LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE (TYPHUS CÉRÉBRO-SPINAL
Cette maladie, dont les imiptions épidémiques sont rares, n’est pas spéciale aux enfants, mais elle les trappe avec une prédilection telle qu’il me paraît utile d’en esquisser les traits principaux.
Etiologie. — L’histoire des épidémies de la méninj^ite cérébro-s])inale, de ses migrations à travers les villes et les garnisons, rappelle la marche du choléra et démontre sa nature infectieuse et contagieuse; cependant, son mii'rohe pathogène n’est pas encore déterminé.
Habituellement, la méningite procède par épidémies l'ocalisées, limitant ses coups à une caserne, à un régiment, à une maison ; elle est quelquefois même S[)oradiqiie. Cependant (l’éjCidémie Scandinave de 1854- 59 en est la preuve), elle peut étendre ses ravages à des provinces entières et faire des milliers de victimes. 'Tantôt, la méningite sévit sur la garnison d’une ville, sans atteindre la population civile; tantôt, elle frappe celle-ci, à l’exclusion de celle-là; tantôt, enfin, elle se transmet de l’une à l’autre. Quand elle, se cantonne dans la population civile, la maladie frajipe surtout Ibs enfants et les adolescents; à la Nouvelle-Orléans, elle était plus commune chez les nègres que chez les blancs.
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La saison froide, la misère, l’encombrement, favorisent son développement.
Anatomie pathologique. — Quand la mort a été rapide, quand la maladie a été foudroyante, les lésions spéciales de l’axe cérébro-médullaire peuvent manquer et tout se borne à des congestions plus ou moins étendues.
En général, il y a une exsudation purulente en nappe qui tapisse la convexité et la base des hémisphères, et qui se prolonge sur la moelle principalement à sa face postérieure. Le pus se forme très rapidement et l’on cite des cas où il a été observé en abondance après trente-six et même vingt-quatre heures de maladie.
Les lésions ne sont pas limitées aux centres nerveux, et l’on note, dans les protocoles d’autopsie, avec un certain degré de fréquence, des collections purulentes dans la caisse du tympan, dans les articulations et les gaines tendineuses, des noyaux de broncho-pneumonie, <les épanchements pleuraux, des amygdalites suppurées, des péricardites, etc.
Symptômes. — L’invasion est brutale dans la plupart <les cas, elle s’annonce par des frissons, par une céphalalgie violente, par des convulsions, plus rarement par des vomissements. La douleur de tête est le plus important de ces symptômes; de la région frontale, où elle siège habituellement, elle peut s’étendre à l’occiput, à la nuque, au cou, aux mâchoires ; elle arrache des cris aux malades, elle alterne avec des crises <lélirantes et des phénomènes comateux.
La raideur de la nuque {mal de nuque) est pour ainsi dire constante, elle s’étend â toute la colonne vertébrale et la pression digitale est très sensible sur toute la longueur de l’axe spinal. Parfois, les petits malades sont en opisthotonos, et, quand le trismus se joint â la
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE
oonl raclure des muscles du tronc, on a l’image du tétanos. Quand ces ])hénomènes persistent sans rémission, le malade tombe dans le coma, son visage se couvre de sueurs et il meurt asphyxié.
La constipation et la rétention d’urine sont relevées dans la plupart des observations.
Un autre symptôme qui a bien sa valeur doit être recherché avec soin, car, s’il manque souvent, sa présence assez fréquente peut éclairer le diagnostic, veux parler de Vherpes labial qui se montre sur la face cutanée des lèvres, parfois sur le menton, les joues, les oreilles.
Le pouls, la respiration, sont accélérés, la température est élevée (db®, iü”), mais scs irrégularités et ses variations d’un malade à un autre enlèvent à la courbe Ibermique toute signification.
La marche et la durée de la maladie sont des plus incertaines; il y a des formes foudroyantes qui tuent en vingt-quatre ou quarante-huit heures; il y a des formes rémittentes ou intermittentes qui durent de huit à quinze jours, il y a des formes prolongées qui durent plusieurs semaines. Les formes comateuses, délirantes, létaniques, sont les j)lus courtes et les plus graves après la forme foudroyante.
(juand la maladie guérit, la convalescence est longue, pénible et les malades conservent un état d’amaigrissement et de faiblesse qui exige de grands soins.
Les complications ne sont pas rares : on a signalé la conjonctivite, la kératite et la choroïdite exsudative ; l’otite moyenne avec ses conséquences (carie du rocher, otorrhée) est aussi une complication fréquente ; les inllammations des membranes séreuses (pleurésie, péricardite) et des glandes (parotidites) ne sont pas moins fréquentes dans certaines épidémies.