DE LA BRULU-RE
lorsqu’il 'traitait sa servante , qui s’était brûlé J toute la jambe jusqu’au genou, avec de l’eau ( bouillante : il troçivait à chaque pansement ,
I qu’il répétait deux fois par jour , plus d’une 1 demi-livre de pus blanc et très-louable , dans s les linges et les emplâtres qu’il enlevait , et cet " écoidement de pus si abondant , dura pendant ( plusieurs jours , quoltpie l’épiderme seul eût ' été enlevé , qu’il n’y eût nulle part d’ulcère « profond et encore moins d’escarre gaiigrej lieuse. La cure de cette'brûlure , qui produii sit une suppuration si abondante , lut achevée
I dans l’espace de six semaines.
On obtient en général une guérison prompte
II et facile des ulcérations larges et superncielles , i produites par le second degré de la brûlure , i en les pansant avec du cérat de Galien ^ et î mieux encore avec du cérat de Goulard ; mais » on ne doit avoir recours à ce dernier quelors-
Ique la sensibilité de la partie est bien amortie : j’ai été souvent obligé de l’abandonner , à cause I des douleurs qn’il produisait, et d’en revenir I au cérat de Galien.
‘ Lorsque la brûlure du deuxième degré est I fort étendue , elle excite quelquefois une forte ( inflammation et beaucoup de lièvre. Il faut alors J avoir recours à la saignée , à la diète sévère , I aux lîoissons délayantes , et aux autres moyens || indiqués par les symptômes particuliers qui surl viennent. Si là douleur est très -vive, on fera bien , indépendamment de ces moyens et des applications extérieures les plus adoucissantes et les yjlus anodines , de donner (juelques doses d’opium , proportionnées à la vivacité des douleurs et à la violence de l’irritation.
Lorsque la brûlure a été causée par l’explo-
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slon de la poudre à canon , la partie présente une couleur noire , qui pourrait faire croire au premier coup-d’(teiK l’accident beaucoup plus grave qu’il n’est réellement. Il y a souvent alors des grains de poudre logés en plus ou moins grand nombre dans le tissu delà peau. Ces grains augmentent beaucoup l’Irritation, et si on ne les ôte pas., ils laissent ordinairement des marques indélébiles ; c’est pourquoi , si la brûlure est au visage , au cou , aux mains , ou à la partie antérieure de la poitrine chez les femmes , il faut ôter ces grains de poudre avec la pointe d’une aiguille, le plus tôt que cela pourra se faire après l’accident. D’ailleurs, ces brûlures doivent être traitées de la même manière et avec les mêmes précautions que les autres.
Dans le troisième degré de la brûlure , les parties qui ont été entièrement désorganisées (loi vent être considérées comme des corps étrangers , dont la nature opérera la séparation , et sur lesquelles il est inutile de faire des applications locales j mais les parties qui confinent à celles-là , sont elles-mêmes brûlées au premier ou au deuxième degré j il faut donc leur appliquer le traitement qui convient à ces degrés , c’est-à-dire les plonger dans l’eau végéto-rainérale et les y tenir pendant long-temps , etc.
Malgré l’usage des répcrcussifs , le troisième degré de la brûlure est toujours accompagné d’un engorgement inflammatoire plus ou moins grand , et lorsque la brûlure est fort étendue , les effets de cette inflammation ne se bornent pas à la partie affectée ; ils vont jusqu’à produire une fièvre angéioténique (inflammatoire) violente , et d’autres fâcheux accidens qui peuvent se terminer par la mort.
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On oppose à cette fièvre et à ces accidens , les saignées , les rafraîcbissans , la diète sévère, l’opium , lorsque la vivacité des douleurs l’exige j on appliquer l’extérieur, les émolliens , les ti relâchans et les anodins , sous forme de fomen* i tâtions ou de cataplasmes, suivan t les circonstan-ces. Les topiques diminuent la tension inflammaci toire et favorisent la suppuration , au moyen de 41 laquelle les parties mortes sont séparées des pari\ ties vives. Cette suppuration est uniquement due I, aux efforts de la nature ; le Chirurgien ne peut f| que la favoriser , en employant les ongiiens les Il plus doux et les plus relâchans , et en coupant n avec des ciseaux les portions d’escarres , à meïl sure qu’elles se séparent des chairs vives. On ^ traite les ulcères qui résultent de la chute des escarres gangreneuses, comme les ulcères simli pies en général. La guérison de ces ulcères est *1 d’autant plus longue et plus difficile que la peau !i a été détruite dans une plus grande étendue , et >1 que les musch s, les tendons ouïes aponévroses il ont été rais à découvert. Les chairs de ces ulcères ont une tendance singulière à devenir molli lasses et à s’élever beaucoup au-delà du niveau ij dç la peau 5 c’est pourquoi dans leur traitemen t , \{ on doit abandonner de bonne heure les onguens ,
! et avoir recours aux détersifs stimulans , pro-
J)res à exciter l’action des chairs et à procurer eur dégorgement. Lorsque , malgré ces moyens ,
I les chairs deviennent fongueuses , on les rcpri- ; me avec le nitrate d’argent fondu ( pierre infernale ) , ou avec l’alun calciné.
La cicatrice des ulcères produits par la brûlure , étant toujours plus ou moins difforme , on doit , lorsque c’est le visage qui a été br ûlé ,
: ou une partie qui n’est point îiabituelleinenv
couverte par les vêtemens , employer tous les secours de l’art afin que cette cicatrice ait le moins de difformité possible.
Le premier deoré de la brûlure ne laisse d’au- , tre trace de son existence , qu’une rougeur qui | se dissipe au bout d’un temps plus ou moins | long. Dans le second degré de la maladie , s? l’ulcération du derme est légerè , superficielle et qu’on n’enlève point l’épiderme , la brûlure guérit comme l’ulcération d’un vésicatoire volant , c’est-à-dire , qu’il n’y a point ou presque point de suppuration , et alors les traces de la 1 maladie s’effacent promptement j .si la surface ; de la peau est plus prolbiidéinent ulcérée , la 1 cicatrice ressemble à celle d’un vésicatoire qui a suppuré pendant long-temps et n’est pas plus difforme qu’elle. Dans la brûlure du troisième degré , la peau et le tissu cellulaire ayant été détruits dans une étendue, et à une profondeur plus ou moins grandes, il est impossible d’euqiôcher que la cicatrice ne soit enfoncée , et adhérente aux muscles , aux tendons et aux autres parties qui ont été mises à découvert. Tout ce qu’on jæut faire en pareil cas , c’est de réprimer , avec la pierre infernale ou l’alun calciné, les endroits de l’ulcère cjui sont les plus saillans , afin de rendre la surface de la cicatrice égale et uniforme. liOrsque ces moyens ont été négligés et que la cicatrice présente des points jilus élevés que les autres, on peut essayer de les affaisser en les comprimant avec une lame de plomi) frottée de mercure, et si elle est trop dure, on cherchera à la ramollir avant de la comprimer , en la frottant tous les jours avec desonguens très-doux et très-émolliens , ou en la fomentant avec des décoctions émollientes et relâchantes.
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' Dans la brûlure des parties contiguës , comme les doigts , les orteils , les paupières, etc. , on doit avoir soin sur- tout de prévenir les adhérences vicieuses que ces parties peuvent contracter ensemble. Le plus sûr moyen d’empêcher ces adhérences , est de tenir les parties constamment séparées par des plumaceaux ou par des emplâtres de cérat, contenus au moyen d’un appareil convenable. Lorsque les bords d’une ouverture naturelle ont été ulcérés profondément par la brûlure , on empêche le rétrécissement et l’oblitération de cette ouverture , en tenant ses bords écartés au moyen de canules d’argent , de plomb ou de gomme élastique , s’ils sont fermes et solides , comme les les narines , ou avec des emplâtres^ des plumaceaux et des mèches convenablement assujettis, si les bords de l’ouverture sont mous et flasques, comme ceux des lèvres et de la vulve.
Enfin , lorsque la brûlure a son siège autour d’une articulation , ou qu’elle attaque profondément les doigts , la rétraction des muscles fait prendre aux parties une direction vicieuse , et si elles contractent des adhérences dans cet état , il en résulte, non-seulement une difformité trèsdésagréable , mais encore la perte des mouvemens et des fonctions de la partie. Cet accident , qui décèle toujours l’ignorance ou la négligence du Chirurgien , peut être prévenu au moyen de palettes de bois , de bandages ou de machines qui s’opposent à la rétraction des muscles , et maintiennent les parties dans leur direction et leur forme naturelles. Si l’emploi de ces moyens a été négligé , et que les parties brûlées aient changé de position et contracté des adhérences } si , par exemple , dans les brûlures de
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la main , les doigts ont contractédes adhéreneês avec le dos ou la paume de cette partie , ort peut , dans certains cas f remédier à cet accident , en pratiquant des opérations dont noti» aurons occasion de parler par la suite*^