‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 39 sur 145 · ANGINES CHRONIQUES · texte numérisé non relu

ANGINES CHRONIQUES

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beaucoup que la pharyngite granuleuse soit le j)artage exclusif des personnes âgées. J’ai, en ce moment, sous les yeux, de très beaux types de granulations pharyngées chez les jeunes enfants.

Étiologie. — L’anémie, la tuberculose, la scrofule. Je tempérament lymphatique, se rencontrent habituellement chez les enfants porteurs de granulations pharyngées. Mais on peut observer ces granulations en dehors de toute tare morbide, héréditaire ou acquise. L’enfant est naturellement lymphatique et son âge le prédispose à l’hypertrophie du tissu adénoïde, quel qu’en soit le siège. A ce point de vue, on pourrait considérer l’hypertrophie des amygdales, la pharyngite, les végétations adénoïdes comme des maladies d’évolution.

Chez les adultes, l’abus du tabac, de l’alcool, de la parole, peuvent expliquer la formation des granulations pharyngées. Chez l’enfant, ces causes manquent, mais il y en a d’autres, du côté du pharynx supérieur, du côté des fosses nasales (végétations, déviations de la cloison, hypertrophie des cornets, coryza chronique), qui expliquent l’hypertrophie des follicules clos du pharynx. L’air, trouvant un obstacle dans les cavités nasales, passe directement par la bouche et vient irriter le pharynx. De plus, les mucosités purulentes qui s’écoulent le long du pharynx dans les cas de coryza postérieur, irritent, par leur contact, les follicules clos et la muqueuse elle-même.

Symptômes. — Les symptômes qui attirent l’attention sont : un sentiment d’ardeur et de sécheresse de la .gorge, une légère dysphagie, une toux sèche, répétée, quinteuse, plus nocturne que diurne, plus fatigante le matin au réveil que dans les autres moments de la journée. L’appétit est diminué, la soif est vive, l’anémie est assez prononcée. J’ai vu une petite fille, atteinte de

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granulalions pharyngées très volumineuses, présenior fies accès de toux, suivis de vomissements; la pâleur de cotte enfant était extrême et l’auscultation des vaisseaux du cou faisait entendre un souffle musical à renforcement.

La voix n’est pas toujours altérée; elle est quelquefois enrouée et cassée. Quand on examine la gorge des enfants, on voit que les amygdales sont tantôt grosses, tantôt normales; la paroi postérieure du pharynx est tuméfiée, parfois anfractueuse et recouverte de mucosités; quand ces mucosités ont été expulsées, des granulations arrondies, demi-transparentes, de la dimension d’une lentille, apparaissent en saillie sur la muqueuse; elles sont disposées en série et forment quelquefois un véritable quinconce. Discrètes en général et isolées par des intervalles muqueux plus larges que leur diamètre, elles sont très distinctes et faciles à compter. J’ai pu ainsi évaluer leur nombre à B, 10, 12, 15 sur la paroi postérieure du pharynx accessible à la vue, sans éclairage artificiel.

Chez un garçon de onze ans, qui avait surtout de l’hypertrophie amygdalienne, je n’ai pu voir qu’une seule granulation pharyngée, située sur la ligne médiane, mais elle était de taille et atteignait le volume d’une moitié de pois.

La pharyngite granuleuse, isolée ou accompagnée d’amygdalite, est très longue; elle dure des années, si on l’abandonne à son évolution naturelle. Il est vrai qu’elle n’est pas très grave par elle-même ; elle témoigne d’un tempérament morbide plutôt que d une maladie grave. Le diagnostic repose sur 1 examen direct; il est des plus faciles, et l’abaisse-langue, avec un bon éclairage naturel, suffit pour les cas ordinaires.

7'vciite'ïïi€7it. — Comme traitement local, j ai essayé

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les attouchements répétés avec la teinture d’iode, l’acide lactique mêlé à la glycérine, l’acide lactique pur.

Les attouchements avec un pinceau taillé en brosse, trempé dans l’acide lactique pur, ont été très bien tolérés dans un cas et m’ont donné un succès. Les cautérisations au nitrate d’argent ne sont pas à dédaigner. Je crois que l’emploi du galvano-cautère est plus efficace.

Quant aux pulvérisations avec les eaux sulfureuses, ce sont des palliatifs qu’on peut toujours employer.

Il ne faut pas négliger le traitement général et thermal : huile de foie de morue, eaux minérales arsénicales et sulfureuses, etc.

3“ Tumeurs adénoïdes du pharynx nasal.

Les amas de tissu lymphoïde qui entrent dans la structure du pharynx nasal peuvent, chez les enfants, s’hypertrophier et donner lieu à des troubles morbides que les spécialistes décrivent sous le nom de végétations adénoïdes du pharynx nasal.

Après Czermak, qui, en 1860, décrivit ces j)etites tumeurs appendues à la voûte du pharynx, Meyer (de Copenhague, 1873-74), Lœwenberg (Paris, 1879), Chatellier (Thèse de Paris, 1886), Lubet-Barbon [Gazette des Hôpitaux, 15 juin 1889), ont tour à tour bien étudié cette intéressante maladie.

Etiologie. — Si les adultes ne sont pas absolument k l’abri de cette maladie, il faut bien reconnaître qu’elle reste, chez eux, cliniquement rudimentaire et qu’elle ne se développe pleinement que chez les jeunes enfants. Les causes prédisposantes sont : l’hérédité, le tempérament scrofuleux, la rougeole. D’après Balme (Thèse de Paris, 1888), la maladie serait fréquente chez les sourds-

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muets et les dégénérés; la syphilis héréditaire joue peut-être un rôle dans quelques cas.

Anatomie pathologique. — Les lésions élémentaires ne diffèrent pas de celles qu’on observe dans l’hypertrophie des amygdales; ce sont des follicules plus ou moins hypertrophiés et séparés les uns des autres par des tractus conjonctifs dont l’épaisseur est variable. Quand les végétations sont volumineuses, elles bouchent partiellement l’ouverture postérieure des fosses nasales, elles obstruent les trompes d’Eustache, et l’obstacle qu’elles opposent ainsi au passage de l’air explique une bonne partie des symptômes fonctionnels que je vais exposer.

Symptômes. — L’enfant présente un faciès spécial; la bouche est ouverte, les yeux sont saillants, le visage est pâle, la respiration est bruyante, surtout pendant le sommeil, qui est souvent agité, interrompu par les réveils en sursaut. Le sujet a l’air hébété, presque idiot.

Au moment de l’inspiration, l’air ne passe plus par les fosses nasales; il passe par la bouche, où il n’a pas le temps de s’échaulfer et de se dépouiller des poussières qui le souillent, et il frappe ainsi le pharynx qu’il irrite et dessèche ; il agite le voile du palais (ronflement).

Pendant la nuit, la respiration est plus gênée que pendant le jour et des spasmes laryngés (faux croup) peuvent interrompre le sommeil. Coupard [Revue de clinique et de théi'apeutique, 1887), partant de l’observation de ces accidents, n’hésite pas à faire rentrer la laryngite striduleuse dans la symptomatologie des végétations adénoïdes.

La déglutition n’est pas entravée et l’odorat persiste.

Mais l’ouïe est presque toujours compromise et les malades ne viennent souvent consulter le médecin que pour de la surdité.

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