E. — ANGINE GANGRENEUSE
La gangrène du pharynx est très rare chez J es enfants, elle est toujours secondaire ; ici, elle succède au noma, par extension progressive du processus nécrobiotique; là, elle accompagne la scarlatine; jamais elle ne se montre à la suite d’une angine simple, chez un enfant sain et vigoureux.
Le siège habituel des eschares occupe les amygdales qui apparaissent ulcérées, déchiquetées, noirâtres ; la sanie fétide qui s’écoule, l’odeur repoussante qu’exhale la bouche du malade et enfin la couleur sombre et sale des parties putréfiées rendent le diagnostic facile. Quand l’eschare s’est détachée, on voit une perte de substance irrégulière, profonde et étendue, couverte de bourgeons charnus.
Parfois, la gangrène est diffuse et s’étend au voile du palais, aux piliers, à la luette; elle peut atteindre les vaisseaux et devenir rapidement mortelle.
La réaction locale est presque nulle, mais l’état général est mauvais ; la pâleur, l’adynamie, sont extrêmes et la mort habituelle. La guérison est possible dans les cas circonscrits ; même traitement que dans le noma.