‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 111 sur 145 · F. — TÉTANIE, CONTRACTURE ESSENTIELLE DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

F. — TÉTANIE, CONTRACTURE ESSENTIELLE DES EXTRÉMITÉS

Cette maladie, décrite par Dance sous le nom de tétanos internnllent (1), a été observée chez l’enfant par Tonnellé (2), qui la décrivit comme une nouvelle maladie convulsive, indépendante d’unelésion nerveuse.

Constant proposa le nom de contracture essentielle des extrémités (3), et L. Corvisart celui de tétanie (4), qui a été vulgarisé par Trousseau.

Étiologie. — La tétanie est plus fréquente dans la première que dans la seconde enfance ; sur 87 cas, Rilliet et Barthez n’ont pas relevé moins de 36 cas a

(1) Archives de médecine, 1831.

(2) Gazette médicale de Paris, 1832.

(3) Ibid. ■

(4) Thèse de Paris, lSo2.

TETANIE

deux ans; quant au sexe, les garçons l’emportent (53 sur 87).

L’hérédité est signalée par quelques auteurs.

De La Berge incrimine le froid, car c’est en hiver que la tétanie est la plus fréquente.

C’est une maladie généralement secondaire; c’estdans le cours de la diarrhée chronique, de l’athrepsie, du rachitisme, dans la convalescence des maladies infectieuses (coqueluche, fièvre typhoïde, rhumatisme), qu’on l’observe le plus souvent.

Baginsky a vu 15 cas chez des enfants de moins d’un an, mal nourris, sevrés trop tôt, etc. ; la guérison des troubles digestifs amenait la guérison de la tétanie (1).

V origine toxique de ces cas semble évidente, comme elle l’est dans les cas de tétanie consécutive à la dilatation de l’estomac (2).

Parmi les causes occasionnelles, il faut citer : les émotions, les traumatismes, le froid (Lasègue), l’indigestion, les vers intestinaux, l’invagination intestinale. Dans ces cas, on a affaire à la tétanie réflexe.

La maladie a des analogies avec l’éclampsie et sa parenté avec l’hystérie apparaît dans les cas épidémiques (3).

Récidives fréquentes ; les accès de tétanie (convulsions externes toniques de Rilliet et Barthez) peuvent précéder les convulsions ou leur succéder.

Symptômes. — La maladie débute par les extrémités supérieures ; les doigts se fléchissent sur la main, les phalanges restant étendues ; le pouce est en dedans, recouvert par les autres doigts. La roideur est tantôt

(1) Deut. med. Woch., 1886.

(2) Poison convulsivant trouvé par Bouveret et Dévie dans le c suc gastrique des dilatés, 1891.

(3) J. Simon, Épidémie de Gentilly (Pro^rèi wédfca/, 1876)

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excessive, tantôt médiocre et aisément réductible.

Les poignets sont fléchis, dans la pronation, les muscles contracturés se dessinent sous la peau, il y a un véritable tétanisme. La contractilité électrique est accrue.

Après les extrémités supérieures, les inlei’ieures sont envahies, le pied se porte- dans l'extension, la pointe en dedans, les muscles de la jambe sont dans la môme rigidité que ceux de l’avant-bras.

Généralement, la contracture ne s’étend ni au bras, ni à la cuisse.

Parfois, cependant, les muscles du bassin sont contracturés, la cuisse se fléchit d’un côté, comme dans la coxalgie.

Les muscles du tronc peuvent être pris ; le diaphragme n’échappe pas toujours à la contracture et il en résulte de la dyspnée, de la cyanose, des menaces, d’asphyxie, qui ordinairement ne sont pas suivies d’elTet. La détente se fait habituellement; Rillîet et Barthez ont vu la tétanie limitée aux muscles de la nuque, du cou (torticolis) et du tronc. Rilliet, chez un enfant de seize mois, signale la contracture do la mâchoire.

Parfois, une légère tuméfaction œdémato-inflammatoire accompagne la contracture des extrémités, autour des articulations et des gaines tendineuses.

L’intelligence est conservée, l’enfant assiste à ses attaques, qui reviennent à intervalles plus ou moins irréguliers.

D’après Trousseau, la compression des nerfs ou des gros vaisseaux des membres peut faire naître un accès. Les rémissions durent d’une heure à plusieurs jours; elles peuvent être plus courtes et ne pas excéder un quart d’heure (Rilliet et Rarthez). La réunion des

TÉTANIE

3,cc6s lorni6 1 nttficjuB ^ tcinLütj lu iUcilfiLliG est 3,iguc 6t coïncide avec la fièvre, l’embarras gastrique, etc.; lantùt, elle est chronique et accompagne une maladie caclieclisante.

La durée peut être très courte (quelques heures) ou très longue (cinq mois dans un cas de Rilliet et Barthez) .

La tétanie peut se compliquer de convulsions, de spasme de la glotte, de strabisme, de mydriase ou myosis, etc. La guérison est la règle ; mais la mort n’est pas rare dans les tétanies qui accompagnent les états cachectiques et la dilatation de l’estomac.

Diagnosiici — Dans les roideurs symptomatiques d’une lésion cérébro-spinale, la contracture est partielle, permanente, mêlée de convulsions. Dans la tétanie, la contracture est transitoire et paroxystique. Quand on percute l’angle externe de l’œil (patte d’oie), on provoque une contraction fulgurante de la moitié de la face (signe de Weiss). Dans l’hystérie, les contractures sont permanentes, chroniques, irrégulières. Dans la pachyméningite, il en est de même.

Le tétanos se distinguera par la roideur de la nuque, le trismus, la rigidité du tronc en opisthotonos, la fièvre; cependant, si la tétanie est générale, la similitude est grande.

Traitement. — On mettra l’enfant, au moment des accès, ou dans leur intervalle, dans un bain tiède prolongé ; on appliquera des ventouses sèches sur la colonne vertébrale, on fera inhaler quelques gouttes de chloroforme, on donnera le bromure de potassium après les crises (1 à 2 grammes).

Les courants continus peuvent rendre quelques services. Dans le tétanos symptomatique des troubles digestifs, on ne négligera pas le traitement de ces

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troubles (dilatation de l’estomac, diarrhée, etc.). On cherchera à les prévenir par un bon allaitement naturel, on fera l’antisepsie intestinale (naphtol granulé ou salol), le lavage de l’estomac quand il sera indiqué, tout en se sovuenant que cette intervention est capable de provoquer la tétanie.

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