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le danger de cette terminaison est pins ou moins grand , suivant la nature de rorgane enflammé. La suppuration de la dure-mère et du cerveau est presque toujours mortelle. Cependant , quand le cerveau est à découvert , on volt quelquefois la suppuration se porter en dehors , et le malade guérir.
La suppuration des organes renfermés dans la poitrine , est très - souvent mortelle aussi. Celle du cœur l’est constamment ; celle des poumons l’est presque toujours. Mais il y a quelques cas d’exception pour la suppuration de la plèvre.
La suppuration des viscères abdominaux est aussi très-dangereuse et souvent mortelle. On a cependant vu se former dans la substance du foie des abcès qui, s’étant portés au-dehors, ont été ouverts avec succès par le Chirurgien.
Les opinions sont singulièrement partagées sur le mécanisme de la suppuration. Quelques auteurs pensent que le pus se forme dans tout le système artériel , et qu’il est déposé par voie d’excrétion dans la partie enflammée. Cette opinion aj:>partient à Dehaën , et se trouve exposée dans son Ratio rnedendi. Mais elle n’est fondée sur aucun fait , sur aucune observation. D’ailleurs-, si le pus se formait dans les artères , il devrait s’en produire dans toutes les inflammations \ et c’est ce qui n’a pas lieu. One semblable hypothèse n"’est donc pas admissible.
L’opinion la plus générale , est que le pus se forme dans la partie* même affectée d’inflammation j mais par quelles substances est-U produit ?
Les uns pensent qu’il provient des débris des solides de la. partie enflammée. Mais s’U
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était ainsi , cette partie devrait éprouver une. déperdition de substance proportionnée à la quantité de pus {[ui s’en sépare , et c’est ce qui n’arrive pas. Lorsqu’un abcès , même considérable , a été ouvert , ses parois se rapprochent insensiblement j on n’aperçoit pas dans le produit de la suppiiration la moindre trace ni de tissu cellulaire, ni d’aucun autre solide , et la cicatrice se forme sans perte de substance. Un vésicatoire entretenu ])endant des années entières, a produit une suppuration abondante; on le supprime , la plaie se cicatrise ; bientôt on ne voit plus de trace de l’exutoire, et le lieu où il a été posé n’a éprouvé aucune déperdition .
L’’opinion des autres , qui nous paraît la plus probaljle , est que le ])us est produit par les humeurs de toute espèce qui formaient l’engorgement inflammatoire. Priiigle , Galjer et leurs partisans supposaient , pour expliquer le mécanisme de sa formation, une combinaison chimique de la graisse avec la lynqjhe qui exsude des parties enflammées ; mais cette hypothèse est entièrement abandonnée , et les meilleurs pathologistes de nos jours regardent le pus comme le produit d’une élaboration particulière des humeurs (|ui ont afflué dans la partie enflammée , par l’action organupie des vaisseaux de cette partie. La suppuration se forme donc dans une partie enflammée, comme la salive dans les glandes salivaires , l’urine dans les reins , la bile dans le foie , etc. ; et de même que les qualités des humeurs secrétées sont différentes, suivant que l’action des glandes secrétoires est augmentée , diminuée ou altérée , de même aussi le pus varie suivant
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les modifications de l’action des parties qui le produisent. En effet , lorsque l’inflammation est médiocre , mais suffisante pour élaborer les humeurs et les convertir dans l’espace de dix ou douze jours en pus , ce liquide a les qualités qu’on appelle louables. L’inflammation est-elle portée à un degré trop haut , le pus est sanieux et sanguinolent. Si au contraire elle est lente , si ses symptômes sont à peine prononcés , alors le pus est extrêmement séreux et ressemble à du petit-lait. On voit ce rapport constant entre les qualités du pus et les degrés de l’inflammation , dans les plaies , dans les ulcères, etc.
Il est des symptômes de rinflamination , qui font présumer qu’elle se terminera par suppuration J il en est qui annoncent que la suppuration se forme ; enfin , il s’en présente qui font connaître qu’elle est formée. Ces symptômes méritent la ])lus grande attention de la part du praticien. Considérons- les dans une affection phlegmoneuse , située extérieurement.
Lorsque l’inflammation a marché rapidement, qu’elle est parvenue en peu de temps à un très-haiit degré , que la douleur est pulsative, que la partie enflammée est pourvue de beaucoup de tissu cellulaire graisseux , alors on présume que la maladie se terminera par suppuration .
Si la douleur perd de son intensité , et que ce-
Fendant elle continue d’être pulsative j que engorgement , la rougeur et la chaleur diminuent un peu ; que le malade éprouve des frissons , des espèces d’horripilations ; que la tumeur s’amollisse par degrés, on juge que la nature travaille â la formation du pus.
Quand tous les symptômes inflammatoires ,
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et sur-tout la rougeur, ont beaucoup perdu de leur activité , que la tumeur s’est amollie dans son centre et s’est élevée en pointe , qu’on y sent de la Iluctuation , tandis que le reste de son étendue présente de l’empâtement , nul doute alors qu’il n’y ait une collection de pus jilus ou moins grande au centre de la tumeur.
Il est très-aisé de connaître que la sujjpuration se forme et qu’elle est formée , quand l’inflammation a son siège au-dessous de la peau 5 mais il est plus difficile de s’en assurer , lorsque rijiflammation est sittiée jjrofondément tîans l’interstice des muscles , au-dessous des fortes aponévroses qui environnent les membres. Souvent même la suppuration exi§te depuis long-temps , qu’on n’en a point encore de si<rne certain. Mais s’il est difficile de reconnaître l’existence du pus, à la suite d'une inflammation externe , située profondément , il est bien plus difficile encore de s’en assurer , quand la maladie a son siège dans l’intérieur. On ne peut avoir recours alors qu’aux signes rationnels, tels que la* douleur pulsadve , les fyissons irréguliers , l’espèce d’horripilation , la petite fièvre que le malade éprouve , la conversion de la douleur pulsative en douleur grayative , et la climinution des autres symptômes inflammatoires.
Quelquefois cependant la suppuration interne se manifeste au dehors , et présente des signes locaux aussi certains que si elle avait son siège à l’extérieur 5 c’est ce qui a lieu lorsqu’un abcès au foie , suite de l’inflammation de sa surface convexe , se prononce fortement à l’extérieur ; que le pus qui s’est formé durant une péripneumonie intense , se porte au dehors ,
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et y forme une tumeur avec fluctuation , etc.
Lorsque l’inflammation est très- violente , ou qu’elle est due à une cause maligne , elle peut se terminer par gangrène. Toutes les parties du corps peuvent être frappées de gangrène à la suite de l’inflammation j mais on observe plus souvent cette terminaison dans les affections inflammatoires de la peau , et du tissu cellulaire , que dans celles des autres parties.
La terminaison par gangrène est constamment mortelle lorsqu’elle survient dans l’inflammation d’un organe essentiel à la vie , et elle est en général fâcheuse , quel qu’en soit le siège , en ce qu’elle entraîne la destruction de la partie affectee. 11 est cependant certaines maladies inflammatoires dont la cause est extrêmement» . maligne , et dans lesquelles la teiminaison par gangrène est la seule qui soit salutaire, (^ar on. observe dans ces maladies , que , lorsque la nature n’a pas assez de force pour la. produire , le malade périt, à moins que l’art ne seconde heureusement les efforts de la nature.
Nous nous sommes bornés ici à indiquer cette terminaison de rinflammation , parce que la gangrène formant un genre particulier de maladie qui peut reconnaître d’autres causes , nous en traiterons dans un chapitre particulier.
L’endurcissement des parties qui étaient enflammées , constitue le mode de terminaison qu’on nomme induration. Lorsqu’une inflammation se termine de cette manière , l’engorgement inflammatoire , après avoir diminué un peu, reste stationnaire j la partie acquiert de la dureté ; la rougeur , la chaleur et la douleur se dissijjent insensiblement , etàmesure que ces symptômes diminuent , l’endurcissement X. i
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augmente jusqu’à un degré plus ou moins considérable.
Cette terminaison est propre aux inflammations lentes , chroniques , qui n’ont pas assez d’intensité pour se terminer par suppuration. On l’observe le plus ordinairement dans les organes glanduleux , et sur-tout dans les testicules. Elle survient aussi assez fréquemment dans certaines inflammations cutanées , notamment dans celles qui ont lieu aux bords des ulcères , sur-tout aux extrémités inférieures ; enfin , l’induration survient quelquefois dans les inflammations du tissu cellulaire. On en voit des exeinj)les dans les callosités (jui entourent le trajet de diverses espèces de fistules , et entr’autres des fistules urinaires et stercorales. Ces callosités sont le résultat d’un engorgement inflammatoire trop peu considérable pour se terminer par suppuration , et qui n’a pu se résoudre à cause de l’irritation entretenue ])ar le passage continuel d’un liquide dans le trajet fistuleux.
Ces callosités et celles qui se forment aux environs de certains ulcères , ne produisent ordinairement d’autres effets fâcheux que de retarder la guérison de ces maladies. Mais l’induration des organes glanduleux est beaucoup plus fâcheuse , puis(ju’elle conduit presque toujours à la nécessité d’emporter la partie malade.
Il est cependant quelques cas où l’induration est une terminaison préférable à la suppuration , par exemple , dans rinflammation du foie , à moins cependant qu’un abcès venant à se former et à faire saillie au dehors , on ne puisse , en l’ouvrant , procurer une guérison radicale.
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L’art emploie divers moyens pour combattre l’inflammation dans son commencement j et il en est d’autres auxquels il a reco ms lorscjne la maladie vise à une des cinq teimiiiaisons dont nous venons de parler.
Les premiers sont la diète , les remèdes internes et les remèdes externes. La diète ne se borne pas seulement à la privation ou à rasade mesure des alimens; elle comprend encore tout ce qui a raj^port à l’emploi de ce qu’on appelait improprement les six ciioses savoir : l’air, les alimens, le sommeil et la veille, les excrétions évacuées ou retenues, et les passions de l’a me.
Un air trop chaud devient nuisible dans toutes les espèces d’inflammations : en raréfiant les liquides et les solides , il augmente la maladie J il pourrait même , quand la clialeur est excessive, la produire si elle n’existait pas.
Une atmosjdière trop froide tend à resserrer, à crisper les solides , et agit sur les liqirides à la manière des répercussifs , c’est-à-dire qu’elle les pousse de la circonférence au centre. Elle est donc aussi très-nuisible dans les afïéctions inflammatoires. D’aj)i’ès cela, on tiendra, autant (jue possible , les malades affectés d’inflammation , dans un air d’une température modérée, en corrigeant , par les moyens connus , scs excès de chaleur ou de froid.
L’usage des alimens doit être ré^lé sous le rapport de leur quantité et de leurs qualités.
Lorsque l’inflammation est très-éteiidiie , ou qu’elle occupe un organe important, comme le cerveau, les poumons, les viscères aUloini- Tiaux , on interdit au malade toute espèce d’alimeris , sur-tout s’il est d’une forte constitu-
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tion. Mais si ron a affaire à une personne faible , on pourra lui prescrire quelques bouillons faits , au moins en partie , avec la chair de veau , afin qu’ils soient à-la-fois rafraîcliissans et un peu nutritifs.
Dans les inflammations qui ne sont ni étendues ni graves , on peut permettre quelques potages , et meme des alimens nourrissans , suivant le degré de la maladie j mais on aura toujours soin de les choisir parmi les viandes blanches et les substances végétales de facile digestion. On défendra les assaisonneniens aromatiques , à cause de leur propriété stimulante.
Dans toutes les inflammations, mais sur-tout dans celles qui sont accompagnées de lièvre , on défendra l’usage du vin , exceyité dans les cas où la maladie est due à un principe délétère qui la fait tendre à la gangrène.
Le mouvement est nuisible dans les maladies inflammatoires. Il faut donc, en général, que le malade observe le repos le plus parfait possible. Il faut sur-tout que la partie affectée soit dans l’immobilité , et dans une position qui favorise la circulation du sang veineux et de la lymphe. Ainsi lorsque rinflammation est à la jambe , on fait ])lacer cette partie dans une situation horizontale. L’intensité de la maladie augmenterait au lieu de diminuer, si le malade restait debout , ou qu’il tînt la jambe dans la position verticale.
A l’égard du sommeil et de la veille , on pourra , dans les inflammations externes, lorsqu’elles sont accompagnées d’insomnie et d’agitation , avoir recours aux caïmans, et même