LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE
Pronostic. — Le pronostic est très \ariable, suivant les épidémies ; dans l’épidémie de Suède et Norvège, la mortalité a été de 58 p. 100 ; dans celle du grand-duché de Bade, elle s’est abaissée à 29 p. 100. D’une façon générale, on peut dire que la méningite cérébro-spinale est un peu moins meurtrière chez les enfants que chez les adultes. Le pronostic sera toujours réservé, même dans les formes bénignes, car les rémissions sont trompeuses et l’on a vu la mort terminer des cas à marche insidieuse, traînante, dénués de tout symptôme inquiétant.
Diagnostic. — Le diagnostic ne présente de réelles difficultés que pour les cas sporadiques ; car, si les symptômes méningitiques se présentent au cours d’une épidémie classée et connue, l’hésitation n’est pas longue, même pour les formes abortives et bénignes.
En dehors de la notion épidémiologique, l’ensemble symptomatique est assez caractéristique et ne se retrouve dans aucune autre maladie : céi)halalgie violente, raideur de la nuque, invasion brutale, marche rapide. Certes, il faut toujours penser à la méningite tubercuculeuse, dont les allures sont si variées et si trompeuses, il faut étudier les antécédents des petits malades, s’enquérir du début de la maladie, des prodromes qu’elle a pu présenter. Aucun renseignement ne devra être négligé pour le diagnostic des cas douteux. Il ne faut pas oublier Vherpès labial, dont l’intervention pourra, dans quelques cas, faire pencher la balance.
Enfin, il faut songera la méningite pneumococcique, dont les travaux de Netter ont montré la fréquence relative ; peut-être même y a-t-il des épidémies de méningite cérébro-spirale causées par le microbe de la pneumonie.
Traitement. — L’indication est de calmer les dou-
THAITÉ DES MALADIES DE l'eNFANCE
leurs des malades et de combattre, par la révulsion, les congestions et les inflammations des centres nerveux. Les compresses glacées sur le front et la tête, les pointes de feu le long de la colonne vertébrale, les lavements de chloral me paraissent utiles ; mais ce ne sont que des palliatifs. Quelques médecins recommandent l’opium, que les enfants eux-mêmes, dans cette jnaladie, supporteraient bien ; cependant, je conseille de n’en user qu’avec prudence et de ne le prescrire qu’à doses fractionnées (une goutte de laudanum par fleure chez un enfant de cinq à six ans).
LE TÉTANOS [TIUSMUS NASCENTIUM)
Je ne décrirai pas ici le tétanos chirurgical observé dans la seconde enfance, mais seulement le tétanos des nouveau-nés qui, presque inconnu à Paris, sévit à l’état endémique dans certaines contrées de 1 Europe et de llAtrique.
Étiologie. — Le tétanos des nouveau-nés, comme celui des adultes, est une maladie infectieuse, dont le microbe a été découvert par Nicolaïer en 1884. Ce microbe est un bacille fin, sporulé, qui prend, dans lès cultures, la forme d’une épingle ou d’une baguette de tambour 5 il a été trouvé d abord chez des souiis inoculées avec de la terre. En 1886, Rosenbach découwit, chez l’homme, le bacille de Nicolaïer, et en 1885)