COI.BY
On ajoute souvent une petite culotte en toile de caoutchouc, de même forme que la culotte en flanelle. Cette pièce imperméable, utile surtout quand l'enfant est habillé pour sortir, empêche les robes d'être souillées par les urines; mais elle ne doit pas empêcher de changer l'enfant fréquemment; sans cela, les liquides et les matières fuseraient dans le dos, mouilleraient la chemise et les brassières, et exposeraient l'enfant au refroidissement.
Quand on sort l'enfant, on lui met une robe à manches qui couvrent les bras jusqu'aux poignets; cette robe est montante. Dans la méthode américaine, qui est la méthode anglaise outrée, les robes sont décolletées et sans manches, de sorte que les enfants ont le cou et les bras découverts. Avec ce système d'habillement, les enfants conservent, dès la naissance, la liberté de leurs bras, de leurs jambes, ils ne sont serrés en aucun point, ils respirent librement et se meuvent sans entrave.
Yeut-on sortir l'enfant, on lui met sur la tète une capote, sur le visage une voilette, sur le vêtement une pelisse plus ou moins chaude suivant la saison, au besoin ouatée. En agissant ainsi, on est sûr que l'enfant ne se refroidira pasplus que dans le maillot le plus serré. La nuit, si la température extérieure est très basse, on met des boules d'eau chaude dans le berceau. Tel est le vêtement des premiers mois. Quand l'enfant commence à marcher, on fait subir quelques modifications à son costume. Il conserve toujours la culotte et le lange de toile, mais il porte une robe plus courte, sur laquelle il ne risque pas de buter en avançant. Cette robe sera en laine, en tricot ou bien en coton, en piqué, suivant la température. Les chaussons de laine seront remplacés par des souliers en cuir souple, puis par des bottines à tiges. Plus tard la robe prendra plus d'ampleur et d'élégance, elle sera doublée d'un jupon de calicot ou de finette. On emploie, pour maintenir les culottes, un corset rudimentairc, non lacé, mais à boutons; cette pièce est utile et n'offre aucun inconvénient, car elle ne serre pas.
Quand l'enfant marche tout seul, il est plus exposé à se refroidir que lorsqu'il est porté dans les bras. Il devra donc être bien couvert, et je ne crois pas à la nécessité de lui laisser les jambes nues, comme le veulent certaines personnes, à moins qu'il ne fasse très chaud. On lui mettra des bas de laine remontant jusqu'aux cuisses, et en hiver il portera des guêtres en drap, en tissu jersey ou en cuir. Les bas seront maintenus par des liens attachés au corset, non par des jarretières. En même temps il aura des pantalons de laine, de coton ou de finette, suivant la saison. Quand l'entant aura 4 ou 5 ans, on pourra le mettre en culotte, c'est-à-dire qu'on laissera de côté la robe, s'il s'agit d'un garçon, pour la remplacer par un petit costume complet en drap ou en lainage, sur lequel on pourra passer une blouse américaine ou un manteau.
Quand l'entant commence à être propre, qu'il n'est plus exposé à salir ses draps, on le fait coucher dans une longue chemise de nuit qui, dépassant de beaucoup ses pieds, et s'enroulant autour d'eux, l'empêche de se découvrir et de se refroidir. S'il fait froid, on aura soin de mettre, sous la chemise, une petite camisole de flanelle ou de jersey, et autour du cou, un fichu de soie pouvant se ramener et s'attacher derrière la taille. Du reste, pas
plus de bonnet la nuit rpie le jour. L'enfant ayant pris l'habitude d'avoir la tète nue. ilès s;i naissance, ne s'enrhumera jamais faute de bonnet.
Faut-il habituer les cillants à porter des gilets ou des chemises de flanelle ? Quand ils sont délicats, exposés à s'enrhumer à la suite de transpirations, rhumatisants ou (ils de rhumatisants, il sera bon de leur mettre un gilel et même une chemise de flanelle. C'est un bon préservatif contre les refroidissements, et d'autant plus utile que l'enfant sera plus joueur et plus ardent aux exercices du corps. Il est vrai <pie l'usage de la flanelle devient une habitude avec laquelle il est difficile et imprudent de rompre. Pour les e : robustes, la flanelle est inutile.
Les enfants ne doivent jamais cire serrés par leurs vêtements; on s'assurera que les pantalons n'étreigneni pas le ventre; il devront être larges à la ceinture et maintenus par des bretelles. Le port de courroies ou de liens constricteurs doit être absolument interdit, car il expose à des compressions fielleuses. Les gilets, vestes ci robes ne doivent pas plu^ gêner et comprimer les organes <pie la ceinture des pantalons; c'esl surtout au niveau des aisselles et du cou qu'on donnera de l'aisance aux vêtements, pour assurer la liberté de la circulation el de la respiration. Les cravates seront lâches quand
On e élira. Les chemises seront à col rabattu OU sans Col chiv les petits
enfants; on protégera le cou par un petit foulard de soie, en hiver.
Pour les jeunes Mlles, il faul retarder le plus possible le porl <lu corset.
.le ne parle pas lie ce semblant de corset ipi on llicl à tOUS les enfants el qui est plutôt 1 BOrte de ceinture nu «le bretelle complexe ilesl inée à fournir
une attache cl un point d'appui aux différentes pièces du vêtement, mais bien de cet appareil constricteur destiné à soutenir les seins ci à serrer la taille. On a trop de tendance à abuser de ce dernier et il faul en Burveiller
l'emploi che/. la jeune fille qui u'esl pas encore nubile. Les corsets imp
serrés gênent l'action du cœur ci des poumons, abaissent le foie et le rein. favorisent l'entéroptose ci la dyspepsie.
Coiffure, hygiène de la tête. — Les nouveau-nés el les nourrisson auront, dans l'appartement, la tête nue; quand on les sortira, ou leur
(ouvrira la tête d'un lionnel, d'une capole. d'un rhape-.m, suivant l'âge et
la saison. Quelle que soit la coiffure adoptée, elle sera légère e' aisée,
ine ipable de serrer la tele.
L'enfant qui vient de naître a des cheveux plus ou moins touffus, pli:
ou moins lon^s. Ces cheveux sont appelés a disparaître bientôt. Ils seront remplacés par des cheveux d'un teint plus clair qui, graduellement, -
foncera. La mue des cheveux est physiologique à cet âge; il ne faillirai!
pas la prendre pour une alopécie morbide. Les soins de la tête m' viseront donc pas la conservation d une chevelure éphémère et caduque, mais la propreté du cuir chevelu cl le lion fonctionnement de- glandes qui concourent à l'entretien des cheveux. On évitera avec soin la formation de ce crassi épaisses et imbriquées qui font adhérer les poils, les tiraillent, les cassent, et les font tomber prématurément; ces crasses peuvent à la longue irriter la peau, atteindre le bulbe pileux et compromettre la vitalité de, cheveux futurs. Pour les combattre ou les prévenir, on usera des lotions
[J. COSIBY ]
64 ni\SIOLOGIE ET HYGIÈNE DE L'ENFANCE.
tièdes, des savonnages, de la brosse douce. On fera des onctions avec une pommade émollicnte, la vaseline, le glycérolé d'amidon, etc.
Il ne saurait être question, dans les premières années, de couper les cheveux, et les petits garçons comme les petites fdles portent avec aisance ces longues mèches ondulées qui encadrent si gentiment leurs visages.
Plus tard, on conserve les cheveux des fdles, se bornant à couper l'extrémité des mèches, pour accroître leur force; mais on fait porter les cheveux ras aux petits garçons. Dans les écoles, dans les collèges, le port des cheveux ras est de rigueur; grâce à cette mesure hygiénique, on évite la propagation de la phtiriase, de la pelade, de la teigne. On peut en effet surveiller de très près les moindres maladies du cuir chevelu et les faire soigner en temps opportun. Dans les collectivités enfantines, on devra s'opposer à ces changements de coiffures dont les écoliers font un jeu; chaque enfant aura sa coiffure et ses objets de toilette individuels.
Quand on fera couper les cheveux d'un enfant, on s'assurera que les ciseaux, tondeuses, instruments quelconques servant à cette opération, ont été préalablement stérilisés par le flambage, le trempage dans l'alcool ou l'ébullition dans la glycérine.
Bains, toilette, hygiène de la peau. — Les soins de la peau chez les enfants ont une importance capitale, aussi bien dans l'état de santé que dans la maladie. Avant tout, il faut qu'un enfant soit propre, c'est-à-dire baigné, lavé, savonné journellement. La toilette des enfants n'est pas une question de luxe, de coquetterie, elle est de première nécessité. Beaucoup d'affections de la tête, des yeux, des oreilles, de la peau, beaucoup d'infections à point de départ cutané sont dues à la négligence des soins de propreté. Dès la naissance, l'enfant doit être lavé des pieds à la tête, sans oublier les yeux, les oreilles, etc.
Pour rendre ce lavage plus complet et plus efficace, on plonge le nouveau-né dans un bain d'eau tiède, et, avec une substance grasse (vaseline) ou du savon, on enlève doucement mais complètement l'enduit sébacé qui recouvre l'épiderme. On devra pour ce premier bain et même pour les suivants, employer de l'eau propre, soit bouillie préalablement, soit filtrée, soit additionnée d'acide borique dans la proportion de 1 ou 2 pour 100,. Si l'enfant ne crie pas, s'il est faible, on ajoutera 50 grammes de farine de moutarde. La température du bain sera de 54 à 55 degrés; la durée sera courte (5 minutes en moyenne); puis l'enfant sera rapidement essuyé et séché avec des linges chauds. On poudre ensuite avec le lycopode ou l'amidon, surtout au niveau des organes génitaux et des plis naturels et, après avoir pansé le cordon, on habille l'enfant. Pendant les premiers mois de la vie, les bains seront quotidiens. Plus tard, ils peuvent être réduits à 5, à 2, à 1 par semaine. On les remplace alors par des lavages du corps faits tous les matins au moment de la toilette de l'enfant Les bains ne doivent pas être trop chauds, mais il n'est pas nécessaire qu'ils soient froids, comme le veulent certaines personnes; l'eau Loide a bien une action tonique qui, à l'occasion, peut être mise en œuvre; mais elle ne doit pas être employée systématiquement. J'admets bien qu'en été, au
HYGIÈNE DE l/ENTANT. C5
moment des plus grandes chaleurs, on ne réchauffe pas l'eau du bain: mais, dans ce cas, l'enfant ne fera qu'entrer et sortir, il sera soumis à une allusion froide plutôt qu'à un bain. En cas de maladie fébrile, par contre, lea bains froids peuvent rendre de très grands services, même chez les nourrissons. Le moment le plus convenable pour donner le bain est le matin: toutefois, chez certains entants agités, dormant mal, le bain pourra avec avantage être donné le soir. Le bain sera donné avant la tétée ou le repas, et non après.
L'eau chaude suffit pour un bain simple; on rendra ce bain émollient en ajoutant de l'amidon ou du son (500 grammes); stimulant, en ajoutant de la graine de moutarde (50 à 100 grammes) ou du sel marin (1 kilogramme); calmant, en faisant infuser 50 grammes de (leurs de tilleul avec les bractées et 10 grammes de feuilles d'oranger; astringent, avec 200 ou 250 grammes de feuilles de noyer; alcalin, avec 100 grammes de carbonate de soude; sulfureux, avec 100 grammes de tiisuH'ure de potassium OU mieux avec 00 grammes de monosulfure de sodium, lill grammes de chlorure de sodium, 50 grammes de carbonate de soude sec. On l'ail dissoudre ces trois substances associées dans le bain pour avoir le bain de Hanijcs du Codex français.
Les bains salés naturels ou artificiels et les bains de mer ebauds ou froids jouent un grand rôle en hygiène et en thérapeutique infantiles. La France est richement pourvue de sources salées naturelles (Salies-de-Béarn, Briscous-Biarritz, Saliés-du-Salat, Salins-Houtiers, Salins-du-Jura, La Mouil-
leie-llesancnn, llourlioniie, llalarue, llax, etc.), et de plages marines, OÙ
les enfants peuvent puiser des éléments de forée et de santé. Les bains de mer froids ne conviennent qu'aux entants déjà grands (2° entame, ;i|iii-s \ ou 5 ans); on peut, aux plus jeunes au\ nerveux, que les lames exciteraient trop, donner des bains de mer chauds. Les bains de lame
seront très courts (| à 2 minutes) et pris loin de l'heure îles repas; ou n'en donnera pas plus d'un par jour, tl on s'empressera de les interrompre, si l'enfant est agité, doit mal. perd l'appétit.
Ce qui est bon surtout, pour les enfants délicats, mous, lymphatiques, anémiques, c'est le séjour sur les plages, c'esl l'air marin, essentiellement pur, fortifiant, vivifiant. Aujourd'hui, on voit s'élever partout, en France el a l'étranger, des sanatoria maritimes, pour les entants anémiés, lymphatiques, scrotuleux, rachitiipies. etc. Les entants font un séjour prolongé dans ces établissements, parmi lesquels il faut citer Berck, Pen-Bron, Arcailion. Banyuls-sur-mer, Hyères-Giens, etc L'Œuvre des hôpitaux marins fondée en France, il y a quelques années, a pour but d'étendre l'action de l,i thalassothérapie au plus grand nombre d'enfants possible.
Il convient d'établir des catégories parmi les plages que la France possède; les unes sont très excitantes, les autres peu excitantes ou même sédatives. Parmi les premières, il convient de citer toutes les plages du Nord et de la Manche, depuis Dunkerque jusqu'à Brest; cette première zone conviendra aux enfants mous, qui ont besoin d'une stimulation énergique.
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Les plages de l'Océan, depuis Brest jusqu à Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, en passant°par les Sables-d'Olonne, Royan, Arcachon, etc., sont beaucoup moins excitantes que les plages -du Nord, beaucoup moins froides, elles forment une seconde zone, où d'ailleurs on pourrait établir des divisions, et qui convient aux enfants d'une excitabilité modérée. Les plages méridionales de cette zone (Biarritz, Saint-Jean-de-Luz) peuvent d'ailleurs être fréquentées de bonne heure, à la fin du printemps, et tard (en automne), à cause de la chaleur qui y règne.
Une troisième zone, qui peut convenir aux enfants arthritiques et nerveux, à cause de la douceur de son climat, de l'absence de marées, etc., nous' est offerte par la Méditerranée, surtout dans sa partie orientale, la Riviera (Cannes, Menton, etc.). Nous possédons, comme on le voit, toute une gamme de climats et de plages, aussi bien que d'eaux salines naturelles, dont l'hygiène infantile peut tirer le plus grand profit.
Sommeil. — Dans la première enfance, le sommeil joue un grand rôle; la nuit ne suffit pas au nouveau-né pour satisfaire son besoin de sommeil, et il dort une bonne partie de la journée, après chaque tétée, ne se réveillant que pour satisfaire un besoin naturel ou pour téter de nouveau. Quelques enfants, ce sont les plus faibles, les plus délicats, ont une tendance excessive à dormir, et il faut les réveiller pour leur faire prendre le sein. Quand le nourrisson sort en promenade, l'air du dehors le fait dormir, et il n'est pas rare de voir un enfant, qui criait incessamment à la maison, rester calme et somnolent quand il est dehors.
Quand un enfant se porte bien, se nourrit bien, il doit dormir presque toute la nuit, ne se réveillant qu'une ou deux fois pour téter. Si le sommeil est agité, interrompu, on doit soupçonner quelque malaise, une insuffisance d'allaitement, de mauvaises digestions, des coliques, etc. La balance donnera de précieuses indications pour la recherche des causes de cette insomnie. Les enfants qui dorment mal sont généralement des enfants mal nourris, bourrés d'aliments indigestes, ayant de la constipation, de la diarrhée, des vomissements, etc. S'ils sont allaités naturellement, si l'insomnie ne s'explique par aucune faute dans l'hygiène alimentaire, il faut soupçonner un nervosisme héréditaire et donner quelques calmants (bromure ou chloral). Mais il faut s'abstenir des préparations opiacées, des décoctions de tètes de pavot dont les nourrices mercenaires abusent pour faire cesser les cris des enfants qui leur sont confiés.
Le sommeil ne vient pas tout seul chez tous les sujets ; il faut souvent le provoquer en promenant, en berçant l'enfant, en lui faisant entendre des chansons plus ou moins monotones. Mais il faut de bonne heure habituer les enfants à dormir dans leur berceau, et non dans les bras de leur mère ou de leur nourrice. On ne permettra pas non plus que les nourrissons partagent, pendant la nuit, le lit de leur nourrice. Cela n'est pas sain, et cela peut devenir dangereux; les exemples d'enfants étouffés par leurs nourrices, pendant le sommeil, ne sont pas rares.
A mesure que le nourrisson avance en âge, le besoin de sommeil devient moins impérieux et moins soutenu; à un an, l'enfant ne dort plus que 2 on
IIYGIN E DE L'ENFANT 67
5 fois dans le jour; à partir de 18 mois, il ne fait plus qu un somme dans la journée. Mais le sommeil de la nuit devient de plus en plus profond et prolongé; beaucoup d'enfants dorment 12 heures de suite sans s'éveiller. A partir de 3 ans 1/2, 4 ans, l'enfant peut se passer du sommeil diurne; le sommeil nocturne suffit.
Si l'on veut assurer un sommeil calme et profond à l'enfant, il faut régler son alimentation. Le nourrisson qui tète trop souvent, digère mal et dort mal; son sommeil est agité et interrompu par des cauchemars. Si L'enfant est sevré, on lui évitera les surcharges alimentaires, surtout le soir, et Oïl lui rationnera les liquides qui, pris trop abondamment, donnent de l'agitation, des sueurs, des terreurs nocturnes. Les repas devront être assez légers et séparés par des intervalles assez longs. Pour assurer aux enfants un bon sommeil, il faut encore leur faire contracter l'habitude de se coucher de bonne heure, à 7 ou 8 heures du soir. Pas de veilles prolongées, pas de grands dîners, pas de soirées, pas de spectacles.
Promenades, voyages, déplacements. — La première sortie du nouveau-né varie suivant la saison : en hiver, on attendra jusqu'au 15*, 30* jour; en été, on pourra faire sortir l'enfant dès le 8e jour. La première sortie sera retardée pour les enfants prématurés, faibles, délicats, à peine viables. On attendra toujours la chute du cordon. La première sorlie sera courte, une demi-heure, une heure à peine; puis on la prolongera le plus possible, quand le temps le permettra. Il faut que l'enfant vive au grand air; cotte rer iiiaiiiLiliiin s'applique snilout aux habitants des grandes
villes, qui souillent trop souvent, dans leurs logements étroits, de l'air confiné et de l'absence de soleil.
Quand on le pourra, on conduira les enfants à la campagne, pend. ml la saison chaude. Us y trouveront un air plus purel plus excitant; leur appétit augmentera, leurs capacités digestives s'accroîtront, el alors mi les verra en quelques mois faire des progrès étonnants. Le -'joui- à la campagne, pour
les enfants c lamnés à habiter les villes, jouit d'une efficacité merveilleuse :
il a une action tonique et reconstituante, incontestable et incontestée. Le l'ail a été bien mis eu lumière par les voyages Bcolaires et les colonies de vacances, sans parler des Jardins d'enfant» de Frœbel, qui ont eu leur uiiiuieiil de vogue dans les pays de langue allemande, mais sans y prendre racine et sans se diffuser au dehors.
Les voyages scolaires, très uliles pour l'instruction et l'éducation des enfants déjà grands, ont l'inconvénient de les fatiguer; ils pèchent donc par le côté hygiénique. Au contraire, les colonies de vacances n'ont que des avantages, el la Ville de Paris l'a bien compris en consentant des subventions considérables pour envoyer pendant quelques semaines des enfants pauvres et délicats à la campagne. Chaque arrondissement a des colonies scolaires de vacances; ou prend, parmi le> écoliers, dont les parents % consentent, ceux qu on juge avoir besoin de l'air des champs, on les groupe sous la direction d'un maître, el on les envoie en province. Ces colonie* de vacances, très populaires en Suisse el en Allemagne où elles ont vu le jour, ont donné partout les meilleurs résultats; les enfants présen-
IF COUBY}
tent des augmentations de poids allant de 2 à 5 kilogrammes. En même temps croissent la taille et le périmètre thoracique.
Quand on ne pourra conduire les enfants à la campagne, on les mènera tous les jours dans les jardins et squares, où ils pourront prendre l'air et l'exercice qui leur sont nécessaires; mais on évitera pour eux les contacts suspects, on les isolera; car c'est dans les réunions d'enfants que se contractent les maladies contagieuses.
Quand l'enfant est tout petit, il est porté sur les bras de sa nourrice; plus tard, beaucoup de mères se servent de petites voitures suspendues, assez commodes, mais dans lesquelles l'enfant peut se refroidir, s'il n'est bien couvert. Il vaut mieux, en tout cas, se servir pour les bébés de ce moyen de locomotion individuelle, que de les exposer à la promiscuité des omnibus et des tramways, où ils pourraient se trouver en contact avec des enfants malades. Les lignes d'omnibus qui desservent les hôpitaux d'enfants sont surtout à éviter.
Les longs voyages fatiguent beaucoup les enfants du premier âge, par la trépidation qu'ils déterminent, par l'excitation cérébrale qu'ils occasionnent; ils peuvent déterminer de la fièvre de fatigue ou de surmenage. Les nouveau-nés, quand ils sont transportés sans précautions et sans soins, dans des wagons de 5e classe, mal fermés, encombrés, mal suspendus, peuvent contracter des maladies mortelles. Le Dr Ledé a insisté sur les dangers de l'envoi en province d'enfants trop jeunes. Les enfants des nourrices qui viennent se placer à Paris succombent trop souvent aux secousses, aux refroidissements, aux maladies contagieuses qu'ils ont éprouvés à l'aller ou au retour; il a pu relever ainsi 82 cas de maladies des voies respiratoires, 125 cas de troubles digestifs, 15 cas de rougeole, etc.
Jouets. — Les jouets sont à considérer au point de vue de l'hygiène infantile; il en est d'inoffensifs ; mais beaucoup peuvent nuire par leur forme, leur volume, leur couleur, etc. Les jouets très petits (billes, perles, noyaux de fruits, graines de légumineuses) peuvent être avalés, aspirés, introduits dans les orifices naturels, où ils peuvent créer des désordres. Les petites pièces de monnaie, les fragments de métal, peuvent jouer le rôle de corps étrangers des voies aériennes. Il ne faut confier aux enfants mal surveillés que des jouets volumineux, dépourvus de parties fragiles, assez solides pour ne pas être fragmentés au moindre choc. On a vu l'anche d'un sifflet être aspirée par un enfant. Les objets en verre, en porcelaine, peuvent donner des cassures coupantes. Les objets coupants, anguleux, raboteux, pointus, seront écartés. Certains métaux (plomb, cuivre), quand ils ne seront pas enduits de vernis insolubles, seront proscrits, car la plupart des enfants ont une grande tendance à les porter dans leur bouche et à les lécher. Les objets en caoutchouc ne devront pas contenir de sulfure de carbone, d'oxyde de plomb, etc. On fera grande attention à la couleur des jouets comme à celle des pâtisseries; les couleurs dangereuses sont surtout les couleurs minérales. On refusera, aux jeunes enfants, les boîtes de couleurs destinées à la peinture à l'aquarelle.
On ne les laissera pas jouer avec les pains à cacheter; les rouges sont
en effet colorés avec le minium, les jaunes avec l'oxyde de plomb, les blancs avec la céruse. Les bruns, violets, roses et noirs sont inoffensifs. Parmi les couleurs des jouets, on se défiera des rouges (sulfure de mercure), des vertes (arsenic), des jaunes (plomb et antimoine), des blanches (céruse). En Autriche, on a réglementé l'emploi des couleurs destinées aux bonbons et aux jouets; les couleurs d'aniline, le vert d'arsenic, le minium, le jaune de chrome, le rouge cinabre sont interdits. Sont permis : le carmin, la cochenille, le jus de morelle, le curcuma, l'indigo, le bluet, le safran, le carthame, le bleu de Prusse, l'outremer, le jus d'épinards, toutes couleurs d'origine végétale. Parmi les couleurs minérales, ne sont autorisées que les feuilles d'or et d'argent. Ordonnance autrichienne du 1er mai 1886 :
« On ne doit employer, pour peindre les jouets d'enfants, aucune préparation ni aucune couleur contenant de l'arsenic, de l'antimoine, du plomb, du cadmium, du cuivre, du cobalt, du nickel, du mercure (sauf le cinabre pur), du zinc ou de la gomme-gutte. Il est permis d'employer d'autres couleurs métalliques. Cependant la couleur appliquée sur ces objets doit être complètement recouverte d'un vernis qui résiste à l'action de l'humidité et qui ne s'enlève pas facilement. »
H faut que les jouets donnés aux enfants soient neuf- et n'aient pas gervi à d'autres. Dans les hôpitaux surtout, il faut faire attention à la transmission
des maladies contagieuses par les jouets. Les enfants malades ne devront
pas prêter leurs jouets, et, quand ces jouet- auront été manipule- par des sujets atteints de maladies contagieuses, ils devront être brûlés.
Mortalité et protection de l'enfance. — La mortalité est énorme dans les premières aimées de la rie el Ton doit s'appliquer, par une hygiène
rationnelle, à la restreindre. Sur I 000 enfants, il y en a 188 (près du cinquième) qui meurent avant un an; el la mortalité générale n est que de 25
pour 1000; on voit l'écart. Cette mortalité des nouveau-lie- varie d'ailleurs
suivant les pays; très faible en Norvège et en Suède, elle est Ire- élevée en Bavière et en Wurtemberg.
Sur 1 000 enfants né- \i\;nils, il vu meurt, dans la première année :
En Norvège el en Suède. . . 106-137
lin Angleterre 154
En France 169
En Prusse 'JI7
En Italie . 220
En Hongrie et en Autriche 254-258
En Bavière et en Wurtemberg . 517-529
La plupart de ces pays perdent trop d'enfant- et il faut \i-er à abaisser la mortalité à 10 pour 100, enifire dont se rapprochent l'Kcosse, la Norvège, la Suéde, la Nouvelle-Galles du Sud. Le premier mois de la vie est le plus éprouve, puis le 2°, le 5°, le i° et le 12' (sevrage). 11 meurt, dans le premier mois, autant d'enfant- que dans la 2* et la .">' années réunies, autant que
dans les IS i Ses comprises entre 2.*> et 10 ans. Sur 1000 enfants nés
vivants, 533 meurent avant 5 ans.
En Europe, la mortalité des nouveau-nés est plus grande pendant les
[F COUBrj
grandes îhaleurs (juillet, août, septembre) que clans toute autre saison. Dans jes villes, la mortalité est plus grande que dans les campagnes. Si, sur 100 enfants, il en meurt 33 avant 5 ans à la ville, il n'en mourra que 27 à la campagne. Dans les districts industriels de la Grande-Bretagne, il meurt 40 enfants sur 100 avant 10 ans, au lieu de 55 dans les districts agricoles. Cela tient h la misère plus grande chez les ouvriers des villes, à I'étroitesse de leurs logements, à l'allaitement artificiel qu'ils pratiquent plus volontiers pour aller travailler hors de la maison.
Les pauvres perdent plus d'enfants que les riches, et la mortalité est d'autant plus élevée que la natalité est plus forte, car ce sont précisément les pauvres qui sont prolifiques. En d'autres termes, le grand facteur de la mortalité infantile est la misère.
On a remarqué partout que la mortalité des enfants illégitimes l'emportait sur celle des enfants légitimes.
La mortalité est minime dans les pays où l'allaitement maternel est très répandu (pays Scandinaves, Ecosse, etc.); elle est énorme dans les pays d'allaitement artificiel et d'industrie nourricière (Nièvre, Bavière, Wurtemberg, etc.). Dans un district de Wurtemberg, où 55 pour 100 seulement des nourrissons étaient au sein, la mortalité chez eux fut de 15 pour 100, tandis qu'elle atteignit 42 pour 100 chez les enfants allaités artificiellement. A Munich, la mortalité est de 15 pour 100 sur les enfants au sein, et de 85 pour 100 sur les enfants au biberon. A Chàteau-Chinon (Nièvre), la mortalité était de 55 pour 100; la guerre de 1870 ferme la route de Paris aux nourrices, et la mortalité de leurs enfants diminue de moitié (17 pour 100). L'allaitement naturel est donc le meilleur remède à opposer à la mortalité infantile et c'est avec raison que J.-J. Bousseau, dans VEmile, s est élevé contre l'abandon non justifié de ce grand devoir au xvni1' siècle.
Dès les xvne siècle, il y avait, à Paris, un bureau de nourrices autorisé par lettres patentes. Aujourd'hui, il n'y en a pas moins de 17, sans compter le Bureau municipal de Fontenay-aux-Boses, et les nombreux placements faits par l'Assistance publique pour ses Enfants-Assistés. L'industrie nourricière, si développée en France, est une plaie pour notre pays, et il faut s'appliquer à la restreindre en faisant campagne pour l'allaitement maternel dans les classes aisées, en secourant les malheureuses ouvrières qui désertent l'allaitement pour gagner leur vie, en appliquant la loi Boussel, qui veut qu'une nourrice ne puisse se placer avant que son enfant ait 7 mois révolus.
La loi de Protection de l'enfance que le Dr Th. Boussel a fait voter parle Parlement français, le 23 septembre 1874, est née de l'émotion causée par la révélation de la mortalité effroyable des enfants placés en nourrice loin de leurs parents. Cette loi a pour but d'établir une surveillance administrative et médicale sur tous les enfants placés, moyennant salaire, en nourrice, en sevrage ou en garde, jusqu'à l'âge de 2 ans. Dans tous les départements où la loi a été appliquée d'une façon sérieuse, la mortalité des nourrissons a été notablement réduite. Telle qu'elle est et malgré les paperasseries qu'on lui a reprochées, la loi Boussel est donc un bienfait. Il est à souhaiter que
HYGIÈNE DE h ENFANT 71
tous les conseils généraux veuillent bien voter les fonds nécessaires à l'application de la loi qui, sans argent, reste lettre morte. Les dépenses sont alises, par moitié, à la charge de l'Etat et des départements. D'après Lunier (Académie de Médecine, 5 février 1885), l'application générale de la loi Roussel conserverait à la France 20000 enfants par an. Les crédits votés par les Conseils généraux des départements, qui n étaient en 1887 que de 528 000 francs, atteignaient 1 640 000 francs en 1889, et dépassent aujourd'hui 2 millions. Le département de la Seine dépense pour ce chapitre près île 500 000 francs.
L'initiative privée n'avait pas attendu l'intervention de l'Etat pour travailler à la protection de l'Enfance, et nous devons signaler les Œuvres intéressantes qui lui sont dues. En 1784, Mme de Fougeret avait fondé une Société de charité maternelle, pour empêcher l'abandon des enfants, assister les femmes en couches, distribuer des layettes, de petites sommes en argent, etc. Le service de secours est fait par 164 dames, licaurnup île Sociétés de charité maternelle ont vu le jour dans les principales villes de France; 72 d'entre elles reçoivent une subvention de 80 000 francs du ministère de l'Intérieur.
Le célèbre manufacturier de Mulhouse, J. Dolfus, ayant remarqué que la mortalité des enfants de ses ouvrières était très grande quand celles-ci reprenaient trop tôt le travail aprèsjes couches, leur assura leur salaire pendant 6 semaines, et la mortalité s'al>ais-a de '|ll à 25 pOUf 1(10. One lui allemande (17 juillet 1878) s'esi inspirée de cette expérience. En Suisse, la loi du 23 mars 1877 interdit de faire travailler les femmes pendant huit semaines (avant el après les couches). A Paris, on a créé, pour laisser reposer
les femmes un t ps suffisant axant el après l'accouchement, des refuges
ouvroirs, les uns municipaux (rue Fessart), les autres privés (avenue du Maine, asile maternel de la Société Philanthropique). Dne société, dite Œuvre des mères de famille (avenue de Versailles, 52), fournil du travail à domicile aux femmes ayant des enfants pour leur éviter l'atelier qui les obligerai! à mettre ces enfants en garde
En INli.">, quelques médecins onl fondé à Paris la Société protectrice de V Enfance, qui a été présidée par le D1 Marjolin, et reconnue d'utilité publique en 1860. l'ius tard, des sociétés semblables onl vu le jour dans les grandes villes de France et de l'Etranger. Ces sociétés encouragent par ton- les moyens l'allaitement maternel, donnent des secours en nature et en argent aux mères nourrices pauvres, fonl \ i - i l <-r les entants placés au loin par des médecins affiliés à l'Œuvre, etc. La Société Protectrice de lEnfance de Paris n'a pas distribué moins de 1 million depuis sa fondation. La Sociéir Protectrice de Lyon, également très prospère, entretient de nombreuses crèches.
Le 14 lévrier 1876, une Société pour la propagation de V allaitement maternel s'est fondée à Paris. Elle a été reconnue d'utilité publique en juillet 1880. File secourt toutes les femmes sans distinction de religion et administre un lîcfuge-Ouvroir (avenue du Maine).
[les tentatives d'allaitement en commun d'un certain nombre d'enfants ont été faites sous le nom de Pouponnière» et Pouponnais, d'abord par le
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Dr Mouribot en 1875 (Villiers, puis Épinay-sur-Seine, allaitement artificiel), puis par Mme Charpentier (Porchefontaine près Versailles, allaitement naturel). Ce dernier établissement est fait pour 28 enfants et 14 nourrices; chaque nourrice a deux enfants à soigner, l'un au sein, l'autre sevré. Les enfants, reçus le premier jour de leur naissance, sont nourris au sein jusqu'à G mois.
Une des œuvres les plus intéressantes et les plus célèbres est celle des Crèches, due à F. Marbeau (Paris, 1844); elle permet aux ouvrières, aux mères indigentes, de garder leurs enfants avec elles, sans renoncer au salaire que leur procure le travail du dehors. L'enfant est porté à la crèche le matin et remporté à la maison le soir. A la rigueur, la mère peut revenir dans la journée donner le sein à son enfant, quand il ne peut s'en passer. Les crèches, bien tenues, bien surveillées, peuvent rendre de grands services à la population ouvrière. Elles valent à coup sûr bien mieux que les garderies et maisons de sevrage de jadis. Mais elles ont des inconvénients; les enfants, n'étant pas isolés et vivant en commun, peuvent contracter des maladies contagieuses Paris compte actuellement 60 crèches, qui contiennent près de '2000 places; on en trouve 50 dans la banlieue, et 150 dans les grandes villes de France.
Parmi les autres œuvres concourant à la Protection de l'Enfance, il convient de citer les Dispensaires pour enfants auxquels le Dr Gibert (du Havre) a attaché son nom, et qui depuis 20 ans ont pris un développement considérable à Paris et dans les grandes villes. Ces Dispensaires, dus presque tous à l'initiative privée, ont pour but non seulement les soins à donner aux enfants malades, mais aussi les préceptes d'hygiène infantile à répandre dans les classes les plus pauvres et les moins éclairées des villes.
Toutes ces Œuvres, quelle que soit leur forme, quels que soient leurs moyens, concourent toutes au même but : Protéger l'enfant contre les dangers qui menacent ses jeunes années, assurer son développement physique grâce et conformément aux préceptes de l'Hygiène.
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