ÉPAISSEUR
Fœtus 5 mois
Enfant nouveau-né . .
— 8 jours
— i mois à 1 an .
— 5 ans
— 11 ans ....
Homme 27 ans ....
— 4i ans ....
kii. gr.
grammes.
centim.
centim.
centim.
D'après ces recherches et le résultat de 80 autopsies d'enfants entre 5 mois et 15 ans, faites en collahoration avec Vallée, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes : 1° Que le poids et les dimensions de la rate à l'état normal varient proportionnellement à l'âge et aux poids et dimensions du corps. w2° Que le maximum du poids de la rate proportionnellement au poids du corps serait vers l'âge de 8 ans. 5° Que le poids de la rate vers un an étant d'environ 52 grammes, le corps pesant 8 kilogrammes, l'augmentation de poids de la rate serait de 10 grammes par année et par augmentation d'environ 1500 grammes de poids du corps, jusqu'à l'époque où le poids de la rate proportionnellement à celui du corps est le plus élevé, c'est-à-dire 8 ans; et de 6 grammes environ à partir de cette époque. 4° Enfin, que l'accroissement du poids de la rate (qui est à peu près le huitième de celui du foie à y'âge adulte), tout en étant concomitant à celui des autres organes, semhle plus considérahie par rapport au développement total du corps représenté en poids et dimensions.
La rate, relativement volumineuse chez l'enfant, est maintenue en place par les organes abdominaux et par quatre ligaments : gastro-splénique, phrénosplénique; pancréatico-splénique ; spléno-rénal ; ce dernier, inséré en haut au diaphragme, en bas au mésocôlon transverse, forme une concavité qui reçoit l'extrémité inférieure de l'organe. La coloration de la rate chez l'enfant varie du rouge cerise à la teinte lie de vin. Sa consistance est ferme. La structure de la rate infantile ressemble à celle de l'adulte. Les différences portent : sur les cellules lymphatiques de la pulpe, qui ont des dimensions plus considérables que chez l'adulte, et sur les corpuscules de Malpighi.
Ces corpuscules plus développés, plus nombreux, participent au développement plus accentué du tissu réticulé, du tissu adénoïde et des glandes vasculaires sanguines chez l'enfant : ganglions, amygdales, follicules clos intestinaux, thymus. Souvent on voit, chez celui-ci, les ganglions s'hypertropbin en même temps que la rate et la diarrhée, symptomatique d'une altération des follicules clos, venir se greffer sur une splénopathic.
[P GASTOU
Par sa charpente réticulée, par ses travées recouvertes d'endothélium conjonctif, la rate l'ait partie du tissu conjonctif général et se rapproche des séreuses. Par sa richesse vasculairc et lymphatique elle constitue un véritable confluent lymphatico-sangu in, mettant en rapport : la circulation sanguine et lymphatique; les sangs veineux et artériel et la lymphe; les globules rouges et blancs et les cellules lymphatiques.
Ceci explique le rôle physiologique complexe qu'elle joue chez l'enfant. Rôle compliqué encore par ses relations vasculaires avec la circulation générale, surtout la circulation veineuse; et par le voisinage de l'intestin, avec lequel elle partage une vascularisation et une innervation d'origines communes.
La rate a des propriétés inhérentes à son tissu; des fonctions mécaniques qu'elle doit à sa vascularisation et à ses rapports; tandis que, physiologique^ ment, elle est un organe hématopoiétique ; et, pathologiquement, un organe de défense aidant à créer l'immunité.
L'élasticité de la rate explique les rapides variations de volume sous l'inlluenec de troubles de la circulation cardiaque, pulmonaire, ou gastrointestinale. D'où son gonflement pendant les cris, les efforts, la digestion. La rate n'aurait, d'après la majorité des auteurs, aucun rôle actif dans la digestion. A côté de l'élasticité, la contractilité due à l'élément musculaire et sous la dépendance du plexus splénique explique la possibilité d'agir sur la rate par l'intermédiaire de médicaments tels que la strychnine et la quinine.
Le rôle hématopoiétique de la rate chez l'enfant est encore discuté. Pour Ilayem : à partir du 7e mois de la vie intra-utérine, le sang qui sort de la rate ne renferme plus de globules rouges à noyaux et tous ses éléments paraissent être d'origine hématoblastiquc. Les hématoblastes viendraient euxmêmes de la lymphe. Selon Kôllikcr, le foie ne fait des globules rouges que du 2e au 5° mois de la vie intra-utérine. A ce moment la rate produit les globules et le foie les fait passer à l'état adulte. D'après les recherches de FoaetSahioli, de Foa et Carbone, de Bizzozero, la rate succède au foie comme organe hématopoiétique vers le 5e mois de la vie intra-utérine. Luzet attribue à la rate, pendant la période fœtale, la formation de cellules rouges nu» cléées, plus ou moins sphériques. On a dit aussi que la rate produisait des globules blancs, détruisait des globules rouges. Elle est très riche en produits de désassimilation et d'oxydation, en fer.
Quel que soit le rôle qu'on lui attribue dans l'hématopoièse, il ne faut pas oublier que, par sa structure conjonctive et sa richesse lymphatique, la rate se rapproche du tissu conjonctif et du tissu séreux, et que c'est dans le tissu conjonctif, à la période fœtale, que naissent les cellules vaso-lbnnatives de Ranvier, les globules rouges adultes. D'autre part la rate participe aux altérations du l'oie, de la moelle des os et des ganglions lymphatiques dans la genèse de la leucocythémie. La rate, enfin, jouerait un rôle considérable dans le mécanisme de l'immunité, et son hypertrophie serait alors en quelque sorte providentielle dans les maladies infectieuses. Ce rôle serait, d'après Bezançon, dévolu aux corpuscules de Malpighi, dans lesquels a lieu une multiplication de lymphocytes e1 la formation de leucocytes mono et polynucléaires phagocytaires. L'immunisation serait donc le résultat de la pro-
RATE ET SES MALADIES. 2 il
duction exagérée de phagocytes et Bezançon conclut « que la rate est moins un organe de combat, qu'un centre de production, où se fabriquent, pour être portés aux points envahis, les leucocytes phagocytaires, véritables armes défensives de notre économie ».
En 1887, Burdach; en 1891, Sondakewitch, ont montré : que les animaux dératés mouraient plus facilement d'infection; et que, chez eux, les agents pathogènes envahissaient le sang. La rate semble donc pouvoir emmagasiner les microbes. En 1887 Metchnikoffa vu, dans l'intervalle des accès de fièvre récurrente, des spirilles vivantes englobées dans la rate par des cellules phagocytaires. Si la rate emmagasine les microbes, elle peut à un moment donné sous des influences variables les répandre dans l'économie. La preuve en est l'accès de fièvre survenant chez d'anciens paludéens à la suite d'un traumatisme de la rate. Elle peut aussi inonder de leucocytes la circulation, puisqu'elle est, par excellence, un organe leucocytopoiétique (Bezançon); et engendrer ainsi une véritable leucocythéinie (mort rapide, sine matériel, ou par hémorragie, après les ablations de rates hypertrophiées). Par conséquent, si une rate infectée peut créer l'immunité, elle peut aussi devenir la source de véritables septico-pyohémies (leucocythémies) aiguës et chroniques, aboutissant surtout chez l'enfant à une véritable cachexie splénique, caractérisée par l'hypertrophie splénique, l'anémie et ses altérations globulaires et la leucocytose.