‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 55 sur 145 · KYSTES HYDATIQUES DU FOIE · texte numérisé non relu

KYSTES HYDATIQUES DU FOIE

cas, renfermer du pus. L’examen du liquide retiré par la ponction peut assurer le diagnostic.

Symptômes. — Il est impossible de saisir le début de la maladie, le kyste ne donne des signes qu’après avoir acquis un certain volume. Alors, il proémine et l’on peut, par la vue, la palpation, la percussion, percevoir les signes d’une tumeur arrondie, fluctuante, accompagnée parfois du /"remmewenf hydatique. L’enfant ne se plaint pas ou accuse à peine une gêne, une douleur sourde dans l’hypochondre droit. Sile kyste se développe du côté du diaphragme, on peut constater une dyspnée continue ou paroxystique, parfois accompagnée de toux.

Si le kyste se développe du côté de la face concave du foie, il peut en résulter de l’ascite, de l’ictère.

L’anémie, l’amaigrissement, les épistaxis répétées ont été observés quelquefois.

On a vu, chez un garçon de huit ans, le kyste se vider dans l’intestin et guérir (Bohn). Il peut s’ouvrir dans le péritoine et amener la mort par péritonite, ou dans les bronches, à travers le diaphragme, et donner lieu à des vomiques.

La durée de la maladie est longue et indéfinie, le pronostic est incertain et la mort toujours possible.

Diagnostic. — Si nous n’avions, pour nous guider, la ponction exploratrice, nous serions souvent très embarrassés. Cependant, il y a bien peu de maladies du foie se traduisant par une tumeur fluctuante de l’épigastre.

Ce n’est que dans les cas où le kyste se porte vers le poumon ou vers le hile qu’il peut être aisément méconnu. Quand un enfant a craché des hydatides en même temps que du pus ou du sang, ces hydatides peuvent venir du poumon ou du foie. Il faut savoir que les hydatides du poumon sont plus rares que celles

THAITÉ hES MALADIES DK l’kNKANCK

(lu foie. On examinera ensuite la forme de la matité thoracique, la voussure, et l’on parviendra ainsi à distinguer le kyste hydatique de la convexité hépatique de la pleurésie droite (1).

Traiterneni. — Après une ponction exploratrice qui a donné un liquide limpide, non albumineux, pouvant contenir des crochets, on traitera chirurgicalement le kyste. La ponction simple avec aspiration (appareil Potain) a donné des succès. On fera suivre l’évacuation d’une compression ouatée assez serrée ; on prescrira le repos absolu au lit, pour prévenir les complications inflammatoires.

L’urticaire, malgré ces précautions, pourra succéder à la ponction.

On a essayé les injections de liquides antiseptiques (sublimé à 1 pour 101)0, sulfate de cuivre à 1 pour 100), faites dans la cavité du kyste, pour tuer les hydatides et arrêter leur développement. On fait, aseptiquement, une ponction avec la seringue de Pravaz, on aspire le liquide du kyste ; puis, l’aiguille restant en place, on charge la seringue de la solution antiseptique et on l’injecte dans le kyste. Ces injections peuvent être répétées. Elles peuvent être suivies de guérison, mais le kyste peut se reproduire par la suite. S’il y a de la fièvre, de la suppuration, ona recours à la laparotomie et à la cure radicale.

(1) Voir le travail de Gaillard. [Archives de médecine, 1890).

SECTION II

Page 1