LAIT BOUILLI
M. le D' Saint-Yves Ménard croit aussi à la supériorité du lail cru. quand la provenance de ce lait est suit. Mais il fauf lais er parler les faits, l'observation clinique. La plupart des femmes qui, en Normandie et ailleurs, se livrent à l'élevage des enfants, obtiennent avec le lait bouilli plus de succès qu'avec le lait cru.
Le If Drouel (De la râleur el des effets du lait bouilli et du lait cru
dans V allaitement artificiel, Paris, |N!t-J) a i il ré que I ébullition ne
diminuait aucunement, dans I immense majorité des cas, la digestibilité du lait, et que le pouvoir nutritif du lail bouilli était suffisant pour subvenir aux besoins de reniant. Quant à l'appauvrissement en caséine, révélé par I analyse chimique, il Berait un avantage plutôt qu'un inconvénient. L'ébullition du lait devait donc triompher, el en réalité elle esl pratiquée sur une large échelle, aussi bien à la campagne qu'à la ville; elle a été recommandée officiellement par l'Académie de médecine. Cependant le lail bouilli
n'est pas l'idéal et il donne bien des mécomptes. * bi devait chercher el ou 0 trouvé mieux.
En Allemagne, Soxhlet a imaginé un procédé de stérilisation du lait, qui n'a pas tardé à se répandre et qui, perfectionné par d'autre- médecins, rencontre aujourd'hui de nombreux partisans. Le principe de la méthode Soxhlet est le suivant : faire cli îuiiér au bain-marie et à I abri de l'air, pendant un temps suffisamment long, de petits Qacons contenant le repas d'un enfant. Quoique la température, à laquelle le lail esl porté el maintenu pendant 3/4 d'heure ou I heure, ne dépasse pas lui) degrés, le lait est devenu stérile el peut se conserver assez longtemps. En France, MM. Budin, l.eilé. Legay ont imité el perfectionné le procède de M. Soxhlet.
M. Budin a fait construire un appareil qui se compose des parties suivantes : un bain-marié en métal étamé, une série de flacons gradués de contenance variable suivant l'âge de l'entant, des obturateurs automatiques.
Le bain-marie esl une marmite en fer-blanc ou en tôle émaillée, avec support pour isoler les Qacons des parois. Les flacons sont de petites bouteille- graduées par 25 grammes, en cristal blanc; la qualité du verre
permet le chauffage -.ni- crainte de brisure, et -a forme rend le nettoyage
facile. Le goulot assez étroit de ces bouteilles permet l'adaptation d'une tétine ou >U\ galactophore de Budin. On peut avoir des flacons de 50, 100,
150 el 200 grammes de capacité. On peut encore élever la capacité des flacons à I •' litre el agrandir le bain-marie en proportion.
mali' il di l'onm — ! i
y co.vbi' ]
50 riIYSIOLOCIE ET HYGIÈNE DE L'ENFANCE.
Les obturateurs automatiques sont de petits disques de caoutchouc rouge munis sur une des faces d'un appendice central. Le disque s'applique sur le goulot des bouteilles rodé à l'émeri. Lorsqu'il est soulevé et déplacé par l'ébullition, il se trouve ramené en place par l'appendice qui pénètre dans l'ouverture de la bouteille. Pour utiliser l'appareil, on verse dans chaque flacon la quantité de lait nécessaire pour une tétée, sans remplir la bouteille, en ne dépassant pas la division la plus élevée du flacon; on place l'obturateur sur le goulot Tous les flacons ainsi garnis sont mis dans le port» bouteilles, puis dans le bain-marie qui contient de l'eau froide en quantité suffisante pour affleurer le niveau du lait contenu dans les flacons. On couvre et on met sur le feu. On maintient l'ébullition pendant 40 minutes, puis on retire les flacons sans toucher aux obturateurs; on laisse refroidir. A mesure que la température baisse, on voit les obturateurs s'appliquer sur les goulots et se déprimer. Cette dépression est produite par la condensation de la vapeur du lait, et l'obturateur est ainsi fixé par la pression atmosphérique. A la rigueur, on pourrait se contenter de ce mode de bouchage. Pour plus de sûreté, on applique une armature munie de deux crochets sur lesquels on place un til de laiton ou une ficelle; on peut alors sans crainte déplacer et transporter les flacons.
Pour s'assurer que l'opération a réussi, on doit vérifier l'existence du vide par l'adhérence et la dépression des obturateurs, par l'expérience du marteau d'eau. Pour cela, on renverse le flacon et on frappe avec la main d'un coup sec sur le fond; le brusque déplacement du liquide rend un son clair et net.
Quand on veut donner le lait à l'enfant, on plonge le flacon dans l'eau chaude, on débouche, on goûte le lait, et on coiffe d'une tétine ou d'un galactophore. Un flacon débouché ne doit pas servir deux fois. On doit faire la stérilisation chaque jour pour la provision des vingt-quatre heures. Les flacons doivent être conservés dans un endroit frais.
M. Budin et ses élèves ont obtenu des résultats excellents avec le lait stérilisé par ce procédé, à la maternité de l'hôpital de la Charité. Ce lait serait toléré par les nouveau-nés comme par les enfants plus âgés ; presque tous les enfants ont digéré le lait stérilisé pur, sans coupage ; ils l'ont assimilé et ont augmenté de poids; ceux qui avaient contracté la diarrhée en buvant du lait cru ou bouilli ont guéri par la substitution du lait stérilisé. D'après M. Budin, le lait ainsi stérilisé conserverait la saveur du lait frais et il donnerait, par sa précipitation dans l'estomac, des caillots fins analogues à ceux du lait de femme; au contraire, le lait de vache cru se prend en masses épaisses, dures et indigestes.
Les appareils Soxblct, Budin et similaires, ont l'inconvénient du bouchage en caoutchouc qui donne parfois une odeur désagréable au lait.
Avant de stériliser le lait, il faut s'assurer de sa provenance; la stérilisation pare à un danger, l'infection, mais elle ne peut donner au lait des qualités qu'il n'avait pas ou qu'il a perdues depuis la traite jusqu'à la livraison. Ces objections qu'on peut faire à la stérilisation du lait à domicile ont sans doute inspiré la stérilisation industrielle du lait au lieu même de sa production, en Normandie, en Suisse, etc.
Les procédés de stérilisation industrielle sont assez nombreux : les uns portent le luit à une température qui ne dépasse pas 10'2 degrés; les autres vont jusqu'à 110, 115 degrés. Ces derniers donnent une stérilisation absolue, mais ils caramélisent la lactose, et altèrent la couleur et le.goût du lait, qui devient jaune et sent le cuit. On trouve, dans le commerce, du lait stérilisé en Qacons de 150, 200, 300, 500 grammes, etc. Ces bouteilles doivenl être conservées dans un endroit frais, à l'abri de la lumière (cave), et couchées. Placé dans ces conditions, le lait stérilisé se conserve pendant des
semaines et des mois. Il laisse déposer, à la longue, des gr aux de beurre
•pion peut rejeter ou dissoudre par un léger chauffage. Pendant cinq ans, j'ai usé largement du lail stérilisé fourni par le commerce, j'en ai donne jusqu'à 3500 et 1000 bouteilles par an aux cul. ml- qui Fréquentent le di>pensaire de la Société philanthropique (166, rue de Crimée). J'ai montré (Société médicale des hôpitaux de Paris) : que ce lait était bien accepté al bien digéré par la plupart des enfants pauvres privés du sein, nourris avei de mauvais luit; que, grâce ù lui. on pouvait atténuer ou guérir des diarrhées légères ou de moyenne gravité causées par une m.in\ ;i i -.• alimentation. Cependant on a luit des reproches au luit stérilisé industriellement, sur l'incertitude de su provenance, -m- lu mauvaise qualité, but le mauvais goûl de certains Qacons, sur l'intolérance que manifestaient ù moi égard un bon nombre de nourrissons. Il est évident que le Lui de vache stérilisé n est pas l'idéal et qu'il ne saurait entrer en parallèle avec le lait féminin. M. Vigier a essayé de ramener lu composition du lait de vache stérilisé à celle du luit de femme, en enlevant l'excès de caséine qu il contient; c'est le lait humanisé (kumanized mille). Lu méthode est lu suivante : un constate, par l'analyse, qu'un lait de vache donné contient deux fois plu- île caséine que le lait de femme. On luit alors deux parts égales de ce luit, et i l'aide de |,i
présun précipite lu caséine d'une de ce- parts; après lu soustraction de
celle caséine coagulée, on mêle les deux part-, cl nu les stérilise ù l'autoclave ù 1 10 nu 1 1.') degrés. Tel est le Lui humanisé. Ce lait est bon. D'autre
part le H1 Gaertner (de Vit i a obtenu, pur la ceutrifugalion, un Lui
maternisé analogue, décaséiné et sucré. On trouve aujourd'hui tous ce- laits dans le commerce.
(le. tentatives -ont dignes d'encouragements, mais le dernier mut n'est pas encore dit sur cette question. Quoi qu'il en soit, la stérilisation a. au
point de vue île l'allaiti ni artificiel, deux avantages considérables : 1" elle
supprime tout danger d'infection par le luit: 2e elle fait subira lu caséine du Lut de vache une modification moléculaire qui lu rend plus assimilable par les entants en bas âge. l>eux procédé- île stérilisation se partagent actuellement lu faveur des médecins, cl par Buite du publie qui reçoit
leur- conseils et s'inspire de leurs exemples : la stérilisation à d icile.
pur lu méthode de Soxblet, c'est-à-dire le bain-marie ù loi) ou 102 degrés, < i la stérilisation industrielle qui va jusqu'à 1 10. 1 15 d 120 degrés. Quant à la Pasteurisation, qui consiste ù porter le lait à 7."> degrés d à le refroidir rapidement, elle est utile pour conserver le lait, mais elle ne tue pu- tous les germes pathogènes qu'il peut contenu*.
[J COUBT ]
52 nnSIOLOGIE ET HYGIÈNE DE L'ESFANCE.
A tout prendre, la stérilisation du lait est un bienfait hygiénique de premier ordre pour les nourrissons, et elle est de nature à atténuer, dans une laro-e mesure, les dangers de l'allaitement artificiel.
Lait phosphaté. — On cherche depuis quelques années à obtenir un lait naturel, sans produit'pharmaceutique, plus riche en phosphore et en chaux que le lait ordinaire, c'est le lait phosphaté. Le lait de vache de bonne qualité doit contenir, par litre, au moins 5 à 4 grammes de phosphate de chaux, substance indispensable à la bonne nutrition des enfants et à la croissance normale de leur squelette. Les vaches mal nourries donnent un lait peu riche en phosphates. Celles qui reçoivent en abondance de bons fourrages donnent au contraire un lait plus phosphaté. Si l'on fait prendre aux vaches laitières, mêlés à leurs aliments, des phosphates minéraux quelconques, même en quantité excessive, on retrouve tous ces phosphates dans leurs déjections; il n'en passe pas un atome dans le lait. Mais si ces mêmes vaches laitières reçoivent des fourrages riches en phosphates, c'est-à-dire des phosphates de chaux préalablement assimilés par les plantes, alors le lait s'enrichit. Ces expériences ont conduit les agronomes à la production naturelle du lait phosphaté.
Pour obtenir un lait qui, au lieu de 5 à 4 grammes de phosphate de chaux, en contienne 6 à 7 grammes, il faut fumer les prairies naturelles on artificielles avec des phosphates ou des superphosphates, de façon à donner aux fourrages une teneur exceptionnelle en acide phosphorique. Voilà comment nous trouvons aujourd'hui, dans' le commerce, des laits phosphatés, les uns frais, les autres stérilisés. Ces laits conviennent surtout aux enfants délicats, anémiques, rachitiques. Ils constituent le meilleur mode d'administration du phosphate de chaux pour les enfants du premier âge.
La question de la richesse phosphatée des laits de vache a été bien étudiée par M. Jolly (Société de médecine pratique, 1er décembre 1892). Tout le monde est d'accord, dit-il, pour proclamer que la richesse d'un lait en tous ses principes constituants est en rapport direct avec celle, des aliments fournis à l'animal. C'est pourquoi, dans les fermes où les vaches sont nourries avec un soin particulier, nous voyons la richesse phosphatée des laits osciller autour d'une moyenne de 4 grammes par litre qui peut répondre largement à tous les besoins d'un enfant. Par contre, chez les paysans qui n'ont qu'une vache et peu ou point de terres, celle-ci n'a, pendant l'été, pour pâturage, que l'herbe maigre qui pousse le long des chemins, dans les terres incultes et dans les bois; aussi le lait est-il d'une pauvreté telle que la quantité de phosphate descend au-dessous de 1 gramme par litre. 11 est certain qu'un lait de ce genre ne peut être qu'un aliment insuffisant pour des enfants. L'analyse d'un lait provenant d'une vacherie de la banlieue de Paris n'a donné que 1 gr. 05 de phosphate de chaux par litre; ce lait était mauvais pour l'alimentation. M. Jolly considère comme impropre à l'alimentation des enfants tout lait contenant moins de 2 crammes de phosphate de chaux par litre.
Succédanés du lait. — (Substances destinées à remplacer le lait ou à renforcer son action dans V alimentation artificielle des jeunes
HYGIKSE HE 1/ESFA5T. 53
enfants). Frappés des inconvénients que l'usage du lait de vache, surtout avant la stérilisation, pouvait avoir sur le développement et la santé des nourrissons, certains médecins se sont ingéniés à chercher des substances plus ou moins complexes assimilables par les enfants en bas âge. Ces efforts, que nous devons rappeler, n'ont pas tous été couronnés de succès. Nous allons passer en revue les principales substances utilisées.
Lait condensé. — Le lait condensé est du lait de vache qui a été réduit. par évaporation dans le vide, au ruait ou au cinquième de son volume; c'esl du lail dont l'eau a été' enlevée, de sorte que. pour le reconstituer, il
suf'lil d'ajouter au lait condensé i ou 5 fois son volume d'eau. Le lait condensé suisse contient, outre les principes naturels du lait, une certaine quantité de sucre de canne (75 grammes par litre). Voici sa composition pour 100 :
Eau '.!•"> grai unes
Albumine et caséine I- —
Graisse 10 —
Sucre de lail 13
Sucre de canne 59 —
Sois -1 —
Total . Uni gramn es
L'insuffisance des matières azotées de ce lail a porté Demme à l'étendre d'eau albumineuse II gn ne d'albumine par litre).
Kn France, on fabrique actuelle ni un lail condensé naturel, sans
addition de sucre, on avec addition de très peu de sucre Ce produit est excellent comme aliment, comme conserve, mais son usage dans l'allaitement des nouveau-nés ne peut donner que des déboires. Tout au plu» pourrait-il servir d'aliment de transition, au mo ni du sevrage; car ion goût
sucré, sa consistance mielleuse, qui le fonl ressembler à une sorte de confiture, el enfin sa haute valeur nutritive justifieraient alors son emploi dans quelques cas. Pour l'allaitement artificiel proprement dit, le lail stérilisé doit cire préféré au lait condensé. Quand on \ >ut se Bervir du lail condensé, on le délaye avec une certaine quantité d'eau bouillie variable suivant I àue [0 cuillerées d'eau pour une de lail condensé avant 5 mois, J à li cuillerées d'eau pour une de lait après cet âge.
Farine lactée. — La farine lactée esl un produit très répandu à base de
lait et de l'urine de blé. Elle s'obtient par la concentration du Lui dans le
vide el par l'addition de pain torréfié et de sucre. Sa composition varie sin\.inl les marques, mais les matières amylacées remportent sur toutes les autres el la rapprochent des féculents. Voici la composition moyenne de la farine lactée :
Amylacées 79,01
Alliiiiiiinoïdes 0,N.*>
Substances grasses 5,67
Sels minéraux 2,17
Eau \.-.n
(j coitzr .]
La farine lactée de Nestlé se préparerait de la façon suivante : on porte la farine de blé à 220 degrés, on ajoute du sucre en poudre, on émulsionne avec le lait de vache, et on obtient par l'évaporation une poudre blanc grisâtre qui, diluée au quart dans de l'eau, doit contenir 252 grammes de substances organiques et 5 grammes d'azote par litre. On fait, avec cette farine, des bouillies (1 cuillerée de farine pour 5 cuillerées d'eau) qui peuvent servir d'adjuvant au sein et au biberon, surtout au moment du sevrage. Mais l'emploi prématuré de ces bouillies peut être funeste.
Farine d'avoine et avenaline. — La farine d'avoine d'Ecosse, très recommandée dans les pays de langue anglaise, contiendrait, d'après ses promoteurs, des principes excitants et fortifiants qui manqueraient à la farine de froment. Elle sert à faire des bouillies au lait que certains enfants aiment beaucoup. Sous le nom à.' avenaline, on a préconisé un gruau d'avoine torréfié et diastasé, qui rappellerait la fromentine. Mais, en France, l'avoine ne joue qu'un rôle très restreint dans l'alimentation des entants du premier âge.
Farine de maïs, maïzaline. — La farine de maïs ou maïzaline, tirée du maïs jaune de Bourgogne (Zea maïs subprsecox), contiendrait 12 pour 100 de principes azotés, 8 pour 100 de substances grasses, 5 pour 100 de sels, sans parler des féculents et du sucre. On fait, avec cette farine (2 à 3 cuillerées à café par tasse de lait), des bouillies acceptables.
Bouillies à la farine de froment, à la crème d'orge, de riz, etc. — On employait beaucoup autrefois les bouillies au lait faites avec la farine de froment séchée au four; on étend la farine sur une assiette et on perle à une haute température, qui li dessèche et la stérilise. Ces bouillies sont plus riches que les bouillies de fécules de pommes de terre; elles sont moins riches que les préparations de fromentine, substance tirée de l'embryon du blé et qui a pour composition :
Albuminoïdes . . . . 51,51
Amylacées. ..... .... 21», 08
Sels . ... 0,98
Cellulose .... ... . 12,05
Cette substance conviendrait spécialement aux enfants très délicats, elle doit être délayée dans l'eau avant d'être portée à l'ébullition avec le lait ou le bouillon. Les bouillies faites avec l'orge seraient plus laxatives que les précédentes et se prescriraient dans les cas de constipation.
Crème de Biedert, crème de Liebig. — La crème de Biedcrt, liés connue en Allemagne, est un lait artificiel, de composition assez simple :
Lait pur 1/4 ,ie litre
Eau ... , 3/4
Sucre de lait . . . . 15 grammes
Ce lait étendu et sucré est préférable à la crème de Liebig, dont la préparation est plus délicate cl l'emploi plus dangereux.
Un fait bouillir, jusqu'à consistance mielleuse, 16 grammes de farine de
froment avec 100 grammes de lait écrémé; on triture 16 grammes d'orge germée avec ~>'l grammes d'eau el •" grammes d'une solution de bicarbonate de potasse à J pour 100. On fait bouillir le tout et on passe au tamis. Cette mixture n'a pas donné de lions résultats.
Panades de biscottes, etc. — Les panades sont des aliments un peu plus lourds, mais plus nutritifs que les crèmes et les bouillies de farine. Elles conviennent à des enfants plus âgés et jouent un grand rôle au moment du sevrage. Elles se préparent en délayant du pain dans l'eau ou dans le lait, et en faisant bouillir avec un peu de beurre et de sel. Pour rendre la panade plus riche, on peut y mêler un jaune d'oeuf ou un œuf entier. On ne doit employer, pour les panades, que le pain grillé ou les produits connus en boulangerie sous le nom de biscottes de Bruxelles, Grissini, etc. Les biscottes soni des tranches de pain de gruau avec légère addition d'œuf et de beurre, qu'on a portées au Inur de façon à torréfier leurs deux faces. On fait aussi des biscottes de légumine, plus riches el pliiN azotées que les précédentes, soit avec la farine des légumes Becs (haricots, fèves, pois, lentilles), soit avec l'embryon du 1 » 1 « '■ et les graines de certaines plantes papilionacées.
Les Grissini sont de petites baguettes de pain ne contenant pour ainsi dire que de la croûte, et par conséquent très favorables à l'alimentation îles jeunes enfants. <tn peu! en faire des soupes ou des panades au beurre, au lait, au bouillon. Les enfants peuvent même les sucer el tes mâchonner.
Racahout et similaires. — Le raeahoul des Arabes esl a base de riz, de fécule, de cacao el de salep; il a pour composition :
Cacao torréfié , .... I
Fécule de i o de terre Sa 60 grammes
I ;:i ino <lc riz \
Salep. .... I.'i grammes
Sucre 25 —
Vanille ....... I gramme
Le Balep, farine retirée des tubercules el rhizomes de certaines orchidées (Orchis bifolia), manque dans certaines formules :
Cacao torréfié . . ... 15 grammes
Fécule île i" es de terre . I .- ...
Fécule de ru |
Sucre. 60 —
\ anille . - amme
La phosphatine b'alières est un mélange de farine de ri/., tapioca, fécule de pommes de terre, arrow-rool à parties égales, plus cacao, sucre el phosphate de chaux (20 centigra s de phosphate bicalcique par cuillerée à
soupe). Celte farine, très analogue au racahout, donl elle offre le goût, en diffère par I absence de salep, la présence de tapioca el d'arrow-root, l'addition de phosphate de chaux. Ces différentes spécialités servent à faire des bouillies au lait que les enfants aiment beaucoup en général, et dont ils se tassent moins vite que des autres farines.
Arrow-root. — L'aiTow est une fécule extraite des rhizomes de plantes cultivées a la Jamaïque (Haranta îndica, Haranta arundinacea). C'est une
poudre très fine qui sert à faire des bouillies au lait assez agréables. Elle a l'inconvénient d'être pauvre en substances albuminoïdes. On peut la rendre plus riche en la mêlant à d'autres substances, qui la rapprochent alors des racaliouts. Le mélange de Husson a eu son heure de vogue, et sa formule doit être rappelée :
Arrow-root ■ j
Farine d'avoine ; àà 500 grammes
Sucre. . - . - . j
Sagou - . . . 400
Cacao . . IM 50
Phosphate ne chaux . . . , )
Vanille ......... . = -'.. 1 gramme.
Semoules, tapioca, sagou, etc. — En broyant incomplètement les céréales (blé, orge, riz), et en les débarrassant des parties corticales à l'aide d'appareils spéciaux, on obtient les semoules, qui peuvent servir à faire des potages au bouillon et au lait, bien tolérés par certains enfants.
Le sagou, le tapioca, sont des fécules retirées de la moelle du sagouier (Sagus farinacea) pour le sagou, de la racine du manioc pour le tapioca, dit encore sagou blanc.
Aucune des substances simples ou complexes, que nous venons de passer en revue, ne peut prétendre à remplacer le lait de femme ni même le lait, de vache. Employées prématurément, elles conduisent rapidement les nourrissons à la dyspepsie, à la gastro-entérite, à l'athrepsie, etc. Le seul abus du lait condensé et des aliments artificiels a fait naître en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, aux États-Unis, une maladie scorbutique que notre collaborateur Barlow a bien voulu décrire pour cet ouvrage. Il y a donc un véritable danger à employer avec excès et intempestivement les substances alimentaires autres que le lait frais. Ces substances peuvent servir à préparer le sevrage; ce sont des aliments de transition, qui donnent de bons résultats quand ils sont employés avec discrétion, et concurremment avec le lait, qu'ils peuvent aider, qu'ils ne doivent pas remplacer brutalement et complètement, du jour au lendemain.
Incubation des nouveau-nés, couveuses. — Les enfants nés prématurément, faibles de constitution, ont été soumis par M. Tarnier à une véritable incubation, qui a permis d'en sauver un grand nombre. On s'est d'abord servi de caisses en bois rappelant les appareils employés pour l'éclosion artificielle des œufs. Puis on a perfectionné ces instruments, on a même été jusqu'à la création de véritables chambres incubatrices pouvant servir à plusieurs enfants à la fois (Hôpital des Enfants trouvés de Florence). A la couveuse en bois de Tarnier, M. Lion (de Nice) a substitué une couveuse métallique à régulateur automatique. Tous ces appareils sont excellents et ont sauvé bien des existences.
L'enfant est tout habillé dans la couveuse; on l'en retire toutes les deux heures pour le nettoyer et l'allaiter, en le laissant exposé le moins possible à l'air relativement froid de la chambre. H y a, en effet, dans la couveuse, suivant les cas. 50, 55, 37 degrés, tandis que la température moyenne des
HYGIÈNE DE l/ENFAST. 57
appartements ne dépasse pas 18 degrés. La durée du séjour dans la couveuse varie suivant les cas: elle peut être seulement d'une à deux semaines, elle est parfois prolongée jusqu'à un mois, cinq semaines. L'enfant restant faible. dormant, ne criant pas dans la couveuse, il n y a aucune indication de l'en retirer. Au contraire, s'il prend des forces, s'il crie quand on le met dans la couveuse pour s'apaiser quand on l'en sort, cela est un signe que l'incubation esl désormais superflue.
Si les enfants maintenus dans une couveuse à 50 ou 52 degrés s'engourdissent et n'augmentent plus de poids, on abaissera la température à "28 ou à 25 degrés, et on pourra les voir reprendre. Un pourrait encore, à l'exemple île Bonnaile, en cas de faiblesse persistante el de rvanose du nouveau-ne.
faire passer un courant d'oxygène dans la couveuse. Quand on devra retirer délinilivement le nouveau-né de la couveuse, on aura soin de ramener graduellement la température de celle-ci au degré constaté dans la chambre.
pour éviter les rhumes et autres conséquences d'un refroidissement brusque.
La couveuse rend de très grands services, seulement aux enfants prématurés ei atteints de faiblesse congénitale, mais encore ,i ceux qui ont de l'œdème, du sclérème, île la cyanose. De I S7 7 à 1880, avant l'emploi de la
COUVeuse, 1 M 1 enfants sont i Is de sclérème ;'i |;i Maternité de l'ari*: de
1882 à 1885, l'emploi de la couveuse a fait tomber ce chiffre à !i. D'après les relevés faits par M. Tarnier, sur il) enfants de I (Kilt ,i I 500 grammes incubés, il y a eu 12 survivants el 28 morts (7(1 pour 100 de mortalité);
sur 151 enfants de 1501 à 2000 grai s. on a compté 96 9urvivantB ci
35 morts (26,7 pour 100 de mortalité); sur 112 enfants de 2001 a 2 500 grammes, il y a eu MU survivants, Il morts (mortalité de !'.s pour 100). Âuvord a n lié que les enfants d'un poids inférieur a 2000 grammes
mouraient dans la proportion de (ili pour |(MI à la Maternité avant la couveuse; depuis, la proportion s'est abaissée à 56,8 pour 100. Avant l'emploi combiné >\n gavage et de la couveuse, ions les enfants ni ;^ .i ii mois mouraient, tandis qu'on en sauve aujourd'hui •">() pour 100. Avant la couveuse. il ne survivait pas plus de .">!• pour 1(11) des enfants nés à 7 mois, et
78 pour I(K) nés à 8 mois; aujourd'hui on en sauve 77 et 88, 8 pour 100. Ces chiffres sont concluants.
Le D' Villemin (Soc. obstétricale, 1894) a pu sauver, grâce à la couveuse, une enfant qui n'avait pas plus de 2i à 2li semaines de vie intrautérine, el dont le poids était inférieur à 1 000 grammes. Cette petite tille, née le I ï mai. est enveloppée de coton et mise dans la couveuse .i 37 degrés. Le 17 mai. le poids est de 955 grammes; le 20 mai, il s'abaisse i !)(ii) grammes. Le 10 juin, la longueur du corps est de 58 centimètres, le périmètre thoracique de 20 centimètres. Pendant les (i premières semaines, l'enfant ne | I prendre que du lait à la cuiller. A partir du 2 juillet, die prend exclusivement le sein (tilt grammes par tétée). Le 31 juillet, après 2 mois I 2. la couveuse est supprimée. A l'âge de 21 mois, I enfant a ."il centimètres de
taille, 9425 gra SS de poids; elle m, in lie bien, elle a toutes ses dents.
(. lie entant, sauvée par la couveuse, n'avait pas été considérée comme viable, ei. légalement, elle ne l'était pas.
[/ coacr ]
03 PIIlSmOGIE ET HYGIENE DE L'ENFANCE.
Chambres, literie, meubles d'enfants. — Les chambres dans lesquelles couchent les enfants doivent cire spacieuses, bien aérées, bien éclairées. Chaque enfant doit disposer d'un cube d'air de 15 à 20 mètres; il faut assurer le renouvellement de cet air par une bonne ventilation. Pour cela un ouvrira largement les fenêtres en hiver, quand l'enfant aura quitté la chambre; en été, on pourra laisser une fenêtre entr'ouverte la nuit, en abaissant les grands rideaux, pour empêcher l'air frais d'arriver directement sur l'enfant.
Un bon moyen de ventilation est assuré par les cheminées à feu de bois. Ce mode de chauffage est préférable à tous les autres. Le chauffage à la houille, au coke, au gaz, et surtout par les poêles mobiles, dessèche l'air et expose à des émanations désagréables ou dangereuses.
Les chambres d'enfants doivent être bien exposées et bien éclairées. En France, la meilleure exposition est celle qui regarde le sud, le sud-est, le sud-ouest. L'exposition au nord est froide et exige un chauffage intense pendant l'hiver.
Pour que l'air, la lumière solaire, pénètrent facilement dans la chambre et inondent sans obstacle tous ses recoins, on supprimera les tentures, paravents et meubles inutiles. Le mobilier sera réduit à sa plus simple expression. L'éclairage artificiel sera assuré par la bougie, qui consomme peu d'oxygène et dégage peu d'acide carbonique. L'éclairage au gaz, au pétrole, à l'huile, vicie l'air, le dessèche et répand souvent de mauvaises odeurs. L'éclairage électrique est préférable. Les veilleuses à l'huile, dont on se sert la nuit, dans les chambres d'enfants, ont l'inconvénient de charbonner et de n'être pas inodores.
Quand un enfant sera malade, on le changera de chambre, chaque jour, si cela est possible, de façon à aérer largement et assainir la chambre qu'il vient de quitter.
On s'assurera, avant d'occuper les chambres d'enfants, qu'elles ne sont pas exposées à des émanations putrides (éviers, cabinets d'aisance), qui pourraient altérer l'air respirable et donner parfois des accès de fièvre.
En hiver la température de la chambre sera, autant que possible, portée à 15 ou 16 degrés; en été, on s'efforcera de la maintenir à 18 ou 20 degrés'.
Les chambres d'enfants doivent être dépourvues de tapis, d'étoffes; elles doivent être parquetées simplement, de façon à pouvoir subir un lavage complet. Sur le parquet de chêne ou de sapin, on pourra faire appliquer un tapis de linoléum qui le recouvrira complètement. Ce revêtement permet le lavage complet et la désinfection en cas de besoin, tout en amortissài chutes.
Les foyers (cheminées ou poêles) seront entourés de grillages en ' fer. solides, fixés au mur, pour prévenir les chutes dans le l'eu et les bu (garde-feux). Quand l'enfant grandira, on mettra également un grillajj fenêtres.
Berceaux et lits d'enfants. — On se sert, pour coucher les non nés, de berceaux ou petits lits ovalaires, dont les variétés sont innombi Dans les campagnes, ce sont des cages, des paniers en osier ou en bois, Ira
HYGIÈNE DE l.'ENFANT. 50
lias et portatifs. Les enfants sont maintenus étroitement serrés dans ces berceaux primitifs et malsains. A la ville et dans les classes aisées, on a renoncé aux berceaux l>as, aux corbeilles Moïse, et on leur préfère à juste titre lis berceaux en fur, avec (ilet, sur lequel la literie de l'enfant est pour ainsi dire suspendue. (1rs berceaux pour les tout petits, comme les lits pour les plus grands, présentent une flèche qui permet d'entourer la couchette d'un lilel protecteur ou parachute.
Dans quelques campagnes, le berceau ne contient aucune pièce de literie, mais seulement du son, au milieu duquel 1 enfant est plongé tout nu; les déjections s'amassent en boules (pion peut aisément retirer. L'élevage dans le s malgré' certains avantages hygiéniques, est peu répandu.
On garnit les berceaux avec les objets suivants : étoffe blanche de piqué allant au lavage pour tapisser le fond, matelas de varech ou de crin, paillon de balle d'avoine, drap de toile; sur ce drap de toile on place un feutre «'•pais recouvert lui-même d'un autre drap de toile, pour empêcher les déjections de souiller le matelas. On recouvre l'enfant avec des couvertures de laine, de duvet; sa tête repose BUT 'eillrr de crin. On peut entourer le
lit ou le berceau de rideaux en tulle, en étoffe percée à jour; mais il faut s'abstenir de ces transparents en satinette qui, bous prétexte d'atténuer ta crudité de la 1 1ère, empêchent le re ivellement de l'air.
L'enfant est couché sur le côté gauche de préférence, et non sur le dos, afin <pio le lait qui pourrait être vomi soit aisément évacué et ne passe pas dans le-; voies aériennes; car on a vu des enfants asphyxiés par des caillots de lait.
I. enfant doit coucher seul dans Bon lit, autant que possible; la promiscuité «lu lit et de la chambre est fâcheuse, surtout [mm les enfants de sève
différent, quand ils mit dépassé 1 âge de (i ou 7 ans. lies cet âge, il est mê
bon <pi ils ne couchent pas dans la même chambre que leurs parents. Il y a là des questions d'hygiène physiq t morale sur lesquelles il est inutile
il insister.
I. enfant ne doit pas partager le lit de son père ou de s.i mère, encori
moins doit-il coucher avec les bonnes et les domestiques. Quand l'enfant est
très jeune, il peut être étouffé accidentellement par s,i mère ou s, ni liée;
on dit qu'à Londres il meurt par an près d'u illier d'enfants ainsi
étouffés dans le sommeil commun, (le serait surtout dans |,i nuit du samedi au dimanche, dans la nuit de .Noël, après les festins et le- libations des jours de fêle, que I accident se produirait.
Meubles d'enfants. — Les meubles destines aux infinis doivent être
simples, stables et solides, exposant le moins possible .111 renversement e|
aux chutes. Les chaises basses, les fauteuils, seront eu bois, le siège étant canné' ou en paille, non rembourré, ni revêtu d'étoffes. Les sièges capitonnés el à ressorts. incess;ii eut souilles par les enfants, sont donc inférieurs aux autres au point de vue h\ giénique. Les chaises basses, comme les
fauteuils ('levés, devront être munis de tablettes qui empêcheront l'enfant de
tomber en avant tout en lui permettant d avoir c modeinenl devant lui
lea Objets dont il a besoin | assiettes, jouets, etc.). Lis tables d'enfants
[J. COMBY }
CÛ PHYSIOLOGIE ET HYGIÈNE DE LENFAKCE.
doivent être basses ou les sièges élevés ; on trouve des meubles composés (table et chaise). La chose importante est que ces meubles aient une grande stabilité; on l'obtient en écartant les pieds, c'est-à-dire en élargissant la base de sustentation.
Les ustensiles qui servent aux repas doivent être l'objet d'une surveillance spéciale; je ne parle pas seulement des casseroles et plats servant à la cuisine, et dont rétamage ou l'émail doivent être intacts, pour ne pas donner aux aliments des qualités nuisibles. J'ai en vue surtout les couverts, assiettes et gobelets, dont la l'orme et la composition sont à considérer. Les enfants très jeunes ne boiront pas dans des verres ordinaires, qu'ds ont trop de tendance à briser, mais dans des timbales d'argent ou de vermeil, qui ne pourront pas les blesser. Les gobelets d'étain, qui contiennent toujours du plomb, sont à écarter. Les assiettes devront être incassables (métal éinaillé). On ne leur laissera au début, ni couteaux, ni fourchettes, qui pourraient les blesser.
Vêtements. — La question des vêtements a une grande importance, surtout dans nos pays tempérés, humides ou froids. Il faut vêtir chaudement les enfants, et d'autant plus qu'ils sont plus jeunes, mais il ne faut pas les emprisonner dans ces maillots qu'on employait autrefois et qui, aujourd'hui, sont justement battus en brèche et de plus en plus délaissés.
Maillot. — Le maillot, auquel J.-J. Rousseau a t'ait la guerre, n'est plus en honneur dans les classes éclairées; mais il conserve, dans le peuple, d'obstinés partisans. Il remonte d'ailleurs à la plus haute antiquité. Si les Egyptiens, les Lacédémoniens, les Chinois, les Japonais, les sauvages, laissaient ou laissent encore leurs enfants à peu près nus ou très libres dans des vêtements larges et flottants, il faut reconnaître que les Romains pratiquaient l'emmaillotage serré avec des bandelettes qui portaient le nom de fascise. Plus tard, ils laissaient libres les bras, puis les jambes. En Italie, on conserve encore l'usage d'entourer le maillot de véritables bandes qui entravent tout mouvement. En France, au moyen âge, on emmaillotait les enfants à la romaine, c'est-à-dire qu'on les ligotait d'une façon barbare.
Si l'on tient à conserver le maillot, il faut au moins supprimer les bandelettes, le ligotage antique, et laisser à l'enfant un peu do liberté. On ne devra ni trop rapprocher les jambes l'une contre l'autre, ni serrer trop fort les pièces du maillot, ni emprisonner les membres supérieurs. Une recommandation capitale à adresser aux nourrices, c'est de n'employer, pour tenir les pièces de vêtements, aucune épingle ordinaire, mais seulement des liens d'étoffes ou des épingles doubles, dites épingles anglaises, épingles de nourrices, épingles de sûreté.
Les différentes pièces du maillot sont les suivantes : une chemise de toile ou de batiste, assez courte, fendue par derrière, une brassière de laine, une brassière de piqué ; ces trois pièces se mettent l'une sur l'autre, dans l'ordre indiqué; un lange de toile triangulaire placé derrière les reins et replié entre les cuisses; un lange carré de flanelle ou de coton, parfois les deux (quand il fait froid), pour entourer le tronc, les membres inférieurs, et former une sorte de cylindre aisément portatif. « Le maillot, disent Tar-
HYGIENE DE LEKFAST. 61
nier et Chantreuil, ne doit pas exercer de constriction à la partie supérieure du thorax, car il gênerait les mouvements respiratoires et déterminerait I asphyxie, ainsi que cela a été observé. Il faut aussi faire attention à ce qu'il ne fasse pas un bourrelet dans faisselle, car il comprimerait les vaisseau-: axillaircs, ee qui amènerait un gonflement des membres supérieurs, particulièrement des mains, comme nous en avons été témoins plusieurs fois.
« Les lances dont nous venons de parler dépassent de beaucoup la longueur du corps, on les plie à quelque dislance des pieds de l'enfant, et l'on en relève la portion inférieure qu'on fixe à la partie qui forme ceinture autour ri 1 1 corps.
« Nous ne saluions trop répéter que lorsqu'on emmaillote les enfants, il l'.iiit \ ciller à ce qu'ils puissent remuer fas bras et les jambes : c'e8l nie' île-;
conditions le- plus importantes de leur développement et de leur accroissement. Il fuit de plus les démailloter el changer leurs couches le plus souvent possible, de manière que 1 urine el les matières fécales ne restent pas en contact avec la peau des fesses et des cuisses, ce qui amènerait un érythème et même une ulcération de ces parties. »
Habillement à l'anglaise. — Le maillot a presque partout cédé le pas à l'habillement à l'anglaise, qui lui est bien supérieur au point de vue hygiénique. Quelques personnes cependant, toul en préconisant le système anglais, gardent le maillol pour les premiers jours, ou pour la nuit, prétextant que reniant, en hiver surtout, risque moins, ainsi ficelé, de se refroidir. Je ne crois pasà l'utilité du maillot, même les premiers jours, même l'hiver. En résumé, voici comment l'enfant, dans l'appartement, doit être \eln :
Télé nui', pas de bonnet, partant pas île conloiis qui serrent le ion,
l'irritent, amènent des suintements, de l'érythème; bande de flanelle ou
ceinture entourant le \enlre pendant les |>remières s,. inaines; chemisebrassière en loile. brassière de flanelle, brassière de eolon dite piqué; ces
trois pièces mises l'une dans l'autre, ouvertes par derrière, se passent à la
lois; mi peut placer la main de l'enfant dans un cornet de papier pour laci-
liter le glisse ni el l'introduction du bras.
Pour couvrir le bas t\u corps, on se sei I d'une couebe. d'une culotte de flanelle ou de colon, suivant la saison, de bas el de chaussons de laine, et
ou recouvre le toul d'une robe de flanelle sans manches el d'une robe de
linge, dite cache-maillot. La couche est pliée en triangle; on fixe à la base
i trian ;le, par un de ses angles, un carré de tissu éponge et la culotte;
ces trois pièces sont maintenues à laide dune épingle anglaise. La base
du triangle est abus placée sur le dos de ! entant, par-dessus les brassières; le sommet du triangle esl ramené par devant, entre les jambes; les angles latéraux sont aussi ramenés el croisés sur les cuisses de l'enfant. De cette façon, les membres, séparés par la couche, ne peuvent frotter l'un contre l'autre. La culotte a. comme la couche, une forme triangulaire, à pointes émoussées. Elle est munie de boutons et de boutonnières qui permettent île fixer h' sommet de L'angle inférieur, ramené en avant, à la portion qui forui • ceinture, et les bords de cet angle aux partie; latérales.