III. — DU PANSEMENT DU CORDON OMBILICAL
Le pansement du cordon ombilical a une importance considérable, car fait avec soin il met le nouveau-né à l'abri d'accidents qui peuvent revêtir une certaine gravité.
Avant l'ère antiseptique, voici comment on opérait : « On prend, dit Depaul, une petite compresse carrée, d'environ 10 centimètres, en linge souple et fin; on fait au centre, d'un coup de ciseaux, une ouverture circulaire, assez étendue pour laisser passer librement le cordon. On étend, sur l'une des faces, une petite couche de cérat, de beurre, d'huile, ou d'un autre corps gras, pourvu qu'il soit fiais. On fait passer le cordon par le trou, en ayant soin que la face non graissée corresponde à la peau du ventre; on replie une première fois la compresse, puis une seconde de manière qu'elle représente quatre doubles; on incline un peu le tout vers le côté gauche, et on maintient avec une bande en laine ou en toile fine qui doit
avoir environ trois travers de doigt de large et qui doit être assez longue pour l'aire deux ou trois fois le tour du ventre. » (Depaul, Dlct. des se. méd.\ art. Nouveau-né). Ce pansement présente deux inconvénients :
1° 11 n'est pas antiseptique et par conséquent expose le nouveau-né à des accidents septiques.
2° Il maintient le cordon dans un milieu humide, et nous verrons tout à l'heure que c'est là une mauvaise condition pour la production des phénomènes qui doivent favoriser sa chute.
Pinard a protesté le premier contre cette manière de procéder et avant 1886 il employait dans sa clientèle un pansement fait avec de l'ouate sèche. En 1886, il appliqua ce pansement à l'hôpital Larihoisière et en ville chez ses sages-femmes. En 1887, il l'introduisit à la Clinique d'accouchements où il fut conservé.
Voici en quoi consiste ce pansement qui est seul employé actuellement dans les Maternités de Paris : après avoir baigné, nettoyé et séché le nouveauné, on prend un morceau d'ouate de la largeur et de l'épaisseur de la paume de la main, on le perfore en son centre avec le doigt; le cordon est introduit par cet orifice et l'ouate est ensuite repliée sur lui. On peut mettre une hande pour maintenir le pansement, qui du reste tient sans cela. On changera ce pansement chaque fois qu'il sera souillé. On peut employer soit du coton borique, soit du coton simplement stérilisé. D'après Pinard ce serait l'ouate au bi-iodure ou au sublimé qui donnerait les meilleurs résultats.
Ce pansement remplit parfaitement les trois indications capitales d'un bon pansement antiseptique : il est antiseptique, hâte la momification du cordon, comme nous le verrons tout à l'heure, et se prête aux soins d'hygiène nécessaires à l'enfant. C'est ce pansement qui doit être employé à l'exclusion de tout autre.