SPASME DE LA GLOTTE
elTrayant, qui l'ait craindre la terminaison fatale.
II est rare que la mort succède au premier accès ; Rilliet et Barthez ont vu cependant un enfant de six mois, fort et vigoureux, au sein, mais avide, avalant de travers, qui, en prenant le sein et après avoir avalé de travers, eut un accès qui l’emporta en quelques minutes.
En général, les accès se répètent à quelques jours de distance ou plusieurs fois le même jour. Quand les accès sont ainsi rapprochés, ils constituent une crise. La maladie peut donc durer un jour, plusieurs jours, plusieurs semaines.
Pronostic. — La maladie se termine fréquemment par la mort, et le pronostic est très grave. Si l’on tient compte des cas légers comme des cas graves, la proportion des guérisons l’emporte sur celle des morts.
Plus les accès sont violents, rapprochés, multipliés, plus le pronostic est grave ; si l’accès est unique, léger, ou bien si les accès, après avoir été violents, vont en s’atténuant, la guérison est probable.
Diagnostic. — L’accès de la coqueluche, avec ses mouvements saccadés d’expiration et de reprise, se distingue aisément du spasme court et silencieux de l’asthme de Kopp. La toux et la voix du croup, les sifflements incessants de l’œdème de la glotte, la toux aboyante du stridulisme, permettront de distinguer le spasme de la glotte de la diphthérie, de la laryngite œdémateuse, de la laryngite striduleuse.
J’en dirai autant de l’adénopathie trachéo-bronchique, qui donne plus souvent des accès que des spasmes silencieux.
Parmi toutes ces maladies, la laryngite striduleuse est celle qui a été le plus souvent confondue avec le spasme de la glotte. Mais, outre les dilTérences symptomatiques de l’accès, il faut se rappeler que le stridulisme
traiti': des maladies de l’enfance
s’oliserve à un âge plus avancé, (deux à cinq ans), tandis <(ue le spasme appartient à la première enfance, et enfin que le premier est bénin, tandis que l’autre est souvent mortel.
Reste Vaslhme vrai, qui n’est pas inconnu, mêmedans la première enfance ; il se distingue parle catarrhe <[ui l’accompagne, par la toux, par les râles que donne l’auscultation.
Traitement . — Outre les conditions hygiéniques de nature à prévenir les accès (allaitement naturel, etc.), on a essayé une multitude de remèdes :
Les antispasmodiques (oxyde de zinc, eau de lauriercerise, bromure de potassium, asa fcétida, musc, belladone);
Les évacuants (ipéca, calomel, etc.);
Les bains tièdes dans l’intervalle des accès (bains de tilleul, etc.).
Rcid conseille de changer d’air, d’éviter à l’enfant tout bruit, toute contrariété, toute impression vive, de faire boire lentement, de donner (quand l’enfant mange) (les aliments en purée.
Pendant l’accès, on jettera de l’eau froide sur le visage, on frictionnera, on flagellera le corps. Les inhalations d’éther ou de chloroforme sont à essayer.
Si le danger d’asphyxie est imminent, on fera l’intubation du larynx et l’insufflation (sonde, tube de Ribemont). On pourra recourir aussi au marteau de Mayor,. à l’électricité.
Kürt (de Vienne) conseille les attouchements de la conjonctive ou de la pituitaire avec une barbe de plume trempée dans une solution de quinine.