‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 17 sur 112 · CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES SDR LES MALADIES DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES SDR LES MALADIES DE L'ENFANCE

on prend la température de 2 heures en 2 heures; dès qu'elle atteint ou dépasse 39°,5, otl administre un nouveau bain. L'eau du bain doit être changée toutes les fois qu'elle a été souillée par l'urine ou les déjections de l'enfant; sinon, on peut ne la renouveler que toutes les 24 heures, à la condition d'y ajouter, pour prévenir les infections cutanées, 1 gramme de résorcine par litre; l'addition de sublimé ou de naphtol rendrait le bain trop irritant. Dans quelques cas très exceptionnels, l'enfant plongé dans l'eau froide cesse subitement de respirer; cette apnée n'a pas de gravité: lorsqu'elle se produit, on retire l'enfant du bain, on pratique de légères flagellations avec une compresse mouillée et la respiration se rétablit aussitôt; au besoin, on pourrait employer les tractions rythmées de la langue d'après le procédé de M. Laborde.

Autant que possible, le médecin doit assister aux premiers bains et faire l'éducation des personnes appelées à soigner L'enfant; il n'aura qu'à se louer de relie manière de faire qui lui donnera une grandi- sécurité. Les premiers bains doivent d'ailleurs être donnés à litre d'essai ; il faut observer comment l'enfant les supporte; si celui-ci fait difficilement sa réaction, si. au sortir de l'eau, il présente une tendance au refroidissement et au collapsus, on ne continuera pas la médication.

Le bain froid est la médication par excellence de tous les étals infectieux graves, de ceux qui se caractérisent par une fièvre violente, des plié nénes

nerveux graves (agitation, délire ou stupeur et adynamie), de l'oligurie. Rien ne peut le remplacer en pareil cas. Kl cependant, on a cherché à le bannir de la thérapeutique du premier àe,e. lies médecins, d'ailleurs partisans résidus du bain froid, se refusent à l'employer chea les jeunes enfants el lui préfèrent le drap mouillé ou le bain tiède un dit que l'enfant ne l'ait pas facilement sa réaction et on craint le collapsus; on redoute l'apnée qui est pourtant un accident rare et sans gravité; on affirme que le bain froid n'abaisse que très peu la température des enfants1. Nous avons beaucoup employé le bain froid chez les enfants, même chei des enfants lié- jeunes, puisque nous l'avons prescrit à un nourrisson de ti mois. Jamais nous n'avons constaté de collapsus; nous avons observé l'apnée '2 fois; et nous

avons presque toujours obtenu des abaissements « l ( ■ température comparables à «eux qu'on obtient chez l'adulte. Nous n'avons eu qu'à nous louer du bain froid dans la lièvre typhoïde lorsque, dès le premier jour, la quinine ne provoquait pas un abaissement de la température; dans la scarlatine et la rougeole malignes, fort rares d'ailleurs chez les enfant- pendant ces dernières années; dans la peumonie lobaire et l'érysipèle avec phénomènes nerveux graves. Dans la broncho-pneumonie, comme l'a fait remarquer M. Ilulinel, on n'en retire de bons effets que dans les cas peu communs ou, avec (les lésions locales très limitées, on observe des svmptômes d'intoxication BUraiguê. Ils nous ont paru très favorables aussi dans certaines diarrhées fébriles du nourrisson. Au mois de juillet 1893, on apporta, à l'hôpital de- Enfants Malades, un nourrisson de 8 mois, atteint de diarrhée toxi-

(') Voir CM objeelioDi dans le mémoire de Fisscbi, Ueber Fieberbeliandlung bei Kindern. Praaer mtjic. Wochen., 181U.

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infectieuse avec une température de 41°, 5 ; l'aspect de l'enfant était celui d'un moribond ; nous prescrivîmes de le mettre dans un bain à 22 degrés, ce qui fut fait devant nous et le Dr Aviragnet, malgré le; scrupules de l'infirmière qui craignait de voir l'enfant succomber dans le bain. Après le bain la température tomba à 58 degrés et l'enfant s'endormit paisiblement; la médication fut continuée pendant 24 heures et la guérison survint en quelques jours1.

Le bain froid est donc très efficace et, quand on en surveille 1'; ction, il ne présente pas de dangers dans le premier âge. Il a pourtant des contreindications. Il ne faut pas l'employer, sauf dans des cas exceptionnels, dans les 10 premiers mois de la vie, car, à cette époque, la tendance au refroidissement est très marquée, et l'eau froide pourrait provoquer du collapsus hypothermique; il ne faut pas l'employer non plus chez les nourrissons cachectiques, ni chez les enfants qui présentent une lésion cardiaque, congénitale ou acquise.

Bain tiède. — Le bain tiède à 30 ou 52 degrés possède, mais à un moindre degré et à quelques nuances près, les mêmes propriétés que le bain froid; comme il ne présente pas de contre-indications spéciales, il convient de l'employer dans les cas où le bain froid ne peut être administré; il constitue la médication antipyrétique par excellence des nouveau-nés et des nourrissons âgés de moins de 10 mois; on peut l'employer aussi chez les jeunes enfants cachectiques ou cardiaques. Il doit durer 5 minutes chez les enfants débiles et 8 à 10 minutes chez les enfants vigoureux; on le répétera 4 à 6 fois dans la journée; on peut même, dans certains cas, le donner en se servant des mêmes règles que pour le bain froid. Chez les très petits enfants, le bain tiède a une action antipyrétique suffisante, inférieure cependant à celle du bain froid, mais supérieure à celle de l'antipyrine et de la quinine. Sa caractéristique, c'est qu'il calme l'agitation et combat l'insomnie. Aussi devra-t-on l'employer chez les enfants de tout âge, quand on cherchera bien plus à apaiser les nerfs qu'à abaisser la température.

Application du drap mouillé. — Les enveloppements dans le drap mouillé se pratiquent de la manière suivante. Un drap (ou une alèze), plié en deux ou en quatre, est trempé dans l'eau à la température de la chambre (15 degrés environ), puis modérément exprimé, et étalé sur une couverture de laine. Le petit malade est mis dessus tout nu, puis enveloppé jusqu'au cou parle drap et la couverture; la tète est entourée d'une compresse froide; les pieds seuls sont à sec dans la laine de la couverture qui doit dépasser de ce côtél e drap mouillé. La durée de l'enveloppement froid doit durer de 10 à 20 minutes. On le renouvelle suivant les mêmes règles que le bain froid.

D'après M. Rendu2, l'application du drap mouillé provoque des effets qui se succèdent en trois phases, assez analogues à celles de l'accès de fièvre intermittente; elle provoque d'abord une sensation de froid et de la pâleur

(') M. le D' R. Bhdnon (de Rouen) s'est loué aussi de l'emploi des bains froids dans l'entérite hypertlicrmique des nourrissons. (Voy. Normandie médic, 1" août 18ÎIÔ.)

-) Rendu. Valeur comparée du bain froid et du drap mouillé dans le traitement de la pneumonie Juurii. acs praticiens, i août 18'J4.

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