‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 31 sur 145 · I,A MIGRAINE · texte numérisé non relu

I,A MIGRAINE

morale, d’anc conlrariélé. Le visage devient pâle, les sourcils se froncent, l’enfant fuit la lumière et recherche le repos et l’obscurité. En même temps, apparaissent des nausées et des vomissements alimentaires, puis bilieux. Ces symptômes persistent si l’enfant garde la position verticale ; ils s’atténuent dans le décnbitus horizontal.

En même temps que la douleur frontale, parlois i atroce, se montrent souvent des troubles oculaires; l’enfant ne peut fixer les objets, qu’il voit à peine, à travers un brouillard ; dos traits de feu, des couleurs vives passent devant ses yeux, en un mot on observe la variété décrite sous le nom de migraine ophlhalmique. Il peut y avoir du délire chez les sujets très nerveux. La migraine de l’enfant est ordinairement moins intense que celle de l’adulte. La durée de l’accès est variable, elle va de quelques heures à douze, vingt-quatre, (juarante-huit heures au plus. L’accès m’a paru plus court chez les enfants que chez les adultes. Après l’accès, l’enfant revient à la santé, il recouvre l’appétit, reprend ses jeux, comme si de rien n’était. Le retour des accès n’a rien de régulier ; quelques enfants n’ont que cinq ou six accès par an; d’antres en ont tous les mois, quelques-uns tous les quinze ou tous les huit jours. La migraine est une maladie d’accès à périodicité éloignée.

La marche de la migraine est incertaine dans l’enlance, sa périodicité est moins nette que chez l’adulte. La guérison définitive est problématique. On voit des filles avoir la migraine pendant deux ou trois ans et guérir au moment de la puberté. Si la migraine est héréditaire, l’enfant gardera sa migraine jusqu’à un <igc avancé, les accès finissant par disparaître au seuil <lo la vieillesse. Ou peut dire que la migraine débute

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TRA[TI': niJS MALADIES DK l’eNFANüE

dans la seconde enfance, atteint son acmé à 1 âge adulte, pour décliner ensuite. Si la migraine est symptomatique d’une maladie de l’appareil naso-pliaryngien,la guérison est liée à celle de la maladie primitive. Le pronostic varie donc beaucoup suivant les origines de la migraine.

Mais, dans tons les cas, la migraine est une de ces allections qui ne compromettent pas la vie et sont compatibles avec une longue existence.

Diagnostic. — Le diagnostic présente parfois des difficultés 5 en présence d’un enfant qui se plaint de maux de tête plus on moins fréquents, sans localisation précise, sans vomissements, on doit se demander si la migraine est en cause. Quand tous les symptômes (périodicité des accès, durée courte des accès, vomissements) sont présents, le diagnostic est facile; quand la céphalalgie existe seule, quand la migraine est fruste, la difficulté apparaît. On cherchera alors les causes habituelles de la céphalalgie (sédentarité, surmenage scolaire, encombrement, intoxication oxycarhonée) ; on n’oubliera pas la dyspepsie, l’abus des boissons, la dilatation de l’estomac, qui sont très souvent l’origine des céphalées de la seconde enfance.

On cherchera du côté du nez, des oreilles, de la gorge, et, si l’on ne trouve rien, on scrutera les antécédents personnels et héréditaires de l’enfant. Après cette enquête, on arrivera, sinon à la certitude pour tous les cas, du moins à une probabilité. La céphalée de croissance n'est pas une maladie d’accès, elle est persistante, elle est exaspérée par le travail, elle s’amende par le repos. Le caractère paroxystique manque aussi aux états migrainoïdes de l’anémie, de la dysiiepsie, do la méningite, des tumeurs cérébrales. La névralgie trifaciale s’accuse par des points spéciaux. Dans les pays à endémie palustre, et même ailleurs, il faut songer.

LE DIABÈTE

dans les cas difficiles, à la malaria el prescrire le sulfate de quinine.

Tbaitement. — Le traitement de l’accès consiste à placer l'enfant dans une chambre obscure, à le faire coucher, à écarter tout bruit pénible et tout dérangement. La dicte s’inqiose naturellement ; les liquides seuls sont permis (tisane, thé léger, boissons glacées parfois).

L’antipyrine, à la dose de 1, 2, 3 grammes, suivant l’àgedes enfants, sera donnée dans un peu d’eau sucrée. A défaut d’antipyrine, on jieut donner la quinine (50 centigrammes à 1 gramme en deux fois). Dans l’intervalle des accès, si l’enfant est nerveux, on j)rescrira le bromure de potassium, les douches froides, le massage local. Comme hygiène, l’exercice au grand air, les promenades à la campagne, le repos cérébral. Si l’enfant est anémique, ce qui n’est pas rare, on donnera les préparations ferrugineuses, le sirop de quinquina, l’huile de foie de morue. Aux arthritiques, on donnera les alcalins.

LE DIABÈTE

Je considère le diabète comme une maladie dyscrasique faisant partie, avec la goutte, l’asthme, l’obésité, la migraine, d’un même groupe diatbésique, que, provisoirement au moins, nous appelons arthritisme. Or,

TnAITÉ DES MADADIES DE l’eNFANCE

rarllu'ilisme, dans toutes scs manircstations, est rare chez l’enfant ; contenu en germe à cet âge, il ne s’épanouit et n’acquiert son plein développement que chez l’adulte.

Etiologie. — Le diabète est donc une rareté dans l’enfance et les observations précises de diabète infantile se comptent ; mais, s’il est exceptionnel, le diabète des enfants affecte des allures et une gravité toutes spéciales, que Leroux (Thèse de Paris, 1881) a bien présentées, que J. Simon a confirmées [Revue des maladies de l'enfance^ 1885-87).

Si l’on étudie les dilTérentes statistiques ^nibliêes, ou voit que les cas, très rares avant le sevrage et dans les . premières années de la vie, vont en se multipliant à partir de dix à onze ans, pour décroître ensuite à partir de quinze ans. La plupart des auteurs trouvent que les lilles sont ])lus souvent atteintes que les garçons, ce qui contraste avec les faits observés chez les adultes. Stern, d’aiirès une statistique portant sur 117 cas, trouve 5 lilles pour 3 garçons (1).

L’hérédité, siniilaire ou non, domine l’étiologie du diabète à tous les âges de la vie. Quand on recherche les antécédents directs ou collatéraux des diabétiques, on trouve, chez leurs parents, tantôt le diabète, tantôt la goutte, tantôt l’asthme, tantôt l’obésité, tantôt la névropathie, c’est-à-dire des maladies diathésiques unies entre elles par les liens de la parenté la plus étroite. Chez l’enfant diabétique, on trouve rarement (les antécédents personnels arthritiques, mais on retrouve, quand on les cherche, les antécédents héréditaires, goutte, rhumatisme chronique, migraine, etc. Cependant, ces antécédents sont plus aisément rencon- ,

(1) Arch. fü.v KinderhsHk , 1890.

LE DIABÈTE

très dans la l'orme chronique de l’adulte que dans la l'orme rapide de l’enfant.

La prédisposition héréditaire étant admise, il faut reconnaître l’action des causes déterminantes : traumatismes crâniens, tumeurs cérébrales, épilepsie, chorée, mauvaise alimentation, maladies infectieuses (fièvre typho'îde, rougeole, impaludisme).

Anatomie i-ArnoLOuiQUE. — Les lésions constatées du coté des centres nerveux sont inconstantes et vagues : rancmiedu cerveau, le piqueté de la substance blanche ou grise, la congestion de l’écorce, sont des altérations banales, dénuées de toute valeur. Il n’en est pas de jnême des ecchymoses du planchei' du -i® ventricule (Pavy) ou des tumeurs ayant le même siège (Reimer), <pii peuvent expliquer d’uue façon satisfaisante la glycosurie. Rieu de notable du côté des poumons, et Leroux fait remarquer que la tuberculose pulmonaire est rare chez les enfants diabétiques. Uuoique le diabète des enfgnts soit toujours uu diabète maigre, l’atrol)bie du jiancréas n’a pas été rencontrée chez eux. Le loie est, en génértil, gros et plus ou moins graisseux. Les reins sont volumineux et congestionnés. Prévost et Paul Binet [H evue médicale delà Suisse romande, 1887), analysant le liquide céphalo-rachidien et le tissu cérébral, ont trouvé un corps, volatile, acétone ou aldéhyde, j chez une fillette de six ans et demi, morte de coma I diabétique.

j Sy.mi'iômes. — Le début de la maladie est insidieux •chez les adultes et il est impossible, dans la plu])art des cas, d’en préciser la date ; chez les enfants, on peut assez souvent saisir ce début.

La polyurie est uu symptôme des plus précoc.es et des plus fréquents : la quantité des urines atteint 4, 5, fi litres en vingt-quatre heures; elle peut dépasser ces

THAITK [)IiS MALADIPJS DE l’eM-’ANCE

dlifîres. En mémo temps, il n’csl pas rare (Je voir l’enfant présenter de rineonlinence d’urine, alors qu’il n’en était i>as atteint avant sa maladie. Les urines, claires en général, ont une densité moyenne de 1030 à

L’albuminurie n’est pas plus fréquente chez l’enfant (|Lie chez l’adulte.

Dans les observations de Leroux, la quantité d’urée atteignait 20 à 23 grammes par jour, chilfre élevé pour des enfants ; la quantité de sucre était également très forte.

La polydipsie et la polyphagie, surtout la })remière, sont souvent impérieuses et insatiables. On voit plusieurs fois l’état soc et ])âteux de la langue, le boursoullement des gencives, la carie dentaire, l’acidité de la salive avec muguet consécutif, la constipation. Du côté de l’appareil respiratoire, rien de sérieux, rien de constant ; sur un chilfre considérable d’observations, Leroux n’en a Irouvé qu’un ]>etit nombre où les poumons fussent sérieusement atteints. Chez les enfants diabétiques, la tem])érature centrale, sauf les cas de complications, est j)resque toujours abaissée d’un ou plusieurs degrés, surtout à la péi-iode terminale.

La peau est généralement sèche, iclithyosique et farineuse, elle peut être le siège d’éruptions eczémateuses, furonculeuses, ecthymateuses. Du côté des organes génitaux externes, la vulvite, la balanite, ont été signalées. M. Sénac n’a jamais observé d’accidents gangreneux et phlegmoneux chez les enfants.

Du côté du système nerveux, il faut retenir la céphalalgie, les troubles intellectuels (apathie, irritabilité); du côté des organes des sens, l’alfaiblissement de la vue, la cataracte.

Les petits diabéti(iues maigrissent rapidement et pro-

LE DIABETE

foiulémenl, les masses musculaires s'alropliieul., la graisse disparaît et rcuveloppe cutanée paraît trop grande pour le corps s(jueletti(|ue qu’elle recouvre.

Marche et terminaison. — Si le diabète, chez l’adulte, allecte une marche in-égulière, lente le plus souvent, s’il y a, chez lui, des formes intermittentes, bénignes, à côté des formes graves, s’il y a plusieurs diabètes, nous n’observons rien de pareil dans l’enfance. Le diabète infantile est un, sa marche est rapide, sa terminaison presque toujours mortelle. 11 n’y a pas, dans l’enfance, de diabète lent, ùq diabète gras; le diabète, à cet âge, est aigu et maigre.

Après une période plus ou moins longue (queh[ues juois à quelques années) de polyurie, i)olyphagie, polydipsie, autophagie, l’enfant tombe dans le marasme et succombe, emporté par une complication (broncho- ])neumonie'l, par le coma diabétique, par l’acétonémie.

Les cas de guérison, très rares, se rapportent sans doute à la glycosurie, non au diabète.

Plus l’enfant est jeune, plus la durée du diabète est courte; dans un tiers des cas, la durée est inférieure à trois mois; dans les deu.x tiers, elle ne dépasse pas six mois; dans un quart seulement, elle atteint ou dépasse deux ans, et il s’agit alors d’enfants âgés de plus de dix ans.

Tout enfant diabétique, dit M. Sénac [Études sur le diabète sucré ; Paris, 1889), est destiné à disparaître à liref délai ; il est rare qu’on obtienne une amélioration, même temporaire. La gravité extrême du diabète sucré chez les enfants est un des faits les mieux établis jiar les résultats de la pratique.

Si l’on considère, dit encore l’habile médecin de \ichy, la fréquence de la forme rapide du diabète pendant le jeune âge, on arrive à pouvoir jjoser cette règle

THAITK DES MALADIES DE l’eNFAXCE

(le pronostic : que ta gravité du diabète sucré est en raison inverse de t'âge du malade.

Le pronostic est donc tonjonrs cxtrèinement grave, incomparablement plus grave (^ue chez les adultes.

Diagnostic. — Pour faire le diagnostic du diabète, il laut y penser, car les symptômes cardinaux (polydij)sie. polyurie) lont assez souvent défaut ou n’apparaissent que tardivement.

Lu présence d’un enfant (|ui, sans cause connue, s’affaiblit, maigrit, se cachectise, l’examen des urines s’impose et la glycosurie se révèle. Mais la rareté du diabète infantile cause bien des erreurs et la maladie est généralement méconnue, du moins dans scs jiromières périodes.

La présence de la glucose ayant été constatée une lois dans les urines de l’enfant, il faut prescrire de fréquentes analyses qui montreront si la glycosurie est accidentelle ou permanente. La glycosurie permanente seule autorisera le diagnostic ferme de diabète, diagnostic qui se trouvera confirmé ensuite par des symptômes caractéristiques et par les notions étiologiques recueillies dans la parenté du malade.

La glycosurie passagère peut s’observer chez les enfants athrepsiques et présenter des oscillations parallèles aux flux diarrhéiques.

Le diabète insipide, la polyurie, se rencontrent aussi . dans l’enfance, et Vierordt en a relaté un cas, suivi de mort, chez un garçon de six, ans et demi, qui rendait jusqu’à 12 et 13 litres d’urine par jour.

Traitement. — Si l’enfant diabétique est encore à la j mamelle, il est impossible de lui infliger le régime qui ! convient aux glycosuriques. Tout au plus est-on auto- ' risé à activer les fonctions de la peau iiar des frictions ) stimulantes, par les bains salés ou légèrement sinapisés. ]

HÉMOPHILIE

Quand l’enfanl est sevré et qu’on peut sans danger écarter le régime lacté, on lui donnera les œufs, la viande, le pain de gluten, les légumes non farineux, l’eau rougie. Dans’ la seconde enfance, on usera des mêmes médications que chez l’adulte ; le régime carné, la privation des aliments sucrés et féculents, l’hydrothérapie (douches froides), les frictions cutanées, la gymnastique, le massage, seront facilement acceptés.

On pourra donner le bromure de potassium à la dose <le 1, 2 ou 3 grammes par jour, l’arsenic à la dose de 2, 3, 5 milligrammes, l’antipyrine à la dose de 1 à 2 grammes, les toniques (vins de quinquina, fer, quinine), l’huile de foie de morue, etc. Les enfants ayant une prédilection marquée pour les mets Sucrés, on usera avec avantage de la saccharine associée au bicarbonate de soude pour le sucrage artificiel des aliments et des boissons.

Les eaux minérales. Vichy en particulier, qui conviennent au traitement du diabète lent, ne sauraient amener la guérison du diabète rapide. La Bourboiile j)Oiirrait être essayée.

HÉMOPPIILIE

L’hémophilie est une dyscrasie héréditaire qui expose les sujets aux hémorrhagies abondantes et répétées à l’occasion des traumatismes les plus insignifiants. Cette tendance fâcheuse, propre à certaines familles, se

TIIAITK DKS MAI.ADIKS DK i/k.NKA.NCK

uianifeslc dès lo Joiiiif! àf^o, ol, îi co lilro, sou (Hudo siiccinclc doit, lif(iif(u- ici. Il y a aussi une liémophilie acquise et accidentelle, par exemple celle (jiie M.llayem a observée chez un enl'aiilde deux mois, à la suite de la rupture de la vésicule biliaire dans le péritoine (Société médicale des Hôpitaux, novembre 1889).

Etiologie. — L’hémophilie est une maladie des pays l'roids; rare en France, elle l’est moins en Allemagne, et pour ainsi dire inconnue sous les tropiques.

Sur les milliers d’enfants soumis, depuis dix ans, à mon observation, un seul était héinophilique.

L’hérédité de l’hémophilie est indéniable, tous les enfants de la même famille peuvent être atteints ; quelques-uns cependant peuvent échapper à la diathèse, et l’on a vu l’hérédité sauter une génération. L’hémophilie est plus rare chez les filles que chez les garçons.

Les sujets sont généralement pâles, blonds et lymphatiques.

Les Israélites et les Ottomans seraient plus exposés à l’hémophilie que les Caucasiens.

Anatomie pathologique. — L’examen du sang n’a pas révélé de caractères distinctifs; la richesse globulaire, le pouvoir colorant, sont normaux. Mais plusieurs autopsies ont montré une altération des artères qui pourrait bien avoir un rôle pathogénique (Magniis lluss, Percy Kidd). La tunique musculai^e^des artérioles serait amincie, détruite par places, rbmplacée en certains points par des amas graisseux ; des amas de cellules endothéliales auraient été rencontrés dans les capillaires, créant çà et là des rétrécissements et des oblitérations ; ces lésions seraient congénitales.

Symptômes. — Ce qui caractérise essentiellcmenl l’hémophilie, c’est la tendance aux hémorrhagies abondantes, incoercibles, à l’occasion d’une blessure légère

HÉMOPHILIE

3on

(aviili^ion do douL, coupure, Égraligntire), ou même sans cause occasiouucllo quelconque (épistaxis nécessitant le tamponnement). L’hémorrhagie, dont les débuts n’ont rien d’inquiétant, persiste des heures, une journée entière, plusieurs jours, et la mort peut s’ensuivre. Les hémophiliques en général meurent jeunes, et presque toujours c’est à une de ces hémorrhagies, auxquelles ils sont si jirédisposés, qu’ils succombent.

Le médecin, avant d’entreprendre une opération quelconque, dans une famille inconnue, devra donc s’enquérir de la tare hémophilique.

L’épistaxis est la plus fréquente des hémorrhagies de l’hémophilie; après viennent les hémorrhagies buccales, intestinales, broncho-pulmonaires, rénales, utérines, etc.

L’hémorrhagie est annoncée souvent par une sensation de chaleur à la tète, par des bourdonnements, des éblouissements, des vertiges. Outre les écoulements de sang par les muqueuses ou ]iar les plaies accidentelles, il faut noter les ecchymoses et les pétéchies cutanées, les hémorrhagies intra-musculaires formant do véritables liiiueurs sanguines, survenant soit spontanément, soit

la suite do contusions légères.

A côté des jihénomènes hémorrhagi(|ues, qui caractérisent l’hémophilie, se placent des douleurs articulaires rhumatoïdes, mobiles comme les arthrites rhumatismales, frappant surtout les genoux, précédant les hémorrhagies ou alternant avec elles. Los articulations ï^unt gonllées, douloureuses à. la pression, légèrement Ihictuantos, entourées j)arfois de larges taches ecchymotiques; il n’y a pas de lièvre.

L’hémophilie est une maladie très grave, presque incurable; sous l’intluenco d’hémorrhagies répétées, la pâleur devient extrême, la cachexie se précipite et la

;uu

TRAITÉ DES MALADIES DE l’eAFANCE

mort succède à une hémorrhagie ultime. Sans doute, tous les cas ne sont pas mortels et Ton a vu des sujets hémophiliques parvenir à un âge avancé. Mais leur vie est toujours à la merci du moindre accident.

Diagnostic. — Le diagnostic de la maladie est facile, il est tout entier dans la notion héréditaire et la constatation des hémorrhagies. Le purpura, analogue à l’hémophilie par ses hémorrhagies cutanées et muqueuses, s’en sépare radicalement par son apparition soudaine et par sa durée éphémère. Le scorbut reconnaît une étiologie particulière, sans laquelle il ne peul exister.

Reste la leucocythémie, dont les manifestations hémorrhagiques sont parfois si graves ; on la reconnaîtra par l’examen du sang.

Traitement. — L’hémophilie étant dûment établie et reconnue chez uu enfant, on s’appliquera à écarter toute cause occasionnelle d’hémorrhagie, ün renoncera à toute opération (jui no sera pas absolument urgente et l’on remplacera le bistouri par le thermo ou le galvano-cautère. S’il s’agit d’un Israélite appartenant à une famille hémophilique, on lui refusera la circoncision.

Enfin, contre les hémorrhagies elles-mêmes, on agira par la compression (tamponnement des fosses nasales, du vagin, etc.). On donnera Tergotine en potion et en injections sous-cutanées. Le changement de climat, le transport du malade des régions brumeuses du Nord sur les plages de la Méditerranée pourra quelquefois remédier à une situation désespérée.

L’usage du fer, des toniques et des reconstituants est

toujours indiqué.

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