‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 107 sur 163 · I. - ADHÉRENCES VULVAIRES · texte numérisé non relu

I. - ADHÉRENCES VULVAIRES

Sans parler de Y imperforation de l 'hymen qui pourra ne devenir évidente qu'au moment de la menstruation, et exigera alors l'intervention chirurgicale si elle est complète et de nature à arrêter le cours du sang, il convient de signaler les adhérences des lèvres entre elles, leur union par un pont membraneux, qui constituent des anomalies généralement curables.

Les grandes, comme les petites lèvres, sont quelquefois unies entre elles, soudées intimement ; ou bien elles sont réunies par un pont membraneux qui va de Tune à l'autre et s'étend comme un voile opaque au devant du vagin. En général, le pont n'est pas complet, il laisse un écartement supérieur par lequel les urines trouvent une issue plus ou moins directe. Quelquefois cependant la symphyse est complète, totale, et l'orifice urétral est masqué comme l'orifice hyménial.

Dans ce cas, il faut intervenir d'urgence, dès le premier ou le second jour de la naissance, pour combattre les effets de la rétention d'urine.

Même quand l'anomalie n'est pas complète, la moitié supérieure de la vulve étant bien conformée et libre, il peut arriver que la membrane fibreuse qui sous-tend la moitié inférieure des lèvres forme une sorte de cul-de-sac dans lequel les urines s'accumulent et se décomposent. Il ne faut pas hésiter en pareil cas à inciser le repli qui favorise cette fermentation urinaire et les irritations locales consécutives.

Les adhérences vulvaires sont lâches ou serrées; quand elles sont lâches, peu résistantes, elles peuvent céder à F écartement forcé imprimé par les mains du chirurgien, sans aucun instrument, avec une sonde cannelée maniée avec douceur. Quand elles sont serrées, fibreuses, il faut avoir recours h l'instrument tranchant.

S'il y a un orifice supérieur, on introduit de haut en bas, par cet orifice, l'extrémité mousse d'un stylet cannelé ou d'une sonde cannelée préalable-

[J. COMBY}

ment stérilisés par l'ébullition ou l'étuve sèche. Avec un bistouri à lame étroite stérilisé de même, et glissé dans la rainure de la sonde, on fait une incision d'arrière en avant qui libère les lèvres. Souvent le voile obturateur est extrêmement mince, transparent, et sa section ne donne pas d'écoulement sanguin. Quelquefois il est plus épais, vascularisé, et Ton est obligé de faire une compression avec la gaze ou la ouate stérilisées.

Quand la membrane ne laisse voir aucun orifice, on l'attaquera soit avec la pointe d'un bistouri, soit avec des ciseaux, pour livrer passage à la sonde cannelée qui doit servir de conducteur pour l'opération libératrice.

D'ordinaire les adhérences des grandes ou des petites lèvres sont très faciles à opérer, et l'intervention chirurgicale n'entraîne aucune suite fâcheuse.

Le Dr Kirmisson (Rev. (Torthop., janv. 1897) rapporte un cas typique d'adhérence des petites lèvres : une fdlettc de 8 mois présente un accolement des deux petites lèvres masquant le clitoris et l'orifice du vagin ; il a suffi de décoller avec un stylet les deux petites lèvres soudées entre elles pour rendre à la vulve sa configuration normale.

« Chez les petites filles, dit Henoch, on rencontre parfois une adhérence des petites lèvres, on peut la rompre avec le manche d'un scalpel et il est rare qu'elle exige l'incision. Dans quelques cas cette adhérence a paru la cause de la dysurie qui se dissipait aussitôt après la séparation des lèvres. »

Outre les adhérences des lèvres, on a signalé des adhérences du clitoris avec son capuchon muqueux, adhérences qui pourraient déterminer des démangeaisons, des irritations capables de conduire les fillettes qui en sont atteintes à la pratique de l'onanisme. Avant de recourir à la clitoridectomie, il faudrait libérer ces adhérences.

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