LE TÉTANOS
Kilasalo oblinL une culture pure. Ce microbe se trouve un peu partout, dans la terre des rues, des champs cultivés, dans la poussière des appartements, dans les excréments d’animaux sains (cheval, bœnl), dans le foin, etc. Il est anaérobie, ses spores sont très rési.stantes (Sanchez Toledo et Veillon, Archives de médecine expérimentale^ l”*" novembre 1890).
La plaie ombilicale qui succède à la chute du cordon est une porte grande ouverte, qui explique la prédisposition des nouveau-nés au tétanos. Les enfants nègres sont atteints pins souvent que les blancs ; si ce n’est pas une question de race, ce n’est pas à coup sûr une question de température extérieure, car les régions froides (Islande, îles Féroë, îles Hébrides) sont frappées comme les régions tropicales. Le docteur Labonne rapporte qu’à Saint-Kilda beaucoup d’enfants sont emportés par le tétanos huit jours après leur naissance, d’où le nom de eight days sickness donné à I;i maladie par les habitants.
En dehors des constatations bactériologiques, l’anatomie pathologique est nuielle, et c’est à peine si les protocoles d’autopsie indiquent une congestion des centres nerveux qui peut être aussi bien le résultat des crises tétaniques que leur cause anatomique.
Symptômes. — Le tétanos ou trismus des nouveau-nés débute, en général, dans la première semaine de la vie. Il s’annonce par une gêne dans la succion, que l’enfanl traduit par des cris rauques et étouffés au moment on la nourrice lui présente le sein. Il prend bien le mamelon entre ses lèvres, mais il fait de vains efforts pour en retirer le lait. Bientôt ily renonce et on remarque que la mâchoire inférieure est rigide et immobile ; le doigt introduit entre les arcades dentaires est serré et ne peut abaisser le ma.xillaire inférieur; en un mot, il y a du Msnws.
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE
Dès ce raomenl, la déglutition est difficile ou impossible, ce dont ou peut s’assurer en faisant glisser du lait entre les lèvres de l’enfant ou bien en introduisant le liquide parle nez; aussitôt le lait est rejeté au milieu des efforts de toux.
La contracture, après les muscles des mâchoires, envahit les muscles du cou, la nuque devient raide, les masses musculaires du dos et des membres se prennent à leur tour et l’enfant offre l’attitude de Vopislholonos. 11 est alors raide comme une barre de fer.
Comme chez l’adulte, il y a des crises paroxystiques dans la contracture, mais ces crises sont moins nettes et le tétanisme est pour ainsi dire permanent. Il en résulte que la respiration est grandement entravée et que l’enfant présente un état demi-asphyxique attesté par la cyanose de la face et des téguments.
Dès le début, la température s’élève à un degré élevé; elle atteint 40", 41" et même les chiffres extraordinaires de 42", 43", qu’on n’observe guère en dehors du tétanos.
Les formes graves, et celle que je viens de prendre pour type en est une, se terminent par la mort en vingt-quatre ou quarante-huit heures; dans quelques cas, la marche est même ]»lus rapide. Au contraire, les formes curables présentent une durée plus longue, et alors on voit des intervalles de calme relatif séparer les crises convulsives ; la température est peu élevée (38") ou même normale, quand elle n’est pas abaissée .
La bénignité de cette dernière forme, comparée a la gravité de la première, peut faire admettre l’existence de deux maladies similaires à la surface, distinctes au fond. L’une, incurable et foudroyante, serait réellement infectieuse; l’autre, curable et traînante, serait