en sont atteintes. Cependant on ne peut pas disconvenir que la vieillesse ne dispose singulièrement à la gangrène sèche , en favorisant l’action des causes de cette maladie , et peut-être même en faisant naître ces causes , sur- tout chez les personnes qui ont abusé des plaisirs de l’amour , ou qui sont tourmentées par la goutte.
Parmi les causes de la gangrène sèche , il y en a une qui s’introduit dans le corps par la voie des alimens j c’est le seigle ergoté. On nomme ainsi cette espèce de seigle dont les épis n’ont que six à sept pouces de long, sont cornus, et ne contiennent que quelques grains noirs par dehors, et blancs en dedans. Le seigle ergoté est abondant dans les années pluvieuses et dans
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les lieux aquatic{ues , ce qui lait que la gangrène qu’il produit devient épidémique toutes les fois (pie le blé venant à manquer , les pauvres gens sont réduits à manger de ce seigle , lorsqu’il est trop nouveau. Elle commence à régner immédiatement à la suite de la moisson , et finit quelques mois après. Elle attaque plus fréquemment les hommes ([ue les femmes, et elle se manifeste plus souvent aux pieds qu’aux mains.
Les symptcîmes de cette maladie sont locaux et généraux. Les extrémités des membres sur lesquels la cause commence à agir , s’engourdissent , et le mouvement y est fort empêché. 11 survient dans l’intérieur de la partie , des douleurs atroces , qui augmentent quand cette partie est exposée à la chaleur , et ((ui s’appaisent un peu' quand elle est exposée au froid. Cette douleur, qui commence d’abord aux extrémités des orteils , gagne ensuite le pied , la jambe et même la cuisse j ou bien , de l’extrémité des doigts J elle s’étend à l’avant-bras et au bras j elle cesse au moment où la gangrène noircit et dessèche la partie, qu’elle fait tomber au bout de plusieurs mois. On a vu des gens perdre, lesuns une jandje, les autres un bras- Il y a des malades qui n’éprouvent aucune douleur , et que la mortilication prive d’un ou de plusieurs orteils , sans qu’ils le sentent j il en est , mais cela est rare , à qui le bout du nez tombe.
Les symptômes généraux sont les suivans : la maladie commence pajr une lassitude , sans fièvre j la pâleur s’empare du visage et de toute l’habitude du corps; le bas- ventre s’enfle et devient dur j le malade tombe dans la stupeur , et son esprit s’affaiblit à mesure que la maladie
DE LA GANOrÈNE.
fait des progrès ; l’excrétion Je Turine et des uia-
Itières fécales n’est point interroinpuo , mais ces dernières sont très-létidesj lecorps maigrit à vue ly d’œil J le])Oulsest petit et si faible cjn’on ne le sent
i presque pas , excepté lorsque les douleurs sont dans leur violence j car alors il y a une légère apparence de lièvre , et un j)eu de transj)iration à la tête et à l’épigastre. Le malade conserve néanmoins l’appétit , mais les aliniens chauds rincoinmodent et font naître des sueurs.
La gangrène sèche présente trois indications générales : ])révenir le mal, en arrêter les j)rogrès et les accidens , le guérir lorsqu’il est arrivé.
Pour prévenir la gangrène sèche , il faut détruire la cause de la maladie ou en empêcher les effets. La chose est facile lorsque cette cause est une compression externe que l’on peut faire cesser, ou dont on rend les efiéts nuis , en prenant les ])récautions que nous avons indiquées })récédeminent. Mais lagangrène sèche , produite par la compression , est rare 5 cette maladie dépend presque toujours , coimne nous l’avons dit plus haut , d’une cause interne , qui éteint immédiatement l’action vitale des vaisseaux d’une partie. Or , la médecine ne possède encore aucun moyen auquel on connaisse la propriété de détruire les causes internes de la gangrène sèche , ou d’empêcher l’action de ces causes j en sorte que lorsque cette gangrène est une fois déclarée , elle continue , malgré tous les secours de l’art, à faire des progrès , jusqu’à ce que la cause qui la produit soit entièrement déposée sur la I partie qu’elle fait périr.
Le cpuiiquina a été regardé par plusieurs praticiens anglais très - recommandables , comme j lui grand spécifique contre la gangrène en gé-
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îiéral , et particulièrement contre celle qui dépend d’une cause interne j mais des observations postérieures à celles (ju’on a publiées en Angleterre sur la vertu antise])tique de ce renié le , démontrent (ju’il n’a ancniie prise immédiate aur la cause de la gangrène , et qu’il n’agit , pour arrêter les ]>rogrès de la maladie et faciliter la séparation des parties mortifiées, que comme toni([ue très-puissant. Sous ce rapport , le quinquina est nn des meilleurs remèdes que l’oii puisse employer pour arrêter les progrès de la gangrène, et ]iour mettre les parties saines en etai de se debarrasser de celles qui sont mortes. Idans les gangrènes de cause interne , accompagnées de la faiblesse du pouls , et d’une prostration extrême des forces musculaires, on ne saurait employer trop tôt le quinquina j mais lorsque la gangrène est précédée d’une violente inflammation , on ne doit l’administrer que quand les symptômes inflammatoires sont appaisés , que la mortification est décidée , et que la faiblesse et l’affaissement commencent à se inanifescer. On a uniquement en vue alors , en donnant le quinquina, de soutenir les forces vitales et d’aider à la chute des parties gangrenées.
Dans les gangrènes où le quinquina convient, la meilleure manière de l’administrer est de le donner en substance ; mais son usage est sujet à un grand inconvénient ; c’est que souvent l’estomac a de la peine à le siqiporter sous cette forme 5 cependant on ne peut pas espérer de le remplacer efficacement par les diverses jiréparations qu’on en a faites. Il faut donc aider , autant que possible , l’estomac à le supporter , en l’associant à nn peu de bon vin vieux , ou à quel-
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3 ne eau spiritueuse. Quanta la dose de ce méicament, la règle est d’en donner toujours autant que l’estomac peut en supporter. En général , on ne doit guères compier sur ses bons effets , si le malade ne ]3eut en prendre une once dans les vingt-quatre heures j on le donne quelquefois à une dose beaucoup plus forte , avec le plus grand succès.
La prostration des forces et la foiblesse extrême du pouls , dans la gangrène sèche et dans toutes celles qui dépendent d’un principe délétère répandu dans l’économie animale , indiquent naturellement les cordiaux. Aussi leur usage est-il très-ancien ; niais l’expérience a démontré le peu de succès de ces remèdes , et depuis que le quinquina a été appliqué avec succès au traitenieiit de la gangrène, on a renoncé à la plupart des préparations cordiales, dont les anciens faisaient un si grand usage. On les a remplacées par le vin vieux , dans lequel on délaie le quinquina, ou que l’on donne seul , à une dose proportionnée au degré de faiblesse du malade.
Dans certaines gangrènes sèches , il y a plus à espérer du régime que des médicamens 5 c’est ce que montre le fait suivant , rapporté par Quenay , dans son Traité de la Gangrène. Un homme qui était dans l’usage de boire du vin assez amplement , fut affligé, pendant plusieurs mois , d’une gangrène sèche qui récidivait de temps en temps. La Peyronie jugea à propos de lui interdire le vin , et de le réduire a l’eau et au lait pour tous aHmens. La gangrène se termina heureusement , et ne reparut plus. L’épuisement et la caducité qui donnent lieu à cette maladie, ou qui du moins en favorisent
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le développement et les progrès , indiquent les alimens analeptiques ou fortifians ; et ces alimens sont aussi indiqués dans toutes les gangrènes où les forces sont abattues.
La seconde indication de Ja gangrène sèche a sur-tout rapport aux douleurs atroces dont cette maladie est quelquefois précédée. Ces douleurs dépendent de l’action de la cause de la maladie sur les nerfs destinés au sentiment , et ne cessent que quand ces nerfs sont complètement désorganisés. L’opium offre , contre ces douleurs , une ressource plus assurée que les anodins ordinaires dont on s’est servi jusqu’à ces derniers temps. Administré à l’intérieur , à une dose convenable , et appliqué même à l’extérieur, l’opium ne calme pas seulement les souffrances , il contribue aussi souvent à arrêter les progrès du mal, comme nous le dirons plus bas.
La troisième indication consiste à procurer la séparation des parties^gangrenées d’avec les chairs vives. Cette séparation dépend entièrement de la nature , et doit lui être confiée. Autrefois on emportait les escarres, ou l’on y ]U’atiquait des scarifications ])rofondes ; mais l’expérience a appris cpie ces opérations indiscrètes sont presque toujours fâcheuses. Les efforts de la nature , pour séparer les parties gangrenées s’annoncent , comme nous l’avons dit jirécédemment , par une espèce de cercle inflammatoire , d’uii rouge vermeil , qui est bientôt accom])agné de suppuration, et c’est cette su])puration qui , de même que dans les autres espèces de gangrène , sépare les parties mortes, roiir favoriser l’établissement de la suppuration, on applique sur les parties enflarn-
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mées nn digestif simple. A mesure que les escarres gangreneuses se séparent , on en coupe les lambeaux ; et après la chute complète des parties mortes , on traite la plaie qui en résulte comme une plaie simple. Nous supposons ici la gangrène superficielle , c’est-à dire , bornée à la peau et au tissu cellulaire. Si elle n’affectait qu’un ou plusieurs orteils, on pourrait aussi abandonner la chute de ces parties à la nature.
Mais si la gangrène intéresse un membre entier, on attend que la nature ait posé la ligne de démarcation entre le vif et le mort. Jjorsque cette ligne est tracée , on pratique l’amputation dans la partie saine , si toutefois le malade est asspz fort pour la supporter. Mais si ses forces sont affaiblies au jioint de faire craindre qu’il succombe à l’opération , on coupe le memlire dans la partie gangrenée , le plus
f)rès possible de la jiartie saine , et on préserve e moignon de la pourriture en l’embaumant , pour ainsi dire, avec des remèdes balsamiques. Le bout du moignon se sépare comme une escarre , et plus facilement que le membre entier, dont la conservation aurait été fort incommode au malade. On conçoit aisément que si la nature est victorieuse , la chute des chairs gangrenées découvrira une portion de l’os qui sera nécrosée j que cette portion qui débordera sera incommode , et empêchera la cicatrice de se former entièrement : mais l’expérience a appris que l’on peut en toute sûreté laisser à la nature le soin de se débarrasser de cette portion d’os , dont la résection serait difficile , embarrassante, et ne pourrait être faite assez près des chairs , pour ne pas les blesser, et dé-
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cUli’or une partie de la cicatrice peut-être déjà avancée. D’ailleurs on ne serait pas sûr d’emporter par ce moyen toute la portion de l’os qui est morte j et s’il l'allait attendre que la nature séparât le reste ^ on aurait fait inutilement l’opération , parce qu’avec le temps elle aurait également séparé le tout. La chute de la portion d’os nécrosée , s’opère au bout d’un temps plus ou moins long : on l’a vu arriver (Quelquefois au bout de deux mois, d’autres fois au bout de cinq mois, et dans (Quelques cas , seulement au bout d’un an. Pendant que la nature travaille à cette séparation , le Chirurgien n’a d’autre indication à remplir que de panser l’ulcère comme un ulcère siniQile , et de soutenir les forces du malade j>ar un régime convenable.
Pott a décrit une espèce de gangrène qui a beaucouQi de rapQ^ort avec celle dont nous venons de Q^arler , et dans laquelle il a administré avec avantage l’opium à l’intérieur. Nous allons exQDOser le plus succinctement possible , ce que Pott dit de cette alfection.
Elle attaque les extrémités inférieures , se manifeste dans quelques cas sans aucune douleur, ou avec une douleur légère j mais le plus souvent le malade éjirouve , sur-tout la nuit , un grand mal-aise dans toute l’étendue du ])ied et de son articulation avec la jambe , même avant que ces parties offrent aucun signe de maladie.
Pour l’ordinaire elle se montre d’abord à la partie interne ou à l’extrémité d’un ou de q^Iusieurs orteils , et s’annonce par une Qietite tache noire ou bleuâtre. A l’endroit de cette tache , on trouve toujours l’éQ^iderme un peu détaché,
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et la peau qui est au-dessous , a une couleur rouge foncée. Delà elle s’étend à la face supérieure ou inférieure de ces mêmes orteils. Lorsqu’elle attaque le pied , c’est sa partie supérieure qui manifeste la première son état de maladie par la tuméfaction , le changement de couleur et quelquefois par une élévation à la peau. Mais un des premiers signes de la mortification dont il s’agit , est une séparation ou un détachement de l’épiderme. Ses progrès diffèrent suivant les individus : chez quelquesuns ils sont lents , et la maladie met un temps considérable à passer d’un orteil à un autre , et delà au pied et à la cheville j chez d’autres , ses progrès sont rapides et horriblement douloureux.
Les deux sexes sont sujets à cette affection. Mais pour une femme chez qui Pott l’a observée , il a vu au moins vingt hommes en être attaqués. Il croit l’avoir beaucoup plus souvent rencontrée chez les gens riches, voluptueux, grands mangeurs ou grands buveurs , que parmi les pauvres et les artisans. Elle attaque souvent les personnes avancées en âge j mais elle n’est pas particulière à la vieillesse •, elle n’est en général précédée ni accompagnée d’aucun vice sensible de la partie ou du tgmyjérament. Pott pense cependant qu’elle attacjue plus fréquemment ceux qui ont été sujets à des douleurs vagues aux pieds , qu’ils ont appelées goutteuses , et plus rarement ceux qui ont eu la goutte décidée et régulière. Quelques Médecins ont supposé qu’elle provenait d’une ossification des vaisseaux ; mais Pott ne voit dans cette opinion qu’une simple conjecture.
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Une longue expérience lui a prouvé q'UC le quinquina administré à l’intérieur, et les to- ])i({ues stiinulans , ne sont d’aucune utilité dans cette maladie. 11 a donné le quinquina en décoction , en extrait, en substance j il l’a joint au nitre , au sel d’al)sinthe , à la racine de serj)entaii'e de Virginie , au musc , etc. ; il l’a employé en fomentations , en cataplasmes j et toujours la gangrène a continué à faire des progrès , peut-être un peu plus lents , mais toujours mortels.
Mais si Pott n’a retiré aucun avantage de l’administration du (juiiiquina , il a obtenu des succès complets de l’usage de l’opium ([u’il donna d’abord à un malade , dans la vue de calmer scs douleurs. Chez ce malade , la gangrène avait fait tant de progrès, qu’au bout de quinze jours les petits orteils étaient entièrement gangrenés , le gros orteil était devenu noirâtre , le pied très-enflé et altéré dans sa couleur les douleurs étaient si vives qu’elles produisaient l’insomnie. Pott donna d’abord à ce malade deux grains d’opium , (|ui n’ayant pas produit l’effet désiré , furent réitérés le lendemain , et produisirent (|uel<jue bien. Il continua d’en faire ju’endre la meme dose le matin et le soir pendant trois jours , au bout desquels le malade éprouva un soulagement parfait , joint à un état évidemment plus favorable du ])ied et de la cheville. Ihicouragé par ce siiccès , Pott augmenta la dose du remède , c’est-à-dire, qu’il en donna un grain toutes les trois ou quatre heures , prenant soin de veiller à son effet narcoticpie , et de vider exactement le ventre par des lavemens. Au bout de neuf jours , à compter de celui où il administra la
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première dose d’opium , toute l’enflure du pied et de la cheville disparut entièrement ^ la peau recouvra sa couleur naturelle , et toutes les parties mortifiées commencèrent à se séparer. Au bout d’une autre semaine , elles se séparèrent toutes J et tombèrent. La matière purulente était de bonne qualité , et les chairs vermeilles. L’usage de ropium fut continué Jusqu’à la chute complète des parties putréfiées et de leurs os. A mesure que l’ulcère se détergea , on diminua la dose de l’opium , dont l’usage fut abandonné par degrés.
Pott a ensuite administré l’opium dans beaucoup d’autres cas semblables , et il s’est convaincu que’ce remède a une action très-efficace dans l’espèce de mortification dont il est question , et qu’il sauve de la mort les personnes qui en sont attaquées. Il avoue cependant qu’il l’a quelquefois employé inutilement , mais dans des circonstances qui , à ce qu’il croit , excusent bien son défaut de succès. Il ne propose pas d’ailleurs l’extrait d’opium dans cette maladie , comme un spécifi(|ue universel et infaillible J mais comme un remède qui a conservé la vie à plusieurs personnes , dont la mort , assure -t-il, aurait été la suite inévitable de tout autre traitement.
Il désapprouve^ avec raison, les applications de substances stimulantes sur la partie affectée , et conseille de la tremper dans un liquide adoucissant , tel que le lait chaud , afin dé calmer la douleur qui tourmente presque toujours le malade. Il improuve aussi les scarifications que certains Chirurgiens conseillent lorsque la tache noire paraît , ou que l’épiderme commence à se détacher. Comme on ne doit avoir
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en vue que d’adoucir et de relâcher, il conseille exclusivement les applications émollientes, et recommande d’abandonner à la nature la chute des orteils mortifiés , afin de prévenir l’irritation qu’on pourrait occasionner en incisant quelques parties, dont les propriétés vitales ne seraient pas encore éteintes.
Outre les diflerentes espèces de gangrènes dont nous avons parlé, il en existe encore une autre qui attaque , dans certaines circonstances , presque tous les blessés d’un hôpital , et que l’on désigne sous le nom de pouniture a hôpital; mais comme elle alïécte les solutions de continuité , nous en parlerons en traitant des complications des plaies. •
r>E LA BKULünE.