CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES PROPRES A L'ENFANT
Les tumeurs hydatiques du foie sont rares dans l"enfancc. Pendant longtemps leur existence n'a été mentionnée dans aucun traité de pathologie infantile. Il n'en est fait aucune mention dans les ouvrages de Barrier, de Rilliet et Barthez, de Bouchard. Guersant1 en dit quelques mots; Giraldès2 leur consacre une leçon étudiée dans laquelle il envisage la question chez l'adulte plutôt que chez l'enfant. Trousseau disait dans sa clinique : « La somme totale des faits d'hydatides chez les enfants, connus et publiés dans Thistoirc de la médecine, se réduit à 18, dont 9 sont des cas de tumeurs hvdatiques du foie ». En 1807, Ponton3 réunissant, dans sa thèse, 46 cas de kystes hydatiques chez les enfants, signale 22 fois la localisation hépatique; Bathcry4 cite un cas observé dans le service de Boger; Finsen3, dans un mémoire important basé sur de nombreux faits recueillis en Islande où cette maladie est fréquente, en rapporte un assez grand nombre. Depuis, à mesure que l'affection est devenue presque banale parce qu'elle est plus connue, les exemples se sont succédé, et à la suite de Bergeron0, Arehainbault7, de Saint-Germain8, Descroizilles", Rilliet et Barthez, Comby, Marfan, Broca, etc., les chirurgiens en ont signalé des cas dont la mention ne leur a paru intéressante qu'au point de vue du traitement; nous en avons opéré deux cas chez déjeunes garçons.
L'échinocoque s'introduit dans l'organisme humain par les œufs du taenia, répandus sur le sol,anélés aux eaux potables, apportés avec les légumes : c'est dire le rôle dais aliments, exposés cà cette souillure, dans sa production; c'est expliquer en même temps sa rareté dans la première enfance, son
(') Guersant. In Notices sur la chirurgie des enfants. Paris, 1864, p. 71. (*) Giraldès. Leçons cliniques sur 1rs maladies chirurgicales des enfants. Paris, 1868, p. 281. [*) Pontou. Heclierches sur les kystes hydatiques du foie chez les enfants. Thèse de Paris, 1867. (4j Ratiiehy. Essai sur le diagnostic des tumeurs intra-abdominales chez les enfants. Thèse de Paris, lsTii.
(3) Finsen. Contribution à l'étude des échinoeoques épidémiques d'Islande. In Archiv. de méd., 1809.
(6) In France wérfîc.,1877, p. 569.
(7) In Union médic., 1S78, II. p. 102. (8j In F ranci- médic, 1881', p. 56-2. 571.
(9) In Manuel de pathologie et de clinique infantiles, p. "i'i'v
[E FORGVE1
observation possible de 4 à 8 ans et sa fréquence croissante de 8 à 15 ans, alors que l'alimentation de Tentant devient la même (jne celle de l'adulte; Cruveilhier a cependant cité un cas de kyste de cette nature qui s'était vidé dans l'intestin, chez un entant mort à l'âge de 12 jours. Comment, dans ce cas, dont l'exactitude n'est point à l'abri de la critique, expliquer la formalion de l'hydatide? Il est difficile d'admettre sa production pendant la vie intra-utérine et il est improbable de croire à un développement aussi rapide après la naissance.
Des recherches comparatives faites par les auteurs, il résulte d'après Finsen qu'un douzième des cas concerne des enfants âgés de moins de 10 ans, et, d'après Ponton, que l'affection est surtout fréquente de S ;'i 9 ans (7 fois sur '21 cas). Il semble que les biles y soient plus sujettes que les garçons. Sur les 20 observations réunies par Pontou, 14 concernent des biles. Enfin, chez l'enfant, les statistiques montrent que c'est dans le foie que les hydatides se développent le plus fréquemment : les kystes du l'oie comprennent presque la moitié des tumeurs de même nature développées dans tous les autres viscères réunis.