L’OBÉSITÉ
L’obésité ou polysarcie consiste dans la production ‘exagérée du tissu adipeux qui remplit tous les espaces conjonctifs ; la graisse envahit même le sang des malades, et M. Ritter (de Nancy) a trouvé dans le sang ■des obèses une proportion de graisse quadruple de la normale. Le ralentissement de la nutrition (Bouchard) qui aboutit à l’obésité s’observe chez les enfants comme chez les adultes, quoique moins fréquemment chez les premiers que chez les seconds. L’obésité, ses relations héréditaires et ses alliances morbides le prouvent, fait partie du groupe des maladies arthritiques.
Etiologie. — Ordinairement, l’obésité ne débute pas dans la première enfance ; cependant, j’ai pris récemment cinq observations d’enfants obèses : le premier, âgé de huit mois, nourri au sein, pesait 9 kilogrammes, ce qui indique une ob.ésité modérée ; cet enfant avait déjà six dents, son père était obèse.
Les quatre autres enfants, tous du sexe masculin, étaient âgés de deux ans, deux ans et demi, trois ans •et demi et quatre ans ; leur obésité était beaucoup
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE
plus accusée que dans le cas pvccédenl ; clicz tous ces malades, j’ai retrouvé l’obésité des ascendants (péri;, mère, grand-père, etc.). M. le docteur Philbcrl, qui traite l’obésité à Brides-les-Bains, a rapporté un grand nombre d’observations d’enfants obèses, et, dans tous ses cas, l’hérédité jouait un rôle prédominant.
L’hérédité de l’obésité, presque toujours similaire, est un fait reconnu ; cette cause seule l’emporte sur toutes tes autres réunies. Il est vrai que la transmission héréditaire peut sauter une génération; en second lien, la diathèse peut se transmettre sous une autreforme et l’on voit l’obésité naître de la goutte, du diabète, de la gravelle, etc.
Un régime alimentaire défectueux, l’abus des féculents et des sucres, le manque d’exercice, favorisent la production et le développement de l’obésité. On voit assez souvent des enfants nourris au biberon préscider un embonpoint exagéré, une surcharge graisseuse,. une obésité du moins transitoire, (jui ne se rencontre pas au même degré chez les nourrissons au sein. L’obésité })eut coïncider avec le rachitisme et avec la scrofule. Chez l’adulte, elle est également souvent associée au diabète {diabèle gras) ; cette association est exceptionnelle chez l’enfant. Les enfants amenés à Vichy, soil accidentellement, soit exjjressément, pour y combattn' l’obésité, ne sont jamais atteints de diabète sucré (Sénac).
Symptômes. — L’augmentation do poids et de volume, qui caractérise l’obésité, rend les enfants dilformes el ridicules. Les sillons, les dépressions, les angles physiologiques sont nivelés par la surcharge graisseuse ; le visage est arrondi et plein, le menton repose sur une région sus-hyoïdienne boursouflée, le ventre et les régions fessières font une saillie exagérée, la
l’obésité
laille est épaissie, et rcnsemble du corps a perdu Loulc élégance et toute harmonie.
(Juand l’enfant marche, il écarte les membres de la façon la plus disgracieuse, il ne peut courir sans être oppressé et sans avoir des palpitations,
L’apathie, la paresse intellectuelle, marchent de pair avec l’engourdissement et l’impotence physiques ; les enfants obèses aiment le sommeil et en usent largement ; ils boivent et mangent beaucoup.
Cependant, l’obésité de l’enfance n’a pas toujours une marche aussi fâcheuse que celle de l’âge adulte ; elle est i)lus curable. Quelquefois même, elle disparaît vers l’adolescence presque spontanément.
Le pronostic de la maladie elle-même, considérée isolément, n’est pas très grave : la vie n’est jamais immédiatement ou prochainement compromise ; il est vrai que les obèses résistent avec moins de bonheur que les autres aux maladies infectieuses (typhoïdes, pneumonies) qui peuvent les assaillir, qu’ils sont très exposés à l’érysipèle, à la gangrène, aux angioleucytes traumatiques ; leur nutrition imparfaite les met dans des conditions de moindre résistance.
Enfin, l’obésité dénote un tempérament morbide particulier, une diathèse qui pourra bien guérir sous cette lorme, mais qui, véritable protée, pourra, dans la suite, se réveiller sous une forme nouvelle (asthme, diabète, goutte, gravelle, etc.). Toutes ces éventualités doivent inspirer quelques réserves sur le pronostic lointain de la maladie et il faut se souvenir que déjà Hippocrate avait remarqué que la vie des obèses était I courte.
Traitement. — Le traitement de l’obésité est d’ordre 1 hygiénique, il repose presque tout entier sur le régime ! alunciilaire. L’indication est double : 1° empêcher la
Tn.UTK UES MALADIES UE l’eNFANCE
ronnalioii ou oxcèsdo la f^n-aisso; 2>"' hâlcr la (lisi)antiou <lo la gTaisso déjà roniiéo.
Pour romplif oollo. double indicalioii. ou conseillera l(î régime suivaul, applicabb' sui'loul dans la seconde (‘idaiice :
Tulerdire les léculeuls. le sucre, le lait, les mets sucrés, les gâteaux ;
Réduire la (|uaiitité de pain à 100 grammes au |)lus par jour, sous forme de i)aiu grillé ;
Les l’epas. au nombre de trois par jour : le j)remier, à sept ou huit heures <lu matin, très léger (une tartine de pain grillé avec beurre, café sans sucre'); le deuxiènu'. à midi, avec : viandes rôties, braisées ou bouillies, légumes verts, salade, fromage ; le troisième, à sept heures du soir, avec une tartine de pain grillé, un morceau de viande Iroidi'.
(aimme boissons : .'>00 gramuH's |)ar jour (vin blanc étendu de Iroistpiarts d’eair.
Kn somnu'. il faut faire un (dioix dans ses alimenis, manger peu. boire peu.
Kxercice modéré, sans fatigue, pour ne jias augmenter l’appétit, ('t la soif.
Concurremment, on j)rescrira l’hydrothérapie (don- (dies froides;, le massage, les frictions sèches.
Nous jiréféroiis ce régime, très facile à suivre et (jui s’inspire de la jiralique d’Ebstein (de Gœttingue) et du système de Banling, au régime de l’entraînement, des purgatifs, des altérants.
l’asthme